Je n’en peux plus.

colère

En ce moment, j’en suis à un stade où non seulement je ne sais plus quoi faire, mais en plus, je ne veux rien faire. Je suis juste complètement découragée.

J’essaie de faire des projets, pour me donner l’impression de faire quelque chose. Je voulais faire un stage en bibliothèque, histoire de rester dans l’univers du livre qui malgré tout m’a plu. J’ai demandé à mon conseiller Pôle Emploi s’il était possible d’obtenir une convention de stage par chez eux, il m’a répondu que oui. J’ai donc démarché une bibliothèque, obtenu un entretien et réussi à convaincre la dame. La balle était dans le camp de Pôle Emploi… mais le discours du conseiller avait changé : ce n’était plus « oui » mais « comme vous n’êtes pas chômeuse de longue durée [non non je suis juste en recherche d’emploi depuis 3 putain d’années] il faut une dérogation, je vais voir ce que je peux faire ». Puis plus rien. Je le relance et reçois ce magnifique accusé : « votre message a été supprimé sans être lu ». Merci Pôle Emploi… je n’ai même pas osé contacter la Mission Locale vu qu’ils m’ont bien fait comprendre qu’avec mon diplôme ils ne feraient rien pour moi.

Je ne peux pas m’empêcher de culpabiliser vis à vis de ma reprise d’études aussi, je m’en veux d’avoir abandonné, mais d’un autre côté, je me dis que j’aurais dû persévérer… et je passe mon temps à me torturer sans savoir si je cherche à reprendre des études ailleurs, éventuellement à distance (pour résoudre le souci de phobie scolaire) ou si je continue sur ma lancée qui jusqu’ici n’est pas vraiment un franc succès.

Je ne peux pas m’empêcher de tout prendre pour moi, de m’énerver sur tout le monde. J’essaie d’apporter des changements, même misérables, dans ma vie. Je trouvais que mon réseau mobile Orange était vraiment pourri. A chaque fois qu’on m’appelait dessus, ça grésillait, j’entendais rien, et professionnellement parlant, ça fait pas super sérieux. En plus je payais cher pour un forfait alors que seule l’option sms illimités m’intéressait. Alors j’ai résilié. Et je me suis énervée tout de suite quand l’opératrice m’a sorti qu’il existait d’autres forfaits moins chers pour les sms illimités… ah, et quand je demandais aux commerciaux qui me spammaient d’appels de baisser de gamme, qu’on me répondait que ce n’était pas possible, on se foutait de ma gueule ? D’habitude je garde mon calme, là la pauvre fille s’en est pris plein la tronche. Comme si on ne me prenait pas assez pour un pigeon au quotidien…

J’en deviens paranoïaque. Je dépose un CV au Super U du coin, pour être caissière, je me fais ignorer et trois jours plus tard je vois sur Pôle Emploi une offre de caissière, pour ce même Super U ! Mais mon CV est si inintéressant que ça ?

Je regarde les offres, je n’ose même plus postuler. Je me dis que je vais perdre mon temps, qu’on va encore m’ignorer, que ça sert à rien de passer une heure sur une lettre de motivation qui va finir à la poubelle. Je laisse passer d’éventuelles opportunités. Ou alors je ne fais juste que gagner du temps car je n’aurais de toutes manières pas été prise.

Je ne supporte même plus les anecdotes de boulot de mon conjoint. J’essaie de postuler dans sa boîte depuis deux ans mais ils privilégient à mort l’interne. Là, ils vont ouvrir trois nouveaux magasins, et ils vont faire quoi ? Privilégier leur « plate-forme de jeunes talents », cette plate-forme que mon conjoint déteste car à chaque fois elle n’apporte que des fils/filles de bourges qui ne savent pas bosser et qui ne sont pas virables car papa ou maman sont au siège. Et je dois l’écouter parler de son nouveau collègue qui sait pas bosser pendant que moi je me retrouve mise à l’écart ?

Je passe mon temps à me décourager toute seule en essayant de me projeter dans l’avenir, à essayer de me trouver une vocation. Entre la dyskinésie ciliaire, et cette endométriose que l’on me diagnostique, je pars avec un gros malus niveau emploi… déjà que s’insérer dans le monde du travail n’est pas facile quand on est en parfaite santé, alors avec deux handicaps ! Qu’on ne me parle pas de ces quotas d’handicapés, personne ne les respecte totalement, à partir du moment ou le handicap peut déborder sur le boulot, c’est mort. Du coup je me dis « ouais mais ce boulot là, je peux pas, ils vont me refuser si je dois m’absenter à cause de mes examens… », etc, etc…

Je crois que j’ai perdu ce qui me restait de volonté. Je n’ai même pas de vocation, je ne sais pas quel métier pourrait convenir à quelqu’un qui, comme moi, supporte très mal la clientèle, la vente-requin, le téléphone… je voudrais un travail dans lequel je suis seule, où je pourrais bosser en ne rendant de comptes qu’à une seule personne. Pas d’équipe à supporter, pas de clients à supporter, juste moi qui fait mon taf, comme il faut.

Le travail dans lequel je m’étais le plus épanouie, c’était lorsque je faisais du picking à Amazon. J’étais perdue dans la masse, on ne se préoccupait pas de moi car je faisais largement mon quota et même plus, sans me forcer. Quand on me laisse tranquille je suis extrêmement rapide. J’ai songé à la préparation de commandes, mais mon état de santé fait toujours peur aux recruteurs… et j’ai, je crois, épuisé toutes les boîtes qui font de la préparation de commandes dans le coin.

Je ne sais plus quoi faire. Je ne sais plus quels arguments avancer en entretien. J’ai épuisé toutes mes possibilités. J’en suis réduite à avoir les larmes aux yeux devant les offres de Pôle Emploi tellement je me sens impuissante. Tellement je me sens nulle à ne rien décrocher. J’ai l’impression que je vais faire un gros pétage de câble. J’en ai marre, je n’en peux plus. Et ça ne va pas en s’arrangeant.

Publicités

4 réflexions sur “Je n’en peux plus.

  1. Je suis désolée que tu n’ y croies plus. J’espère que ça passera vite. Accroche-toi. Facile à dire quand on est externe à la situation mais je suis déjà passée par une phase à peu similaire et je sais à quel point c’est douloureux. Courage, sincèrement.

    J'aime

  2. Je peux comprendre ce que tu ressens. Je n’en peux tellement plus de ne pas savoir quoi faire de ma vie, de ne voir dans mes journées que de longues heures de vide à combler, que j’ai commencé à faire de l’angoisse chronique et je serais même en dépression selon mon médecin. Mais je me dis que la roue va finir par tourner …
    Au fait je t’ai nominé à un tag dans mon dernier article, le tag « Positive attitude », je trouvais ça un peu gnangnan mais ça m’a fait du bien de le faire, peut-être que tu vas te laisser tenter? Bisous

    J'aime

  3. Accroche toi !
    Ça doit sans doute être la phrase que tu as du entendre le plus souvent et qui, à force, devient plus qu’énervante !
    Mais je comprends ton angoisse et ton énervement … Les jours sont durs, dès que l’on allume la TV on entend parler de chômage, de terrorisme, de décapitation, … Je n’en peux plus non plus …

    J’espère que des jours meilleurs sont à venir, mais bon !

    …Surtout ne pas perdre espoir…

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s