Des clients un peu particuliers…

chien hautain(oui, encore une image d’animal 😀 )

Dans l’ensemble, mon expérience en fromagerie a été très positive. Les clients étaient sympathiques et ouverts à la discussion et j’ai eu très peu de cas (du moins en fromagerie). Mais j’en ai eu quand même, évidemment, et je me suis dit que j’allais vous en parler.

Fromagerie :

Un jour, le téléphone mural sonne, ma collègue décroche et me dit que je suis attendue à l’accueil. What ? Je me demandais ce que j’avais bien pu faire comme connerie mais en réalité, c’était une cliente de mon rayon qui venait rapporter un produit. Le temps d’arriver, elle avait déjà déserté l’accueil (j’avais deux clients à servir avant). Lorsqu’elle est revenue, elle m’a montré, fâchée, un bout de parmesan à la coupe qui avait moisi, mais du genre moisi hardcore. J’étais surprise car cette marque ne moisit pas comme ça et je lui demande une explication. Elle me dit qu’elle est partie en vacances pendant un mois et a laissé le fromage dans son frigo, que normalement ça se conserve bien plus que ça et que c’était scandaleux. Flairant le gros fail, je lui demande si elle a coupé l’électricité avant de partir en vacances. Elle me répond que oui, l’air outrée, avant de comprendre son erreur et rougir. Bah oui, quand on coupe l’électricité, ça coupe aussi le frigo, et en période de canicule ça devait être bien fun au retour. Elle bafouille quelque chose puis s’en va en me laissant le fromage, et là la dame de l’accueil m’avoue que comme je ne venais pas, elle a autorisé la cliente à récupérer un morceau de fromage du même prix pour échanger. Ah super, une cliente en tort qui a récupéré un fromage gratos. Elle devait être contente.

***

Peu de temps avant la fin de mon contrat, je revois une cliente à qui j’avais vendu un Selles-sur-cher. Elle avait l’air fâchée et se met à me crier dessus, comme quoi je pourrais mieux m’attacher les cheveux parce qu’au moment de servir son fromage, elle avait récupéré un long cheveu noir et l’avait finalement jeté (le fromage). Amusée, je lui montre ma queue de cheval en lui disant que j’ai les cheveux roux, donc que le cheveu noir pouvait difficilement venir de moi. Sans parler qu’avec toutes les mouches mortes et compagnie, je vérifie toujours mon morceau de fromage avant de l’emballer. Et c’est moi qui ai servi cette dame. Elle continue de crier en disant que le cheveu devait appartenir à une de mes collègues. Ma collègue de charcuterie est blonde, ma chef aussi, ma formatrice est brune et les deux gars de boucherie/poissonnerie sont des bruns aux cheveux courts. Personne n’a de longs cheveux noirs ici. Personne sauf… la cliente elle-même, tignasse ébène au vent. Je le lui ai fait remarquer, et elle a dit qu’elle se plaindrait de moi car je suis de mauvaise foi. Eh bien soit, j’ai laissé un mot pour prévenir du cas et je n’ai pas eu de retour.

***

Un autre jour, je vois un homme me mater comme un gros sale par le reflet de l’évier. Je me retourne et je lui demande si je peux lui servir quelque chose. Il ne s’y attendait visiblement pas et commence à regarder la vitrine à toute vitesse en me disant « Euh… le reblochon là, ça sert, euh, pour la, euh, tartiflette ? » le tout en faisant des bruits et mouvements écœurants avec sa langue. Pouah. Dissimulant mon dégoût, je lui réponds que oui et il me fait « Vous aimez la tartiflette vous, je peux vous inviter, vous avez un numéro ? », toujours avec sa langue qui faisait sa vie en toute indépendance. J’ai balancé un « Non. » bien sec et il est parti en se retournant toutes les deux secondes. Je suis retournée à ma vaisselle et j’ai entendu un bruit d’appareil photo derrière moi. Je lui ai demandé de cesser de me prendre en photo et heureusement un vigile passait. Il a attrapé le gars qui a effacé sa photo devant moi et a été éjecté du magasin.

***

Une autre fois, je vois arriver une dame à l’air un peu perché. Bon, j’ai l’habitude dans le coin, donc je m’avance et lui demande si je peux la renseigner. Elle me regarde, horrifiée, et me dit « I don’t speak French ! ». Je lui réponds donc en anglais et là, je la vois me dévisager comme si j’avais violé son caniche avec un concombre : « Don’t speak English, don’t speak English ! ». Bon, bon. Elle ne veut pas que je lui parle en français parce qu’elle est anglaise, mais ne veut pas non plus que je lui parle en anglais. Il me reste l’espagnol et, un peu narquoise, je lui demande encore ce qu’elle veut. « I don’t speak Spanish ! ». Ok, on est censées communiquer comment alors ? Je lui reparle en français, elle me redit qu’elle ne comprend pas. Nous avons fini par nous comprendre avec des grognements et des gestes particulièrement peu élégants. Mon accent français est-il si horrible que ça ? 😥

Charcuterie :

Un papy arrive et me demande « une grosse saucisse de Morteau ». Je lui sers tranquillement et je le vois se pencher dans ma direction en me disant « moi aussi j’ai une grosse saucisse, et elle est pas de Morteau ». Beurk.

***

(Cette anecdote là date de ma précédente expérience en charcuterie : )

Je vois un papy arriver et il me demande une barquette de salade de museau. Je lui sers et je le vois, tout sourire, me balancer « Vous savez où j’aimerais le mettre, mon museau ? ». Oh my God.

***

Un couple de jeunes arrive et me demande conseil sur les différents saucissons qu’on vend. Je les renseigne comme je peux et ils choisissent finalement « le long saucisson là ». Débordant de beaufitude, l’homme se sent obligé de rajouter « moi aussi j’ai un long saucisson ». Ok, merci pour l’info.

***

Une mamie arrive pendant que ma collègue se débattait avec sa vaisselle donc, bonne pâte, je décide d’aller servir la mamie. Elle me fixe longuement puis finit par me demander une tranche de jambon « fine s’il vous plaît ». Je lui fais donc une tranche fine et lui montre, lorsqu’elle me sort « mais ce n’est pas du tout ce que j’ai demandé, j’ai dit fine ! Et puis vous me la montrez avec vos mains, c’est dégoûtant ! ». Je précise que j’ai des gants que je change entre chaque client, et que c’est l’usage de montrer la tranche à un client avant de l’emballer. Serrant les dents, je repose la tranche sur un papier, et lui montre sur le papier. « Ah ben non j’en veux plus maintenant ! ». On récupère chaque tranche de la machine à la main car sinon elle s’affaisse, donc si elle ne veut pas d’une tranche que j’ai « touchée », on a pas fini. Je lui refais une tranche encore plus fine et elle n’est toujours pas contente car « j’ai dit fine bon sang ! ». Ma collègue intervient et lui demande « fine comment madame ? ». Elle mime la taille avec ses doigts. En fait, elle voulait une tranche épaisse, un peu comme les tranches de rôti. La mamie engage la conversation avec ma collègue, en insistant sur le fait que elle, elle est sympathique et sait servir les clients. Du coup elle lui demande si elle est en CDI. Et, alors que j’étais juste à côté, balance « et elle, là, j’espère qu’elle dégage bientôt hein ? ». Sympa.

Je recroise cette mamie dans le bus, elle me reconnaît et me fait « Ah, encore vous ! ».

Le lendemain elle revient au magasin et c’est encore à moi de la servir. Sauf que cette fois elle beugle « Non je ne veux pas être servie par vous, sale démon ! ». J’étais un peu interloquée et ma collègue lui demande « démon ? ». Et la mamie crie « Oui, elle est rousse, cette sale rousse ! ». Ah d’accord ok. Nous sommes en 2015 et certains pensent encore que les roux sont des démons.

***

Bref, comme vous pouvez voir j’ai quand même eu certains gros cas, sans parler des gens qui ne viennent que pendant les dégustations, pour manger à l’œil sans acheter quoi que ce soit. On a même eu un gars qui a pris deux pleines poignées de bouts de fromage pour les flanquer dans sa poche. Il devait sentir bon une fois rentré chez lui.

Je peux comprendre qu’on puisse goûter sans acheter, mais vous savez, quand vous passez 15 fois et que vous prenez un échantillon à chaque fois on vous grille, hein ^^

J’ai aussi remarqué un certain mépris des clients envers ma collègue et moi lorsqu’ils comprennent qu’on est pas étudiantes et qu’on est ici parce qu’on a rien d’autre. Bon, ce n’est pas surprenant venant d’un magasin bourgeois mais tout de même, c’est agaçant. Ils sont bien contents d’avoir des gens pour les servir et avec qui discuter, alors pourquoi être méprisant ? Certains ont même adopté un ton perché et supérieur histoire de bien me faire comprendre la chose. Sachant que j’applique à la lettre le « nous sommes tous libres et égaux » dans mes relations avec les autres, ils ne sont pas prêts d’avoir une quelconque soumission ou admiration de ma part, mais bon.

Je profite également de cet article pour faire un petit topo sur le gaspillage alimentaire en grande distribution. Oui, on jette énormément. Mais dans ce « énormément », l’écrasante majorité est due aux clients. Ces clients qui prennent un article puis changent d’avis et le reposent n’importe où. Surtout quand il s’agit d’articles frais planqués dans des rayons non réfrigérés, ou carrément de traiteur commandé puis caché dans un rayon parce que la personne n’a pas envie de se faire chier à rendre son paquet. Je ne vous raconte pas le nombre d’articles qu’on retrouve n’importe où, de textiles tachés par les clients qui bouffent en rayon et s’essuient sur les fringues (oui oui). Si vous changez d’avis la moindre des corrections c’est de reposer l’article où vous l’avez trouvé, d’autant plus s’il s’agit d’articles pris en rayon frais et qui ne se conservent pas éternellement hors d’un frigo.

Il y a aussi des paquets de gâteaux ouverts mais non achetés « juste pour voir comment c’est dedans », des lots séparés, des trucs « goûtés », des yaourts par lots que les clients prennent un par un, et il faut jeter le reste du lot car ce n’est pas vendable à l’unité… des gosses qu’on laisse jouer avec une trottinette et qui heurtent des têtes de gondole, brisant des dizaines de bouteilles (vécu deux fois, par le même gamin qui a recommencé à jouer après avoir été vaguement grondé par sa mère. Purée le gamin moi je lui fais tout nettoyer avec la langue.), ou même avec un « caddie pour enfant » (la pire invention au monde), des chewing-gum collés sur les rayons ou les articles, etc, etc.

Les clients ne s’emmerdent vraiment pas et sont les premiers à râler sur le gaspillage sans se rendre compte qu’ils en sont à l’origine. Adoptez un comportement respectueux du travail des employés, qui en plus de devoir maintenir leur rayon à jour et bien agencé doivent courir après les gens qui mettent n’importe quoi n’importe où.

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