Le piston, il n’y a que ça de vrai.

pistonnageSource image : ???

Retour à la case départ. C’était un peu ça après l’échec de mon entretien à la FNAC, qui est devenu un running gag à la maison. Maintenant, dès que je dépose un CV quelque part, mon conjoint me sort « non mais laisse tomber, t’es pas suffisamment avenante physiquement pour ça« . J’ignore toujours si c’est vraiment moi qui ai mal pris la remarque ou si c’était réellement insultant, mais ni la recruteuse de la FNAC ni la personne avec qui j’ai fait le premier entretien en intérim n’ont daigné me répondre. Un peu comme si j’étais devenue pestiférée. Autant en rire jaune et passer à autre chose, donc.

Le souci, c’est que je n’ai plus vraiment d’endroits où postuler. Comme j’expliquais dans mon précédent article, toutes les entreprises accessibles d’Île de France doivent avoir mon CV mais aucune ne daigne m’accorder ne serait-ce qu’un entretien. C’est donc un peu difficile, le matin, quand je me connecte aux sites du genre Indeed, de me dire « j’ai une chance ici », car j’ai 99% de chances d’y avoir déjà postulé sans réponse. Je postule quand même, malgré tout, le plus souvent par internet, mais parfois directement en magasin, lorsque ce n’est pas trop loin.

J’ai fini par recevoir un mail de mon adorable conseiller Pôle Emploi (ceci est ironique) qui me donne un rendez-vous pour « faire le point sur ma situation ». J’ignore si mon coup de gueule a eu son effet, mais cette fois le rendez-vous est prévu pour la mi-décembre et non donné à la dernière minute. Aucune mention de ma demande de POP n’a été faite et je sens que je vais encore avoir droit à une leçon de morale suivie d’un refus. Il est évident que je ne suis pas faite pour le commerce et que j’ai besoin d’une réorientation, une réorientation qui se fera de manière réfléchie, cette fois. J’ai besoin de quelque chose qui soit en accord avec mes valeurs, ma personnalité, mes capacités. J’ai besoin d’un conseil poussé, plus poussé qu’un rendez-vous d’un quart d’heure avec quelqu’un qui ne me comprend pas. Cependant mon conseiller ne trouve rien de mieux que me conseiller de déménager (alors que mon conjoint est en CDI !) ou de me donner des offres qui sont inadaptées au possible. Il ne me prend pas au sérieux. Je suis pourtant prête à renoncer à la rémunération de la POP si jamais c’est ça qui pose problème et que mon conseiller a peur que je cherche à le faire uniquement pour gratter trois sous. Mais il s’en tape. Tout le monde s’en tape et je reste dans le flou.

Cependant, du côté de mon conjoint, ça a commencé à bouger. Le sous-directeur qui s’opposait sans cesse à ma candidature, sous prétexte que les couples sont interdits au sein de l’entreprise, a fini par être muté ailleurs. Et le nouveau sous-directeur a manifesté sa surprise : non, les couples ne sont pas du tout interdits, ça n’a jamais été le cas. Il y a une certaine méfiance car il arrive que les gens règlent leur linge sale en public, mais ce n’est pas le genre de mon conjoint ni le mien : nous sommes pudiques sur notre vie privée et jamais nous n’iront régler nos problèmes face à des gens que ça ne regarde pas.

Et voilà que deux postes se libèrent dans son équipe : une personne qui part à la retraite et une autre qui se fait licencier car toujours en retard et insultante envers ses collègues. Dès lors, j’ai commencé à redonner des CVs, deux fois par semaine, un vrai harcèlement. Mais mon conjoint a bien vu que mon CV n’apparaissait jamais sur la pile de ceux qui étaient consultés par le sous-directeur. Soit la dame de l’accueil ne donnait pas mon CV, ce qui n’est sûrement pas le cas car je m’entends bien avec elle, soit c’est juste que comme je n’ai pas un CV intéressant, il se retrouve à la poubelle lors d’une pré-sélection. Mon conjoint a donc pris le taureau par les cornes et a parlé de moi, en expliquant bien que j’étais super motivée, très fiable, et que l’équipe pourrait enfin avoir quelqu’un de compétent au lieu du ramassis de bons à rien qui s’enchaînent depuis un an. Et le sous-directeur a accepté.

J’ai quand même halluciné de constater que je n’ai aucune chance via le circuit normal. Mes CVs passent tous à la trappe. Il faut dire que j’ai finalement choisi de rester sincère sur mes expériences professionnelles et du coup je n’ai pas grand chose à dire. J’ai, au total, moins de deux mois d’expérience si on enlève le bénévolat et le travail au black.

Mais il restait un opposant de taille. Vous vous souvenez, lorsque j’ai parlé du cas de mon beau-frère ? Il avait finalement abandonné son poste car ça le faisait chier. Il avait bien déçu le directeur qui s’est monté le bourrichon tout seul comme quoi mon conjoint avait recommandé un gars pas fiable. Sans compter qu’en plus il a trop touché de la part de la boîte et ne veut pas rembourser. Du coup, forcément, le directeur a remis le cas de mon beau-frère sur le tapis. Alors que mon conjoint n’a jamais recommandé son frère (il connaît le lascar), il lui avait juste dit de déposer son CV. Je suis l’exact opposé de mon beau-frère que je déteste et j’avoue que le fait d’être comparée à lui me met en colère. Je ne lui ressemble en rien. Le directeur a paru comprendre mais a juste donné son accord oral avant de partir en vacances.

Du coup, ma candidature est restée sur le tapis alors que l’équipe a un besoin urgent de personnel. Je suis disponible tout de suite, là, maintenant, mais non, il faut l’accord du directeur qui tient absolument à se mêler de chaque recrutement alors qu’il ne connaît même pas les besoins de son magasin (ça se voit aux réflexions qu’il balance parfois…). Mon conjoint m’a dit de m’attendre à être appelée à tout moment, et ça a quelque chose de stressant.

Je ne peux pas m’empêcher d’appréhender un peu. Je vais être très comparée à mon conjoint qui est un excellent employé, alors que je suis bien moins dégourdie que lui, parfois même maladroite. Les relations avec les collègues seront un peu biaisées : je ne serai pas une collègue lambda mais la copine de l’adjoint du chef alimentaire. On attendra plus de moi qu’avec un recrutement classique. C’est sans doute le revers de la médaille : le pistonnage me laisse une chance que je n’aurais pas eue en temps normal, mais en contrepartie, on attendra beaucoup de moi.

Cependant, si j’arrive à être prise et à passer ma période d’essai, alors je serai en CDI 35h. Ce qui va quand même drôlement améliorer notre quotidien, sans compter que l’on pourra peut-être déménager de cet appartement blindé de vices cachés pour vivre plus décemment.

Enfin, si j’ai bien appris quelque chose récemment, c’est qu’il ne faut pas mettre la charrue avant les bœufs. Déjà, décrocher un entretien puis une période d’essai, ce sera bien ! Un entretien qui ne débouchera pas sur des insultes, si ce n’est pas trop demander.

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