Une pratique douteuse des deux côtés : l’histoire d’un cas d’abus

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Cette histoire m’a été racontée par mon conjoint, qui travaille dans la grande distribution. Je ne peux pas donner le nom de l’entreprise mais comme je suppose qu’elle n’est pas la seule à pratiquer ça, ce n’est pas bien important.

La politique chez eux, lorsqu’on veut se débarrasser d’un employé qui ne correspond plus à la demande (trop lent, trop grande gueule, etc, peu importe le prétexte), ce n’est pas de le licencier en bonne et due forme. C’est de lui mettre la pression jusqu’à ce qu’il craque et démissionne. Comme ça, la boîte économise les indemnités. Et le pire c’est que jusqu’ici, ça a marché.

Un jour, ils ont voulu éjecter un autre employé, trop lent, et ont commencé leur méthode habituelle. A l’époque, le chef était un gros connard et ça ne lui posait aucun souci. Sauf que cette fois, ils sont tombés sur plus malin qu’eux : l’employé en question s’est mis en arrêt de travail longue durée pour dépression suite à un harcèlement moral. Et ça dure depuis trois ans. Depuis trois ans, cet homme, qui n’est absolument pas dépressif en réalité, est payé -en partie par l’entreprise- à rester chez lui et doit juste faire acte de présence une journée par an.

Ma première réaction, lorsque j’ai appris cette histoire, a été de prendre le parti de l’employé. L’arroseur arrosé, bien fait pour leur gueule, ils n’ont qu’à licencier légalement les employés dont ils ne veulent plus. J’aurais sans doute réagi de la même manière, voire je serais allée aux prud’hommes.

Et puis mon homme a évolué et a eu accès au budget de l’entreprise. C’est ainsi qu’il a appris que le salaire de cet employé « dépressif » était en partie aux frais de la boîte. Boîte qui ne peut pas employer de salarié supplémentaire car son budget est limité.

Autrement dit, parce qu’un homme a décidé de profiter de la situation, un groupe d’employés se retrouve avec du boulot supplémentaire -il faut bien gérer les rayons sous la responsabilité de l’absent-, a désespérément besoin d’un collègue de plus pour alléger leur charge de travail, mais ce n’est pas possible. Car un seul type bloque totalement la procédure.

Un seul type occasionne du boulot supplémentaire à une équipe de cinq, dont trois à deux doigts de la retraite. C’est une équipe de « vieux », qui ont un boulot physique usant, et qui se retrouvent depuis trois ans avec du boulot en plus.

Je dois avouer que cette histoire me laisse perplexe. Je ne peux pas m’empêcher de me dire que c’est bien fait pour l’entreprise, mais à la finale ce sont plus les employés qui payent que l’entreprise en soi, puisqu’elle n’a aucun frais supplémentaire, elle n’a embauché personne pour remplacer son dépressif !

De l’autre côté, je vois que les employés sont si bien protégés par la loi qu’un seul type peut bloquer tout un process, se mettre en dépression à l’infini alors qu’il n’est pas dépressif, et qu’en plus il mobilise un boulot qui, même s’il est pénible, plairait bien à pas mal de chercheurs d’emploi. Sans compter les torts qu’il occasionne à cinq autres personnes qui s’en passeraient bien.

Je ne peux pas m’empêcher de penser que c’est du système que profite ce gars, et pas de l’entreprise. De la loi si bien faite qui donne aux employés victimes d’abus les moyens de se protéger.

Car oui, avant toute chose, cet employé a été victime d’un abus. On a voulu le pousser à la démission plutôt que de le licencier proprement, juste pour économiser les indemnités. C’est une pratique dont l’entreprise a abusé avant ce cas, et elle continue d’abuser actuellement. Elle n’a tiré aucune leçon du cas du faux dépressif.

Cependant, après avoir été victime d’un abus, l’employé a abusé à son tour. Il profite allègrement du fait qu’il soit si facile de s’inventer une pathologie psychologique.

De chaque côté, il y a abus. Et les choses ne sont pas prêtes de s’arranger puisque l’employé en question se fait renouveler son congé très facilement.

Qu’en pensez-vous, de votre côté ? Qu’auriez-vous fait dans le cas de l’employé ? Approuvez-vous son attitude malgré les conséquences ?

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