Mon tout premier entretien d’embauche

mutuelle étudiante

Même si on ne trouve pas d’emploi, on passe tous un jour ou l’autre par la case entretien d’embauche. Et le tout premier, c’est le baptême du feu, celui où on va être tout timide, sans assurance, bref, tout ce qu’il ne faut pas. On a pas tous la chance d’être préparé à la chose avec formation et compagnie !

Ma première piste sérieuse pour un job, c’était à 18 ans. Je ne compte pas les entretiens téléphoniques et appels bizarres que j’ai pu avoir avant, car ils ne m’ont pas du tout préparée à la suite. C’est différent. Bref. J’avais postulé dans une des mutuelles étudiantes de ma fac, qui comme chaque année faisaient un recrutement massif d’étudiants pour leurs stands à la fac. Je n’étais pas du tout tentée par le job, car l’année d’avant j’avais pu voir en quoi ça consistait : être sur un stand et interpeller les pauvres étudiants qui passent pour tenter de leur refiler un max d’options. Et c’est le genre de truc qui ne me ressemblait pas : j’étais réservée à en crever, aborder des inconnus représentait un effort incommensurable pour moi ! Mais ma mère avait insisté et m’avait même pré-inscrite de force sur internet. Je ne pouvais pas y échapper. Elle n’en avait rien à foutre que ça ne me convienne pas. Je crois qu’elle avait surtout envie d’un salaire à me piquer.

Une personne m’a appelée d’un coup et m’a fait un petit speech. Inintéressant au possible, mais j’ai malgré tout écouté poliment. Et bien m’en a pris, car après elle m’a posé des questions sur ce qu’elle venait de dire. Louée soit ma mémoire, j’ai répondu correctement à tout. J’ai donc été sélectionnée pour la deuxième partie du recrutement, l’entretien ! Je prends rendez-vous et attends le jour J.

Une fois arrivée sur place, bien habillée sur mon 31, je remarque qu’il y a beaucoup de monde sur place. Un peu trop peut-être ? Je me dis que je vais attendre des heures, mais une femme se ramène… et demande à tout le monde de la suivre. Tout le monde. Oui, vous avez bien saisi, pour mon premier entretien, alors que j’étais d’une timidité maladive et que je ne supportais pas d’être entourée de monde, je me suis retrouvée à un entretien collectif. Je vous jure, j’avais envie de prendre mes jambes à mon cou. Mais, à demi-paralysée de frousse, j’ai suivi le troupeau. Et je n’étais pas saoule.

Lorsque le tour de présentation a commencé, j’ai compris que c’était mort. Dans le lot, une nana qui suintait le charisme et l’affabilité par tous les pores. En plus, elle avait déjà exercé le même job l’année précédente. Et un mec pour qui c’était la même chose. Et histoire de nous rajouter de la pression, on nous informe que sur 20 candidats, seuls 2 seront retenus. J’avais encore plus envie de partir. Je me suis présentée, la voix un peu rauque, mais j’avais une impression d’inutilité assez violente. Une nana sans la moindre expérience professionnelle, toute réservée, à côté de ces deux là… je ne faisais juste pas le poids. J’avais l’impression que dans la salle tout le monde pouvait décrocher le job sauf moi. C’était peut-être le cas.

La recruteuse commence à nous présenter le job, exactement le même speech qu’au téléphone. Louée soit ma mémoire, vous vous rappelez ? Et il a fallu que je l’ouvre. C’est sorti tout seul.

Oui effectivement, mais tout le monde n’est pas passé par la case téléphone, mademoiselle.

J’étais toute rouge. Mais elle a poursuivi son discours et a fini par nous tendre un bocal à poissons rouges qui contenait une série de petits papiers : on devait en prendre un au hasard, et faire un speech pour convaincre les autres d’acheter ce qu’il y avait écrit sur le papier. Je suis tombée sur les pin’s. Gros blanc. Évidemment, avec un petit sourire, la femme m’a demandé de passer en première. Je n’aurais pas été étonnée d’apprendre que ce soit pour se venger de ma remarque. Sauf que je ne savais absolument pas quoi dire. Le stress, la timidité, ça me bloquait. Puis j’ai eu une idée et j’ai finalement réussi à faire un petit discours, aussi convaincant que celui qu’aurait fait un poisson pour convaincre les pêcheurs de se mettre à l’agriculture. En plus, mon hésitation s’est remarquée. Elle a eu un petit sourire crispé à la « t’es nulle ma pauvre » et a fait passer les autres un par un. J’avais l’impression que tout le monde s’en sortait mieux que moi, mais en même temps, je leur ai laissé le temps de se préparer…

Puis est venu le temps de la pause. Elle m’a regardée avec un sourire bien appuyé et a dit qu’elle allait appeler ceux qui n’étaient pas retenus pour la seconde partie de l’entretien. J’ai évidemment été appelée en première. Ce que je comprenais parfaitement, vu que j’ai laissé la surprise de l’entretien collectif me submerger au lieu de garder mon sang-froid. J’ai été nulle et c’était logique. Mais j’étais un peu vexée d’être la première à passer. Classique, la femme m’annonce que je ne suis pas retenue, car je ne fais pas preuve d’assurance et que j’ai visiblement du mal à prendre la parole en public, ce qui est totalement incompatible avec la vente de mutuelles. Je lui demande si je peux malgré tout assister à la suite de l’entretien, par curiosité, histoire de voir comment ça se passe et pour ne pas être prise au dépourvu si je retombe sur un entretien du genre. Elle s’est alors énervée toute seule et m’a envoyée paître, en me demandant pour qui je me prenais à demander le privilège d’assister à la suite alors que je n’étais pas retenue. Eh c’est bon, je ne faisais que demander, ça ne coûtait rien…

La mort dans l’âme, je me suis dirigée vers la sortie, et les autres sont venus vers moi pour savoir ce qu’elle m’avait dit. J’avais un peu les larmes aux yeux, doublement blessée, dans mon orgueil et dans mon échec. La nana charismatique du début a essayé de me consoler, mais pour moi, ça a fait l’effet inverse. Un peu comme dans les compétitions, quand la gagnante vous sort que vous avez bien joué. C’est censé vous mettre du baume au cœur mais à la finale ça retourne le couteau dans la plaie, vous vouliez sa place et le fair play, exit. J’ai dit au revoir et je suis partie, avec le sentiment d’avoir perdu mon temps. Puis enfin le soulagement. Je n’étais vraiment pas faite pour ce job.

Et vous, votre premier entretien, c’était comment ?

Publicités

Une réflexion sur “Mon tout premier entretien d’embauche

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s