Mettre en avant son statut de travailleur handicapé, la fausse bonne idée ?

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Lorsqu’en 2010, les sanctions pour les entreprises n’embauchant pas un certain quota de travailleurs handicapés se sont alourdies, je me suis réjouie.

En effet, un an plus tard, j’étais diplômée et je bénéficiais du statut de travailleuse handicapée, en raison de ma maladie (dyskinésie ciliaire, proche de la mucoviscidose).

Je pensais naïvement que comme je tiens debout et que je n’ai aucun handicap mental, je pouvais faire partie des handicapés les plus prisés. C’était une vision naïve, effectivement, en plus d’être très réductrice. Mais je sortais à peine de l’adolescence, hein.

Je mettais donc en avant mon statut de travailleuse handicapée sur mon CV, pensant que les entreprises allaient se bousculer pour ne pas avoir à payer d’amende. Comme c’est mignon.

En réalité, mettre en avant son statut amène des questions, déjà. Des questions gênantes. Car l’employeur va vouloir savoir pourquoi est-ce que vous bénéficiez de ce statut. C’est normal. Sauf qu’expliquer pourquoi vous en bénéficiez, c’est mettre en avant vos propres faiblesses. Mettre en avant les raisons pour lesquelles vous n’êtes pas totalement fiable. Les raisons pour lesquelles vous pouvez être amenés à faire faux bond à votre employeur.

Dans mon cas, c’est d’autant plus fourbe que ça ne se voit pas. Si vous me croisez dans la rue, vous ne pourrez pas deviner que je suis malade.

Je bénéficie de ce statut car je suis de constitution très fragile, que je tombe malade dès l’apparition de la moindre épidémie, qu’il m’arrive régulièrement de faire des surinfections. Je tousse souvent, me mouche beaucoup.

Vous vous voyez, vous, expliquer ça à un employeur ? Lui, il va croire que je vais être toujours absente et que je serai incapable de la moindre heure supplémentaire. Que lorsqu’on aura besoin de moi je ne pourrai pas répondre présente.

J’ai beau être bosseuse, j’ai beau être du genre à me ramener au boulot même malade à en crever, j’ai beau être capable de travailler en étant malade, tout ceci est occulté par le manque de fiabilité insinué par ma maladie.

Je ne voyais pas du tout les choses comme ça lorsque je suis arrivée sur le monde du travail. Je me sais fiable, mais qu’est-ce qui le prouve à l’employeur ? Lui, il va s’arrêter sur les faits, pas les affirmations.

Lorsque j’ai été faire quelques examens médicaux à l’hôpital, ma kiné m’a demandé pourquoi est-ce que je ne postulais pas dans la fonction publique. Il paraît que la fonction publique se doit de montrer l’exemple, donc embauche bel et bien des handicapés. N’ayant aucun diplôme de la fonction publique, je n’en sais rien du tout et je ne peux confirmer.

Une récente discussion avec ma nouvelle conseillère Pôle Emploi a également contribué à m’ouvrir les yeux : elle m’a dit que les entreprises françaises préféraient encore payer de lourdes taxes plutôt que d’embaucher du personnel handicapé. Et le pourcentage est assez effarant.

En mettant en avant ce statut, je me mettais des bâtons dans les roues toute seule. Et j’espère que cet article permettra à certains de ne pas faire la même erreur.

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