Deuxième semaine en librairie : ce n’est qu’un au revoir

Babel 2

Ma deuxième semaine en librairie s’est révélée plus houleuse que la première. Une multitude de petites choses ont fait que la coupe commençait déjà à déborder.

Déjà, le caractère du patron : possédant tous les symptômes de l’homme petit (hargneux, colérique, n’admettant aucun tort, aucune contradiction…), il me tapait sérieusement sur le système. Ayant déjà travaillé dans la vente, je sais quand même reconnaître la différence entre un client qui erre en cherchant un vendeur et un client qui flâne. Mais non. Lui, il veut qu’on se jette sur chaque client et qu’on essaie de lui vendre un maximum de choses. Ce que j’appelle la « vente à la requin » qui est totalement incompatible avec mon caractère. Je n’aime pas être victime de ce type de vendeurs, alors en être une moi-même, pouah…

J’ai malgré tout tenté de m’adapter : après tout, ce n’est pas mon magasin, mais celui de mon patron. Je ne voulais pas mettre en péril ma formation pour ça.

J’étais frustrée car le travail que l’on me refilait, c’était le travail ingrat : logistique pure et dure (port de charges lourdes…), rangement du magasin, fermeture de la caisse… et encore, même pour ça, j’avais le patron sur le dos pour reprendre jusqu’à ma manière de marcher qu’il jugeait trop nonchalante. Ben désolée, mais quand je porte 25kg, j’ai un peu de mal à avoir une démarche énergique.

J’avais beau demander à utiliser les logiciels pour m’y habituer, on me répondait qu’il y avait autre chose à faire. C’était la semaine de la rentrée, il y avait un gros rush, je devais donc être dans le magasin pour conseiller les clients, ranger, réapprovisionner les rayons…

Je me suis plusieurs fois faite engueuler par le patron car certains rayonnages étaient vides. Mais en même temps, en matière de réassort, il n’écoutait personne ; on lui disait par exemple qu’il manquait des cahiers 24*32 petits carreaux 96 pages, ben il allait racheter des cahiers 21*29.7 grands carreaux 144 pages en disant « ça se vendra mieux ». Total certains présentoirs étaient pleins, d’autres vides, on nous demandait tout sauf ce que l’on avait et le patron refusait toujours de prendre en compte nos listes de produits manquants. Il a même affiché publiquement sa femme en lui gueulant (devant tout le monde hein) que ce n’était pas à elle de décider de ce qu’on allait acheter, que les clients achèteraient ce qu’il y aura et point barre. Je me suis parfois demandé s’il n’était pas un peu con à se couler lui-même comme ça.

Il y a eu une petite scène à cause de deux stylos manquants. J’ai remonté et rangé les cartons de papeterie, et voilà qu’un client arrive et demande des stylos Lamy. Le patron me demande alors où est-ce que je les avais mis. Or, je n’avais pas rangé de Lamy, juste des random stylos 4 couleurs… voilà qu’il me gueule après, me dit que je les ai perdus, que c’est vraiment inadmissible, et me demande de les chercher. Ils n’étaient évidemment nulle part, des stylos Lamy, je les aurais quand même remarqués. Il continue de couiner comme un roquet puis s’en va d’un coup dans son bureau, et je n’entends plus parler de lui de la journée. Au moment de partir, une de mes collègues me dit qu’en réalité, c’est la nana du matin qui a remonté et rangé les Lamy… devant le patron. Des excuses pour m’avoir affichée en public ? Vous pensez bien que non.

J’en avais assez de ses engueulades dues à des manquements dont je n’étais pas responsable, au point que j’ai envisagé de démissionner. J’avais rédigé ma lettre, prête à foutre ma reprise d’études en l’air, puis j’ai pensé à mon copain qui depuis 2 ans supporte un boulot qui lui sort par les yeux pour qu’on puisse avoir notre propre appartement sans dépendre de nos parents. J’ai alors décidé de m’accrocher et de ne pas abandonner à la première difficulté.

Cependant, le clash est quand même arrivé. Alors que je rangeais un rayon, un client passe… et me touche les fesses. Et ce n’était pas accidentel. Je me retourne et lui dit « mais ça ne va pas non ? », étant assez peu tolérante sur ce genre d’attouchements (bon d’accord, pas du tout). Et là le patron se ramène, tout affolé, et me dit que je n’ai pas à parler aux clients comme ça, et voilà qu’il lui fait un geste commercial et me demande de présenter mes excuses. What the fuck. Le gars me touche et je dois m’excuser. J’ai refusé de le faire et le patron m’a convoquée dans son bureau. Là, j’ai tout lâché : mon ras-le-bol, mon impression de ne rien pouvoir apprendre, et en plus le fait de devoir me laisser toucher sans rien dire. Je lui ai dit que c’était hors de question, que je voulais apprendre à devenir libraire, pas à être la pupute d’un patron colérique et pas foutu de prendre en compte l’avis de ses employés ou de sa femme. Je lui ai montré la lettre de démission que j’avais gardée dans mon sac.

Là, il a tenté de négocier : je le mettais dans la mouise en démissionnant, il fallait que je reste, alors il allait essayer de me lâcher un peu la bride. J’ai accepté de finir ma semaine, après tout si ça continuait, j’avais encore un mois et demi pour démissionner sans lui laisser le choix.

Cependant, le lendemain, je l’ai vu recevoir des gens dans son bureau. Mais quand il reçoit d’habitude, ce sont des clients ou des représentants de maisons d’édition, pas des adolescents. Je me suis dit que ça puait, surtout devant le regard fuyant de sa femme. Et effectivement, à la fin de la journée, il m’a convoquée pour me dire que « notre collaboration ne peut plus continuer » et qu’il mettait fin à mon contrat. Il a bien évidemment tenté de mettre tous les torts de mon côté, en disant que je ne savais pas me servir des logiciels (on ne me les a montrés qu’une fois !), que je n’étais pas opérationnelle pour la semaine de la rentrée (j’ai commencé une semaine avant, après 3 ans d’inactivité et sans aucune connaissance du milieu de la librairie), que je faisais des scènes devant les clients (c’est qui qui affiche sa femme et ses employés en public ?) et que je n’y mettais pas du mien pour apprendre (je demandais, on m’envoyait chier pour me faire faire de la logistique !). Je ne dis pas que je n’avais aucun tort (je n’étais pas bien rapide, ayant du mal à reprendre après 3 ans sans rien…) mais ses arguments étaient juste irrecevables en l’état. Je lui ai balancé ce que j’avais sur le cœur et je suis partie sans même finir ma journée. Il voulait juste être celui qui jette l’apprentie et non celui qui se fait jeter par l’apprentie. Pitoyable.

Je crois que le pire truc que je retiendrai c’est ma collègue et la femme du patron qui n’en revenaient pas que je réagisse si violemment lorsqu’un client me touche. J’ai eu l’impression que c’était habituel dans cette boîte. C’est vraiment une chose que je ne tolèrerai jamais.

Résultat des courses, je n’ai même pas encore commencé les cours que déjà je n’ai plus d’entreprise. J’avais déjà eu énormément de mal à trouver celle-ci et j’ai des doutes sur mes capacités à en retrouver une dans les temps. Je ne sais même pas si on va me laisser en retrouver une. Je le saurai sûrement la semaine prochaine. En théorie, la loi me dit que « Si votre contrat d’apprentissage a été rompu par votre employeur (et non à votre initiative), vous pouvez continuer à suivre les enseignements de votre CFA sous le statut de stagiaire de la formation professionnelle, pour une durée maximale de 3 mois. Vous avez ainsi le temps de trouver un nouvel employeur pour poursuivre votre formation par alternance. Pendant cette période, vous percevrez une rémunération qui dépend de votre âge. » mais reste à voir si en pratique ce sera bien le cas.

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10 réflexions sur “Deuxième semaine en librairie : ce n’est qu’un au revoir

  1. Après avoir parcouru la plupart des articles de ton blog, je trouve que tu as une vision très négative du monde du travail et que tu l’abordes avec beaucoup d’impatience et d’agressivité. Oui, dans la quasi totalité des boîtes, le débutant se voit refiler les tâches que personne n’aime faire. Oui, il y a des moments où on s’ennuie à mourir et où on n’apprend rien (et sache que c’est valable même quand on a un super job super bien payé). Oui, il y a des supérieurs hiérarchiques stupides. Oui, il y a des clients insupportables. C’est vrai partout et à tous les échelons d’une carrière.

    J’ai galéré comme tu as galéré, sans aucun soutien familial, avec une mère qui m’a volé de l’argent, ne mangeant pas 3 fois par jour pendant des années. J’ai fini par décrocher un super job super bien payé… mais au début, oui, j’ai accepté de déposer les fringues de mon patron au pressing pour lui rendre service, j’ai accepté d’aller à la Poste envoyer tous les courriers de la boîte alors que je n’étais pas la stagiaire, j’ai eu mille fois envie de dire ses 4 vérités à mon patron quand il me donnait un gros dossier à 19h alors que je m’étais ennuyée toute la journée.

    Je ne l’ai pas fait et quand j’ai quitté sa boîte, il m’a régulièrement appelée pour prendre des nouvelles, m’a même redonné des missions par la suite.

    Il faut savoir prendre sur soi… parce qu’on peut TOUJOURS avoir besoin, un jour ou l’autre, de références, d’un réseau, de faire appel à des gens avec qui on a travaillé pour un conseil, un projet. S’il y a bien une règle d’or, c’est de ne pas partir fâché. On peut dire ce qui se passe mal posément…

    Et 2 semaines, ce n’est pas assez pour faire sa place dans une société. En général, on se fait tout petit pendant 2 à 4 mois, on absorbe au maximum ce qui se passe autour de soi et ce qu’on veut bien nous donner (si personne n’a le temps de nous former, eh bien on peut toujours demander à rester plus tard pour tester tel logiciel… ou essayer de télécharger une version d’essai du logiciel chez soi pour se familiariser avec… ou aller sur des sites qui en expliquent le fonctionnement). Si le patron est imbuvable, soit on quitte la société en expliquant calmement et sans insultes qu’on a le sentiment de ne pas apprendre ce qu’on est venu chercher… et on cherche ailleurs, soit on prend sur soi en se disant qu’on a besoin de ce job.

    De même, quand tu parles de tes expériences sur les sites d’emploi en ligne ou en entretien, tu croises des « pervers » et de « gros dégueulasses »… tu dis « pas une seule entreprise n’a de réelle considération pour nous »… C’est une vision tellement pessimiste du monde du travail. Ce n’est pas la réalité. Oui, il y a des cons comme partout mais il y a aussi des employeurs – et ils sont nombreux – qui veulent que tout se passe bien.

    Tu critiques les annonces d’emploi trop vagues. Je te réponds que justement, c’est avec une annonce vague que les candidatures intéressantes font surface. Les gens, ne sachant pas précisément ce qui est attendu d’eux, vont souligner toutes leurs qualités, leurs motivations… A l’inverse, une annonce ultra précise peut être très enfermante (il faut trouver LE candidat qui a très exactement 4 ans d’expérience, tel diplôme de telle école, etc).

    Regarde ta réaction quand le recruteur de Mc Do t’a demandé « Et vous, quel est votre parcours ? » Spontanément, tu penses « T’as pas lu mon CV, connard ? » Si le recruteur te REPOSE la question alors que ton CV expose ton parcours, c’est parce qu’il a envie que tu ailles au-delà de ce qui est écrit : quel est le fil conducteur entre tes jobs, qu’est-ce qu’ils t’ont appris qui te servira dans le poste… Par exemple, sur ton CV tu marques « babysitting » mais dans l’entretien, tu expliqueras que faire du babysitting t’a permis d’acquérir un vrai sens des responsabilités et de l’organisation, qui t’a ensuite servi sur telle autre mission.

    Tu critiques les réactions de tout le monde sur le chômage… mais si tu te mettais dans une dynamique plus positive en pensant à tout ce que tu as le temps d’entreprendre, peut-être que les gens t’en parleraient moins et mieux. Pendant ma période de chômage, j’ai lancé 3 sites Internet, appris une langue étrangère, appris à utiliser un logiciel qui était très demandé dans mon secteur. Quand les gens me disaient « Tu fais quoi dans la vie », je mettais en avant le côté entrepreneuriat/auto-formation au lieu de dire « Je cherche du boulot »… et je n’ai jamais eu aucune réaction déplaisante alors que, comme toi, j’étais chômeuse.

    A chaque fois, tu te places dans une position d’infériorité : chez Picard, ta « candidature a été ignorée ». Mais OUI ! Pour une offre d’emploi, un recruteur reçoit souvent 500 CV et ne peut pas, humainement, répondre à tout le monde. C’est hélas la réalité de notre économie aujourd’hui. Ce n’est pas TOI qu’il ignore. Tu n’es pas NULLE. Il y avait juste quelqu’un qui, au temps T, avait une meilleure adéquation avec le poste. Ça ne veut pas dire que ce sera tout le temps et partout le cas.

    Dans un autre article, tu écris « on doit être brillants, on doit être souriants, on doit faire croire que ce job de merde est le grand rêve de toute une vie ». Mais ÉVIDEMMENT ! Le recruteur n’a pas envie de recruter quelqu’un qui va le lâcher 2 jours après parce que le job le saoule… même si c’est un boulot de manutentionnaire ou de serveuse. Il a envie de quelqu’un qui soit un minimum consciencieux et fiable. Et OUI, une démarche saine consiste non pas à se dire « c’est le rêve de toute une vie » mais à voir le job POSITIVEMENT en se demandant ce qu’il peut t’apporter.

    Une de mes anciennes boss gagnait 8000€ par mois à 32 ans. Ca fait rêver… eh bien elle m’a un jour dit que ce qui lui avait le plus servi dans sa carrière, c’est d’avoir été équipière à Mc Do : parce qu’il faut être rapide, organisé, supporter la fatigue, les odeurs, les clients chiants, le tout pour un salaire et des horaires pourris.

    Le job d’hôtesse, par exemple, oui tu peux le voir comme un job de merde où tu vas affronter des regards lubriques et des réflexions, où on te prendra pour une potiche… mais tu peux aussi le voir comme un job où tu es LA première vitrine de l’entreprise, celle qui doit refléter ses plus belles valeurs, où tu es amenée à développer ta polyvalence en gérant plein de tâches différentes, où tu croises tous les salariés de la boîte, des petits aux grands chefs, où tu peux te faire remarquer positivement en retenant les petites habitudes de chacun…

    Si j’ai pris le temps d’écrire cet immense commentaire, c’est pour t’inviter à voir les choses plus positivement. Si le monde du travail t’insupporte à ce point, pourquoi ne pas monter ta propre boîte (ou devenir autoentrepreneur) et fixer tes propres règles ?

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    1. J’ai préféré attendre un peu avant de répondre à ton commentaire, mais à la finale, ce sont les mêmes choses qui me viennent à l’esprit, donc autant y aller.

      Je sais bien que le débutant se voit refiler les tâches ingrates. Mais là, dans ce cas, le patron a rompu le contrat sous prétexte que je ne maîtrisais pas le métier alors que justement il ne m’a refilé que des tâches ingrates, sans me montrer tous les aspects du métier en question, alors que je le demandais. J’appelle cela de la mauvaise foi.

      Ensuite, je n’ai jamais prétendu avoir la positive attitude. Et je pense que ça se voit suffisamment que je ne l’ai pas ^^

      Enfin, quand je lis ton commentaire, j’ai l’impression de lire un bon petit soldat. Nous n’avons visiblement pas la même mentalité. JAMAIS je ne baisserai mon pantalon pour évoluer dans ma carrière. Si le patron a besoin de déposer sa veste au pressing, ce n’est pas à moi de le faire. Je n’ai pas été embauchée pour cela. J’ai été embauchée pour un travail précis et non pour servir de larbin à un homme qui confond vie professionnelle et vie privée, qui confond collègues et larbins. Il est hors de question que je sacrifie ma vie personnelle au profit de la sienne, pour être à son service. Je n’évoluerai peut-être jamais dans ces conditions, eh bien tant pis. Je conserverai ce qui me reste de dignité et c’est pour moi plus précieux qu’une carrière. Savoir que j’ai encore une personnalité dans ce monde de moutons.

      Je ne pense pas que je vais spécialement m’attarder : j’ai lu attentivement ton commentaire et tes conseils sont simplement à l’opposé de ce que je suis. C’est un fait que je n’ai pas l’intention de changer. Je n’aborde peut-être pas le monde du travail de la meilleure façon possible, mais je reste observatrice et je sais ce que je vois. Ce que JE vois. Si je n’ai croisé que des cons, ça ne signifie pas qu’il n’y a que des cons. Juste que je n’ai vu que ça.

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  2. Maya, puisque vous estimez que les débutants doivent accepter d’être traités moins bien que les autres employés et d’être le réceptacle des tâches ingrates, pouvez-vous nous décrire comment vous traitez les stagiaires et débutants ?

    Si vous agissez envers eux de la même manière que vous avez été traitée dans le passé, vous perpétuez le même cycle immonde que les parents qui trouvent normal de battre leur enfants comme eux-même ont été battus.

    Si au contraire, vous considérez les stagiaires comme vous souhaiteriez être considérée, alors vous devez admettre que ce qu’a vécu l’auteure de ce billet est inacceptable même si vous trouvez cela « habituel ».

    J’ajouterai que la soumission ne garantit en aucun cas une future progression professionnelle.

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  3. Merci d’avoir pris le temps de répondre.

    Pour rebondir sur ta phrase « Enfin, quand je lis ton commentaire, j’ai l’impression de lire un bon petit soldat. Nous n’avons visiblement pas la même mentalité. JAMAIS je ne baisserai mon pantalon pour évoluer dans ma carrière. Si le patron a besoin de déposer sa veste au pressing, ce n’est pas à moi de le faire. Je n’ai pas été embauchée pour cela ».

    Mon patron, de son côté, me faisait le café le matin. A priori, ce n’est généralement pas le patron qui fait le café pour ses employés. Un jour où j’avais mal au dos, il m’a prêté sa propre chaise de bureau au dossier plus haut que la mienne. Donc lui rendre des services paraissait pour moi davantage un « échange de bons procédés » que de « baisser mon pantalon ».

    Tout est question de proportions : si la personne en face te traite comme un larbin et uniquement comme un larbin, je suis d’accord avec toi, on ne doit pas se laisser faire (mais là encore, il y a l’art et la manière !). Mais si ponctuellement on te demande de rendre un service sans rapport avec ta fonction, pourquoi pas si dans l’autre sens on te rend la pareille. Il y a aussi des entreprises où c’est le mode de fonctionnement (dans cette boîte justement, on faisait les courses pour le bureau nous-mêmes : le papier WC, les gobelets à café, etc) : personne n’avait pourtant un contrat mentionnant « faire les courses » dedans 😀

    Je me souviens d’une stagiaire qui voulait suivre à la lettre ce qui était écrit dans son contrat de travail : départ à 17h tapantes même si elle n’avait pas tout à fait fini son travail, refus de faire les tâches non écrites sur le contrat. Elle n’est pas restée… parce qu’on avait le sentiment qu’elle n’avait pas compris la culture de l’entreprise où tout le monde partageait les tâches « désagréables » (les courses, aller à la Poste envoyer les recommandés, aller chercher le déjeuner pour tout le monde, etc). De même, pour ce qui est de partir à l’heure pile, il y a deux écoles : ceux qui te disent « l’heure, c’est l’heure, il ne faut pas se laisser bouffer par son patron »… et ceux qui pensent « je finis mon boulot même si je reste un peu plus tard ». Pour ma part, je trouve que tout est question de mesure : si c’est systématique, ça veut dire que l’organisation du travail est mauvaise ou la charge de travail disproportionnée ; si c’est ponctuel, ma conscience professionnelle me dicte de rester boucler le dossier même si mon contrat ne m’y oblige pas.

    En fait, je trouve que la flexibilité est super importante. D’une boîte à l’autre, on ne tolère pas les mêmes choses.

    J’espère ne pas t’avoir blessée en tout cas, ce n’était pas mon intention. Je voulais simplement porter un regard extérieur sur l’ensemble de tes textes parce qu’ils dégagent une impression de pessimisme que je n’aime pas voir chez quelqu’un qui cherche du boulot/une reprise d’études 😉 Tu devras toujours accepter des concessions en étant salariée et je fais une différence entre « concession » et « perte de dignité ». Dans une société qu’on n’a pas créée, il y a toujours des points qu’on n’apprécie pas (que ce soit au niveau relationnel, au niveau du fonctionnement, des produits vendus, de la politique commerciale, etc). Te lancer par toi-même peut être une excellente solution à terme (pour l’instant, cherche une autre librairie et garde le moral !).

    Quand on est son propre patron, il y aussi quelques concessions à faire (accepter qu’un client te paye un peu en retard, travailler le soir pour boucler un dossier urgent même si tu avais prévu de regarder un bon film dans ton lit, etc) mais l’approche est différente car tu sais qu’au final, ces concessions bénéficient à toi et à toi seule.

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    1. Blessée, non, mais disons que quand on me parle de faire des concessions alors que j’ai été touchée par un client et que mon patron a voulu me forcer à m’excuser alors que j’étais victime, forcément, je ne le prends pas très bien. J’ai choisi, pour le coup, de ne pas vendre ma dignité.
      Pour ce qui est des taches ingrates ou des services, s’ils sont partagés/rendus, ça ne me pose aucun souci. Par contre, si c’est toujours à sens unique, là, si.
      Quant à la création d’entreprise, j’ai déjà eu un projet, et se pose le problème du financement qu’il n’est pas possible de résoudre pour le moment.

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  4. Maya,

    Je réponds à ton second commentaire. Je pense que tu es tombée sur une bonne boîte car dans mes expériences, tous mes directeurs préféraient largement que je sois à l’article de la mort au boulot que d’etre a la maison.
    Je suis du genre à venir au boulot plus tôt, et a finir plus tard, à venir même avec une pneumonie et aujourd’hui je vois bien que ça m’aide à rien de se faire chier à ce point. Le seul merci que l’on a est un  » au revoir » avec un sourire faux.

    Je comprends que tu sois  » optimiste  » mais je ne pense pas que tu sois tombée aussi bas que certaines personnes ont pu l’être.

    Et comme le dit Fleur, si les  » concessions » c’est de se faire peloter par des vieux pervers alors non merci.
    Après, y ‘a des concessions et concessions..
    La concession de dire  » bonjour » à tous les clients, je pense que ce n’était pas un drame.
    Mais se faire peloter, si.

    Bref, chacun son expérience du monde du travail. Et si Fleur, ne le sentait pas, je pense qu’elle a bien fait de quitter son entreprise. J’aurai fait de même à sa place. Et même si ce n’était  » que pour deux ans « .

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  5. Dr Zoid, bien sûr que je suis d’accord avec toi. Mon commentaire faisait référence à l’ensemble du blog, pas à la décision prise ici : je ne me laisserais pas toucher les fesses non plus et je trouve aussi que face à un client qui fait un geste déplacé, il est du devoir du patron de soutenir son employée ou a minima, s’il n’a pas suivi ce qui s’est passé, de ne pas s’en prendre à elle. En revanche, sur certains points (ne pas avoir été assez formée, s’ennuyer, etc), je pense que 2 semaines sont trop peu pour se faire un véritable avis.

    @Globule : quand j’allais au pressing, j’étais cadre sup’ 😉 Et mes boss avaient eux aussi leur part de tâches ingrates, au même titre que les stagiaires. C’était une bonne boîte équilibrée et j’en ai conscience.

    Quand je dis qu’un débutant se voit refiler des tâches que d’autres ne font pas, je fais référence à des choses toutes bêtes (mettre à jour des fichiers administratifs, préparer des enveloppes pour le courrier, etc). Dès lors qu’un stagiaire est embauché, ça ne me choque pas qu’il décharge son tuteur de ce genre de choses. Quand on s’investit vraiment pour former un stagiaire, qu’on prend le temps de lui expliquer, de lui montrer comment fonctionne telle ou telle chose, c’est du temps qu’on prend sur son temps de travail, la charge de travail globale restant identique. Il me paraît donc assez normal que le stagiaire file un coup de main sur des tâches qui n’exigent pas de formation particulière (et qui sont donc bien souvent des tâches peu passionnantes).

    Je vois plus ça comme un « deal » que comme un rapport chef-esclave, surtout quand c’est fait avec respect et dans une bonne ambiance… Ce que je trouve anormal, c’est quand on demande à un stagiaire de faire strictement le même boulot qu’un cadre pour une indemnité de 400€ et des poussières par mois.

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  6. C’est chic (et facile) d’avoir une vision positive du monde du travail quand on est tombée sur des boites réglos. C’est beaucoup moins évident quand on tombe quasi toujours (et je met le quasi juste pour le forme, on pourrait le virer) sur des boites beaucoup moins réglos. Quand tu es stagiaire ou apprenti, qu’on te file des taches « ingrates », ne nécessitant aucune formation histoire d’avancer un peu tout le monde ok, quand on ne te file que ce genre de tache sans rien t’apprendre d’autre au final (alors qu’à la base tu es là pour ça), y’a de l’abus.

    On a pas tous connu le même marché du travail visiblement. Le mien se rapproche de celui de Fleur.

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  7. Maya,

    Suis d’accord sur ton système quand toutes les parties sont réglos.
    Tu sais, une amie, en licence, pendant une année de demandes répétitives pour pouvoir faire une simple commande de rayon et on lui a toujours refusé, aujourd’hui elle attend toujours hein. Bon elle est passée a autre chose. Et elle a toujours été réglo, elle était vraiment le bouche trou de l’entreprise. Genre quand il y avait un absent dans un rayon, elle y allait.. M’enfin tu vois ce que je veux dire.
    Donc, même si on demande, et qu’on montre qu’on est motivée, ça change rien. Les patrons nous prennent pour des cons selon le secteur d activité.

    De mon côté, je me suis toujours donnée a fond dans mes postes et j’ai toujours été prise pour un dindon.
    J’ai été chef de rayon, donc j’ai déjà eu des stagiaires. Elle n’avait pas que des tâches ingrates. Elles ( bizarrement j’avais que des filles) faisaient des choses que je faisais moi même tous les jours.

    Je t’envie d’avoir connu un employeur reconnaissant ou simplement humain. Tu peux t estimer vraiment heureuse ^^.

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