Une nouvelle année commence

2015

Une nouvelle année qui s’achève et c’est l’occasion pour moi de regarder une dernière fois en arrière, avant de continuer mon petit bonhomme de chemin. C’est l’occasion aussi de répondre à certaines questions que l’on m’a posées, à certains « conseils » (oui, je mets des guillemets) que l’on m’a donnés… en effet, je suis du genre à me dire que je répondrai à un commentaire plus tard, avant d’oublier totalement. Pas très malin… je n’arrive pas à faire comme tous ces blogueurs qui répondent précisément à chaque commentaire. Il faut dire aussi qu’un « blog emploi » n’aide pas forcément à entretenir une certaine proximité…

2014 a été à la fois riche et désespérante. Riche car j’ai appris de mes échecs (du moins, en partie) et désespérante car m’a situation n’a pas vraiment évolué. Mon blog (qui est vieux en soi, mais qui a très souvent changé de plate-forme en raison de mon côté girouette) m’a pas mal apporté niveau relationnel, en bon comme en mauvais. En mauvais car les conseils que l’on me donne sont bien souvent bateau, cliché, ou déjà expérimentés, et c’est parfois exaspérant, mais aussi en bien car certains ont très bien su m’analyser et m’ont donné de bonnes pistes en tentant de me guider.

2014 a aussi été l’année de ma première interview. Je me suis ainsi aperçue que mon blog pouvait intéresser des gens, que mon témoignage pouvait les toucher. Je pensais réellement que mon parcours était classique et inintéressant. Des comme moi, y’en a des millions. J’ai depuis été contactée plusieurs fois, mais j’ai parfois un blocage. Je suis mal à l’aise à l’oral, très mal à l’aise même, et du coup je n’ose pas rappeler les gens qui m’écrivent. C’est vraiment bête dit comme ça, mais je suis quelqu’un qui préfère s’exprimer par écrit. Je ne me sens absolument pas capable de passer à la radio ou à la télé. Je réponds donc par mail, mais quand ça va plus loin, je prends peur… ce n’est pas que je n’assume pas mes écrits ou quoi que ce soit, c’est juste un gros malaise de ma part. Je suis très renfermée.

Ce fut également une année de profonde remise en question. Je n’ai fait qu’échouer, pourquoi ? J’en suis venue à la conclusion que j’échoue car je postule là où n’est pas ma place. Techniquement, je peux très bien travailler dans le commerce ou la grande distribution, j’en ai largement les capacités, mais je n’y serais pas dans mon élément. Il me faut une réorientation efficace. Mon dernier refus venait d’une boulangerie dont la patronne m’a clairement fait comprendre qu’elle ne voulait pas d’une employée plus diplômée qu’elle. J’ai trouvé que c’était de la fierté mal placée, mais bon…

J’ai d’ailleurs tenté de me réorienter. J’ai voulu reprendre mes études afin de devenir libraire, car j’ai toujours été très littéraire, j’ai toujours été une grande lectrice, et je ne voyais pas pourquoi je ne pourrais pas exercer ce métier alors que c’était évident. J’ai voulu nier mes défauts, les ignorer, les effacer. J’ai voulu nier mes traumatismes aussi. Ce qui m’a conduit à un échec cuisant lors de mon apprentissage et à une belle crise de panique une fois à l’école, car je n’ai pas tenu compte de ma phobie scolaire. Je ne suis juste plus capable de remettre les pieds dans une école. Ni même dans une structure avec trop de monde. J’ai voulu être plus forte que je ne le suis en réalité. Mon corps a parfois des réactions indépendantes de ma volonté car je ne l’écoute pas.

On m’a beaucoup demandé pourquoi je ne créais pas ma propre entreprise. Pour être honnête, j’y ai déjà songé et j’ai suivi des ateliers en ce sens. Mais se posent deux problèmes majeurs :

Ai-je les épaules pour être cheffe d’entreprise ? Je suis quelqu’un qui a tendance à commencer 15 projets en même temps sans jamais les finir. Je ne suis pas spécialement créative non plus et mon projet nécessitait un renouvellement constant. Je dessine comme un pied, ce qui m’obligerait à embaucher un graphiste/dessinateur. Et surtout j’aime l’idée de pouvoir abandonner si quelque chose ne me plaît plus, ce qui n’est pas vraiment compatible. Sans compter que je n’ai aucun tact, que j’ai tendance à répondre aux gens sur le même ton qu’eux -donc un client insatisfait qui m’insulte se verra insulté en retour-. Et aussi, je n’aurai pas le moindre soutien, que ce soit moral ou financier, de mon entourage. Toute seule avec un poids énorme sur les épaules, je ne suis pas sûre que ça me convienne.

Le problème de l’argent. Mon compte en banque est un désert, ce qui m’obligerait à faire un prêt. Or, je n’ai personne pour se porter garant ou pour me prêter de l’argent « en tout bien tout honneur ». On m’a plusieurs fois parlé de financement participatif mais je n’ai pas trop confiance, je ne vois pas pourquoi des gens iraient aider une inconnue et je ne sais pas quoi donner en échange. Je n’ai pas l’habitude de la générosité, je peux même carrément la prendre mal ><

Mais pourquoi est-ce que je ne travaille pas chez moi ? C’est ce que me demandent certains en voyant que je suis incapable de travailler en équipe ou de supporter un supérieur lourd. Mais pour travailler chez soi, efficacement je veux dire -comprendre par cela : gagner au moins un SMIC-, il faut un certain réseau, des contacts, trouver un métier qui s’y prête aussi. La traduction c’est mignon mais les employeurs ne prennent que des gens de langue maternelle. Des piges, il m’arrive d’en faire, mais une fois tous les trente ans, ce n’est pas comme ça que je vais gagner ma vie. Je ne sais pas trop quel secteur serait prêt à me prendre en télétravail tout en me convenant. En France, le télétravail commence à se répandre mais reste globalement mal vu.

On m’a également demandé pourquoi je ne passais pas mon permis, en me serinant que des aides existent… j’ai essayé de bénéficier de ces aides, mais cela m’a été refusé à chaque fois. Je suis diplômée, je ne suis pas à la rue, je suis donc très loin sur la liste des prioritaires. Et on m’a demandé un garant pour le permis à un euro (j’ai fait trois banques et j’en ai eu marre on m’en a demandé un à chaque fois). Or je n’ai pas assez d’argent pour me payer un permis, sans compter que je suis assez angoissée au volant -oui, j’ai déjà tenté sur un parking désert- et je ne me vois donc pas le passer tant que je suis dans la région parisienne.

C’est aussi l’année pendant laquelle je me suis décidée à écrire un livre, sur mes tribulations de jeune diplômée. Mais c’est plus facile à dire qu’à faire et je commence sincèrement à me décourager. Je n’arrive pas à dégager l’impression que je souhaite donner : j’ai l’impression de trop me plaindre alors que je suis quelqu’un d’acharné, qui va de l’avant. J’ai envie de montrer que malgré tous mes efforts on me ferme toutes les portes, j’ai envie de montrer à quel point les recruteurs sont parfois idiots et injustes, j’ai envie de montrer que je ne suis pas un parasite, que j’ai de la volonté. Mais ce que j’ai écrit jusqu’ici ne me satisfait pas et je ne fais que recommencer. C’est un exercice difficile, surtout pour moi qui, comme je vous expliquais, ai tendance à commencer sans terminer. J’ai quelques personnes qui me relancent régulièrement pour que je ne lâche pas prise, et c’est un projet que j’ai envie de concrétiser, même si je ne sais pas encore comment le publier. Mais avant de songer à la publication, autant le terminer (et le faire relire) !

J’ai décidé que pour moi 2015 serait l’année de la réorientation totale. Je cesse de faire ce que l’on attend de moi et je fais ce que moi, j’attends. Je me suis désinscrite des sites du genre LinkedIn ou Viadeo, qui ne m’ont jamais rien apporté -je n’ai pas de réseau et je ne veux pas ajouter des gens au pif comme certains font sur Facebook- mais que beaucoup disent indispensables. J’ai supprimé mes CVs de Pôle Emploi aussi, les seules offres que j’ai via eux ce sont des arnaques de vente à domicile. Je veux quelque chose qui me convienne, je veux dégager une image qui me convienne. Tout ça commencera avec le CAP EMPLOI que je commence la semaine prochaine, en espérant que ça donnera quelque chose. Et si, une fois de plus, ça tombe à l’eau -tout ce que je fais via Pôle Emploi a une fâcheuse tendance à tomber à l’eau- j’espère avoir quelques pistes niveau réorientation.

Si je dois reprendre mes études, ce sera très probablement à distance, reste à savoir si les prix seront abordables, ou si je peux faire financer ça en partie.

2014 fut une année mitigée pour moi, et si j’ai bien un souhait pour 2015, c’est que les choses changent un peu. J’en ai marre de cette poisse congénitale, de ces portes claquées, de ces abus… des gens aussi, des gens qui pensent bien faire en remettant sans arrêt la question de l’emploi sur le tapis alors que parfois, j’ai envie de penser à autre chose. J’ai parfois envie de trouver un emploi juste pour que les gens arrêtent de me demander « et le boulot alors ? » avant même de me demander si je vais bien quand je leur parle (et après on s’étonne que les chômeurs s’isolent !). Si vous connaissez quelqu’un qui est au chômage, je n’ai qu’un seul conseil, changez-lui les idées, parlez-lui de tout sauf de ça, vous lui ferez du bien !

Je vous souhaite à tous une bonne année, vous qui peut-être m’avez suivie lors de mes nombreux changements de plate-forme, vous qui me suivez depuis peu, ou qui me suivrez. A vous, inconnu de passage, et à tous les autres. Même si vous ne commentez pas, même si vous ne faites que passer, savoir que je lui lue, parfois comprise, suffit à m’apporter un peu de soleil.

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3 réflexions sur “Une nouvelle année commence

  1. Bonne année à toi!

    Les gens ont du mal à se dire qu’on a remué tellement d’options dans notre petite tête, que quelque soit leur conseil, on y a surement déjà pensé.

    Les formations, on a souvent déjà fait la liste de celles qui sont proposées vers chez nous (au passage, à distance, ça va être dur d’avoir un financement,je crois que c’est un non systématique. A moins de faire valoir ta phobie scolaire).
    Le permis, ça a un cout. Les aides, on nous dit qu’il y en a (à la dernière réunion que j’ai eu à PE, une conseillère a même poussé le vice à dire qu’il y a des aides pour l’achat de la voiture, non mais vraiment) mais on ne les voit jamais. Le cout du permis, le cout d’achat de la voiture et le cout de son entretien, faut bien se dire que c’est vraiment pas accessible en claquant des doigts.

    Pour les prestations de PE, ça dépend beaucoup de la personne qu’on a face à soi. Ca doit être pareil partout tu me diras, pas que les prestations PE. Donc j’espère que tu tomberas sur une personne compétente.

    Aimé par 1 personne

    1. J’espère aussi que je tomberai sur quelqu’un de compétent, avec ma poisse congénitale j’ai comme qui dirait un doute, mais je n’ai pas envie de partir défaitiste, je vais tenter. Dans le pire des cas j’aurai quelques pistes pour un nouveau métier j’imagine.
      Pour le permis, je me dis que même si je l’avais, je n’aurais pas les moyens de me payer une voiture et son entretien, donc ça ne changerait pas grand chose. Actuellement, avec mon conjoint, si on tient à deux sur un SMIC c’est justement parce qu’on a pas de frais du genre. Si ça devait s’ajouter on ne bouclerait pas nos fins de mois.

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