Suis-je capable de me remettre en question, et surtout d’avancer ?

Dire du bien de soi

-Article initialement publié le 25 février 2014-

« Il n’y a que les imbéciles qui espèrent un nouveau résultat en agissant toujours pareil. »

C’est cette phrase, apparemment d’une certaine Marie May, trouvée au détour d’un article qui m’a faite réfléchir. A la base, elle se destine aux couples, mais moi c’est au niveau de l’emploi qu’elle m’interpelle.

Je me plains toujours de ne jamais passer l’étape de l’entretien, où je me fais toujours recaler. Mais est-ce vraiment de la faute de recruteurs trop exigeants, ou est-ce que le problème viendrait de moi ?

Mon égo surdimensionné fait que j’ai souvent du mal à me remettre réellement en question. Pourtant je ne manque pas de défauts, voire de sacrées tares. Et surtout, j’aborde toujours les entretiens de la même façon. Donc les choses ne risquent pas de changer.

Il y a déjà mon pessimisme qui revient au galop. Je n’aborde pas un entretien en me disant « Chouette, j’ai enfin décroché un entretien, je vais me donner à fond !« , non non ! Je suis plutôt du genre à y aller en me disant « Si j’ai décroché un entretien, alors 15.000 personnes l’ont décroché aussi, je n’ai aucune chance« .

Forcément, aller à un entretien dans cet état d’esprit, ça n’aide pas. Mais sans me donner d’excuse, ai-je réellement tort ? Quand une nana quasi sans expérience professionnelle est convoquée à un entretien, c’est que les recruteurs n’ont pas fait le tri dans les CVs, non ? La principale chose que l’on me reproche c’est justement le manque d’expérience professionnelle.

Il y a aussi le cap du maquillage que je n’arrive pas à franchir. Pour beaucoup de monde, une femme qui se maquille est une femme soignée, tandis qu’une femme qui ne se maquille pas est une femme négligée. Moi, je fais partie des femmes qui ne se maquillent pas. J’ai un gros blocage dessus, déjà quand je met du mascara j’ai l’impression de me peinturlurer, alors ne parlons pas d’une étape avec fond de teint et compagnie.

Pourtant, je prends soin de moi, notamment de ma peau, même si c’est assez récent. Ce n’est visiblement pas assez, mais je n’ai pas envie de me maquiller. Je ne supporte pas ça. C’est sûrement un reproche qui ne changera jamais.

Mon côté froid, voire glacial, ne change pas aussi. Je ne suis pas chaleureuse, c’est un fait. Je suis froide et flegmatique. Or, les recruteurs prennent souvent ça pour de la mollesse. C’est pourtant l’inverse : je suis hyperactive au travail, je ne supporte pas de ne rien faire ou qu’on croie que je ne fais rien. Le côté flegmatique est aussi assez drôle vis à vis de la clientèle : vous pourrez toujours vous énerver, insulter, hurler, c’est à peine si vous me ferez lever un sourcil.

Il faut avouer aussi que même si j’essaie de me dérider en entretien, il y a clairement plus avenant que moi. Je n’inspire pas la sympathie, quoi.

C’est quelque chose dont j’ai conscience, mais que j’ai énormément de mal à changer. J’ai toujours été comme ça, depuis bientôt 24 ans. On ne change pas du jour au lendemain. Il va falloir que j’apprenne à sourire aux gens sans qu’ils aient l’impression que l’on m’a enfoncé un balai dans le derrière.

Je manque de tchatche : là où un jeune diplômé sans expérience comme moi s’en sortira à force de hargne et de paroles, moi j’ai tendance à me laisser bouffer, décourager.

C’est idiot de dire ça comme ça, mais je n’aime pas parler. Du coup l’entretien est dominé de A à Z par le recruteur, je me contente de répondre à ses questions, sans trop en faire. Je ne fais preuve de charisme que lorsque je parle de quelque chose qui m’intéresse réellement : dans ces moments là, je suis capable de vous captiver un auditoire. Mais quand il s’agit d’un job alimentaire qui ne m’intéresse absolument pas, je n’arrive pas à montrer de motivation -pour la simple et bonne raison que je n’en ai pas-. Et du coup, ça se ressent, évidemment.

Certains me diront de travailler dans un domaine qui m’intéresse, dans ce cas. Je n’ai rien contre, mais ça demande des diplômes spécifiques que je n’ai pas, et reprendre mes études serait trop coûteux -je n’ai plus de crédits boursiers- sans garantie de résultat car je suis loin d’être la seule à vouloir bosser dans ce domaine. Je suis en train de me renseigner pour faire financer mon certificat de capacité animalier par Pôle Emploi, mais ça reste difficile car les principaux sites proposant des bouquins d’aide à la préparation sont de grosses arnaques. Difficile de démêler le vrai du faux.

En résumé, je suis capable de me remettre en question dans la mesure où je sais ce qui ne va pas chez moi. Mais je suis incapable de me remettre en question dans la mesure où je ne sais pas comment changer : déjà parce que je n’ai envie de changer pour personne, mais aussi parce que j’ai toujours été comme ça. Je n’ai jamais ressenti le besoin de me mêler aux autres, d’être la fille toujours belle, souriante, charismatique, avec le monde à ses pieds. Moi, si on m’oublie, tant mieux. Le souci c’est que je ne trouverai jamais de travail en étant si réservée. J’essaie de changer, mais pour le moment, je n’y arrive tout simplement pas.

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