Mon CAP Emploi : les débuts

cap emploi

Comme vous le savez peut-être, mon conseiller Pôle Emploi, comprenant enfin mon désir de faire le point sur mon orientation et mon avenir -ou ayant décidé de céder à tous mes caprices après la lettre gratinée que j’ai envoyée au sujet de son comportement n_n – m’avait inscrite à une prestation CAP Emploi, qui consiste justement à construire un projet en fonction de nos aptitudes et de nos envies. Enfin en théorie.

En réalité, cette prestation a commencé il y a deux semaines et il est temps que je mette par écrit mes premières impressions.

Premièrement, j’ai été plutôt contente d’apprendre que ce CAP se ferait avec un prestataire de Pôle Emploi et non avec Pôle lui-même. Comme les ateliers que je fais via Pôle ont tendance à foirer méchamment, c’est une très bonne nouvelle. Au début, j’appréhendais un peu car les locaux n’étaient pas tout près, mais je me suis vite rendue compte que c’est le site de la RATP qui a merdé en me faisant mon trajet : il me faisait prendre 4 bus différents alors qu’en fait j’ai juste à en prendre 2… c’est un peu pénible car je connais très mal le coin, et je me suis faite avoir lors de la première séance en faisant des changements qui n’étaient pas nécessaires.

Lorsque je suis arrivée sur place, j’ai commencé à baliser : en effet, on était de plus en plus nombreux et je redoutais la prestation collective. Et en effet, c’était collectif. Nous étions une quinzaine à la première séance -une dizaine à la deuxième car certains se sont rendus compte que leur conseiller les avait mal orientés- et je n’étais vraiment pas à l’aise. Une petite salle avec tant de monde c’est le meilleur moyen de me faire faire des crises de panique. J’en ai parlé à l’animatrice qui a très bien compris et qui m’a laissé sortir tant que je voulais. Du coup, à part un léger malaise, j’ai réussi à tenir.

Mais parlons de l’animatrice ! Si on veut réussir ce genre de prestation, il faut que ça colle un minimum avec le prestataire. Elle nous a informés qu’on aurait 6 séances collectives et 6 séances individuelles et pour le moment, ça va. Je n’ai eu que deux séances collectives donc je ne sais pas ce qu’elle vaut en privé, mais en public elle est correcte. Elle ne fait aucun jugement de valeur et prend soin de toujours encourager tout le monde. Nous avons trois personnes qui ne parlent pas bien français et elle est très patiente avec eux, et les rassure sur leurs chances de construire un projet viable. Je n’ai absolument pas caché mes gros problèmes sociaux et à aucun moment elle n’a dit que c’était un handicap pour mon avenir. Reste à voir ce qu’elle va me dire en privé, mais pour le moment je trouve qu’elle est compétente -bien qu’assez étourdie-.

La première séance ne m’avait pas vraiment convaincue. C’était une séance de présentation du groupe, dans lequel on se présentait, ainsi que notre parcours. J’étais la plus jeune du lot et celle qui avait le moins travaillé. J’avais vraiment l’impression d’être inutile et de ne rien pouvoir leur apporter, jusqu’à ce que je leur parle de mon bénévolat auprès des animaux et que je leur fasse limite un cours sur les chiens primitifs et la manière de les éduquer. Ils étaient captivés -ou alors ils se faisaient grave chier- !

En fait, j’étais gênée car mon cas les intéressait beaucoup et j’ai été le centre d’attention. Ils étaient sidérés de voir à quel point on me refuse des prestations ou des aides auxquelles je suis censée avoir droit, ainsi que de mes difficultés à trouver ne serait-ce qu’un boulot alimentaire. Ils m’ont tous confirmé que j’avais été victime d’irrégularités, mais je le savais déjà. L’animatrice m’a dit qu’elle allait intervenir auprès de Pôle Emploi, notamment pour ce qui est de mon conseiller, et elle l’a fait, puisque peu de temps avant la deuxième séance on me changeait de conseiller ! J’ai donc une nouvelle conseillère, je ne sais pas ce qu’elle vaut, on verra bien. Je ne la connais pas. Ils m’ont également conseillé de montrer les dents, car à Paris, si on ne sort pas les crocs à la moindre occasion on se fait manger. Mais je n’ai pas l’impression que ce soit spécifique à Paris, car à Orléans c’était aussi le cas.

Je n’étais pas vraiment convaincue par cette première séance car j’ai eu l’impression de passer la journée à bavarder, et outre le fait que je n’aime pas ça, j’ai eu l’impression de perdre mon temps. Jusqu’à me rendre compte qu’en fait, ça m’a motivée. Comme si je ne voyais plus mon avenir de manière floue mais que des portes commençaient à s’ouvrir. J’ai eu la sensation d’être comprise et soutenue. Ce qui ne m’était pas arrivé depuis un bon moment.

La deuxième séance était déjà plus pratique. On a commencé à remplir des fiches : qualités, défauts, valeurs, atouts, faiblesses… le but étant de nous cerner un maximum afin de nous trouver une orientation adéquate. On a rempli les fiches ensemble pour une meilleure compréhension et pour mieux se connaître. J’ai ainsi pu voir que j’étais l’exacte opposée de l’un des membres de la petite assemblée. Par contre, j’ai des valeurs et des attentes très différentes des autres, ce qui se comprend, car contrairement à la plupart d’entre eux je n’ai pas ma carrière derrière moi et je cherche avant tout la sécurité de l’emploi.

J’ai aussi demandé à faire un test d’orientation lors de mon premier entretien individuel, afin de me donner quelques pistes. Car le souci c’est que tout le monde s’est rendu compte de ma passion pour les animaux, et j’ai peur qu’ils essaient de m’orienter là-dedans. Or ce qui m’intéresse dans le domaine a peu de débouchés, et surtout est trop physique pour mon handicap. J’aimerais construire un projet qui tienne sur le long terme, et surtout je n’ai pas envie de reprendre des études longues. Si je les reprend je n’aurai pas de bourse et ça va tuer les finances de mon foyer ! Mais j’en parlerai plus précisément lors de l’entretien individuel.

En résumé, pour le moment je suis mitigée. Les entretiens collectifs ont quelque chose de motivant, certes, mais je les trouve trop longs pour ce qu’on y fait. En plus le groupe a tendance à enchaîner les pauses café et ça rallonge encore la durée des entretiens. Pauses qui ont tendance à exaspérer notre Haïtienne qui m’a sorti « Purée mais vous en France vous passez plus de temps en pause qu’à bosser ! ». N’étant pas une grande adepte des pauses café/clope je suis plutôt d’accord avec elle…

Mon prochain entretien est individuel, j’espère qu’il va déjà donner plus de cachet à cette prestation, car j’aimerais voir émerger quelque chose.

Et vous, avez-vous déjà suivi une prestation du genre ?

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3 réflexions sur “Mon CAP Emploi : les débuts

  1. Bonjour,
    J’ai lu ce blog avec attention et un peu de peine pour ce qui t’arrive… Quelques difficultés (le handicap, la phobie sociale) mais aussi beaucoup de malchance ! Je suis encore choquée de certaines choses lues (sur le physique, le chat… Et les conseillers PE !)
    Bref, ce commentaire pour te demander si tu as déjà pensé à exercer le métier d’opératrice de saisie ? C’est un métier qui peut facilement s’exercer à domicile. Le salaire n’est pas très élevé (seulement le smic), mais c’est stable. Je pense que tu n’aurais pas nécessairement besoin de passer une formation, tu as déjà des bagages scolaires suffisant… Je te vois beaucoup dans la rédaction web, mais il me semble que tu as déjà essayé et les conditions ne sont pas toujours honnêtes… Le métier d’opératrice de saisie te permettrait également de gérer tes horaires et de ménager du temps pour d’autres activités (écriture pas exemple ?). Voilà j’espère ne pas paraître trop intrusive, mais ta situation et ta « plume » m’ont touché, donc voici ma petite contribution.
    Jessica

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    1. Coucou !
      Je te remercie pour ta lecture, c’est toujours plaisant d’avoir un retour ! Quand à ma malchance, c’est un peu une marque de fabrique, et pas seulement pour l’emploi ! ^^
      J’ai été me renseigner sur le métier d’opératrice de saisie, et le manque, voir l’absence de débouchés ressort beaucoup. C’est considéré comme un métier de secrétariat, très prisé pour peu de diplômes demandés et du coup, il n’y a plus de place…
      Sans compter que je remarque un autre problème en télétravail : je n’ai pas la possibilité d’être seule dans une pièce chez moi pour travailler, ce qui fait que je ne serai tranquille que le matin, pas l’après-midi. Et pour travailler j’ai besoin d’un minimum de silence et de calme… et je me vois mal demander à mon conjoint qui rentre d’une matinée difficile de se taire et de se caler dans un coin sans bruit. Il me faudrait déménager pour avoir un appartement avec une meilleure configuration !
      J’ai déjà tenté la rédaction web en effet, autant en bénévolat ça ne pose aucun problème, autant en activité salariée là d’un coup on me trouve tous les défauts du monde.
      Tu n’es pas intrusive du tout, même si la plupart des conseils que l’on me donne sont vus et revus ça permet parfois d’avoir quelques pistes ou des noms de métiers auxquels je n’ai pas songé ! ^^

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