De l’art de lâcher des vents au travail lorsque vous êtes une femme

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C’est bien connu, les femmes sont des princesses. Elles ne pètent pas, ne rotent pas, ne font pas caca. Ne me demandez pas comment elles évacuent leurs déchets alimentaires, car je n’en sais rien. Elles le font probablement de manière très propre et silencieuse.

En fait non, je déconne. Nous sommes largement capables de concurrencer les hommes en matière de vents. Le problème, c’est que la société d’aujourd’hui est telle que l’homme moyen ne peut pas concevoir que la bombe du bureau puisse lâcher des bombes aussi formidables qu’elle (si une femme pète, elle est forcément moche et obèse) et donc, nous nous retrouvons face à un problème de taille : que faire si nous avons envie d’en lâcher une ?

Quand mes collègues masculins s’en donnent à cœur joie après avoir mangé des pois chiches à midi, personne ne leur dit rien. Au contraire, leur performance est souvent accompagnée de rires gras et d’encouragements. Mais moi, si je m’y mets (j’ai aussi mangé les pois chiches à midi) je vais me faire instantanément taxer de grosse dégueulasse. Je dois donc la jouer finaude, parce que les vents retenus dans mon ventre commencent à me faire mal.

Hélas pour moi, la tactique du culbuto est archi connue et vu la puissance qui s’annonce (se retenir, ça fait VRAIMENT mal), faire semblant de me moucher ne suffira pas pour couvrir le bruit. Il faut donc soit opérer un repli stratégique dans les toilettes, soit assumer sa condition de prolétaire car je vais me faire rayer de la liste des princesses.

Manque de bol, ma cheffe adore téléphoner dans les toilettes et elle n’a rien à faire. J’en aurais les larmes aux yeux. Mais non, elle est là, sa voix puissante est hélas insuffisante pour masquer le bruit d’un formidable pet se répercutant sur les parois en porcelaine. Vous le connaissez ce bruit n’est-ce-pas ?

Je pourrais songer à l’escalier de secours, mais dans ce couloir, le moindre bruit est ultra-amplifié, on en a fait les frais pendant les récents travaux.

Je me rue vers les ascenseurs, mais là aussi, il y a du monde. Bon sang, depuis quand est-ce qu’il y a du monde à 14h ici ?

Je retourne vers mon bureau, le mal au ventre devient de plus en plus sérieux. C’est dur d’être une femme. Et voilà que le chauve arrive : ce mec, pour le repousser, je l’ai frappé, je lui ai colorié la gueule au marqueur noir indélébile, je lui ai jeté une énorme agrafeuse dans la trogne, mais non, il revient. Je souris. Il est temps de casser la mythe. Au moment ou sa main serre la mienne, je me lâche. Un bruit tonitruant résonne dans le couloir, et en prime, le chauve a même droit au rappel. J’ai beaucoup de force dans les doigts, je l’empêche de se dégager, tout en gardant un sourire ravi sur le visage. Il pâlit. Je finis par le laisser partir et, ne sachant pas quoi dire, il tourne les talons. J’ai réussi !

Par contre, je n’avais pas noté que la moitié du service était dans le bureau d’à-côté pour grailler et ont profité du spectacle. Et merde.

C’est chiant d’être une femme.

Le problème se pose d’ailleurs également si vous avez envie de poser une pêche. Généralement, par honte, on attend d’être seule dans les toilettes pour évacuer le Jean-Claude. Par précaution, on pose même du papier toilette dans le fond pour empêcher le « plouf » et on prie pour que Monsieur ne se ramène pas avec une sonate. Et en plus il faut faire vite, parce que sinon on vous regarde de travers. Plus de 5 minutes dans les chiottes, c’est suspect, même pour une femme. Constipation interdite.

Pourquoi tant de haine alors que tout le monde a un jour été confronté à l’irrépressible envie de tout évacuer ?

Malgré tout, il y a des limites les filles. Je sais que nous ne sommes pas des princesses. Mais quand y’en a jusque sur les murs, faudrait peut-être pas pousser (enfin si, mais un peu moins fort, quoi). Et surtout nettoyer après votre passage, parce qu’on a beau être toutes amatrices d’art moderne, on se passerait de l’expression de votre for intérieur.

Je tiens également à préciser que la femme n’a pas le droit de roter en public. Et ce, même après avoir sifflé 2L de coca. Un homme qui rote sera qualifié de viril (et de beauf par les gens de mauvaise foi qui en réalité admirent sa performance) mais une femme qui rote sera regardée comme la dernière des clochardes.

Cependant, parfois, on peut difficilement se retenir et le rot fait son cheminement particulièrement bruyamment. Si vos collègues n’ont pas la lumière à tous les étages, vous pouvez tenter de masquer ça en toux. Sinon, je suis au regret de vous annoncer que votre réputation est ruinée à jamais.

L’avantage, c’est que désormais, vous pouvez lâcher ce que vous voulez et même quitter le bureau en beuglant « je vais chier, à toute ! ». Ne me remerciez pas.

*prend sa liste des choses à faire avant de mourir et raye « écrire un article pipi, caca, prout sur son blog emploi »*
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