Trop beau pour être vrai

embaucheSource photo : http://jojo71.skynetblogs.be/tag/patron

Il y a quelques années, un ami à qui j’avais donné le lien de mon blog me disait qu’il n’y avait que moi pour être aussi poissarde, toujours au mauvais endroit au mauvais moment, toujours à voir des trucs improbables se passer sous mes yeux et surtout, à y être mêlée. On en riait beaucoup mais au fond, c’était sans conséquences.

Aujourd’hui, je suis adulte, mais cette poisse congénitale est restée. J’hésite parfois à raconter certaines anecdotes, car j’ai peur d’être prise pour une mythomane tant il y avait peu de chances que ça arrive. Et puis je me dis que c’est mon blog, que j’écris avant tout pour moi et tant pis du qu’en-dira-t-on.

Dans mon article précédent, je vous disais que le sous-directeur du magasin dans lequel mon homme travaille -et dans lequel j’ai déjà travaillé un peu, on l’oublie parfois- avait accepté de m’embaucher pour remplacer une employée partant en retraite. Mais il ne voulait pas prendre la décision sans l’accord du directeur qui était en vacances et devait revenir en début de semaine. Le magasin avait un besoin urgent de personnel mais j’ai pris mon mal en patience et j’attendais.

Et puis le week-end est passé et le lundi, un collègue et ami de mon homme arrive et lui fait « euh, c’est normal que la démonstratrice de ce week-end travaille en rayon ? ». Mon homme bloque un peu. La démonstratrice en question avait émoustillé pas mal de monde avec son « joli petit cul » mais n’avait pas été exceptionnelle, passant plus de temps à discuter qu’à promouvoir quoi que ce soit. Et comme il avait du boulot, il n’avait pas du tout fait attention à sa présence. Mais elle était bien là. Il a cherché à demander des explications au sous-directeur mais ce dernier l’évitait.

Démonstratrice pour une marque, c’est un métier précaire et du coup, comme le magasin lui avait plu, la démonstratrice en a profité pour déposer son CV. Elle avait vraiment peu de chances d’être prise : c’est une boîte qui recrute soit en interne, soit via sa « plate-forme de jeunes talents » (qui énerve mon homme car elle ne ramène que des gosses de bourges qui ne savent pas bosser mais se savent intouchables). Elle n’était aucun des deux.

En réalité, Miss JoliPtitCul avait aussi émoustillé le sous-directeur, il l’avait d’ailleurs bien reluquée. Y compris quand elle a déposé son CV. Elle a obtenu un entretien immédiatement, et a immédiatement décroché le poste qui m’était destiné. Bizarrement, l’accord du directeur pour le recrutement n’était plus nécessaire puisqu’il n’était même pas encore rentré. C’est pour cela que le sous-directeur évitait mon homme, il ne voulait pas lui dire en face qu’il avait embauché quelqu’un d’autre. Et que depuis le début de la semaine, il l’évite.

Mon homme est rentré furieux. Et a décidé de pourrir la nana pour qu’elle démissionne et que je puisse prendre le poste. Aucune pitié. Le pire, c’est qu’il l’a fait. On a voulu l’obliger à la former malgré la situation plus que tendue. Je sais pas moi, mais on promet un poste à ma nana pour finalement en embaucher une autre, j’ai pas vraiment envie de former la nana en question. Du coup il a refusé de la former, elle s’est retrouvée en formation avec le gars le moins doué de l’entreprise pour se faire remonter les bretelles car, évidemment, elle faisait n’importe quoi.

Devant aller chercher une nouvelle couette au magasin -on ne crache pas sur les 15% de la carte employé !-, je me retrouve donc à discuter un peu avec mon homme, puis je pars chercher ma couette. Et la fille me met le grappin dessus. Je l’avais déjà observée travailler et elle me semblait vraiment très gourde. Je me suis sentie minable de me réjouir du fait qu’elle ne soit pas douée, mais au fond, pourquoi avoir pitié dans ce monde de requins ? Elle m’a vue discuter avec mon homme et avait été mise au courant qu’elle m’avait piqué mon poste. Du coup, elle comprenait mieux l’acharnement sur sa poire et le refus de formation. Je sentais qu’elle voulait me dire quelque chose mais qu’elle ne savait pas comment le formuler. Je l’ai donc fait à sa place :

– En gros, tu essaies de me dire que tu n’y es pour rien, et tu veux que je demande à mon copain d’arrêter de s’acharner sur toi ?

Elle a souri et m’a répondu :

– Voilà. J’ai été précaire super longtemps, j’ai pas envie de céder ma place, c’est pas dans mon intérêt.

– Tout comme ce n’est pas dans le mien de lui dire d’arrêter. Il ne m’écouterait pas de toutes manières.

Elle a paru comprendre et est retournée travailler. A peine 5 minutes après elle faisait tomber tout un carton de confitures. Et le gars du ménage venait de partir !

Le pire, c’est que c’est vrai. Au fond la fille n’y est pour rien, elle a tenté sa chance et a réussi, j’aurais sans doute fait pareil et je n’en aurais rien eu à foutre de la copine du gars qui essayait de se caser. Mais j’en ai assez de voir le destin faire trois pas en arrière dès qu’il me donne un petit coup de pouce. C’était presque bon, là, merde !

On me dit souvent que j’exagère ma poisse, mais dites moi franchement combien est-ce que j’avais de chances pour que :

– une démonstratrice qui plaise aux mâles fasse son show le week-end précédant mon embauche ?

– que la démonstratrice en question soit en recherche d’emploi fixe et dépose son CV ?

– que le sous-directeur soit en chien au même moment au point de mettre sa fiabilité en jeu (tout le monde savait que je devais être embauchée) ?

– que la nana qui avait un % infime de chances d’être embauchée à cause de son statut d’externe le soit sans problème ?

J’étais bien écœurée. Pas autant que mon homme qui pensait qu’il s’entendait suffisamment bien avec son sous-directeur pour pouvoir compter sur lui, mais quand même. Tant de poisse donnerait presque envie de se tirer une balle. J’y étais presque, enfin ! Mais non…

La seule chose qui pourrait me « rassurer », c’est que la fille qui a pris ma place est très gourde et maladroite, même sans la pression de mon homme, et du coup elle ne restera peut-être pas. Il y a aussi le fait que la personne qui devait être virée ne l’a pas encore été, et du coup, un éventuel autre poste peut se libérer. Mais je doute d’être embauchée, car cette histoire a jeté un gros froid entre le sous-directeur et mon homme et je pense qu’il ne se prendra pas la tête et passera par la plate-forme pour les prochains recrutements.

En attendant, une pauvre nana va payer les pots cassés du manque de parole du sous-directeur, probablement pour rien. Moi je paye mon manque de chance, elle, elle va payer le fait d’en avoir eu trop… et à la finale personne ne sera content.

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