BLAM ! (c’est le bruit du mur dans ma tronche)

mur

Très franchement, j’hésite à écrire mon article à chaud, car j’ai très envie de casser des dents et j’ai du mal à comprendre certaines choses.

Mais commençons par le commencement. Déjà, je peux dire adieu au GRETA. La dame a eu la gentillesse de me recontacter par téléphone au lieu de m’envoyer un mail impersonnel, mais comme je m’y attendais, j’ai été refusée pour la formation au BTS CGO. J’ai eu beau expliquer que je n’avais pas fait de maths depuis 2007, que je n’avais jamais fait de compta et qu’en plus j’avais été convoquée du jour au lendemain pour les tests, il n’a pas fallu une minute à la commission pour dire non. Pourtant, de ce que j’ai compris, le GRETA est censé pouvoir aider les personnes étant sorties du système scolaire à se reconvertir. Un lycéen qui vient tout juste d’avoir son bac va s’inscrire directement dans son établissement pour son BTS, il ne passe pas par le GRETA. Et pour la comptabilité, si je cherche à me former, c’est justement parce que je ne connais pas le métier. Si j’avais déjà des notions, j’aurais fait une VAE… bref.

J’étais vraiment déçue, la femme m’a dit de ne pas abandonner, d’autant plus que le professeur de français était impressionné de voir que j’avais fait un tel commentaire de texte en seulement un quart d’heure et lui a demandé de me suggérer des métiers tels que journaliste ou rédactrice. Oui mais bon, moi, je cherche un métier qui a des débouchés à long terme. Je tente déjà de me faire une place dans le monde de la rédaction web et à part du bénévolat, je ne trouve rien. Et le journalisme, bah, il m’arrive d’envoyer des piges au journal local mais rien de concret. J’ai déjà tenté plus gros, mais jamais aucun poisson n’a mordu à ma ligne.

Je vous avoue que j’en ai un peu marre de me faire refouler à chaque fois que je peux avoir une chance de m’en sortir, et je n’étais pas dans un bon état d’esprit lors de mon rendez-vous avec ma conseillère Pôle Emploi. Je n’avais juste pas envie de la voir, surtout après ses mails où elle insinuait que je m’éparpillais partout et que je n’étais pas sérieuse dans ma tentative de reprise d’études. Mais j’étais bien obligée et je m’y suis rendue alors que j’étais malade, parce que comme je ne suis pas allée voir le médecin, eh bah je n’ai pas de justificatif.

La première chose qui m’a sauté aux yeux lorsqu’elle s’est présentée (oui c’est encore une nouvelle) c’est qu’elle semblait toute jeune. Ma conseillère Pôle Emploi a 24 ans et est plus jeune que moi. Les boules. Surtout qu’un de mes anciens conseillers m’avait dit qu’il fallait au minimum 5 ans d’expérience professionnelle pour devenir conseiller Pôle Emploi… bon, je ne veux pas être mauvaise langue, mais pour moi quelqu’un qui a au moins 5 ans d’expérience à 24 ans c’est quelqu’un qui a bien été pris par la main, si vous voyez ce que je veux dire. Bref. Je sentais bien les jugements de valeur venir et je n’ai pas été déçue du voyage (un voyage à 8 euros).

D’entrée de jeu je me suis faite juger. Et que ça commence à insinuer que je ne sais pas chercher et veut me montrer comment chercher une offre sur Pôle Emploi. Et que ça me demande si je sais faire un CV. Et que ça me dit que ce n’est pas normal de ne pas trouver lorsqu’on fait autant de candidatures (sur la fin, elle m’a montré une offre parue deux heures avant et sur laquelle il y avait déjà 122 candidatures spontanées. Et après elle s’étonne). Et que ça me demande si je viens correctement habillée en entretien (non, j’y vais en mode clodo voyons), et me sort, méprisante, que ce n’est pas étonnant que je ne sois pas prise si je ne me maquille pas, parce que ça insinue que je suis négligée. Je me suis sentie infantilisée et je n’étais pas d’humeur à me laisser traîner dans la boue.

Lorsqu’elle a commencé à me parler du fameux permis de conduire (j’explique dans cet article de mon blog humeurs mon rapport à la conduite), qu’elle m’a demandé pourquoi je ne le passais pas et qu’elle m’a dit que j’étais une chochotte, et que l’argent se trouvait facilement… je me suis un tout petit peu énervée. Je lui ai dit qu’elle ne connaissait décidément rien à rien, que non l’argent ne tombe pas du ciel, que tout le monde n’a pas de parents pour tout financer NI POUR NOUS PISTONNER AU DÉBUT DE NOTRE CARRIÈRE.

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Je lui ai dit que j’étais à un stade où je surveillais chaque dépense, et qu’avoir dépensé 8 euros pour venir avoir des leçons de morale d’une nana qui n’a jamais connu la dèche me saoulait profondément. Elle a paru surprise car elle pensait que je bénéficiais de la gratuité des transports en commun, en tant que chercheuse d’emploi. Sauf qu’ici, pour bénéficier de cette gratuité, il faut toucher le RSA ou les ASS. Je ne touche aucun des deux, plein pot pour bibi ! Elle a ouvert de grands yeux de biche en disant que ce n’était pas normal puisque ma situation était pire que si je touchais une allocation. Bien vu, capitaine obvious. Mais depuis que je suis dans la région parisienne, si j’ai bien constaté une chose, c’est que plus on touche d’allocations, plus on a de possibilités d’aide, et moins on touche, plus on peut aller se faire voir. Ce n’était pas comme ça quand je vivais à Orléans, j’avais droit à la réduction chercheuse d’emploi. Ici non. Et c’est putain de cher. 70 balles par mois, quand on touche environ 300 euros dont les 9/10 partent en soins, ce n’est pas possible. A moins de rogner sur les soins, ce que je fais déjà. Je suis en surinfection depuis deux semaines, et je sais que je vais payer 30 balles de médecin (coucou les dépassements d’honoraires) pour une ordonnance de médocs non remboursés alors je ne fais rien et j’attends que ça passe, comme une bonne partie des français.

Déjà qu’elle m’énervait avec ses réflexions de pouffe (désolée mais une nana qui considère que ne pas se maquiller c’est être négligée, j’appelle ça une pouffe), ses tentatives de me prendre pour une imbécile (sérieusement, QUI va à un entretien d’embauche habillé comme l’as de pique ?) et ses réflexions qui prouvaient bien qu’elle avait toujours tout eu… bon, j’étais agacée. Et puis elle m’a dit que j’étais arrogante lorsque je lui ai dit que j’étais sûre de mes capacités et que je savais ce que je faisais lorsque je me lançais dans un projet. Que je n’avais juste pas toujours les moyens de les réaliser. Elle m’a faite rire lorsqu’elle m’a dit d’utiliser mes connaissances pour me lancer en tant qu’auto-entrepreneur dans la nutrition et le comportement animal. Ben voyons, et qui va payer les frais dus au statut d’indépendant ?

Elle m’a aussi dit qu’elle ne m’aurait jamais accordé le financement pour une reprise d’études. D’après elle, Pôle Emploi n’accorde plus si facilement des financements, il y a des commissions qui se réunissent pour statuer, et si on a pas prouvé notre motivation par des stages de découverte (non payés hein, haha) du genre PMSMP ou des ateliers du type ACTIV’PROJET alors on a presque aucune chance de voir son financement accordé. Donc même si j’avais été acceptée au GRETA, je n’aurais pas eu mon financement. J’étais dans la merde dans tous les cas. Je lui ai parlé du CNAM, mais même son de cloche. Si je veux mon financement, alors je dois passer par des prestations de Pôle Emploi.

Enfin, en désespoir de cause, elle s’est mise à regarder des offres sur le site de Pôle Emploi. Je lève les yeux au ciel, lui explique que je sais très bien le faire toute seule, mais non, madame veut me chercher des offres. Elle me montre une offre « Déjà vue, la zone est inaccessible par les transports. D’ailleurs, ils précisent que le permis est obligatoire ». Une deuxième « je ne peux pas y travailler, c’est l’entreprise dans laquelle est mon conjoint. En plus ils prennent toujours soit en interne, soit des alternants. ». Une troisième « Je connais cette entreprise, j’y ai déjà postulé des dizaines de fois. Ils m’ont reçue en entretien deux fois, jamais rappelée ». Elle a fini par me demander si j’avais une « excuse » pour tout. Je lui ai alors répété que je savais très bien chercher les offres auxquelles postuler toute seule et qu’on perdait notre temps. A force, je connais les entreprises, je sais quelles sont celles qui ne répondent jamais, quelles sont celles qui ne recrutent qu’en interne, quelles sont celles qui sont accessibles. Je n’ai pas besoin d’aide à ce niveau là, sauf s’il s’agit d’offres qui ne sont pas publiques. Elle a maugréé puis a fini par commencer son compte-rendu.

Et j’ai pu lui rendre la monnaie de sa pièce niveau humiliation. Je la voyais taper touche par touche, comme un bon vieux conseiller qui ne sait pas utiliser un PC. Et je lui ai fait « Vous dites que je suis arrogante quand je parle de mes capacités, mais je parie que je tape 30 fois plus vite que vous au clavier ». Elle a relevé le défi, m’a dicté le compte-rendu qui a été torché en moins de deux minutes, sans même regarder le clavier. Je tape très vite 😉

Elle a ri jaune et m’a dit qu’elle reconnaissait que j’étais rapide.

En sortant de l’entretien, j’étais un peu déprimée. Déjà, parce que j’en ai marre de tomber sur des conseillers avec des clichés plein la tête et des réflexions débiles au bout des lèvres. Et puis merde, elle est si jeune, elle a quoi comme expérience dans la recherche d’emploi ? A part les clichés qu’elle m’a sortis sur la fonction publique et les services à la personne ?

Bref, je ne sais pas trop quoi faire. Je me suis accordé un temps de réflexion avant de céder pour une prestation useless. L’idée de faire un stage de découverte n’est pas si mauvaise, même si ça me fait grincer des dents (je cherche à gagner ma vie, et c’est pas avec un salaire de stagiaire, si du moins j’en ai un, que je vais le faire). Reste ensuite à trouver où. Je serais bien tentée d’en faire deux : en comptabilité et en bibliothèque. J’aimerais bien aussi en faire un en tant que rédactrice mais je ne sais pas vraiment où m’adresser.

Dans tous les cas il va bien falloir que je m’occupe : la région parisienne n’a rien à m’offrir, c’est maintenant évident. Je ne trouve ni emploi ni formation. Donc soit mon conjoint parvient à se faire muter et je tente ma chance ailleurs, soit je m’occupe en attendant qu’il y parvienne. Soit je finis par avoir de la chance et je décroche un petit job. Mais la chance ne s’est pas vraiment penchée sur mon berceau à la naissance.

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10 réflexions sur “BLAM ! (c’est le bruit du mur dans ma tronche)

  1. Je ne me maquille jamais, même pour aller aux entretiens professionnels… Pour l’instant, ça ne m’a pas portée préjudice !
    Et je pense que ta conseillère, je ne l’aurais pas supporter non plus…

    Courage pour ta recherche d’emploi !

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    1. Parfois ça me porte préjudice (certains recruteurs m’ont très clairement dit qu’ils veulent quelqu’un qui se maquille car pour eux, ça prouve qu’on est soigné), parfois non. Dans l’ensemble les gens s’en fichent, sauf pour les postes à contact client comme la caisse ou l’accueil.

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  2. Pour le maquillage, l’atelier « entretien d’embauche » nous a dit qu’il valait bien mieux ne pas venir maquiller que se plâtrer la figure à la truelle.
    L’image qu’on renvoi est censée donner une idée de notre implication dans le travail… En gros pas maquillée -> pas soigneuse de sa présentation, va t-elle être soigneuse de ses dossiers?

    Pour le journalisme c’est un secteur ultra bouché, pareil pour rédacteur… Mais ils ont toujours de bonnes idées eux. Perso j’attends d’écrire un best-seller qui me rendra riche.

    Bon courage.

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    1. Après il y a un juste milieu, on peut très bien se maquiller correctement sans ressembler à une prostituée du bois de boulogne. Mais j’ai vraiment du mal à comprendre en quoi ne pas se maquiller signifie que l’on est pas soigneuse de sa présentation. On ne dit pas à un homme non maquillé qu’il n’est pas soigneux, pourquoi le dit-on à une femme ?
      Sinon moi aussi j’attends d’écrire le best-seller qui me rendra riche !

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  3. « Un lycéen qui vient tout juste d’avoir son bac va s’inscrire directement en fac pour son BTS, il ne passe pas par le GRETA. » —> Lycée les BTS, pas la fac ^^ Ce sont les DUT dans les facs il me semble. Bon c’est juste du détail ça, c’était juste pour préciser.
    « Surtout qu’un de mes anciens conseillers m’avait dit qu’il fallait au minimum 5 ans d’expérience professionnelle pour devenir conseiller Pôle Emploi… » —> Il n’aurait pas un peu mitonner? Parce que si à 24 ans elle a 5 ans d’expérience, elle a commencé à bosser à 19 ans (c’est pas impossible en soit, mais bon dans le bon domaine pro?) et à un bac+2 qui est je crois nécessaire pour postuler à PE.
    « Et que ça me dit que ce n’est pas normal de ne pas trouver lorsqu’on fait autant de candidatures » —> on peut faire 3000 candidatures, si le profil ne correspond pas à ce que veut l’employeur (et sans expérience ou peu d’expérience, c’est souvent le cas), on ne trouvera pas. Faut que les conseiller et les politique fasse un saut dans la réalité de temps à autre.
    « Lorsqu’elle a commencé à me parler du fameux permis de conduire » —> Le permis ça coute cher, faut pouvoir acheter et entretenir une voiture ensuite parce que le papier rose en lui ne sert à rien. Et on n’est pas tous apte à conduire. J’ai déjà dit à mes conseillers qu’il y a des lieux où je crois que je ne conduirait jamais, trop peur, des trajets trop longs hors de question, … on me dit de reprendre des cours mais ça ne fait pas passer l’angoisse du trajet. Donc aller là où je connais, ça va, j’arrive parfois à me débrouiller quand je ne connais pas trop, mais je n’irais pas conduire à Limoges par exemple, je ne me suis déjà jamais lancé à Montluçon (et ça me coute parce que je pourrais aller à des concerts, des salons et autres forums si je n’étais pas si cruche).
    « D’après elle, Pôle Emploi n’accorde plus si facilement des financements, il y a des commissions qui se réunissent pour statuer, et si on a pas prouvé notre motivation par des stages de découverte » —> je la rassure, ça a toujours été plus ou moins comme ça. C’est pas avec ses 3 mois d’expérience pro à PE qu’elle peut savoir quoi que ce soit!
    « Elle a fini par me demander si j’avais une « excuse » pour tout. » —> ben quand on pratique un bassin d’emploi depuis quelques années, on le connait oui madame, donc sans avoir réponse à tout, on peut parler de ses expériences.
    « je cherche à gagner ma vie, et c’est pas avec un salaire de stagiaire, si du moins j’en ai un, que je vais le faire » —> y’a pas de rémunération quand on fait un truc style EMT (je sais plus comment ils appellent ça maintenant) à moins que ça aie changé. Par contre, l’employeur a droit à un petit quelque chose je crois.

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