Et un concours de passé, un !

Serious students sitting for an examination in an amphitheater

Hier, pour moi, c’était le grand saut, je passais un concours de la fonction publique pour la première fois. Celui de bibliothécaire assistant spécialisé de classe normale (mais non c’est pas pompeux). Pour passer ce concours j’étais à la fois poussée par l’urgence du chômage et par mon envie de travailler dans le milieu du livre. J’ai tenté le coup en librairie mais je n’ai pas pu trouver d’autre patron après mon échec avec le premier. J’ai voulu tenter de faire un stage en bibliothèque mais mon ancien conseiller Pôle Emploi, après m’avoir dit qu’il me signerait une convention, a finalement refusé de le faire après que j’aie trouvé une patronne. Voilà, posons les bases, je ne faisais pas non plus ce concours sur un coup de tête, il y avait quand même une envie, une réflexion derrière.

Comme expliqué dans mon article précédent, j’étais un peu angoissée parce que j’avais sous-estimé la difficulté des concours de la fonction publique : en soi, ils sont simples, les exercices demandés ne cassent pas un ph à nénufar, mais ils concernent un domaine très spécifique dans lequel je n’ai pas l’ombre d’une expérience ou d’une réelle connaissance. Oui, j’avais un bouquin de révisions, qui pose bien les bases, mais un bouquin ne remplace pas une expérience dans le milieu.

Le jour J, je n’étais vraiment pas en forme. J’en parlais sur mon blog humeurs, je suis épuisée par des problèmes de santé qui s’accumulent (avec des frais au passage, auxquels je ne peux pas vraiment faire face) et les médicaments d’urgence que je prends n’arrangent pas vraiment les choses. Ce que j’ai est en cours de diagnostic et je douille. Mais n’ayant pas vraiment envie d’avoir fait tout ça pour rien, je me suis quand même levée et en route.

La veille, j’avais reçu un message du bureau des concours : « En raison d’un mouvement social ce jeudi 4 février, les circulations seront perturbées sur les lignes du RER A et B. Il est demandé aux candidats convoqués dans des centres d’examens en Ile de France de prendre toutes les dispositions nécessaires afin d’anticiper les difficultés de trafic annoncées / éventuels retards de trafic annoncés.« . On reconnaît bien là ma poisse légendaire, comme par hasard le jour où je dois prendre les transports pour un trajet long et chiant, il faut qu’il y ait un mouvement social. J’ai donc dû partir encore plus tôt que prévu. Je m’en serais passée mais bon, ce n’est pas si grave. Sauf peut-être quand on angoisse dans la foule et que les rames sont si bondées qu’on voit des gens collés sur les vitres lorsque le RER arrive. J’ai dû laisser passer 4 RER avant de pouvoir rentrer, et encore, j’ai dû me battre à moitié avec une quadra, car en présentant ma carte handicapée à un usager assis, elle a voulu me prendre la place libérée en me disant « tout le monde veut s’asseoir mademoiselle, vous n’êtes pas toute seule« . Euh non, je ne suis pas toute seule mais j’ai une carte pour prouver que moi, j’ai BESOIN de m’asseoir. Lorsqu’elle m’a poussée en m’insultant, j’ai fini par m’énerver et lui flanquer un coup dans les côtes. Elle m’a hurlé que j’étais barge mais m’a laissée m’asseoir, ce qui était le plus important.

Une fois arrivée, j’ai vu qu’il y avait des vigiles à l’entrée pour contrôler les convocations et les sacs. Enfin, contrôler, c’est vite dit, ils jetaient un coup d’œil rapide aux sacs à peine ouverts, et ne fouillaient même pas les poches, j’aurais pu cacher une bombe qu’ils n’auraient rien vu. Mais bon, j’avais un peu mieux à faire que me monter le bourrichon sur un éventuel risque d’attentat.

En regardant ma convocation, j’ai rapidement compris que ma salle d’examen était au 6e étage du bâtiment (s’il est écrit que votre salle est la C6, ça signifie que vous êtes dans le bâtiment C, au 6e étage par exemple). Vu mon état de fatigue et mes problèmes pulmonaires de base, j’ai fait le tour pour voir s’il y avait un ascenseur, mais non. J’ai donc été demander à l’accueil et là, une femme me toise avec un mépris évident pour finalement me dire, avec un air bien condescendant, que non. Tant pis, je retourne dans mon bâtiment, prends une dose de Bricanyl et commence mon ascension. Deux femmes se sont mises à rigoler en me voyant galérer, j’avais envie de les insulter bien copieusement mais je n’avais pas assez de souffle pour ça.

Comme je suis arrivée presque à la dernière minute (en même temps j’ai dû laisser passer pas mal de rames du RER B avant de réussir à le prendre…) j’ai vu qu’il y avait énormément de monde, rien que dans ma salle on était au moins 100. Sachant qu’on était répartis dans 4 bâtiments et qu’en plus il y a plusieurs centres d’examens en Île de France, je n’imagine pas les milliers de personnes que ça implique. Ce qui en soi n’est pas surprenant, puisque les concours de la fonction publique font partie des méthodes recommandées pour sortir du chômage… donc les gens se ruent dessus. Les profils étaient très hétéroclites, hommes comme femmes, vieux comme jeunes, et de toutes les couleurs !

Au moment de l’ouverture des sujets, une femme est arrivée toute affolée, venant du côté des examinateurs (ils sont rentrés par un côté du bâtiment, nous par un autre). Elle avait… pris l’ascenseur. Ce qui signifie que la sombre conne qui m’a dit qu’il n’y en avait pas m’a menti. Je me suis encore plus crevée alors que j’aurais pu l’éviter. Et j’avais ma carte handicapée donc elle savait que je n’étais pas une random feignasse qui ne voulait pas monter à pied. J’étais en colère et j’ai mis du temps à me calmer, même après la distribution des sujets, parce que ça me donnait envie de partir en claquant la porte.

Je suis fatiguée, je préviens de mon handicap mais on me met quand même au dernier étage, et en plus on me refuse l’ascenseur alors qu’on l’autorise à d’autres. C’est ma gueule qui ne lui revenait pas à la fille de l’accueil ? C’est quoi cette discrimination débile ? Je lui souhaite un beau retour de karma à celle-là.

Bref, j’ai quand même fini par me mettre au sujet, composé d’une partie de 4 questions avec des termes à définir et d’une composition, comme prévu. J’ai su répondre à trois des questions (dont une grâce à l’un des documents fournis pour l’étude de cas, le terme était dedans, c’était probablement volontaire pour voir si on sait lire). J’étais un peu surprise car le sujet pour le concours externe et interne est exactement le même. Donc les débutants sont mis sur un pied d’égalité avec les gens ayant de l’expérience. Wtf. Si j’ai bien compris il y a un nombre de places spécifique pour les deux, mais tout de même, c’est bizarre.

Je me suis ensuite mise à la composition mais je ne suis pas très contente de moi. N’ayant pas les connaissances nécessaires, j’ai dû me contenter de faire une bête étude de documents, avec ce que j’avais sous la main. C’est un peu comme les études de cas au lycée, vous pouvez vous contenter de vous baser sur les documents, mais si vous voulez une bonne note, il faut y ajouter votre touche, vos connaissances personnelles. Sauf que là je n’ai aucune connaissance personnelle. Je ne sais pas comment se passe une intégration de périodiques dans une bibliothèque universitaire, ni du personnel à mobiliser pour cela. Juste une vague idée donnée par les documents et je brode autour.

A mes yeux ma performance n’était pas suffisante et je pense vraiment que je ne serai pas retenue pour l’oral. Après, je peux me tromper. Mais si je suis retenue pour l’oral je ne sais pas ce que je pourrais bien dire. Là aussi ils posent des questions spécifiques dont je ne connais pas forcément les réponses. Je ne connais pas les rouages de la fonction publique, apprendre par cœur les différentes fonctions, c’est déjà fait, savoir comment ça marche, c’est autre chose. A l’écrit on peut faire illusion, pas à l’oral. Je ne suis pas bien optimiste, car tous les gens que j’ai entendus discuter avaient déjà une petite expérience, avaient déjà tenté le concours avant (et donc savaient à quoi s’attendre), ou connaissaient quelqu’un dans le milieu. Je me suis demandé si j’étais la seule idiote à être arrivée en mode yolo mais je ne pense pas. J’ai même entendu une femme prétendre qu’elle savait quel serait le sujet car sa mère l’avait aperçu. J’espère que c’est faux, parce que si c’est le cas y’a du favoritisme dans l’air. Et si c’est vrai, eh, elle est bien stupide de s’en vanter.

Reste à savoir ce que je pourrai bien faire si je ne suis pas prise pour ce concours. Je n’ai toujours pas la réponse pour Versailles, je les appellerai la semaine prochaine pour savoir ce qu’il en est. Mais je ne me fais pas trop d’illusions, ils m’auraient vite recontactée si j’avais été choisie.

Je songe toujours à la création d’entreprise, pour faire ma propre box animalière respectueuse de l’animal, mais plusieurs problèmes se posent. Déjà, un problème de logistique : je n’ai pas de quoi stocker quoi que ce soit chez moi et n’ai pas les moyens de louer un stockage. Ensuite, un problème d’argent : pas d’emprunt sans garant, des fonds limités via l’Agefiph… peut-être un financement participatif ? Enfin, un problème de confiance en moi : je doute d’avoir les compétences pour faire tourner une entreprise à l’heure actuelle. Je songeais à un BTS CGO (Comptabilité et Gestion des Organisations) en alternance pour acquérir un peu d’expérience et de connaissances et voir ce que je fais ensuite. Si je trouve du boulot tant mieux, si je n’en trouve pas, est-ce que je me lance ? Est-ce que je me lance alors qu’il est archi-connu que les petits entrepreneurs ne sont pas aidés en France, qu’ils sont même plutôt enfoncés ?

J’ai un peu de mal à savoir quoi faire car je tourne en rond. Les candidatures spontanées, j’en fais encore et encore, je relance, relance, relance, relance, relance… et me fais copieusement ignorer. J’en discutais encore récemment avec mon conjoint : il a fait ce qu’il a pu pour me pistonner dans son entreprise, mais c’est un échec. On lui dit qu’on ne veut pas de personnes de la même famille alors que les cadres supérieurs font passer leur famille sans problème. Il y a un gros problème d’hypocrisie. On a eu un début de réponse, il semblerait que Monsieur le Directeur ne m’apprécie pas (Pourquoi ? Aucune idée, mais c’est vrai qu’à chaque fois que je le croise il a un regard méprisant et agacé). Dans tous les cas il semble impossible d’obtenir quelque chose dans cette entreprise. De mon côté j’ai épuisé les entreprises accessibles, je fais mes relances, mes spontanées (enfin, c’est plus des relances que des spontanées justement), je postule aux offres intéressantes mais je n’ai presque jamais de retours. Il nous reste donc la solution du déménagement mais pour cela il faut qu’il parvienne à se faire muter. Ce qui est compromis puisqu’à l’heure actuelle son magasin ne peut pas se passer de lui.

A moins d’un miracle, je suis un peu coincée. Je vais creuser du côté du BTS en alternance, mais à presque 26 ans je risque d’avoir des soucis pour trouver un patron. C’est toujours pareil en fait !

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Une réflexion sur “Et un concours de passé, un !

  1. Malgré ma propre expérience, le mépris des gens me sidère toujours, je n’arrive pas à m’y faire… Même si tu n’es pas admise pour l’oral tu peux être fière de toi, tu es vraiment allée au bout malgré tous les bâtons qui se sont mis dans tes roues… Je sais bien que la fierté ne remplit pas les poches de pognon MAIS ça fait du bien au moral. Courage !

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