Changer de méthodes [Le Burn-out du chômage]

recherche emploiSource image : Bésot

En soi, le CAP Emploi n’a pas été la panacée. J’en suis toujours au même point, au chômage donc. Mais je ne m’attendais pas à grand chose et si j’ai fait cette prestation, c’est surtout pour faire le point sur moi-même. Car j’en étais rendue à un stade où je ne supportais plus rien. Je ne pouvais plus me taire devant les réflexions des autres, je ne pouvais plus rester correcte devant un recruteur odieux, mon seul échappatoire était l’écriture de mon livre qui me permettait de déverser les flots de cynisme et de désespoir enfermés en moi.

Très tôt, le groupe a remarqué ce que j’essayais de cacher : le fait que je n’en pouvais plus. Et ils ont mis un nom dessus : le burn-out. Je pensais que c’était un terme réservé aux salariés, qui n’était pas vraiment applicable à une personne qui n’était pas en situation de travail. Pourtant, si. J’étais à deux doigts de péter le plus gros câble de ma vie à force d’être enfermée dans une situation qui en plus d’être sans issue ne me convenait pas du tout. A force d’être jugée sur cette situation sur laquelle je n’avais aucun contrôle. Eh oui, c’est possible de faire un burn-out du chômage.

La pression sociale m’obligeait à postuler partout, à prendre n’importe quoi parce que « c’est mieux que rien », à oublier mes valeurs et mes envies pour sortir de ce carcan honteux qu’est le chômage. Et cette situation me pesait atrocement. C’est pour ça que je m’étais inscrite à cette prestation d’ailleurs, pour voir s’il était possible de faire quelque chose car je ne voyais pas la moindre issue.

La conseillère a eu énormément de mal à me cerner, car entre mes envies, mes blessures, et mon côté lunatique, c’était assez difficile de trouver quelque chose pour me satisfaire. Elle a commencé par me proposer un sacro-saint concours de la fonction publique, ce qui m’a à la fois énervée (ce manque d’originalité était désolant) et faite réfléchir, car j’avais envie de creuser la piste de la rédaction web. Elle m’a ensuite fait faire un test qui bien qu’un peu foireux, a mis en lumière le fait que l’archivage pourrait me convenir. Cependant, l’école proposant le diplôme me permettant de postuler dans l’archivage ne m’a jamais répondu par mail, et m’a raccroché au nez au téléphone après m’avoir dit qu’elle me passait le service concerné. Je me suis donc braquée et me suis dit que s’ils n’étaient pas foutus de me donner un petit renseignement, eh bien ils iraient se faire voir, je procèderai autrement.

J’ai ensuite eu une petite opportunité d’être représentante d’une marque auprès d’un magasin de grande distribution, mais même si la marque en soi est géniale et correspond à mes valeurs, j’ai peur car le métier est très commercial et je déteste ce côté. Sans parler des cas de corruption dont m’a parlé mon conjoint au sein de ce même magasin. Devoir graisser la patte de cet affreux directeur moralisateur pour qu’il vende mes produits alors que ce serait à son avantage de les proposer, non merci. Je refuse d’être corrompue ou de corrompre. Certaines marques ont même un budget spécial pots-de-vin ! J’ai malgré tout proposé mes services à la marque concernée et en attendant la réponse, j’ai terminé de faire le point.

Conditionnée par les autres à avoir honte de ma situation et à devoir accepter le premier poste venu, même précaire, j’ai décidé de dire stop. J’ai le droit d’être exigeante, j’ai le droit de refuser la précarité. Je ne vois pas de quel droit des gens qui ont déjà un travail, qui leur permet de vivre -chichement ou non- devraient me dicter ma conduite. Je ne dois rien à personne. Si une catégorie d’emplois ne me convient pas, alors je n’y postulerai pas. Désormais, je ne postulerai qu’à des postes qui me plaisent, ou du moins, qui correspondent à ma manière d’être. Plus de candidatures à des postes de caissière, d’agent d’accueil, de je-ne-sais-quoi à base de contact avec la clientèle. Tout ça, ce n’est pas moi, terminé l’humiliation de se voir refuser un poste qui en plus d’être très en dessous de mon niveau d’études ne me plaisait pas.

Je n’ai plus honte de vouloir choisir, de vouloir quelque chose dans lequel je pourrai m’épanouir au lieu de me forcer à être ce que je ne veux pas. J’ai totalement modifié mon CV pour ne plus mentir, je veux être moi-même. Je n’ai peut-être pas beaucoup d’expérience -au total ça doit faire moins de deux mois- mais j’ai énormément de potentiel, je suis une bosseuse acharnée et je ne suis pas exigeante au niveau du salaire -le minimum syndical me convient-. Mieux encore, ma RQTH peut rapporter de l’argent à la personne qui m’embauchera. Ma conseillère m’a montré les sommes et c’est assez édifiant. Plusieurs mois de SMIC sont remboursés, j’ai largement de quoi faire une période d’essai gratuite au patron. Alors aucune raison de me laisser écraser s’il y gagne plus que moi !

Je me suis inscrite sur plusieurs sites de rédacteurs web car je reste persuadée que je peux creuser mon trou dans ce domaine. Je sais écrire. Non seulement on me l’a souvent dit mais j’en ai aussi conscience. Même si ça prend du temps, je me ferai une place.

J’ai aussi décidé de postuler à des emplois de type archivage et classement, notamment en mairie et dans l’administration. Je n’ai pas de diplôme précis en ce sens mais je ne pense pas qu’il faille sortir de Saint-Cyr pour classer des documents ou trier du courrier. Il suffit de me montrer la méthode et c’est bon. Je suis observatrice et j’apprends vite. Aucune raison de me mettre des barrières. C’est un métier que mon ex, sans expérience aucune, a exercé à l’âge de 18 ans. Pourquoi est-ce que je n’y arriverais pas à 25 ?

J’ai vraiment fait un gros tri dans ma manière de faire. Comme je ne suis pas très débrouillarde -il me faut bien un défaut dans cet article débordant d’optimisme, ça devenait niaiseux- j’ai quelques difficultés pour déterminer où je dois postuler, comment aborder les choses. Quand on ne connaît pas grand chose du métier et qu’en plus on n’a pas d’expérience, il ne nous reste pas grand chose à mettre en avant pour faire en sorte que notre candidature se démarque. Qui pourrait bien recruter une archiviste débutante ? Il existe un concours aussi…

J’ai exclu tous les métiers à base de contact humain, car ça aussi, ce n’est pas moi. Il est temps que je m’assume plutôt que de chercher à changer ma nature. Si je ne supporte pas les gens, autant bosser dans l’ombre ou limiter un maximum les interactions. Sans clientèle à gérer, ce sera déjà plus simple. Je pense être capable de supporter des collègues ou une hiérarchie, tant que je ne tombe pas dans un nid de serpents ou un ramassis d’idiots.

Bref, je veux changer. Je veux aborder ma recherche d’emploi d’une autre manière, mes entretiens seront sans doute plus détendus et différents. Je ne veux plus de cette boule au ventre lorsque je fais une candidature pour un poste que je me sais incapable de tenir. Maintenant je vis et je tiens l’opinion des autres loin de moi. Me préserver est la priorité. Plus d’emploi au prix de ma santé mentale.

Maintenant, reste à voir si ce changement sera efficace ou non. J’aimerais bien changer mon ennuyeuse routine pour devenir une working girl et avoir une raison de me lever le matin.

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3 réflexions sur “Changer de méthodes [Le Burn-out du chômage]

  1. pas évident le regard des autres ! Il faut savoir que beaucoup de gens ont arrêté de poursuivre leur rêve et ont fini par prendre un boulot « comme ça », et certains d’entre eux ne veulent pas te voir réussir. C’est comma ça, ils veulent que tu deviennes comme tu veux (de manière consciente ou non). Après il y a ceux qui sont sincères quand ils te disent « prend le premier job venu », car ils pensent vraiment qu’un trou dans ton CV est une mauvaise chose.

    En ce qui me concerne, je ne te connais pas, mais je pense que chercher quelque chose qui te plait un minimum est une bonne idée. Le travail est une grande partie de notre vie, il faut s’y sentir bien 😉

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  2. Mon amie a longtemps été au chomage et a force d’accepter des emploi qui ne lui correspondaient pas, ca lui a ruiné la santé physique : port de charge,
    et psychique (stress, angoisse, sentiment d’incompétence).
    Et puis, elle a décidé de ne postuler qu’a des postes où elle se sait a l’aise et quand c’est dans ses cordes. Depuis, elle a trouvé (secretariat dans une petite structure) et ca va nettement mieux !

    J’espere que tu trouvera toi aussi un emploi qui te convienne.

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  3. Tu as bien raison, même si c’est difficile de faire face à la pression sociale.
    J’ai été peu au chômage, par chance moins de 4 mois, mais cela commençait à me peser.
    Pour autant, je n’étais pas prête à accepter tout et n’importe quoi, ni à bosser avec des cons (enfin quand ça transparait à l’entretien parce que c’est pas toujours le cas).
    Il ne faut pas culpabiliser et prendre le temps de se centrer sur toi, tes désirs profonds, pour mieux cibler tes recherches et ne pas t’épuiser vainement 😉

    Bon courage pour tes recherches !

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