Passer un BTS en candidat libre ?

Vous le savez peut-être, ces derniers temps je peaufine un projet de réorientation totale afin de sortir de la spirale infernale du chômage (pas d’expérience => pas de taf => pas d’expérience) et bosser dans un domaine qui me plaît.

J’ai commencé par me tourner vers la naturopathie et ai envoyé un dossier de candidature à l’école cenatho suite au succès de ma cagnotte (qui a atteint son objectif, et il reste une dizaine de jours ^^). Ils me recontactent en septembre pour finaliser l’inscription s’il reste des places. En théorie il en reste, mais j’avoue que j’ai un peu halluciné quand la secrétaire m’a dit qu’il fallait s’y prendre plus de six mois à l’avance pour obtenir une place en école à coup sûr. Pour une formation non-conventionnée et très chère, c’est quand même abusé ! Je sais que le naturel est en plein boom mais je ne pensais pas que c’était à ce point. Après, c’est la région parisienne, c’est peut-être différent en province, mais on me souffle à l’oreille que des gens sont prêts à traverser la France pour se former dans le domaine.

Cependant quand j’ai lancé le projet, c’était encore un peu brouillon dans ma tête. Déjà, je ne croyais pas au succès du financement participatif, et ensuite je ne croyais pas non plus en mon succès après le diplôme. On sent toute ma confiance en moi.

Mais entre temps, j’ai affiné mon projet. J’ai commencé à croire un peu plus en moi, encouragée par tous ceux qui eux, croient en moi. Qu’est-ce qui m’attire le plus dans la naturopathie ? Le côté hygiène de vie, hygiène alimentaire. Pour m’aider moi (et mon cas bien chiant de fille qui supprime les laitages de son alimentation pour cause de crampes horribles et qui veut aussi tester l’endodiet pour voir si ça arrange les choses vis à vis de mon endométriose) et aider ceux qui, comment moi, ont la volonté de changer mais pas les connaissances. Or, pour exercer en tant que professionnel de la nutrition, mieux vaut un diplôme conventionné, reconnu par la profession. Celui de diététicienne. Le métier de diététicien-naturopathe existe et c’est exactement ce que je veux. Aider les gens à changer leur hygiène de vie, à se tourner vers le naturel, à se tourner vers des aliments sains, réellement sains, et non cette bouffe industrielle avec des beaux paquets qui se dit naturelle/bio mais qui ne l’est pas.

Le souci, c’est que même si j’aime étudier je n’ai pas envie d’y passer 100% de mon temps. J’ai envie de pouvoir accepter un contrat de travail si, par miracle, je suis retenue quelque part en attendant. Je ne peux pas me permettre de passer les deux ans du BTS sans travailler. Les études ce n’est pas gratuit, j’ai épuisé mes crédits boursiers, j’ai besoin de sous. Et mon AAH ne couvrira clairement pas tout, surtout quand la CAF se décide à t’enfoncer la tête sous l’eau pour une erreur de LEUR part (oui je suis en rogne contre eux).

Actuellement je n’ai pas de travail, mais si je me lance en BTS par voie classique ça risque d’être très galère pour travailler à côté.

Le mieux, dans mon cas et à mon goût, c’est la formation à distance. Ça me permettra, en plus de pouvoir travailler à côté, de ne pas avoir à composer avec ma phobie scolaire et de pouvoir m’organiser comme je le souhaite. J’ai donc lancé un petit sondage sur twitter et Hellocoton afin d’avoir des témoignages de personnes ayant passé un diplôme avec des organismes comme le CNED ou le CNFDI.

Les témoignages autour du CNFDI étaient concordants : cours à côté de la plaque, pas le niveau pour préparer correctement au BTS, un mauvais investissement. C’est plus des cours pour enrichir la culture générale que pour préparer un vrai diplôme.

Par contre, ceux autour du CNED étaient plus disparates : globalement, les gens s’accordaient pour dire que leur organisation est foireuse, cependant tout le monde n’est pas d’accord concernant le niveau de préparation : certains m’ont dit qu’ils ont plus appris dans des livres genre « X pour les Nuls » que dans leurs cours, d’autres m’ont dit que bien que les cours soient indigestes ils préparent bien au BTS. J’imagine que ça dépend des filières.

J’ai pu discuter avec une élève du CNED sur twitter, qui m’a conseillé de trouver un groupe Facebook d’étudiants qui préparent le BTS à distance pour leur poser mes questions et pouvoir faire mon choix. J’en ai rapidement trouvé un, hyper organisé, dont le créateur dispose même d’un site internet pour le partage de cours, a mis en place un système de tutorat comme à la fac et propose chaque jour des petits quiz pour réviser (type mots-croisés, questionnaires…). J’ai été très bien accueillie, encouragée, et on m’a même proposé une remise à niveau sans avoir à payer (celle du CNED est à 500 euros…). Une communauté pareille fait beaucoup de bien au moral.

Par contre, je vous avoue que ça fait un peu peur, quand je vois leurs quiz je me dis que je mets les pieds dans un domaine auquel je ne connais rien de rien et je me demande si je vais y arriver. J’ai toujours eu beaucoup de curiosité scientifique mais je n’ai pas vraiment l’esprit logique qui va de pair avec les matières scientifiques. Alors oui, c’est sûr, c’est normal de ne rien comprendre puisque mon bac S date de 2007 et que je n’ai même pas entamé ma formation, mais ça me fait quand même peur.

Pourtant, je sais que c’est un domaine dans lequel je pourrai m’épanouir. J’ai perdu toute notion de méthode de travail/révisions, je n’ai plus suivi de cours de science depuis des lustres (je doute qu’un abonnement à Science et Vie compte), mais je pense qu’en bossant je peux y arriver. De plus, faire ma première année dans la région parisienne peut m’être utile car il me sera plus facile de trouver un stage. J’ai 20 semaines de stage à faire, réparties de la manière suivante :

1ère année : 2*3 semaines en restauration collective (deux structures différentes dont au moins une pour bien portants)

2ème année : 10 semaines en diététique thérapeutique et 4 semaines de stage à thème optionnel.

Le stage de première année est d’autant plus « simple » que les structures de restauration collective ne manquent pas à Paris, déjà rien qu’à La Défense il doit y avoir pas mal de possibilités. Après, j’imagine que les candidats ne doivent pas manquer non plus.

La seule chose qui m’embête, c’est que les examens du BTS diététique se font en septembre, j’ai donc raté le coche pour cette année et ça me fait reporter à l’année prochaine. Or, mon homme a déjà bien rongé son frein pour accepter d’attendre jusqu’en août prochain pour postuler hors région parisienne, il va me tuer si je lui dis de décaler d’encore un mois ! D’autant plus que les déménagements se font en règle générale l’été, il est plus facile de trouver un appartement l’été. Ou alors, on déménage bel et bien et je m’organise avec un AirBnB ou une connerie du genre pour aller passer mes examens à Paris.

J’ai aussi un peu de mal à comprendre si je dois ou non prendre une assurance étudiant (en théorie mon assurance habitation me couvre), comment m’inscrire en lycée juste pour les examens… je suis toujours aussi peu douée et dégourdie niveau administratif.

Cette histoire de réorientation est un peu source d’inquiétude à la maison : je ne suis pas sûre de moi à 100% et donc, forcément, mon homme s’engouffre dans la faille pour pointer mes faiblesses et tous les points négatifs de l’histoire. Je ne peux même pas dire « ça ne me coûte rien de tenter » parce que justement, si, ça va me coûter. Ma cagnotte couvre les frais de l’école de naturopathie mais pas les frais liés au BTS, que je vais financer je ne sais pas encore comment car mes économies ne couvriront pas tout. Et ça, c’est justement ce qui inquiète mon homme qui a peur que je me retrouve avec des dettes pour rien si je m’aperçois que je n’ai pas le niveau ou que finalement le domaine ne m’intéresse pas. Je vais avoir des stages, mais j’ai peu de chances de trouver des stages rémunérés donc je ne compte pas trop dessus pour payer mes études.

Mon homme me le dit lui-même : il n’a pas envie de me décourager (car il est conscient de n’avoir aucune alternative à me proposer), mais il n’a pas non plus envie de me laisser faire n’importe quoi avec mon argent car on en a peu. Nous sommes dans cette situation peu enviable de couple dans lequel seulement un des deux travaille : l’autre voit donc ses allocations baissées au maximum, comme si le fait de vivre avec un seul salaire pour deux dans la région la plus chère de France nous rendait aisés. On surveille chaque dépense, pour chaque achat je vois si je peux me permettre. Et bien évidemment, on ne peut pas mettre de côté à moins de se priver. Ce qui arrive souvent, d’ailleurs. Nous n’avons aucune vie sociale, nous ne sortons pas, nous ne partons pas en vacances, nous n’allons pas au restaurant et ce depuis bientôt 6 ans.

Les études, c’est un gouffre à fric : non seulement je paye les cours, mais je paye aussi la bibliographie à côté pour m’aider. C’est pour ça que, j’avoue, j’hésite encore car même si je suis très tentée je ne suis pas dans une situation financière favorable à la reprise d’études. Les études sont, en théorie, ouvertes à tous mais en pratique sans moyens financiers c’est compliqué de se former correctement. L’idéal serait bien évidemment de trouver un job à côté (bien qu’on m’ait assuré que les études de diététicienne sont très intenses et que donc, ce ne serait pas une bonne idée) mais je ne contrôle pas cet élément de l’équation.

J’ai aussi, éventuellement, la solution de faire mon BTS en lycée, normalement, mais non seulement l’aspect phobie scolaire ressurgit, mais aussi le fait de ne pas pouvoir travailler à côté. Des aménagements existent j’imagine, comme à la fac, mais faire des entretiens quand on a une scolarité normale à côté c’est compliqué. De plus, si je suis prise dans l’école de naturopathie il risque d’y avoir des soucis de compatibilité d’emploi du temps pendant quelques semaines. Sans parler du stage supplémentaire (de 10 jours en boutique bio). Après, l’avantage d’étudier en lycée c’est que j’aurai des professeurs pour répondre à mes questions, m’expliquer en détails. Je pourrais éventuellement aussi passer mon BTS en apprentissage, mais j’ai cru comprendre que c’était un BTS pour lequel l’apprentissage est mal vu car il ne permet pas la variété des mises en situation -travailler en hôpital, cantine scolaire, restaurant d’entreprise, etc, bref, varier les conditions de travail-. Par contre, il permet d’avoir un salaire à côté de l’école.

Bref, j’ai encore beaucoup de questions et de doutes. Je sais très bien que si je veux que ma situation change, je dois prendre des risques, je ne peux pas être gagnante à 100%. Mais je n’ai pas envie non plus de plonger le foyer dans la merde à cause d’un échec qui aura coûté cher. Je n’ai pas envie non plus de rester les bras croisés, sans rien changer, à postuler à tous les jobs pourris de la création en espérant que le regard du recruteur se pose sur mon CV qui n’a rien de plus que les autres. Je suis dans une impasse et si je ne fais pas demi-tour pour prendre un autre chemin, je suis bonne pour passer encore de longues années au chômage, à me lamenter sur ma vie et à me demander pourquoi est-ce que ça ne change pas. Si j’ai fait cette cagnotte, c’est avant tout pour aller chercher la chance que les organismes censés m’aider ne me donnent pas. La cagnotte peut financer en partie ma reprise d’études, pas totalement car le projet de BTS s’est greffé entre temps, elle a eu du succès et je DOIS saisir cette opportunité. Mais je doute encore tellement.

Bref, en résumé, le moral n’est pas très haut, j’ai des soucis de santé qui viennent s’y greffer (et je ne serais pas étonnée que ce soit lié). J’attends avec impatience la réponse du cenatho qui déterminera mon organisation et après… ce sera à moi de voir ce que je peux me permettre de faire !

Et c’est fini !

Et voilà, samedi soir j’ai tiré ma révérence vis à vis de mon job en boulangerie. Je n’ai su que vendredi matin que j’étais remplacée, et encore, uniquement grâce à mon homme qui avait vu mon remplaçant signer le contrat, car personne n’a pris la peine de me prévenir. J’ai dû amener la conversation sur le terrain avec ma collègue pour qu’elle me l’avoue, et elle semblait surprise et gênée que je sois au courant.

Je ne suis pas surprise de ne pas être gardée, après tout lorsque j’ai fait ma lettre de démission (refusée, cf article précédent) je leur ai signifié que je n’avais pas envie d’aller plus loin. De plus, il a fallu un drama pas possible pour qu’ils daignent prendre conscience qu’embaucher une handicapée nécessite un aménagement de poste et que je pouvais avoir des absences. Et les absences, ça, ça ne leur plaisait pas du tout.

Je l’expliquais dans mon article précédent, tout le monde avait pris le parti de ma collègue et la plaignait elle, car elle n’avait pas pu prendre de pause le jour de mon malaise. Sachant que ma collègue est une personne connue de tous les cadres de l’après-midi pour bavarder plus que travailler et se croire au Club Med. Elle ne prend peut-être pas de pause badgée, mais en attendant, quand elle passe 30 minutes à discuter avec la chef charcuterie au détour d’un rayon, ça va, elle n’est pas non plus malheureuse. En boulangerie le gros du travail se fait le matin, nous on a la caisse et la remballe à faire, avec un petit tour en rayon pour voir ce qu’il y a à remplir et c’est tout. Ce n’est pas la fin du monde. Moi je ne pourrais pas le faire seule à cause des charges lourdes mais elle, elle l’a déjà fait et largement dans les temps. Ce n’est pas agréable mais c’est faisable. Aucune raison de se faire plaindre comme ça et parader en victime comme elle l’a fait.

Et puis voilà que le mardi, une caissière vient acheter du pain en partant et me sort : « Ne t’inquiète pas pour les rumeurs, tout le monde ne les croit pas, moi je ne les crois pas ». Euh, quelles rumeurs ? N’étant pas très sociable je suis la dernière au courant des potins et du coup, je ne savais pas que depuis mon malaise, une rumeur courait comme quoi je l’avais fait exprès pour ne pas travailler. Ah. Il semblerait que j’aie simulé ma crise.

Alors que je vous explique ce qu’est une crise de spasmophilie (ou tétanie) : chez moi généralement c’est la douleur qui les provoque, celle de mes règles à cause de l’endométriose, c’est assez rare que j’en fasse en dehors de cette période mais ça peut arriver si je suis épuisée ou stressée. Là, malgré toutes mes précautions j’avais fait une insolation, j’avais très mal au crâne, en plus de ça j’avais un monde fou autour de moi et donc oui, j’ai fait une crise. Sans parler du poste pas aménagé qui me fatiguait plus qu’autre chose, qui a dû jouer aussi.

Une crise, c’est douloureux. C’est mon corps qui se raidit sans que je puisse y faire quoi que ce soit. Ce n’est pas simulable parce que je me raidis bien au-delà de mon seuil de tolérance à la douleur. Je peux à la rigueur simuler des doigts qui se raidissent, mais pas avec la force d’une vraie crise. Pendant une vraie crise, les autres galèrent à me décrisper, notamment au niveau des mains, alors que si je faisais semblant ils n’auraient aucun mal. Là, il suffisait de demander au collègue de mon homme qui m’a aidée, il a passé un bon moment à masser, tapoter mes mains pour réussir à les décrisper et après je ne pouvais plus marcher tant mes jambes étaient raides.

Parfois pendant une crise, je perds temporairement la vue ou alors je vois flou. C’est quand le raidissement atteint mon visage. Il faut le faire, pour faire semblant d’être aveugle.

Une crise est aussi due à la panique, quand je sens mon corps se raidir, je sais que je vais souffrir, je sais que je vais encore me vider de mon énergie (oui, une crise ça épuise), je n’ai pas envie de me donner en spectacle, mais je sais que je ne peux rien y faire. Je panique, ça amplifie la crise. Un cercle vicieux car plus j’ai mal plus je panique…

Sincèrement, si ce que je voulais c’était ne pas aller bosser, j’aurais choisi quelque chose de moins douloureux comme prétexte. On ne simule pas une crise de spasmophilie. Ce n’est pas quelque chose de grave mais ça siphonne l’énergie et ça fait mal. J’ai été assez blessée par ces rumeurs, mais allez expliquer à des gens qui ont envie d’y croire qu’une crise ne peut pas être simulée et qu’ayant besoin d’argent j’avais mieux à faire que m’absenter une journée. J’ai parlé de ces rumeurs à mon responsable, sans trop d’espoir, pour lui dire de demander aux gens d’arrêter de jacasser sur mon compte, mais il m’a répondu qu’il n’était pas au courant et n’a rien fait. Le lendemain, il disait que la rumeur en question a commencé à courir le jour même de mon malaise. Pour quelqu’un qui n’était pas au courant… en tous cas, toute la semaine j’ai vu défiler des nanas qui venaient discuter avec ma collègue tout en me regardant en chien de faïence, c’était vraiment désagréable. Les gens n’ont donc que ça à foutre, de faire courir des rumeurs stupides et venir ensuite observer la bête en lui faisant bien comprendre qu’elle est indésirable ? Une chose est sûre, ça ne m’aurait pas motivée à rester. Des absences il y en aurait eu d’autres et si ça tourne aussi mal à chaque fois on a pas fini.

J’ai fini ma semaine en serrant les dents et le samedi, mon remplaçant est arrivé pour être formé. J’ai proposé à ma collègue de lui montrer la caisse tandis qu’elle pouvait lui montrer le back-office, elle m’a sauté à la gorge, hyper agressive, en me disant « Je vais le former, je sais ce que je fais, toi tu restes à la caisse ! ». Ah. Bon. Elle a ensuite commencé à lui montrer les manipulations basiques de la caisse en se collant contre lui et en lui faisant les yeux doux. Sérieusement ? Le pauvre gars ne savait plus où se mettre et m’a jeté un regard désespéré quand elle l’a embarqué pour lui montrer les fours, les rayons et le frigo.

Quand ils sont revenus, elle m’a à nouveau parlé pour me demander sèchement de laisser mon remplaçant servir les clients et les encaisser et est partie. Ah super mais moi je fais quoi du coup ? Le gars est alors venu me demander si ma collègue était toujours aussi bavarde et surtout aussi allumeuse, et quand je suis partie dans un fou rire il a compris. Il l’a cernée d’entrée de jeu, ça va, il a été plus rapide à la détente que moi. Mais oui ça fait trois semaines que je remarque qu’elle allume tout ce qui bouge avant de se planquer derrière son statut de femme mariée, et ce n’est pas sa seule incohérence. Peut-être a-t-elle besoin de tester son pouvoir de séduction ?

On a commencé à discuter tout en servant les clients (non parce que j’allais pas me tourner les pouces tout l’après-midi non plus) et le fait est que je m’entendais super bien avec lui. Ce qui m’a un peu dégoûtée en fait, parce que si je l’avais eu lui comme collègue et non la peste, mon expérience en boulangerie se serait super bien passée. Il m’a même avoué que ma collègue lui avait dit de ne pas me parler parce que j’étais handicapée et que je faisais semblant d’être malade pour ne pas bosser. Ah d’accord. Tu la sens la tolérance ? Au moins j’ai su qui avait lancé la rumeur, même si c’était assez évident.

Quand ma collègue est revenue et a vu qu’on discutait en riant, elle n’a pas du tout apprécié (vous auriez vu son regard, j’ai cru qu’elle allait me tuer) et s’est mise à m’envoyer aux tâches subalternes type nettoyer le frigo, etc, sans réel besoin mais juste pour m’éloigner de sa proie. Pitoyable pour une femme de plus de trente ans censée être mariée, amoureuse, avec deux beaux enfants qui sont sa vie. J’ai dit à mon collègue de se méfier d’elle, mais il l’avait déjà compris de lui même. J’ai d’ailleurs appris par la suite que ma collègue est vraiment connue comme le loup blanc dans le magasin à cause de son attitude. Moi en soi, je m’en fous, elle fait ce qu’elle veut de son cul, mais me faire sauter à la gorge juste parce que les mecs sont SON terrain de chasse, voilà quoi. En résumé tu es une autre nana tu n’as pas le droit de parler aux autres gars et encore moins de bien t’entendre avec eux.

Je n’ai pas non plus apprécié l’attitude de ma chef qui, bien que ne mettant JAMAIS les pieds dans le magasin l’après-midi a pris la peine de venir pour aider à la formation de mon remplaçant, chose qu’elle n’a pas faite pour moi alors qu’elle savait que j’étais mal formée et que j’avais besoin d’un petit coup de pouce pour pouvoir assurer seule au cas ou. Et elle aussi a eu un comportement type « dégage déchet » à chaque fois que je lui adressais la parole. Je me sentais de trop, un truc de fou. Fallait me faire arrêter vendredi hein… ah bah non il fallait un larbin pour servir les clients pendant que tout le petit monde papotait en rayon. Je comprends mieux pourquoi ma collègue n’est pas inquiétée pour son bavardage intensif, la cheffe est pareille !

En bref, j’ai eu un peu le sentiment de me faire dégager comme une vieille merde et d’être indésirable, juste à cause d’un malaise indépendant de ma volonté et visiblement, aussi, d’une collègue malveillante qui s’est amusée à faire courir des rumeurs sur mon compte juste pour le plaisir de se faire plaindre. Alors oui, j’avais fait une lettre de démission, plus dans le but de protester contre mon traitement qu’autre chose, mais une lettre de démission ne décharge pas l’entreprise et ses employés de leur devoir de décence. Du coup je vais garder un souvenir amer de cette expérience.

Une chose est sûre, il y a du boulot à faire pour être véritablement handicap-accueillant : tant de la part de l’entreprise (il a fallu un drama pour obtenir un aménagement simple) que des employés dont visiblement la tolérance n’était pas la première qualité. Basher quelqu’un à cause de son handicap c’est quand même assez ignoble, et d’autant plus ignoble qu’il ne s’agissait pas de quelques cas isolés par-ci par-là. Je ne sais pas ce que j’ai fait pour mériter tant d’animosité, d’autant plus que ma collègue a été mise au parfum dès le début pour les possibles absences.

Il faut aussi avouer que le contrat est mal tombé, puisque les travaux de mon toit que j’attendais depuis des mois ont commencé pile en même temps que mon contrat, ce qui a fait que je ne pouvais pas me reposer entre mon homme qui me réveille à 4h pour partir au travail et les ouvriers qui arrivaient avant 7h en marchant sur le toit comme des bourrins. Si j’avais pu me reposer, j’aurais été moins fatiguée et je n’aurais peut-être pas fait de crise malgré la chaleur ce jour-là. J’ai de gros soucis de sommeil, j’ai un sommeil déjà très léger de base (le chat grimpe sur le lit c’est bon ça me réveille, pour vous donner une idée), mais en plus je m’endors très difficilement, j’ai un sommeil morcelé car je me réveille plusieurs fois par nuit pour mettre du temps à me rendormir. Me reposer est donc difficile et encore plus si je ne peux pas dormir à cause de travaux ! ^^

En tous cas retour à la case chômage, puisque le responsable a subitement oublié sa promesse de voir pour me transférer sur un poste en rayon, au sein d’une équipe qui saurait gérer mes crises. Je me remets donc à la recherche.

Pour finir sur une note positive, la cagnotte que j’ai créée pour pouvoir reprendre des études de conseillère en naturopathie a bien fonctionné et est maintenant à 82% ! Je n’y croyais pas vraiment lors de sa création et pourtant… même si elle ne parvient pas jusqu’au bout ce sera déjà un gros plus pour financer l’école. Si vous êtes vous-mêmes naturopathes et que vous avez des livres à me conseiller pour ma bibliographie (je cherche notamment des références sur les compléments alimentaires et les huiles essentielles, des ouvrages fiables) n’hésitez pas ! Et un grand, grand merci à tous les participants et à ceux qui ont partagé. J’espère que cette reconversion me servira et que je pourrai enfin exercer un métier qui me plaît dans de bonnes conditions.

J’envisage de passer un BTS diététique en candidat libre, si vous connaissez des gens qui ont fait ce cursus et ont des cours à partager je veux bien être mise en contact également ! Je passerai sûrement par le CNED mais là aussi ça va être un coût. On verra en fonction du résultat de la cagnotte et des débouchés de ce premier cursus !

Merci, merci à tous.

Le Drama Job

La semaine dernière, au boulot, j’ai été à l’origine de tout un drama. J’ai vraiment du mal avec ça car je déteste être au centre de l’attention ou créer des problèmes. Mais malheureusement, je supporte très mal la chaleur (je t’ai vu toi au fond qui te demande si je supporte quelque chose ! haha) et c’était la canicule, il faisait 38° à l’ombre.

Je prenais mes précautions, à sortir avec une casquette, des lunettes de soleil et ma bouteille d’eau mais malheureusement, je ne peux pas faire grand chose quand la chaleur étouffante me fait suffoquer. Une fois arrivée au magasin, prise de bouffées de chaleur, j’ai fait un gros malaise, je suis tombée dans les escaliers et j’ai enchaîné avec une crise de spasmophilie à cause d’un épouvantable mal de tête (et aussi, un peu, j’avoue, une crise de panique car j’avais peur de décevoir, encore, en étant malade pendant un petit contrat).

Les collègues du magasin n’arrangeaient pas les choses en se massant autour de moi, car s’il y a bien une chose qui me fait complètement paniquer c’est une foule dense.

Heureusement, un des collègues de mon homme était là, savait comment réagir et m’a portée à l’infirmerie en gueulant sur les autres pour qu’on me foute la paix. Il m’a même ramenée chez moi car je n’arrivais plus à marcher et je voyais flou. Cependant le mal était fait, je n’ai pas travaillé ce jour-là et la moitié du magasin m’a vue convulser.

Être malade au travail, ça arrive. C’est sûr que c’est mal vu pendant un CDD mais bon, si j’ai une RQTH ce n’est pas pour faire joli sur mon CV. Je suis fragile. Ca me troue le postérieur de l’admettre mais c’est le cas et un rien peut prendre des proportions dantesques, surtout quand autour de moi personne ne sait gérer mes crises.

Il faut dire aussi que depuis la semaine dernière je ne peux pas récupérer : je rentre tard 6 jours sur 7 et je ne peux pas dormir le matin car mon homme me réveille, et je n’ai pas le temps de me rendormir à cause du garage voisin et des travaux sur mon toit qui commencent très tôt. Ma fatigue chronique fait que j’ai besoin de dormir plus que la moyenne et je ne peux pas combler ce besoin. Je me force car je sais que c’est provisoire, je tiens en carburant au jus d’orange, mais c’est clair et net que ça s’accumule et que mon corps me rappelle à l’ordre, aussi. Là il a suffi d’un coup de chaud et j’ai cédé.

Cependant je ne pensais pas que ça prendrait de telles proportions.

Ma cheffe est venue voir mon homme pour lui donner son numéro pour que je puisse la prévenir si je refais une crise. Mon homme a été doublement agacé, d’une par les réflexions de la cheffe, qui répétait en boucle que ça ne se faisait pas pour ma collègue qui du coup ne pouvait pas prendre de pause (écoute cocotte, si mes crises avaient un planning défini, ça m’arrangerait, mais ce n’est pas le cas) et aussi par le fait qu’on vienne le voir lui pour des questions me concernant alors que je suis apte à y répondre et que mon numéro est dans mon dossier, il suffit de le demander à la secrétaire. Du coup, elle n’a pas pu lui donner son numéro, mon homme s’étant énervé lorsqu’elle a balancé un « Oh ben si ça commence comme ça hein !! ».

Mon homme est parti, m’a rapporté la conversation mot pour mot et l’après-midi, j’ai pu voir qu’on avait bien bavé dans mon dos et surtout que les gens plaignaient… ma pauvre collègue qui a dû bosser sans pause. Je sais que je ne suis pas le centre du monde, mais quand un collègue fait un malaise grave, c’est lui qu’on est censé plaindre, non ? Au lieu de ça j’ai eu droit à de la culpabilisation, on m’a dit que si je n’étais pas capable de bosser alors je n’avais pas à garder ce poste, qu’il fallait prévenir, etc. Oui mais non, moi je ne peux pas prévoir mes crises. J’aimerais. Mais même celles que je fais pendant mes règles à cause de l’endométriose ne sont pas prévisibles car mes règles ne sont pas régulières.

Je me sentais déjà coupable vis à vis de mon homme car il en a chié pour me trouver ce contrat, mais là en plus, ça devenait vraiment trop. Ma collègue n’a de base aucune compassion pour le handicap, mais en plus me culpabiliser… j’ai décidé de les mettre dans la merde du jour du lendemain et de démissionner. Puisque je pose tant de problèmes, qu’à cause de moi ma pauvre, pauvre collègue ne peut pas prendre de pause -elle n’en prend pas déjà assez à discuter tout le temps ??- eh bien je me tire. J’ai fait ma lettre de démission, en prenant bien soin de mettre en avant que c’était mon handicap qui posait problème aux autres et non le fait que je sois inapte au poste (je ne suis pas inapte en soi, c’est juste que le poste n’est pas aménagé). Je savais que ça les ferait réagir.

Ca n’a pas loupé, le lendemain ils viraient de bord et me demandaient de rester, qu’un malaise pouvait arriver et que je n’avais pas à culpabiliser. Ils ont refusé ma démission et ont bieeeen insisté pour que je leur remette ma copie de ma lettre de démission. Tiens donc. Je vous rassure, j’en ai fait une autre copie avant de la rendre. Je me doute bien que s’ils l’ont demandée c’est que ça les met dans l’embarras. Et je n’ai pas du tout apprécié la manière dont j’ai été culpabilisée pour un malaise.

Ma cheffe a tenu à me parler, en m’assurant qu’elle n’était pas au courant pour mon handicap -alors que c’est connu depuis des années au sein du magasin puisque mon homme s’absente souvent pour m’aider-, qu’elle avait parlé à ma collègue pour qu’on se répartisse le travail, etc. Quelques heures après cette discussion j’apprenais qu’elle avait eu un gros clash avec le sous-directeur qui l’a recadrée à mon sujet parce que le matin même, elle bavait encore dans mon dos. Encore.

Depuis, mes conditions de travail se sont améliorées, j’ai droit à un ventilateur et j’ai enfin été autorisée à m’asseoir sur les chaises initialement réservées aux clients si je n’en peux plus. Ma collègue a également pris en charge le plus physique et me laisse le reste. Elle me fait bien comprendre que ça l’emmerde, mais elle le fait. C’est déjà ça.

Par contre, le reste de l’équipe a clairement pris le parti de ma collègue, et si j’ai le malheur d’appeler une chef de caisse pour une suspension (j’ai du mal à comprendre pourquoi on ne nous laisse pas gérer ça seuls) je me fais pourrir. Encore hier, la cheffe de caisse venue me faire une annulation s’est sentie obligée de m’expliquer comment fonctionne la caisse, avec la voix qu’on prend pour parler aux imbéciles heureux, sans daigner m’écouter lorsque je lui disais que la manipulation habituelle pour annuler un article ne fonctionnait pas. Ca arrive, parfois ça marche et parfois, pour une raison inexpliquée, la caisse fait des siennes et ne marche pas. C’est un peu comme la borne sans contact, parfois c’est oui, parfois c’est non. Et qu’on me prenne pour une idiote en me parlant de manière condescendante ça je déteste, vraiment. Je crois que c’est une des rares choses qui m’énervent autant que les fumeurs. Et après ma collègue me dit « mais t’énerves pas ! » alors que je demande juste à ce qu’on me montre une manipulation, pas qu’on me la fasse. On a toujours autant de problèmes de communication, elle comprend mal les phrases longues. Et son comportement m’horripile aussi, à draguer tout ce qui bouge pour après se réfugier derrière son masque respectable de mariée des enfants.

Je n’arrive pas à comprendre comment un malaise a pu créer un drama pareil, au point de me faire détester de presque toute l’équipe de l’après-midi pendant que ma collègue parade en victime. Je me fous qu’on bave dans mon dos, sauf si ça influe sur mon travail. Les gens qui viennent m’embêter pour me poser des questions gênantes ou pour me faire admettre que je ne suis pas faite pour le poste, jusqu’aux clients qui ont « entendu parler » de l’histoire et qui se demandent pourquoi je travaille. Toujours avec cette petite voix condescendante. Je suis handicapée, pas stupide ! On m’envoie paître pour tout, ce qui me stresse, ce qui fait que je fais plus d’erreurs et que donc j’ai encore plus besoin de faire appel à une cheffe de caisse pour débloquer ma machine. Et du coup, je passe encore plus pour une imbécile qui ne sait pas bosser et j’ai droit à encore plus de condescendance.

Le pire c’est que je n’ai pas l’impression qu’ils cherchent quelqu’un pour me remplacer. Depuis le début de la semaine, ma cheffe appelle ma collègue au boulot et quand elle revient, me demande si j’ai quelque chose de prévu pour août et si j’accepterais si jamais on me proposait de rester.

Je me sens encore plus mal car refuser un boulot dans ma situation c’est du suicide, mais rester, sachant que j’aurai forcément d’autres malaises et que donc ça va créer d’autres dramas idiots du genre et qu’en plus on me fait bien payer mon absence (une semaine après j’ai encore des réflexions, sérieusement)… je ne suis pas sûre que ça vaille le coup. J’ai éventuellement d’autres pistes pour du travail mais ça ne se fera pas de suite… je n’ai pas envie de devoir refuser un travail car je sais que je vais me culpabiliser toute seule pendant des mois. Mais je n’ai pas envie de rester non plus. Je ne sais pas quoi faire.

Quand le handicap ne bénéficie pas de compassion

Photo Muriel Dovic ©

Samedi dernier, l’absence de compassion de ma collègue envers le handicap a pris un nouveau tournant.

C’était la fin de semaine, et comme expliqué précédemment, mon poste n’est pas aménagé malgré mes demandes (j’ai juste demandé à pouvoir m’asseoir 2 minutes de temps en temps sur les tables de pique-nique juste en face de ma caisse, rien de dramatique, mais refusé, car ce sont les tables des clients, je dois consommer si je veux pouvoir m’y asseoir !). Du coup forcément, je puise dans de l’énergie que je n’ai pas et la fatigue s’accumule. D’autant plus que je ne peux pas faire la grasse matinée le matin, entre mon homme qui se lève à 5h et le garage d’à-côté qui commence les BOUM BOUM BOUM SUR LA TÔLE C’EST MARRANT dès 7h du matin. Atteinte de fatigue chronique, j’ai besoin de plus de sommeil que la moyenne. Sommeil que je ne peux pas récupérer, donc.

Je me suis donc trouvée fiévreuse et nauséeuse, j’ai vomi dès ma sortie du bus, avant même d’arriver au travail, et rebelote une fois sur place. J’avais 39.1 de fièvre. Le ventre vide. Et ma collègue a passé son temps à se foutre de ma gueule parce que je voulais apprendre ses tâches (le back-office donc, pour éviter le service clientèle). Elle m’a donc donné plus de travail tout en râlant sur ma « lenteur » (elle est venue me chercher en rayon au bout de 10 minutes parce qu’elle trouvait que je mettais du temps… elle quand elle y va elle y passe plus d’une demie-heure parce qu’elle bavasse avec tout ce qui bouge !). Je me suis excusée, j’ai reparlé de mon handicap et elle m’a carrément sorti qu’elle n’en avait rien à foutre, que ce n’était pas son problème. Après avoir passé la journée à me railler parce que je n’étais « pas réveillée » (bah écoute va bosser avec 39 de fièvre, on en reparle), à bien m’humilier devant les clients, elle est partie en furie sans même me dire au revoir et en soufflant comme un bœuf pour me faire comprendre que je l’agaçais.

Donc le handicap n’est pas son problème. Le truc, c’est que j’ai été embauchée avec ma RQTH et que donc, mon handicap est censé être le problème de l’entreprise. Pourtant à chaque contrat chez eux, ils n’ont jamais rien aménagé même lorsqu’ils en avaient la possibilité. Là, juste m’autoriser à m’asseoir sur les tables de pique-nique c’est déjà trop demander. Pourtant l’argent de l’embauche d’une personne handicapée ils vont l’encaisser ! Je comprends qu’il soit difficile de m’aménager un poste en grande distribution car le milieu en soi est trop physique pour moi. Sans parler de l’endométriose qui en plus de me rajouter de la fatigue chronique entraîne plusieurs jours d’absence dans le mois.

Là ma collègue en a déjà marre alors que je n’ai même pas encore eu mes règles. Je n’imagine même pas ce que ça va être quand elle comprendra qu’elle sera toute seule plusieurs après-midi par mois si je reste après mes trois semaines.

Elle n’arrive pas à comprendre la notion de handicap. Pour elle si je ne suis pas capable d’être opérationnelle au bout d’une semaine c’est que je suis une fainéante. Je ne suis pas fainéante mais avec le temps j’ai appris à faire attention à moi, à m’économiser, à ne pas forcer. Je reconnais que c’est en contradiction avec le domaine de la grande-distribution qui demande de la rapidité, de la réactivité, et une bonne endurance car c’est physique (là en boulangerie je suis amener à soulever de lourdes palettes par exemple, en plus de rester debout à circuler tout l’aprem). Je me doute que ça doit être agaçant pour elle de devoir penser à tout, mais déjà si elle le doit c’est parce qu’elle ne me forme pas et ne m’explique rien (par contre elle a dit à la cheffe qu’elle m’expliquait et me montrait, bah non justement), et ensuite c’est ça d’avoir un collègue handicapé. La répartition du travail n’est pas la même.

Elle a aussi refusé de me montrer certaines tâches en back-office car ça implique de laisser la boulangerie sans personne pour servir les clients. Je peux le comprendre. Mais dans ce cas on demande à la cheffe ou à une collègue du matin de rester plus longtemps pour me former, non ? Eh bah non. Quand je lui ai suggéré elle a ricané avant de me tendre des boîtes de pains au chocolat à étiqueter. Et après elle va râler que je ne sais rien faire. Bah oui mais vois-tu cocotte, je suis déjà une catastrophe culinaire de base, alors je ne vais pas deviner combien de temps on met des baguettes surgelées au four, ni même comment se servir du four en question.

Si je dois avoir droit à de la froideur et de l’agacement à chaque fois que je suis malade ou plus faible que d’habitude (souvent quoi) je crois que je ne vais pas tenir bien longtemps. Ce n’est pas faute d’expliquer à ma collègue la nature de mon handicap et ses conséquences, mais elle semble s’en moquer totalement. Et elle n’a vu que le plus soft. Je ne comprends pas non plus la réaction de l’entreprise qui me refuse de m’asseoir sur les tables des clients alors que, vacances obligent, même en heures de pointes il y en a toujours une de libre et ça ne casse pas trois pattes à un canard de me laisser m’asseoir. Je ne comprends pas qu’on puisse se dire handicap-accueillant lorsqu’on réagit comme ça.

Ce qui me fait rire (jaune), c’est que mon premier contrat dans cette entreprise, en charcuterie/coupe, a été rompu à cause de mon handicap car on me jugeait inapte, alors que j’avais la possibilité de m’asseoir. Ici je n’ai pas cette possibilité mais on ne me vire pas, on envisage même de me proposer un CDI. C’est à n’y rien comprendre. En fait je me dis qu’ils refusent d’adapter le poste parce qu’il y a des dizaines de personnes derrière prêtes à me remplacer au pied levé, donc ils ne se prennent pas la tête. Marche ou crève, c’est ça la grande distribution.

Bon après, il reste la visite médicale à la fin du mois, ce n’est pas impossible que la médecin du travail me déclare inapte (je suis en station debout pénible + port de charges alors que je ne suis pas censée en avoir…) et dans ce cas je pourrai me concentrer sur la recherche d’un job adapté. Si ça existe. Parce que j’ai beau vivre en Île-de-France, la région censée être la plus propice pour trouver un job, mais depuis que je suis ici c’est une galère sans nom entre les entreprises spécialisées dans le handicap qui sont des escrocs et les refus d’adapter le poste..

Travailler en milieu non-adapté

Comme expliqué dans mon article précédent, mon homme a réussi à me décrocher un petit contrat dans son entreprise, dans le secteur boulangerie. Je sais, j’avais dit que je n’accepterais plus de contrat en grande distribution tant je déteste ça, mais je ne pouvais pas dire non : en ce moment niveau offres c’est le désert, je n’ai aucune piste, et je n’ai toujours pas le compte-rendu de la MDPH pour savoir si je suis renouvelée ou pas. Et puis en plus, un salaire est toujours plus élevé que l’AAH, donc…

Comme pour chaque contrat dans cette entreprise, mon poste n’est pas adapté. Pourtant, ils se disent handicap-accueillants… la boulangerie se situe juste en face de l’entrée, et à l’entrée en question, les fumeurs se massent pendant leurs pauses. Leur fumée rentre donc dans le magasin et arrive jusqu’à moi. Heureusement, ça ne fume pas non-stop, sinon je pèterais vite un câble. D’autant plus qu’au lieu de se masser à l’entrée ils pourraient aller sur les bancs, un peu plus loin, mais non…

Je n’ai également pas la possibilité de m’asseoir. Il n’y a pas suffisamment de place pour mettre une chaise ou un tabouret et les tables de pique-nique sont réservées aux clients. Si j’ose m’y asseoir, même quelques secondes, je peux prendre cher. Malgré mon handicap et la station debout pénible. Je passe donc 7h par jour debout avec ma double fatigue chronique (DCP + Endométriose).

J’ai pour collègue une personne qui m’a mise au parfum dès le début : le français n’est pas sa langue maternelle, et si elle le comprend et le parle plutôt bien parfois il y a des couacs. Et effectivement il y a de grosses difficultés de compréhension entre nous. Déjà parce qu’elle est censée me former : or elle se contente de me dire « fais-ci, fais-ça » sans m’expliquer comment fonctionne une journée, quelles tâches y-a-t-il à effectuer… j’ai beaucoup de mal à prendre en main la caisse, je lui demande de me montrer les manipulations, elle ne le fait pas, elle enchaîne les touches sans rien m’expliquer et me dit « tu vois c’est comme ça ». Euh…

Je suis quelqu’un qui apprend par mimétisme, il suffit de me montrer et hop c’est intégré. Sauf que si on ne me montre pas, moi je ne suis pas devin, je fais de la merde. Les boulots physiques, manuels, les logiciels, ce n’est pas inné chez moi. Il y a des mouvements à apprendre, un apprentissage à faire.

Petit à petit j’apprends par moi-même, mais l’écart est grand par rapport à la formation que j’avais eu en fromagerie, avec la nana qui m’avait même laissé des petits mots pour me dire ce qu’il restait à faire et tout… là je me forme toute seule. C’est stressant pour moi d’enchaîner les conneries en heure de pointe parce qu’on ne me montre rien donc je ne sais pas me dépatouiller. Je ne suis pas débrouillarde, je fais des efforts, mais entre la fatigue et l’absence de formation, je ne peux pas faire de miracles.

J’ai cependant remarqué que les deux personnes de l’après-midi effectuent des tâches différentes : moi je suis à la caisse et au nettoyage, ma collègue elle gère le « back-office », les stocks, les rayons en magasin, les éventuelles baguettes qu’il reste à cuisiner. Elle m’a dit que lorsque je serai habituée à la caisse elle me montrerait les autres tâches et j’avoue que j’ai hâte : je déteste le service client, je hais ça, alors si je pouvais passer en back-office je serais heureuse. Je préfère me péter le dos que servir les gens (de ce magasin je précise : enseigne de bourges dans une ville de bourges, les gens sont tellement hautains…).

Ce que je reproche aussi à ma collègue, c’est qu’elle est vraiment bavarde : elle me laisse en plan avec des tâches à faire en plus de la caisse, et pendant ce temps, elle va bavarder avec ses connaissances du magasin. Et elle ne considère pas ça comme sa pause. Hier elle a passé 20 minutes à discuter avec le gars de la charcuterie pendant sa pause (celle du gars) et quand elle est revenue elle m’a dit « je vais mettre des baguettes au four et je prends ma pause ». Ah donc c’était du taf de bavarder pendant 20 minutes ??? Et c’est comme ça plusieurs fois par jour : je taffe, je fais des conneries car je suis toute seule et on ne m’a pas montré comment annuler un truc, corriger une erreur, encaisser un ticket restau et pendant ce temps elle est quelque part dans le magasin à discuter.

Je vous avoue que la fatigue s’accumule, en fin de journée je tiens à peine sur mes pieds, j’ai l’impression de marcher sur des aiguilles. La fatigue morale est là aussi, je ne suis pas taillée pour la grande distribution, encore moins dans un domaine qui n’est pas le mien. Si encore je bossais du côté du bio, des compléments alimentaires, dans un domaine qui m’intéresse, ça passerait peut-être mieux. Après tout je souhaite me former là-dedans. Mais là du service client, de l’encaissement, avec une collègue pas fiable qui ne me forme pas, j’en ai déjà marre.

Elle ne comprend pas le concept de handicap et mon besoin de m’asseoir un peu, de souffler, d’avoir quelqu’un qui prenne le relais parce que j’ai besoin de me moucher, de tousser. A chaque fois qu’elle me voit me moucher, elle me demande si je suis malade, je lui ré-explique que j’ai une maladie génétique, elle me regarde avec un air bovin, me dit « ah ok » et le lendemain rebelote. Si je lui dit que j’ai besoin de m’absenter 2 minutes pour me faire de la kiné, elle ne comprend pas non plus. Surtout si j’ai déjà pris ma pause, elle croit que j’ai envie d’en reprendre une. Je n’arrive pas à lui faire intégrer le concept. Pourtant pas besoin de sortir de St-Cyr pour comprendre ce qu’est un handicap…

De plus, on m’a déjà confirmé que si j’acceptais le CDI et qu’après je voulais faire ma formation en naturopathie alors je devrai démissionner, car ils ne m’accorderont pas les semaines demandées. Et je ne peux pas suivre la formation en week-end puisque je bosse le samedi ! Mon homme m’en voudrait énormément si je démissionnais alors qu’il s’acharne depuis des années pour me trouver un contrat dans son magasin et qu’il se prend des revers.

Je ne suis pas faite pour les boulots physiques. Encore moins lorsqu’ils ne sont pas adaptés à mon handicap. Mais nous sommes plus conditionnés pour nous dire « un boulot c’est un boulot, on prend ce qu’il y a » que « mieux vaut pas de CDI qu’un CDI dans lequel on se sent mal« . Je ne pourrais pas refuser si on me proposait le CDI après ce contrat.

J’ai donc jusqu’à la fin du mois pour trouver quelque chose, dans l’administratif de préférence, en plein été malgré le désert des offres d’emploi. Je ne suis pas très optimiste. Tous les matins je checke désespérément les offres pour trouver quelque chose qui vaille le coup (on se comprend, refuser un CDI pour un contrat d’un mois ça ne fera pas passer la pilule à mon homme). Je ne trouve rien. J’en déprime, vous n’avez pas idée. Je veux bien faire des efforts, mais pour un job aussi merdique, dans un domaine qui me rebute autant et un binôme qui en plus n’est pas fiable j’ai du mal.

Je sais que je peux être bonne dans ce que je fais, si le job est adapté. Je l’ai prouvé quand je bossais à la Défense au courrier. C’est aussi pour ça que je ne vois pas l’intérêt de m’acharner dans un job qui me rend si gauche (parfois j’ai l’impression d’être une abrutie finie alors que c’est juste que je ne suis pas dans mon élément) si je peux trouver mieux ailleurs.

Ce job-là, je ne sais pas combien de temps je pourrai le tenir avant de craquer, physiquement ou moralement. Après vous me direz, j’ai la visite médicale à faire, si je dis au médecin que le job n’est pas adapté, il me déclarera inapte et ça passera mieux auprès de mon homme. Mais pas auprès de ma conscience. J’ai l’impression de jouer les difficiles alors que je suis sur un poste inadapté, dans une entreprise qui est là pour encaisser l’argent que lui donne ma RQTH tout en n’aménageant pas le poste, et qu’en plus de ça je ne suis pas dans mon élément.

Bon sang, je déprime. Encore.

Je me demande si ce serait une bonne idée d’aller voir un psychologue pour voir pourquoi je n’arrive pas à passer outre mes difficultés relationnelles. Peut-être que si je n’arrive pas à me forcer, que le simple fait de devoir sourire et plaisanter avec les clients est trop me demander, c’est parce qu’il y a quelque chose d’autre. Une pathologie mentale ? Je pense que ma mère à tort lorsqu’elle me pense Asperger mais peut-être que j’ai effectivement quelque chose. Peut-être que ça me soulagerait de mettre un nom dessus, même si ça ne changerait pas grand chose. Beaucoup de peut-être. D’incertitudes. Ce qui est certain c’est que je suis mal.

Pour l’anecdote hier, lorsque je suis arrivée au travail, nous étions 4 dans notre coin boulangerie à nous marcher sur les pieds. J’en tremblais. Je commençais à faire des bouffées de chaleur, je me sentais oppressée. Trop de monde autour de moi. J’étais mal au point qu’un client a remarqué ma pâleur et m’a demandé si ça allait. Comment rester crédible en disant aux gens que leur présence si près de moi me dérange ?

Je ne sais plus quoi faire ni quoi penser. J’ai l’impression que je me sens mal dans chaque job que je trouve.

Des nouvelles

Depuis le lancement de ma cagnotte, j’ai entamé quelques démarches afin d’affiner mon organisation.

Déjà, j’ai eu droit au fameux rendez-vous de l’horreur à la MDPH pour tenter de renouveler mon AAH. J’ai raconté l’entretien sur mon blog humeurs, et pour être franche avec vous j’en suis encore déprimée. J’espère que c’était une exception, que ce n’est pas comme ça qu’on traite tous les handicapés en France. Mais vu que ce n’est pas la première fois qu’on m’abandonne malade sans assistance, j’ai des doutes.

Sincèrement, on peut vivre avec un handicap, mais moralement, c’est dur, parce qu’on vous considère toujours comme inférieur, on vous fait comprendre que vous faites chier à toucher des allocations, et si le handicap ne se voit pas on vous culpabilise encore plus en vous disant que « ce n’est rien ».

Alors quand en plus, les organismes censés nous aider sont si violents, si peu empathes, c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase.

Bref, j’ai quand même entrepris certaines démarches, en me basant sur le fait que la cagnotte réussira, bien entendu. Je perds parfois espoir mais elle semble bien partie, et je remercie d’ailleurs infiniment ceux qui, parmi mes lecteurs, ont partagé et même participé (L., je ne sais pas si tu me lis actuellement, mais je n’ai même plus de mots pour dire merci tant je suis touchée. Je n’ai pas grand espoir en l’humanité et pourtant… enfin je veux dire, je suis toujours négative sur ce blog, pas tendre du tout et pourtant des gens comme toi viennent m’aider. Merci, merci, merci, j’en ai eu les larmes aux yeux). Je crois qu’il va falloir que je revoie mon opinion des gens ! 🙂

J’ai commencé par retirer le dossier pour refaire une demande de carte Améthyste. Je l’avais déjà fait et j’avais essuyé un refus, pas assez handicapée, mais pouvoir me déplacer à tarif réduit, voir gratuitement serait d’une grande aide dans mes démarches et même dans ma recherche d’emploi. J’en ai marre des entretiens à plus de 10 euros qui ne donnent rien par la suite. Je n’ai ni réduction chômeur ni réduction handicap alors que j’en ai grandement besoin. Alors je retente, qui sait, je tomberai peut-être sur quelqu’un de plus compréhensif. (j’ai oublié quelques secondes ma malchance légendaire en écrivant la phrase précédente)

J’ai aussi démarché de nouveau l’école Cenatho, pour avoir éventuellement d’autres idées de financement, et ils m’ont répondu qu’hélas obtenir un financement pour une formation de naturopathie était quasiment impossible. Ils m’ont également avertie que… les classes pour la prochaine session étaient complètes et que si j’envoyais mon dossier je ne serais que sur liste d’attente. Et pour l’être, il faut que je renvoie le dossier maintenant.

Je suis un peu étonnée car quand j’avais appelé il était encore temps de s’inscrire. Mais je remarque que sur le mail la personne m’a parlé d’inscriptions complètes pour la formation en naturopathie, et non de conseillère en naturopathie. Cependant l’urgence de l’inscription se fait sentir si je veux être admise à la prochaine session. Je ne peux pas attendre la fin de la cagnotte. Problème, un chèque d’acompte de 600 euros est demandé. Il ne sera encaissé que si je suis acceptée, mais je fais comment si je suis acceptée, qu’ils encaissent le chèque et que ma cagnotte ne parvient pas jusqu’au bout ? Je vais juste me ruiner…

En plus de ça, mon homme s’est mis au permis (il passe le code aujourd’hui, on lui souhaite bonne chance !) et veut partir dès qu’il a la voiture. Déjà qu’il ne voulait pas attendre ma session de février 2018 pour la formation, il n’attendra clairement pas la suivante. Enfin, peut-être qu’il ne sera pas chanceux dans ses candidatures pour quitter Paris et que je pourrai m’inscrire à la prochaine session mais ça reste difficile de m’organiser dans l’inconnu. On ne pourra pas refuser l’opportunité de quitter Paris si elle se présente, depuis le temps qu’on veut partir. Pour notre santé et notre portefeuille.

Du coup il me reste plusieurs solutions :

– La cagnotte ne va pas jusqu’au bout, problème réglé, je ne pourrai pas m’inscrire et donc même si je suis acceptée je me désisterai.

– La cagnotte va jusqu’au bout mais mon homme décroche une opportunité pour quitter Paris :

  1. On s’en va, j’ai l’argent de la cagnotte et je m’en servirai dans un premier temps pour la première partie de mon objectif, faire la formation de la CCI et passer le PSC1. Le reste de l’argent ira sur un compte épargne en attendant de voir les possibilités offertes par notre ville d’accueil. Les écoles de la FENA sont recommandées et fiables mais si je n’ai pas la possibilité d’étudier chez eux il faudra bien me débrouiller autrement.
  2. J’ai aussi la possibilité de m’inscrire malgré tout au Cenatho et venir en train/AirBNB pour les semaines de cours. Problème, ça risque de revenir cher, plus cher que ce qui était prévu à la base. Mais j’aurai une formation fiable. Si je trouve quelqu’un pour me loger je pourrai éviter AirBNB, à voir. Je n’ai pas beaucoup d’amis mais peut-être que l’un d’entre eux pourra me rendre ce service. Ainsi je n’aurai « que » le coût du train et de ma bouffe sur place.
  3. Il reste aussi la solution de la formation à distance, mais je suis moins fan, déjà parce qu’elle sera plus chère que le montant de ma cagnotte et aussi parce que ces formations manquent de pratique. J’ai eu l’occasion de lire des articles de blog sur les formations en naturopathie et même pour conseiller, ça demande de la pratique. Des exercices en classe. Et pouvoir échanger en direct avec les professeurs est bien trop instructif pour s’en passer. J’ai peur qu’une formation à distance soit de moindre qualité.

Enfin, mon homme a réussi à me décrocher un contrat d’un mois dans son entreprise, qui peut éventuellement se prolonger par la suite. S’il se prolonge ça me permettra de faire des économies, et s’il se prolonge suffisamment longtemps de carrément annuler ma cagnotte car je pourrai financer mes projets toute seule. Mais ne mettons pas la charrue avant les bœufs : déjà parce que je connais la boîte de mon homme et qu’ils me l’ont fait à l’envers plusieurs fois. Ensuite parce que ce contrat est en boulangerie, et que le coin boulangerie se situe à l’entrée, à côté des portes automatiques où se massent tous les fumeurs pour leur pause : je vais donc encore plus subir la clope des autres que dans mon précédent contrat, avec les conséquences sur ma santé que l’on connaît. Mais malheureusement, n’ayant aucune piste pour un job et ayant besoin d’argent je n’ai pas pu refuser. Mon homme a bon espoir de parvenir à me passer en épicerie, ce qui résoudrait le problème de la clope, mais je doute que ce soit accepté puisque ce magasin ne veut pas de couples qui bossent ensemble.

Bref, voilà voilà, je suis un peu dans l’incertitude mais je continue mes démarches. J’hésite encore à renvoyer mon dossier au Cenatho mais je suppose que je n’ai pas trop le choix. Au pire, je me désisterai.

Une cagnotte pour tenter de sortir la tête de l’eau ?

Le problème de la réorientation, lorsqu’on est en recherche d’emploi, c’est que ça nous rend dépendant de trop de facteurs :

  • Le bon vouloir de Pôle Emploi, de Cap Emploi ou d’autres organismes comme l’Agefiph : ils ont généralement leur propre carnet de formations, choisies en fonction de secteurs qu’ils jugent porteurs, et ça s’arrête là. En plus, les places sont limitées. Si vous souhaitez vous réorienter dans un secteur particulier, même avec un projet solide et documenté, à moins de tomber sur LA bonne personne, c’est mort. Et si vous choisissez un secteur non conventionné comme la naturopathie, là, c’est mort même si vous tombez sur la bonne personne. Ils ne financent pas.
  • L’argent. Parce qu’après tout si Pôle Emploi ne veut pas subventionner mais que notre projet est viable, on peut décider de se débrouiller par nos propres moyens. Cependant, qui dit recherche d’emploi dit pas de salaire, donc minimas sociaux, et comment financer une reprise d’études non subventionnée avec les minimas sociaux qui sont déjà insuffisants pour vivre dignement ? Sans compter que si vous réussissez à vous payer votre école, une reprise d’études peut vous coûter vos allocations. Donc vous ferez vos études sans aucun revenu.
  • Les frais annexes. Pour construire un projet, on se rend à des conventions, des salons, on prend des rendez-vous pour rencontrer des gens… et tous ces frais, de transport et parfois d’entrée, ça coûte. Je l’ai souvent dit sur ce blog mais je n’ai aucune réduction de transport car je ne touche pas le RSA ou les ASS. Et que mon handicap est jugé insuffisant pour bénéficier de la carte Améthyste…

Bref, vous l’avez compris, je suis plutôt coincée vis à vis de ma réorientation. Je ne peux pas faire d’emprunt, déjà parce que les banques ne prêtent pas aux personnes avec un handicap dégénératif comme le mien, ensuite parce que les banques ne prêtent pas non plus à une personne sans salaire (ni CDD ni CDI), et enfin parce qu’à cause des magouilles financières que mon père a tenté de me faire, même si je n’ai eu aucune condamnation, mon nom est entaché par le sien et les banques sont méfiantes.

Pour être franche avec vous, avec toutes les histoires d’emprunts, de dettes qu’il y a eu dans ma famille et dans celle de mon homme, je suis très réticente envers le concept du prêt de toutes manières. J’ai du mal avec l’idée de faire des plans sur la comète avec de l’argent que je n’ai pas, qui ne m’appartient pas.

Cependant, je n’ai pas envie d’abandonner l’idée de m’orienter dans le domaine de la naturopathie. Il me restait une solution, que je n’avais pas trop envie d’utiliser car je n’y crois pas trop. Le financement participatif, à savoir, le conte du colibri : si chaque personne donne un tout petit peu, ce tout petit peu devient suffisant pour m’aider.

Je n’ai jamais eu recours à ce système, par contre j’ai déjà participé à des projets, notamment sur Ulule et sur KissKissBankBank. J’ai choisi de faire ma cagnotte sur Leetchi car ce site me paraissait plus adapté pour un projet lié aux études. Les deux autres sites proposent plutôt des projets de lancement d’auto-entrepreneurs ou des projets citoyens, alors que Leetchi regroupe pas mal de demandes de financement d’études ou d’autres projets personnels comme les mariages. Alors pourquoi pas ?

J’ai donc lancé ma petite cagnotte le 27 juin, sans trop mettre d’espoir dedans, mais comme c’est ma dernière chance, je m’investis comme je peux. Comme je n’ai pas vraiment de communauté, de réseaux, j’ai partagé à mes amis et par mail à quelques connaissances.

Et pour le moment, une seule amie a partagé. Sur 18 amis, dont une dizaine qui viennent me parler de temps en temps, une seule a pris la peine de partager. Une personne à qui, en plus, je n’ai jamais vraiment parlé de manière personnelle. Je remercie infiniment cette personne mais je vous avoue que je suis un peu peinée par les autres. Ce sont des gens qui viennent me voir quand ils ont besoin de moi mais qui visiblement ne sont pas prêts à me rendre la pareille. Je ne leur demande pas forcément des sous mais au moins de partager (ils ont presque tous plus de 100 amis, donc une bien meilleure visibilité que moi)… l’une d’entre elles a même fait appel au financement participatif pour se payer un grand voyage, donc elle sait très bien à quel point le partage est important.

Lorsqu’on lance une cagnotte, on est dépendant : c’est le bouche à oreille qui compte. Cependant, si les oreilles auxquelles on chuchote sont bouchées, le projet meurt étouffé dans l’œuf. Je peux toujours partager sur mes réseaux, si personne ne suit c’est clair que ça ne fonctionnera pas. Mais au moins j’aurai tenté !

Ma cagnotte n’est pas encore condamnée mais je crois que je paie le prix de mon manque de sociabilité : les gens ne tiennent pas suffisamment à moi pour me donner LE coup de pouce. Ne se souviennent pas suffisamment de mon existence ou de ma situation (quand les gens viennent me parler on parle d’eux, pas de moi…). Après, je n’ai pas spécialement envie de juger : oui ils ont lu mon message, non ils ne l’ont pas partagé, mais peut-être ont-ils une bonne raison. J’aurais préféré qu’ils me la donnent, pour ne pas me faire des films aka « ouin ouin je n’ai pas d’amis », mais bon. Un peu de la même manière qu’on refuse de partager un concours pour ne pas polluer la page FB de ses amis, eux ne veulent pas partager pour ne pas polluer la page des leurs ? Parce qu’ils savent que ça n’intéressera personne ? Une cagnotte pour une association, oui, mais pour un particulier ? C’est déjà moins gratifiant. On sent moins le côté « bonne action ».

Cependant, c’est une expérience enrichissante : déjà parce que ça permet de voir sur qui on peut compter 😀 et ensuite parce que ça permet de mieux comprendre le cheminement derrière un financement. J’ai souvent été agacée par les pages FB des projets que je suivais, réclamant sans arrêt des partages, mais du coup je vois mieux pourquoi, l’argent ne tombe pas du ciel, il n’y a pas d’armée de mécènes prêts à dégainer la carte bleue au moindre nouveau projet, si bien présenté soit-il. Et le site contient tellement de cagnottes que pour être choisi pour une mise en avant, il faut être sacrément chanceux.

Bref, voilà, j’ai lancé ma propre cagnotte dont le lien est : ici. Je ne vous demande pas forcément de participer car je sais que la communauté gravitant autour de mon blog emploi est composée de personnes qui sont dans la même situation que moi. Mais si vous pouviez partager, transmettre le lien, je vous en serais extrêmement reconnaissante. Et j’espère que je serai digne de cette confiance en faisant de ce projet un projet qui marche.

Ne pas pouvoir suivre son intuition

Comme d’habitude, le mois de juin a été très calme au niveau des offres d’emploi. C’est toujours comme ça l’été, car généralement les petits jobs sont pris d’assaut par les étudiants bien plus tôt dans l’année. Malheureusement, plus tôt dans l’année je n’ai été retenue nulle part.

Je n’ai trouvé aucune solution pour financer une éventuelle formation en naturopathie et donc je continue à chercher des offres. Tous les jours.

Je déprime un peu car c’est toujours le même schéma :

j’ai un projet ==> je me heurte à des murs ==> je retourne à une recherche d’emploi normale ==> ça ne fonctionne pas ==> je retente de faire un projet …

Je suis perdue, je ne sais pas quoi faire. Mon conjoint est en train de passer le permis et me dit que dès qu’il l’aura, il cherchera un emploi en province pour qu’on puisse se barrer de la région parisienne. Ni lui ni moi n’avons voulu y vivre. Je me sens frustrée car avec un emploi je pourrais participer à l’achat de la voiture (après tout je vais en bénéficier même si je ne conduirai pas), au déménagement, etc.

Une fois de plus tout va reposer sur lui et moi je vais suivre.

Évidemment je serais contente de quitter la région parisienne, y’a pas photo, mais je me dis que si je n’arrive pas à trouver de job à Paris, qu’est-ce que ça va être en province… je vais rester à charge toute ma vie, juste à cause d’un handicap qui ne m’empêche pas de travailler dans les faits mais qui fait peur aux recruteurs ? N’aurai-je donc jamais assez d’expérience pour qu’on me laisse ma chance ?

Je parcours les offres d’emploi plusieurs heures par jour, postulant dès que je peux, même aux offres qui me dégoûtent d’avance comme la vente et l’accueil (et c’est très con d’y postuler car je sais très bien que je ne tiendrai pas, je déteste trop le contact avec ce genre de clientèle), ça ne marche pas. Nous sommes trop nombreux sur ces offres, je n’ai rien pour me démarquer.

Il faudrait que je trouve le moyen de faire un buzz pour décrocher un poste peut-être. Me déguiser en girafe avec une pancarte ?

Sincèrement, je ne sais plus quoi faire. Enfin si, je sais, une formation en naturopathie pourrait clairement m’ouvrir des portes mais je n’ai pas les moyens de me la payer, surtout la complète. Même la petite formation de conseillère coûte 1800 euros hors stage, livres et transport et ce n’est pas une somme que je peux trouver en claquant des doigts. Pourtant je reste persuadée qu’il y a de l’emploi à la clé, les gens se tournent de plus en plus vers le naturel et les médias indépendants lui font la part belle. Même si je ne trouve pas d’emploi en magasin bio derrière, il reste le journalisme naturel, bio, voir la création de mon propre média… c’est d’ailleurs la solution que je préfère, car j’ai trop peu d’estime envers les gens pour ouvrir un cabinet. Ce qui m’intéresse réellement, c’est plus une promotion d’un mode de vie sain qu’une envie de jouer les docteurs alternatifs en recevant du monde.

Bon, la formation à 11.000 euros me permettrait d’avoir des connaissances vraiment complètes et de me sentir plus légitime à conseiller, prouver, lutter contre les laboratoires. En plus ça m’ouvrirait une palette plus large de métiers potentiels. Mais si je n’ai déjà pas les moyens de m’offrir une formation à 1800 euros, je peux oublier celle-ci.

Je ressens énormément de frustration car j’ai des projets, et je sais que je pourrais m’en sortir, mais le barrage financier est à chaque fois trop grand. Même pour les formations qui sont plus « dans le rang » les places sont limitées et les financements pas toujours accordés. Je me souviens de l’histoire du diplôme de compta avec le GRETA… financement refusé, et en plus inéligible à la formation car on m’a fait passer des tests de maths du jour au lendemain alors que je n’en avais pas fait depuis des années. Pourtant la compta ça recrute, je vois régulièrement des offres défiler.

Après je sais aussi que je ne suis pas débrouillarde. Je suis loin de m’y retrouver dans tous les méandres administratifs et il y a peut-être des solutions auxquelles je n’ai pas pensé. Ou auxquelles je ne veux pas penser comme le financement participatif : je ne me vois pas demander de l’argent à des inconnus pour ma reprise d’études. D’autant plus que je vois très bien les réflexions du genre « va bosser au lieu de nous faire payer tes études flemmarde » venir et je n’ai pas le courage de me battre avec des haineux comme je le fais parfois sur FB. Sans parler de l’hypocrisie de la démarche : je n’aime pas les gens et j’irais leur demander de l’argent ? Pourtant plus ça va plus je me dis que je ne vais pas avoir le choix si je veux me former. Si je ne peux pas emprunter, ou me faire financer, quelle solution reste-t-il ?

Je ne sais pas comment expliquer ça, mais je sens dans mes tripes que mon domaine, c’est le naturel, que c’est par là que je dois foncer. Sensibiliser le plus de monde possible aux solutions alternatives, au respect de la nature et du monde animal. Au fait que la sur-consommation nous projette droit dans le mur. Je vire hippie.

Je me suis fait un petit programme pour me donner une idée large de ce que je veux faire :

  1. La formation « 5 jours pour entreprendre » de la CCI pour être à même de fixer mes possibilités, mes capacités.
  2. Facultatif : une formation rapide pour acquérir les bases de la comptabilité si jamais je retiens la création d’entreprise.
  3. Me former en naturopathie : soit je choisis la petite formation et me débrouille avec, soit je choisis une formation à distance : complète, elle coûte environ 6000 euros. C’est moins que 11.000. Mais hélas, c’est moins reconnu dans le milieu.
  4. Je harcèle toutes les entreprises du coin pour des stages ou même une embauche. Si je choisis la création d’entreprise ce sera surtout les stages.

Mais bref, dans tous les cas je suis coincée par le côté financier. Si vous connaissez une solution miracle, je prends…

 

La naturopathie ?

Vous l’ignorez peut-être, mais depuis un peu plus d’un an, j’ai entrepris un grand virage dans ma consommation, le but étant de manger mieux et de réduire mon empreinte écologique. Je suis encore très loin de la perfection à ce niveau, mais l’écologie prend de plus en plus de place dans ma vie, avec la tendance zéro déchet, les boycotts de marques encourageant l’esclavage moderne ou travaillant avec Monsanto par exemple. Ou même les entreprises ne payant pas d’impôts en France tout en étouffant nos producteurs ou nos petits artisans, magasins.

En bref, je deviens consommactrice et je me renseigne de plus en plus sur les moyens de m’améliorer au quotidien. Ce qui demande un changement profond des habitudes et une sortie de ma zone de confort. Mais j’aime ça. Je me sens utile, à mon échelle. Ce n’est pas parce que je ne veux pas d’enfants que je dois consommer aveuglément et vivre de la souffrance des autres en en ayant rien à foutre.

Vous allez me dire, quel est le rapport avec un blog spécialisé dans mes aventures de chercheuse d’emploi ? Eh bien suite à mon dernier article, j’ai commencé à dresser une liste des connaissances et compétences acquises, notamment en autodidacte, et de mes centres d’intérêt. L’écologie et la protection animale arrivent en tête de liste.

Le problème de la protection animale, c’est que ce qui m’intéresse ne se trouve qu’en bénévolat. Et le bénévolat, c’est très gratifiant, mais ça ne remplit pas l’assiette et surtout les compétences acquises n’ont aucune importance pour le recruteur. La France c’est le pays qui se touche sur les diplômes, et on peut acquérir toutes les compétences du monde, sans diplôme ça ne sert à rien.

J’ai aussi fait du petsitting pendant des années, mais aujourd’hui je ne peux plus garder d’animaux chez moi en raison des soucis de moisissures très visibles de mon appartement (pourtant je nettoie hein, mais même la javel ne suffit plus) et de mon chat qui n’accepte pas les autres animaux (hors de question de lui imposer ce stress). Je pourrais garder les animaux chez les autres, mais les gens sont très méfiants -et je peux les comprendre- et surtout je ne suis pas mobile, n’ayant ni permis ni voiture. Sans parler de la concurrence des petsitters de la « campagne » avec leurs immenses enclos pour pas cher…^^

L’écologie, je la soutiens en sensibilisant au maximum mon entourage, en votant en accord avec mes valeurs (oui, j’ai très mal vécu les résultats de la Présidentielle et je ne suis pas prête de soutenir notre chef d’État) et en agissant à mon échelle pour réduire mes déchets, en apprenant à lire une étiquette et à décoder l’enfumage marketing, entre autres.

Le métier de naturopathe me fait de l’œil depuis un certain temps déjà. Cependant, en France, c’est un métier qui n’est pas vraiment réglementé. N’importe qui peut se prétendre naturopathe après avoir suivi une petite formation sur internet. Cependant, si je dois le devenir, je ne veux pas suivre la première formation venue, et je veux une certaine reconnaissance dans le milieu.

Problème : j’ai envoyé une enquête métier aux naturopathes du coin, mais aucun n’a daigné me répondre. Pourtant, j’ai été polie, je me suis excusée du dérangement et je n’ai pas envoyé un questionnaire long comme le bras… tant pis.

J’ai donc été fouiller du côté des offres d’emploi pour voir si les entreprises cherchaient un profil ou un diplôme en particulier. Dans l’ensemble, non, les gens cherchent juste des naturopathes diplômés avec de l’expérience (évidemment) mais ne sont pas regardants sur la provenance du diplôme. Sauf pour certaines offres sur lesquelles un diplôme d’une école affiliée à la FENA est demandé. Si j’ai bien compris, la FENA regroupe des écoles dont le but est de dispenser une formation de qualité, de faire encadrer les étudiants par de véritables professionnels. Ce qui, déjà, se rapproche plus de mes exigences de formation.

Problème 2 : je n’ai pas envie de reprendre des études longues. Même si je ne trouve pas de travail actuellement, j’ai quand même 27 ans, alors suivre une formation de plusieurs années ne me laissant exercer qu’à partir de 30 ans… non merci. Pour moi c’est un an grand maximum.

Je suis allée regarder les sites des différentes écoles affiliées à la FENA, et après avoir exclu celles qui ne sont pas dans ma région et celles qui ne proposent que des formations longues, j’en ai retenu deux : Isupnat et Cenatho.

L’Isupnat propose deux formations : une intensive sur 15 mois et une en week-ends sur 36 mois. L’intensive est celle qui correspond le mieux à mes attentes et je correspond, en théorie, aux critères d’admission (malgré tout, vu que j’ai eu mon bac en 2007, je pense que j’ai besoin d’une remise à niveau en biologie).

Pour cette année de formation, le tarif de référence est de … 15000 euros. Pour les demandeurs d’emploi, il y a un tarif préférentiel de 11495 euros. Sachant que ce n’est que pour la formation, il faut également prévoir un gros budget livres (environ 300 euros), un budget fournitures, un budget rencontres professionnelles, et le transport… c’est totalement hors de mes moyens. Je n’ai pas de travail régulier, et mes économies n’atteignent pas le montant de l’année (et les économies en question sont là pour les coups durs, en dehors de ça je n’y touche pas). Je ne vois pas comment réunir cette somme. Le paiement est échelonnable mais quand on a pas d’argent, paiement échelonné ou non on ne peut pas payer. Et je n’ai pas cumulé assez d’heures de travail pour faire financer ma formation avec mes heures DIF (en plus je ne suis pas en poste).

De plus, je ne peux pas (et pour être honnête, je ne veux pas) faire d’emprunt. Les banques ne prêtent pas aux gens comme moi qui ont des maladies génétiques dégénératives. J’en avais déjà parlé avec mon conseiller qui me l’avait confirmé (il était désolé pour moi mais ne pouvait rien faire pour m’aider). Et puis je ne me vois pas faire d’emprunt sans garantie de travail à la sortie. Car oui il y a des débouchés, la France manque de naturopathes, mais si je veux m’installer là encore il y aura un coût, et si je veux chercher un emploi là encore je vais me heurter au barrage de l’expérience malgré l’immersion professionnelle prévue par la formation. Je n’ai personne dans mon entourage à qui emprunter non plus, encore moins une telle somme. L’école dit qu’il y a un suivi après la formation pour permettre aux jeunes naturopathes de s’installer mais j’ai du mal à croire au Père Noël.

Le Cenatho propose deux formations qui m’intéressent :

Celle de praticien de santé naturopathe, sur 16 mois, qui inclut également un stage d’été et 18 jours de TPD.

Celle de conseiller en boutique bio, qui dure 20 jours de cours et 10 jours de stage.

La première est évidemment la plus complète, celle qui m’intéresse le plus (sincèrement je lis la plaquette avec le programme et ça fait vraiment envie) mais c’est évidemment la plus chère : 10950 euros, hors coûts annexes comme les livres, le transport, ou les stages (sur la plaquette ça parle d’un stage en Belgique dans un hôtel 3 étoiles… donc le train, l’hôtel, etc). Là aussi, c’est hélas totalement hors de mes moyens, même avec un paiement fractionné. Je n’ai pas cette somme sur tous mes comptes en banque réunis.

La deuxième est moins complète mais offre des débouchés intéressants, bien que limités : création ou reprise d’une boutique bio, vendeur conseil en boutique, consultant conseil en laboratoire, commercial, ou même installation en tant que conseiller en bio-nutrition. Sans parler des déclinaisons possibles comme l’animation, les stages-découverte, etc. Elle coûte quand même 1800 euros, hors frais annexes comme le transport. C’est une somme plus « facile » à trouver mais malheureusement, je n’arrive pas à trouver de travail pour la réunir. J’ai cette somme sur mon compte en banque mais la débourser me mettrait en difficulté en cas de coup dur.

De plus, suivre une formation demande aussi de passer le PSC1, ce qui coûte en moyenne 75 euros hors coût du transport, ainsi qu’une consultation chez un naturopathe, ce qui coûte en moyenne 60 euros (pour le minimum syndical).

L’idéal serait de trouver un job de quelques mois pour avoir la somme, mais si c’était si simple, j’en aurais un depuis longtemps et je ne m’interrogerais pas sur une reprise d’études. Je suis donc un peu coincée, car très intéressée pour me former dans un cadre reconnu mais c’est hors de mes moyens. Même si c’est une formation qui mène à un travail intéressant et en accord avec mes valeurs (bien plus qu’aller aligner des conserves en rayon ou trier de la paperasse en tous cas).

Il me reste aussi la solution de la formation à distance, mais les tarifs ne sont pas forcément plus avantageux qu’une école (même s’ils permettent la formation à distance, ce qui m’arrange) et devoir aligner les billets pour le moindre stage de quelques jours ne m’enthousiasme pas réellement.

En tous cas formation ou pas j’ai les références de pas mal de livres et encyclopédies que je compte me procurer. Ça aussi, ça a un coût.

Bref, en résumé, je suis bien intéressée pour faire enfin prendre un virage à ma « carrière », en accord avec mes valeurs, mais le problème de l’argent me freine. Je ne sais pas trop comment faire financer ça, et surtout comment rembourser ensuite si ma formation ne change rien niveau emploi.