Le bénévolat et moi

bénévolat

J’ai hésité pendant un moment à écrire cet article, pensant qu’il n’avait pas forcément sa place sur mon blog emploi : il a donc fait la navette entre mes deux blogs avant que je me décide à le poster ici. Pourquoi ? Parce qu’on nous conseille souvent à nous, chercheurs d’emploi, de faire des stages ou du bénévolat (ça revient au même financièrement parlant j’ai envie de dire) et donc, pourquoi ne pas parler ici de mon expérience de bénévole ?

Je ne sais pas si on peut considérer cela comme une expérience, mais ma première approche du bénévolat s’est faite au Secours Populaire. J’étais pitchoune et j’accompagnais ma mère qui avait accepté de faire partie du stand de vente de crêpes lors du traditionnel vide-grenier du mois d’Octobre. Bon, moi, je ne faisais pas grand chose, je n’avais évidemment pas le droit de préparer les crêpes (on ne laisse pas une petite approcher des plaques chaudes ^^) donc je traînais dans les pattes des autres bénévoles. Puis ma mère m’a donné quelques pièces en me disant de les mettre dans la caisse, car elle n’avait pas le temps, il y avait plein de monde. Toute contente, j’y vais, et là… l’increvable vieille bique du Secours Populaire me tombe dessus. Cette vieille là, je me demandais pourquoi elle bossait dans l’humanitaire tellement elle ne supportait personne : toujours à râler, limite à insulter les gens, clamant à tout va que les gens cherchent leur pauvreté, parlant toujours de manière super agressive… mais pourtant toujours fidèle au poste depuis plus de vingt ans, donc on la laissait là. Elle était surnommée l’Increvable car elle était âgée de plus de 90 ans. Bref, voilà qu’elle me tombe dessus. Elle m’attrape le poignet, hurle que je suis une petite fouine voleuse et me traîne vers ma mère qui, témoignage d’une autre bénévole à l’appui, explique qu’elle m’avait dit de déposer sa petite recette. Mais non, mamie soutient mordicus qu’elle m’a vue voler alors que je n’avais même pas eu le temps d’ouvrir la boîte qui contenait la recette pour y mettre les pièces. Elle se met à hurler, à faire une scène, et comme je ne pleurais pas (déjà à l’époque je me retenais ^^) elle clame que c’est la preuve de ma culpabilité. Elle se fait envoyer paître par les autres bénévoles et une autre dame m’offre une crêpe pour me consoler… ce qui n’a pas empêché mes charmants camarades de classe de se foutre de ma gueule pendant un bon moment. J’ai osé voler une association ! L’intello qui vole, le scoop de l’année !

Cette histoire ne donnait pas envie mais pourtant, à ma majorité, je me suis présentée au Secours Populaire pour y être bénévole. Manque de bol, des années plus tard, l’Increvable était toujours là et se souvenait de moi. Elle a accepté de me prendre à l’essai, et j’ai compris très vite pourquoi je ne voyais jamais les mêmes personnes lorsque j’allais chercher les colis de ma mère : elle était si imbuvable que les gens partaient au bout de quelques jours. C’est aussi ce que j’ai fait. Déjà que supporter un patron hargneux quand on est payés, ce n’est pas facile, mais quand on ne l’est pas, on va voir ailleurs… je me demande comment pouvait fonctionner cette antenne avec cette mamie pénible à sa tête.

C’est donc à la Croix Rouge que j’ai fini par faire quelques pas dans l’humanitaire, mais je n’avais aucune responsabilité : je ne faisais que distribuer les colis et les repas pendant l’hiver. Cette antenne aussi était un peu particulière, les responsables avaient limite l’air de conspirateurs, toujours à se calfeutrer pour parler entre eux ou à tout fermer à clé dès qu’une personne s’énervait un peu car les colis diminuaient chaque année. Je ne sais pas trop ce qui les effrayait, mais je ne suis pas restée. Ils n’avaient pas l’air de vouloir de moi comme un membre à part entière de l’équipe malgré mon engagement : j’étais présente pendant les fêtes, jours fériés et compagnie et c’était loin d’être le cas de tout le monde…

Je me suis alors tournée vers le bénévolat dans le domaine animalier : je m’y sentais mieux que dans l’humanitaire. Là encore, je n’avais pas vraiment de responsabilités : accueil, promenades, et c’était tout. Mais j’avais le privilège de côtoyer des comportementalistes, des spécialistes, et j’ai beaucoup appris. Mais je n’ai pas vraiment pu continuer mon engagement « physique » : pour me rendre au refuge, j’avais besoin d’une voiture, et donc je dépendais soit de ma mère, soit de mon copain de l’époque. Et aucun des deux n’était méga enthousiaste pour m’emmener alors que je ne gagnais pas un rond. Déjà qu’à l’époque où je bossais à Amazon, je devais hurler pour que ces deux là se bougent un peu…

J’ai continué un peu dans la région parisienne, au sein d’une autre association, pour faire de la diffusion d’annonces, de la recherche de potentiels adoptants. Ils m’ont un peu dégoûtée car je leur ai quand même fait découvrir de gros réseaux comme Yummypets, qui ont boosté les adoptions, mais ils m’ont envoyée chier lorsque j’ai refusé de donner mon numéro de téléphone : en effet, ils me spammaient de plus en plus de mails pour tel évènement, tel autre, on me demandait de plus en plus d’investissement et à la finale je n’avais même plus de temps pour ma recherche d’emploi, et en plus je me ruinais en transports. Je ne voulais pas avoir droit à la même chose par téléphone ! Quand j’ai expliqué le problème à la présidente, elle m’a alors sorti qu’il fallait savoir ce que je voulais : m’engager dans la protection animale ou chercher un travail pour encourager cette société pourrie ? J’étais un peu choquée, car pour moi travailler, c’est plus remplir mon assiette et payer mon toit qu’encourager une société pourrie. Ils ont fini par supprimer mon compte de leur forum du jour au lendemain. Mais évidemment mon mail est toujours dans leur liste de diffusion -_-

J’ai également été traductrice bénévole pour une association qui permet de parrainer des enfants dans le monde entier. J’ai d’ailleurs longtemps été marraine d’une petite haïtienne, jusqu’à voir mon compte en banque descendre si bas que je ne pouvais plus tenir mon engagement (qui a duré 5 ans). J’ai cependant continué à traduire, c’est d’ailleurs la seule structure dans laquelle j’ai pu exercer ce qui est à la base mon métier : j’ai une licence de traductrice. J’ai exercé plusieurs années jusqu’à voir des annonces de recrutement sur leur site, pour être traducteur salarié. J’ai donc bien évidemment postulé, forte de deux ans d’expérience chez eux sans que jamais on ne remette en cause mon travail. Ils ont refusé, arguant que je faisais du bon travail, alors pourquoi changer ? J’ai eu l’impression qu’ils se fichaient un peu de moi. J’ai fini par arrêter le bénévolat chez eux suite à plusieurs candidatures refusées pour des prétextes débiles alors qu’ils étaient satisfaits de mon travail depuis tout ce temps. Je comprends qu’ils aient besoin de bénévoles mais dans ce cas, un peu d’honnêteté, je serais restée…

Depuis mon aventure malheureuse dans l’association de protection animale, j’avoue que j’ai cessé le bénévolat. Je n’ai pas eu l’impression de pouvoir évoluer dans ces structures, malgré un bon engagement, j’étais peut-être trop jeune, je ne sais pas, mais parfois j’avais même l’impression de ne pas être la bienvenue alors qu’on ne cesse de clamer qu’il n’y a pas assez de bénévoles. Si je reprenais, je ne saurais pas trop quoi faire.

Et vous, vous avez fait du bénévolat ? Ça s’est bien passé ?

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s