Une nouvelle tentative de reprise d’études

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-Article initialement publié le 7 juin 2014-

Les nouvelles sont bonnes sans l’être.

Ce n’est pas la première fois que je tente de reprendre mes études : j’ai déjà tenté il y a plusieurs mois avec le BTS MUC, mais j’avais échoué car je n’avais pas trouvé d’employeur. Mais il faut dire aussi que le CFA que j’avais choisi n’avait pas l’air très sérieux. L’homme que j’avais eu au téléphone ne répondait pas à mes questions et il ne voulait pas me pré-inscrire sans contrat signé avec une entreprise pour mon alternance. En gros j’étais censée débarquer dans une entreprise pour demander un contrat en alternance, conjointement à une école dans laquelle je n’étais pas inscrite. Tu m’étonnes que j’ai échoué.

Là, c’est différent. Un peu. Vous êtes de plus en plus nombreux à me lire, à m’envoyer des messages (auxquels je galère parfois à répondre, car le formulaire de contact d’Overblog a été codé avec les pieds et je reçois souvent mes messages complètement illisibles) et des commentaires, et j’ai très souvent de bonnes idées dans tout ça ! Je comptais reprendre mes études, mais je ne savais pas dans quoi. Mes centres d’intérêt sont vastes, mais j’ai aussi envie d’un secteur sûr, ou d’une formation donnant des bases suffisantes, pouvant s’appliquer à plusieurs corps de métiers (par exemple, une formation de vendeuse en cosmétiques donnera les bases de la vente en général) pour que je puisse trouver du travail dans une autre branche.

Et puis j’ai reçu un commentaire me parlant de l’INFL, l’Institut National de Formation de la Librairie, et du diplôme BP, un diplôme d’état. La librairie, un secteur qui m’a toujours attirée mais dans lequel je n’ai jamais osé m’orienter, car c’est réputé pour être complètement bouché. Si je ne suis pas parvenue à obtenir un contrat d’alternance dans la grande distribution, où le turn-over est énorme, pourquoi est-ce que j’en obtiendrais un en librairie ?

J’ai passé plusieurs jours à demander des précisions à ma commentatrice, à me tâter, est-ce que j’appelle ou pas ? Je n’avais pas envie de me lancer dans une formation qui ne mène à rien. Ce n’est pas parce qu’UNE personne a trouvé après la formation que moi je trouverai. Des libraires au chômage, j’en connais.

Et puis je me suis décidée. J’ai été très bien accueillie au téléphone, par une femme qui m’a dit qu’avant toute chose, l’INFL souhaitait rencontrer ses futurs élèves, pour faire le point sur la formation, faire un petit test de connaissances et voir si la pré-inscription se fait ou non. J’ai été assez surprise, car ma mauvaise expérience précédente était encore en mémoire. J’ai pris rendez-vous, et j’y suis allée.

J’avais un peu peur, car l’école en question n’est pas tout près de chez moi, et pour y aller/revenir j’ai claqué 10 euros. Et vu que je ne serai pas boursière (j’ai épuisé mes crédits boursiers avec ma licence), tout ce qui est frais de transport et faux frais scolaires (cahiers, feuilles, etc) sera à ma charge. Et je n’ai pas vraiment pu faire d’économies ces derniers mois, car mon AAH a entièrement été supprimée à cause du treizième mois de mon homme. Aucun revenu donc, en dehors du chien que je promène de temps à autre (c’est le chien d’une personne âgée, qui a une toute petite retraite, déjà que je culpabilise de faire payer pour ça, je ne vais pas lui demander plus).

Les premières nouvelles étaient rassurantes : l’école à perpette, ce n’est qu’une semaine par mois, et encore, certains mois je n’ai pas cours. Le reste du temps, je suis en entreprise. On peut dire que ça allège drôlement les frais, puisque je n’aurai qu’à prendre une semaine avec le Navigo et c’est réglé.

Ensuite, la personne qui m’a reçue m’a expliqué comment fonctionnait l’alternance, mon statut dans l’entreprise, les intérêts qu’ont les entreprises à embaucher des apprentis (ça on le sait déjà, les apprentis sont sous-payés et en plus la boîte a une indemnité), la manière de se vendre pour obtenir un contrat, et surtout les dates. C’est super important, car on doit avoir au minimum 22 mois d’expérience quand on passe notre examen final, et l’examen final se déroule en juin. Le contrat doit donc commencer au plus tôt le 1er juillet, et au plus tard le 31 août.

Je dois avouer que je n’avais pas pensé au détail des dates du contrat, je pensais que tant qu’on travaillait X mois, quelles que soient les dates, c’était bon, comme pour mon stage à la fac. Et du coup, au niveau du calendrier, ça veut surtout dire que je dois me grouiller pour trouver une entreprise. Et évidemment, j’apprends ça un vendredi.

Après test, j’ai finalement été acceptée en pré-inscription. Mon entretien individuel a mis en avant le fait que mes goûts hétéroclites conviendraient mieux à une maison d’édition qu’à une librairie en soi. Mais je n’ai pas vraiment le temps de me renseigner sur un nouveau type de formation, et j’ai surtout, moi, envie de bosser en librairie. Même si mon côté touche-à-tout a bien envie de tester les deux côtés de la balance.

En réalité, j’ai été plutôt bien accueillie. Il n’y a qu’une chose qui m’a faite grincer des dents, c’est le sourire ironique et amusé du monsieur qui m’a reçue en entretien individuel, lorsqu’il m’a dit « vous n’avez vraiment rien trouvé en trois ans ? ». Je sentais qu’il avait envie de me balancer une remarque bien cinglante mais qu’il se retenait, pas politesse. Mais je l’ai quand même mal pris. Je suis suffisamment observatrice pour pouvoir interpréter ce genre de mimique. J’ai aussi très mal pris le mépris dont il a fait preuve envers le télétravail. Oui, j’ai fait mes deux stages en télétravail, et les contrats de traductrice que j’ai eus étaient en télétravail. Et alors ? Parce que je ne papote pas à la machine à café, le travail est moins bon, demande moins de professionnalisme ? Absolument pas ! Mais je n’avais pas envie de débattre, j’ai essayé, mais vu la tournure que ça prenait, j’ai préféré me taire, monsieur pensait avoir raison, je n’allais pas contredire monsieur.

Je suis rentrée chez moi avec une boule au ventre, car je vous avoue franchement que j’ai peur. Oui, peur.

J’ai peur de me faire encore envoyer paître car je suis « trop vieille pour être apprentie » malgré ma passion (comprendre par là : « une minette de 17 ans sera moins payée que toi pour le même boulot, alors casse-toi mamie ») et mon projet. C’est la première fois que je construis un projet solide, basé à la fois sur mes passions et mes ambitions. Le BTS MUC, c’était par défaut. Le BP Libraire, c’est par réelle envie.

J’ai peur d’échouer encore, car je sais que si je me plante sur ce coup-là, je vais être complètement découragée et déprimée.

J’ai peur d’être nulle dans mon travail et de me faire renvoyer.

J’ai peur que mes graves soucis de santé, qui m’ont plutôt laissée tranquille pendant des années, reviennent comme par hasard pendant ma période de boulot et que je me fasse renvoyer à cause de ça.

J’ai peur de faire tout ça pour rien car je m’oriente dans un secteur où les places sont rares.

J’ai peur des entretiens, de ce qu’on va me jeter au visage.

J’ai peur de lire la déception sur le visage de mon conjoint si je me plante encore.

J’ai peur de… j’ai peur de me tromper sur mon compte, mes capacités. Si ça se trouve en fait je suis juste une grosse nulle qui ne vaut rien, et qui est assez prétentieuse pour se croire bonne dans un domaine.

Tout ça pour dire que je suis officiellement pré-inscrite dans une école, mais qu’il me manque le principal : l’entreprise qui m’acceptera pendant deux ans pour mon alternance.

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3 réflexions sur “Une nouvelle tentative de reprise d’études

  1. C’est super que tu ais déjà été acceptée par l’école. Je voulais aussi faire un BTS MUC l’année dernière et je n’avais rien trouvé ! Oo’

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    1. Mon homme a souvent des apprentis en BTS MUC à son travail, dans la grande distribution… et il m’a dit qu’ils sont toujours embauchés pour être des employés libre-service pas cher, et que JAMAIS on ne leur apprend ce qu’ils sont censés apprendre pour être de futurs chefs. C’est un peu ce qui m’a découragée pour ce BTS ><

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