« Il serait temps de trouver un travail quand même ! »

Source de cette grosse image ^^ (bien qu’un peu désuète)

Je dois bien reconnaître à mon homme qu’il est tenace. Malgré toute l’hypocrisie, tous les coups fourbes et compagnie que son entreprise lui a fait, il continue d’espérer qu’elle m’embauche un jour. Moi, j’ai laissé tomber depuis longtemps après des dizaines de CV sans réponse, les seuls petits contrats obtenus chez eux l’ont été grâce à l’insistance de mon homme, ils n’ont jamais regardé mon CV.

Dans tous les cas, je déteste la grande distribution. C ‘est vraiment un domaine dans lequel je ne me sens pas à ma place. J’ai plus ou moins apprécié mon passage en fromagerie (et je l’aurais sans doute plus apprécié sans ma collègue toxique) mais c’est tout. La caisse, ELS, charcuterie, boucherie ou poissonnerie c’est no way. Je ne me suis jamais sentie aussi mal qu’en bossant là-bas. Misère intellectuelle, boulot d’un ennui sans fin, mon dieu, quelle horreur.

Après, c’est sûr que si on me propose un travail dans la grande distribution, je peux difficilement dire non (on est conditionnés pour accepter le premier taf qui passe, parce que mieux vaut un mauvais travail que pas de travail du tout, hélas) mais je ferai tout pour y échapper le plus vite possible.

Cependant, mon homme ne l’entend pas de cette oreille : il sait que je déteste son travail, mais il le déteste aussi et pense que pour lui comme pour moi on se sentirait mieux si je travaillais avec lui. Je suis plus ou moins d’accord.

J’ai eu l’occasion de travailler avec lui quelques jours, et je ne suis pas vraiment comme lui. Lui, il arrive à surmonter son dégoût des gens pour aller leur parler, les guider, etc. Moi j’étais bien incapable de leur parler tant je n’avais rien à leur dire. Foot, cul, deux sujets qui ne m’intéressent vraiment pas, et leur parler d’autre chose les ennuie. J’étais dans mon coin.

Je pense aussi qu’il me sur-estime. Il pense que je ferais une bonne ELS, mais quand j’ai fait ce taf, j’étais paumée. On me déplaçait sans arrêt mes rolls, et le gars de l’après-midi foutait un bordel monstre dans mes rayons en calant des produits dans le fond des étagères « pour plus tard » histoire d’alléger les rolls. Oui enfin t’es mignon coco mais moi quand j’avais de l’arrivage le lendemain, je devais remettre son bordel dans les rolls parce qu’il me fallait bien de la place. Quitte à mettre des produits au fond t’en met qui sont sur la même étagère ou ont un rapport avec le rayon. Lui il me flanquait du thé dans le café, etc… il me rendait dingue, me faisait perdre un temps fou (déjà que j’étais en 30h alors que les rayons nécessitaient un 35h…), rendait le travail encore plus insupportable pour moi.

Et puis l’ennui…

Bref, vous allez vous demander le rapport avec le titre. Revenons à nos moutons. Mon homme est allé voir le directeur pour lui dire qu’il avait besoin de personnel, d’au-moins une autre personne, parce qu’entre les pas-doués qui sont gardés et les absents, sans parler des rayons sans suivi, c’est la misère. Le directeur lui a répondu qu’ils ne trouvaient personne, ce qui a fait halluciner mon homme qui a répété que je cherchais toujours du taf et qu’ils pouvaient me prendre. Ce à quoi le directeur a répondu : « Elle cherche encore ? Il serait temps de trouver un travail quand même ! ». Sympa. On sent le gars bien manipulé par les médias qui pense qu’on trouve un travail en claquant des doigts. Non, ça ne se passe pas comme ça.

Il me rappelle une femme que j’ai lue sur Facebook, qui disait qu’à BAC+4 elle préférait être caissière que vivre aux frais du contribuable, « parce qu’il faut bien se bouger le cul un peu ». Sauf que même pour les boulots alimentaires, ce n’est pas simple. Les offres de boulot non-qualifiées sont prises d’assaut, nous sommes des centaines à déposer nos CV dans les supermarchés. Alors si elle, elle a été choisie, tant mieux pour elle, sauf qu’elle a dû faire des dizaines, voir des centaines de malheureux qui eux n’ont pas été pris. Il n’y a pas de boulot pour tout le monde. Même pour les plus motivés. Et vu la culpabilisation des chômeurs et autres personnes touchant des allocations, ce n’est pas de gaieté de cœur qu’on reste dans cette situation.

Je dois avouer que ça me chiffonne un peu que mon homme ne m’ait pas demandé mon avis pour déposer ma candidature, mais d’un autre côté je peux difficilement lui dire non. Je n’ai pas de piste actuellement. Notre création d’entreprise ne se fera probablement pas car avec sa bipolarité il change d’avis comme de boxer et je n’ai pas envie de faire ça seule. C’était un projet à deux. S’il ne veut plus, je partirai sur autre chose.

Et puis, accepter un CDI dans sa boîte, c’est rester à Paris, c’est rester dans notre appartement rempli de moisi et de voisins bruyants, à côté de ce garage de merde qui rejette ses fumées chez nous. Je n’ai jamais voulu vivre dans cette ville et j’ai envie de partir, plus que tout. Il m’arrive de postuler dans d’autres villes quand je vois un CDI intéressant, justement pour ça.

Je me prends à espérer qu’ils me refusent encore, et pourtant j’ai envie de travailler, cette situation me mine un peu. Rien que d’y penser j’ai une boule au ventre, je déteste ce métier.

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5 réflexions sur “« Il serait temps de trouver un travail quand même ! »

  1. Pourquoi vous n’essayez pas le rachat d’une entreprise dans une petite ville ? Genre petit commerce ? Parce que c’est clair que les boulots sous payés ça va 5 minutes… C’est dommage de se lier pour toujours à une ville que vous détestez et un job que vous détestez juste parce que « On est en crise » !

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    1. J’aimerais bien. Mais plusieurs soucis se posent, comme par exemple l’argent : mes économies et celles de mon homme réunies ne sont pas suffisantes, il faudrait un prêt. Sans garant, sans boulot, difficile d’obtenir un prêt. Et je vois mal mon homme me suivre sans discuter si je le fais, il voudrait y trouver un taf avant.

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  2. Il me semble que tu en avais parlé une fois et c’est peut-être tout « bêtement »une question de sous mais : ton homme ne peut-il pas demander à être muté dans une autre ville ? En sortant de l’environnement « toxique » tu aurais peut-être les idées plus claires … ?

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    1. Il essaie. Mais le problème c’est qu’à chaque fois qu’il postule pour une mutation, l’entreprise veut le remettre au SMIC tout en lui proposant plus de responsabilités. Ce qu’il refuse. Sauf que difficile de négocier quand des gens sont prêts à accepter de faire un boulot de cadre supp pour le Smic. Il veut partir, mais ne veut pas foutre en l’air les sacrifices qu’il a faits pour évoluer et gagner ses quelques euros en plus du SMIC. Et il est difficile niveau villes d’accueil aussi (à raison, vu ma chance, mieux vaut éviter les villes avec un fort taux de délinquance).

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