Le CAP Emploi fait dans l’originalité (non j’déconne)

Après mon deuxième entretien individuel au CAP Emploi, j’ai eu le sentiment que ça n’allait pas me servir à grand chose. D’avoir une conseillère qui en réalité ne savait pas mieux cerner ce que je cherchais que tous ces gens qui se mêlent sans vergogne de ma recherche d’emploi avec leurs conseils obsolètes pleins de bonne volonté (faut pas être méchante il paraît).

C’était un entretien tellement bateau que j’en aurais pleuré. J’étais déçue. J’ai eu droit à la solution miracle de tous ces gens qui sont dans le marché de l’emploi depuis toujours et qui ne se rendent pas compte de ce qu’il en est vraiment. Ces gens ont toujours trois solutions : l’armée, la fonction publique, et les petits jobs harassants du genre restauration ou services à la personne. Mais tout ceci ne m’intéresse pas.

Il ressortait du dernier entretien que je devrais passer un concours de la fonction publique. En soi, ce n’est pas si mal : mais ça ne correspond pas à ce que je recherche. Déjà, le concours en soi n’est qu’en septembre. Je fais quoi en attendant ? Je n’ai pas besoin de tant de temps pour préparer un concours en dessous de mon niveau réel (celui de rédacteur territorial). De plus, obtenir le concours ne signifie pas que j’aurai du travail à la sortie : il me faudra trouver une entreprise dans laquelle faire un stage pour valider ce concours. Et enfin, même après ça, je n’ai pas mon ticket pour le marché de l’emploi : il faut le trouver l’emploi, après. S’il n’y a pas de poste vacant j’ai droit à la liste d’attente. L’entreprise dans laquelle je fais mon stage ne m’embauchera pas forcément après, même si j’ai donné satisfaction.

Moi, ce que je souhaite, c’est gagner ma vie. Et si je ne peux pas le faire dans l’immédiat, autant passer un concours ou un diplôme dans un domaine qui m’intéresse plus que ça.

Je voulais m’inscrire au concours malgré tout, car actuellement je n’ai rien et que je suis toujours libre de ne pas me présenter si jamais je trouve quelque chose d’ici septembre. Mais manque de bol, mon imprimante a décidé de prendre des vacances et je n’ai pas les moyens d’en racheter une. Et à 1 euro la page au Bureau Vallée du coin, bah je n’irai pas imprimer le dossier là-bas. Et Pôle m’a répondu qu’ils n’imprimaient que les offres d’emploi de leur site, pas les dossiers d’inscription à des concours. Sympa. Enfin au moins comme ça ils évitent les abus, mais ça ne m’arrange pas. J’ai encore jusqu’au 18 mars pour trouver un moyen d’imprimer ce dossier.

J’avais malgré tout un gros sentiment de manque d’originalité, qui a été confirmé par les personnes avec qui j’en ai parlé. Waaah, une conseillère qui propose un concours de la fonction publique, quelle surprise, c’est étonnant ! J’ai envie de dire, je n’ai pas besoin de 6 séances collectives et 6 séances individuelles pour songer à me présenter à un concours. J’avais déjà regardé avant. C’est juste que rien ne m’intéressait spécialement. Sans compter que j’ai eu un environnement familial qui ne m’a jamais encouragée à aimer les fonctionnaires.

A la fin de l’entretien, j’ai demandé à faire un test d’orientation. J’en ai déjà fait plein sur internet mais là, peut-être que dans une entreprise spécialisée, ce serait plus efficace. Ce fut l’un des tests les plus foireux que j’ai pu faire de ma vie. Même le test que j’avais fait sur internet qui me proposait de devenir actrice était plus pertinent. Même mon horoscope est plus précis. C’était le test « Inventaire d’Intérêts Professionnels » de Rothwell-Miller. On nous propose plusieurs tableaux avec chacun 12 métiers, et on doit classer ces métiers de 1 à 12 selon notre intérêt. On ne doit pas considérer la question rémunération ou possibilités de réussite, juste l’intérêt qu’on éprouve envers ces professions. On se retrouve ensuite à faire tout un tas de calculs pour déterminer notre personnalité et nos domaines d’intérêts. Tout ça pour lâcher un « Thanks, Captain Obvious » magistral à la fin.

captain obviousNon mais sérieusement. Je n’ai pas besoin d’un test pour savoir que je ne suis pas faite pour les métiers de contact ou le commerce/marketing, que je suis quelqu’un de littéraire et plus « travail de bureau » que « travail manuel ». J’ai aussi été qualifiée de « Réaliste », « Investigatrice » et « Conventionnelle ». Voilà qui m’aide beaucoup. Le pire c’est que le fait d’être réaliste nous classe apparemment parmi les gens préférant l’action à la réflexion. Et ces gens là sont faits pour être conducteurs, maçons, etc. Le rêve de ma vie. Non je déconne.

J’étais vraiment déçue par ce test que j’espérais plus précis et apte à me donner des pistes. La conseillère a malgré tout tenu à exploiter un peu la chose et, là, m’a proposé un métier auquel je m’étais déjà intéressée sans pour autant approfondir la réflexion (car mon conseiller Pôle Emploi m’avait dit qu’il nécessitait un BAC+5) : archiviste. Un métier plutôt intéressant, qui convient bien à ma personnalité et qui en plus permet de varier suffisamment les domaines pour combler l’ennui de la routine. Elle a cherché quelques établissements proposant la formation, qui est plus ou moins accessible. Plus ou moins car évidemment, ça nécessite de reprendre mes études, pendant au moins un an. Et ce n’est pas de l’alternance, donc pas de revenu. Je ne suis plus dans une situation d’entretien par les parents, je vis avec mon conjoint, je suis à sa charge, et ce que je veux c’est gagner ma vie. Du coup je dois avouer que j’hésite beaucoup car c’est inconfortable pour moi de dépendre d’une personne qui travaille sans rien ramener à la maison. Surtout que mon conjoint n’a pas une très haute opinion des études universitaires qu’il trouve inutiles. La preuve, mon diplôme qui ne m’a menée à rien… il ne s’est pas opposé à une éventuelle reprise d’études mais je vois bien qu’il n’approuve pas. Et ça me dérange.

J’ai malgré tout envoyé un mail à l’établissement proposant à la fois le DUT Information-communication option métiers du livre et du patrimoine et la Licence Pro Arts, lettres, langues ressources documentaires et bases de données spécialité bibliothèque. C’est un établissement qui propose ces diplômes en « année spéciale« , donc qui peuvent se passer en un an. Avec un peu de chance, il est possible d’avoir des équivalences (donc moins de matières à étudier) et des études à distance. Car je n’oublie pas ma phobie scolaire et mon incapacité à tenir dans une salle de classe sans péter une durite… et si le statut étudiant me permet d’accéder plus facilement aux petits boulots que je cherche à obtenir depuis 3 ans et qu’on me refuse car « trop diplômée mais pourquoi vous postulez ici mademoiselle c’est pour les étudiants » je ne dis pas non car ainsi que pourrai à la fois travailler ET avoir un nouveau diplôme. Tout bénef. Mais ne mettons pas la charrue avant les bœufs. Déjà, la réponse. Ensuite, le travail à trouver.

Si je reprends mes études, je ne pense pas obtenir de bourse car on m’a fait comprendre que j’ai épuisé mes crédits boursiers lorsque j’ai passé ma licence (j’ai passé 4 ans à la fac, dont une année indécise à me réorienter). Sans compter que les revenus de mon conjoint vont entrer dans l’équation et que comme il gagne le SMIC, il est riche. On se paie un yacht par mois et des vacances aux Seychelles 2 fois par semaine, faudrait pas pousser. Déjà que ça rogne sur mon AAH alors que le loyer seul prend les trois-quarts de son salaire, je n’ai pas vraiment confiance. Mais on verra bien. Si ça m’exempte de frais d’inscription c’est toujours ça de pris, je me débrouillerai pour le reste.

Bref, pour le moment rien n’est sûr, j’attends déjà la réponse de l’établissement car les conditions d’admission ne sont pas forcément claires. Il semblerait que ce soit accessible à BAC+2, mais comme certains établissements précisent BAC+2 dans un cursus métiers du livre, on ne sait jamais. Si je ne suis pas admissible ça règle le problème.

Et même si j’arrive à faire mon année, y’a un concours après… u_u

J’ai aussi eu une discussion avec un autre des membres de ce CAP et j’avoue que ça m’a exaspérée. Je lui expliquais que je n’avançais pas vraiment (je n’avais pas encore eu mon test d’orientation et ma piste vers l’archivage), mais que dans tous les cas je n’avais pas envie de reprendre des études, du moins des études longues. Et là, il me prend un ton paternaliste et à moitié condescendant pour me dire que lui, à presque 30 ans, il va reprendre ses études et que ça ne pose pas de problème, que je n’ai qu’à prendre un petit boulot à côté et demander de l’aide à mes parents. Le mec dans son monde. Je ne peux pas compter sur mes parents et si c’était si facile d’avoir un petit boulot, j’en aurais un. C’est pas comme si ça faisait trois ans que je cherchais un petit boulot du genre en attendant de savoir ce que je veux faire de ma vie, en dehors de gagner du fric. Il ne voulais rien entendre et s’est mis à insinuer que je cherchais ma misère à mettre autant de conditions à une réorientation. Mais se rend-il compte qu’on est pas tous aidés, tous égaux, tous dans la même situation ? J’ai poussé un long soupir exaspéré avant de lancer un « putain mais ce que les gens peuvent être cons ! » qui a fait marrer un autre compagnon d’infortune et je suis allée m’installer dans la salle pour la réunion collective.

On a fait un tour de table et j’ai été assez sidérée du résultat. Ou plutôt du non-résultat.

Les deux personnes dont la situation s’est débloquée se sont en réalité démerdés par eux-mêmes, la conseillère n’a rien fait.

Un des hommes, ancien chef d’équipe et directeur de projet, arrivant en fin de droits, s’est vu conseiller un « boulot plus modeste » de caissier. Il semblait blasé. Tout le monde a blagué mais on voyait qu’il se retenait de pleurer lorsqu’il a sorti que ce n’était pas si facile que ça de trouver un boulot, même de caissier. Les gens ont minimisé la chose en disant qu’il exagérait, qu’il allait trouver. Sachant qu’on me refuse le même poste depuis des années car je suis trop diplômée, qu’il l’est encore plus que moi et qu’il a de l’expérience dans des postes nettement supérieurs, je lui souhaite bonne chance pour trouver. J’ai préféré me taire, il semblait suffisamment déprimé comme ça.

Notre étudiant a balancé son projet de reprise d’études en balançant un « moi au moins je ne suis pas exigeant » que j’ai royalement ignoré, puis les autres ont signalé que ça n’avançait pas.

Purée, quelle conseillère efficace.

Elle a alors voulu nous faire faire un petit atelier « apprenez à vendre la candidature de votre camarade ». Whaaat the fuck. Je ne suis pas là pour faire des ateliers débiles à la Pôle Emploi moi, je suis là pour trouver un projet et le faire avancer. J’ai refusé tout net de faire l’atelier et me suis faite railler par les autres, qui insistaient en disant que je ne me prêtais pas au jeu. Mais je ne suis pas là pour jouer moi ! Je déteste ce genre d’atelier, je ne vais clairement pas me forcer. Malgré leur insistance, je ne me suis pas forcée et je les ai regardés faire. En bons fayots, ils m’ont demandé s’ils pouvaient dresser mon portrait. J’ai répondu que je m’en foutais. Ils l’ont fait. Ça ne me ressemblait pas du tout mais, blasée, je me suis retenue de ricaner et j’ai esquissé un semblant de sourire. Il paraît que je suis très sensible et altruiste. La bonne blague. Niveau qualités à l’opposé de ma personnalité c’est pas mal. Mais je me sentais mal et je n’avais pas envie de me lancer dans un débat.

Bref, autant au début j’avais l’impression d’avancer, autant maintenant j’ai une sensation de stagnation. Certains diront que je me met des barrières, ce n’est pas faux, mais quitte à avoir enfin de l’aide autant en profiter pour trouver quelque chose d’adéquat. Me forcer à faire des formations pour sortir des chiffres du chômage (je crois que je n’y suis même pas, puisque je ne suis pas considérée comme chômeuse, si ?) et faire plaisir à tonton François ce n’est pas vraiment ce à quoi j’aspire.

Je verrai ce que je ferai en fonction de la réponse de l’IUT, si je suis éligible pour intégrer cette formation je pense que c’est ce que je vais faire, à défaut de mieux. Et si j’arrive enfin à décrocher un de ces petits boulots tant convoités, roule ma poule !

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11 réflexions sur “Le CAP Emploi fait dans l’originalité (non j’déconne)

  1. « Me forcer à faire des formations pour sortir des chiffres du chômage (je crois que je n’y suis même pas, puisque je ne suis pas considérée comme chômeuse, si ?) » —> t’es inscrite à Pole emploi? Donc pourquoi tu ne serais pas dans les chiffres? Pourquoi tu ne serais pas considérée comme chomeuse? Le mythe du « faut toucher des ARE » pour être considéré comme chomeur? Ben y’a la moitié des inscrit à PE environ qui ne touche rien de PE, ça fait un sacré de non chomeur non? Le gouvernement serait bien heureux si on n’était plus dans les chiffres! Une belle aubaine pour eux! En cat A, tu fait même partie des inscrit à PE dont on parle tous les mois aux infos.

    Pour l’accompagnement, je ne suis pas surprise. Ca ne sert à rien. Même quand c’est un accompagnement uniquement individuel, ça ne sert à rien alors avec des sessions de groupe, j’imagine.
    Et encore, tu as de la « chance » parce que ta conseillère te propose un peu d’original avec le métier d’archiviste. Ici j’ai de grosses chances qu’on me sorte un « faut faire aide à domicile ou aide soignante, y’a que ça qui recrute » sans autre tentative de s’adapter à ce qui m’intéresse un minimum. Ou peut être qu’on me parlera des concours de la FP mais pas envie de faire 120 bornes mini pour passer le concours, merci bien.

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    1. En fait je dis que je ne suis pas considérée comme chômeuse car à chaque fois que j’ai voulu obtenir une aide du type aide aux transports (parce que bon, le Navigo, c’est pas donné…) on m’a répondu que je n’étais pas considérée comme chômeuse puisque je ne touchais pas d’ASS ou RSA. Il fallait que je dise « en recherche d’emploi » et pas chômeuse.
      Pareil pour le chômage de longue durée, j’y suis depuis 3 ans mais non je ne suis pas considérée comme chômeuse, non non, toujours « en recherche d’emploi » car « c’est pas pareil » x)
      Pour ce qui est des chiffres c’est ironique plus qu’autre chose, je me dis que puisqu’on s’évertue à me dire que je ne suis pas une chômeuse, autant me faire sortir des chiffres.

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      1. J’avais fait un article il y a quelque temps sur ce grand questionnement sémantique « chomeuse ou pas ». L’impression que chacun y va de sa petite définition en fait. On aime bien segmenter en France. Perso, tu cherches un taf, t’en as, t’es au chomage, tu es chomeuse, tu es chercheuse d’emploi, point. Pourquoi se compliquer la vie!
        Mais c’est vrai que pour certaines aides il faut toucher ci ou ça, ou ne pas toucher ou … bref, il y a une gamme infinie d’options. C’est histoire de simplifier la vie ça.

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      2. C’est le problème, il y a toujours un petit alinéa quelque part pour me dire que je ne suis pas éligible aux aides. Pourtant j’en aurais bien besoin, ça élargirait mon horizon, parce qu’actuellement je ne peux pas postuler bien loin de chez moi, sinon je me ruine en transport pour un entretien. Il y a souvent plusieurs changements pour me rendre dans une entreprise, à chaque fois 2e le ticket sans correspondance, avec un aller-retour je peux vite atteindre 10 euros ! Si je dois dépenser 10 euros voire plus à chaque entretien j’ai pas fini ! Mais non, pas le droit.
        A chaque fois que je demande les employés insistent sur la différence entre chômeur (chercheur d’emploi indemnisé) et simple chercheur d’emploi. Sans doute pour rogner quelques aides.

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    2. Je me demande si à la force d’orienter les gens sur les métiers d’aide à domicile et d’aide soignante, ces secteurs embauchent encore ? Pôle emploi est entrain de saturer le marché.

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      1. Mon ex belle-sœur a obtenu un CAP (ou un BEP, j’sais plus) dans les services à la personne. Ça recrute, mais paie la précarité des contrats. Oser orienter les gens là-dedans c’est gonflé. En fait c’est pas que ça recrute tant en soi, c’est que le turn-over est tellement énorme à cause des conditions de travail que forcément, y’a de la place.

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    1. J’y ai droit régulièrement aussi lors de rendez vous (Pe ou autre). C’est vraiment pas pour moi. Aider mes grands mères dans leurs taches ménagères, les emmener faire leurs courses, ça ne me dérangeait pas, c’était mes grands mères, mais passer ma semaine à faire ça avec des horaires fantaisistes, non merci.
      Et sans avoir de reconnaissance médicale, je suis pas sur que mon dos le supporterait fort longtemps.

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