Pas pressés pour des gens qui avaient un besoin immédiat

En plus de mon entretien, cette semaine aura été ponctuée par une nouvelle frasque de Pôle Emploi Compiègne dont un employé s’est senti obligé de poster une infographie particulièrement ridicule (si c’est ça le demandeur d’emploi modèle, alors je suis très mauvaise élève) et a entraîné un bad buzz :

Toujours cette volonté de contrôler ce que fait le chômeur, de lui dicter ce qu’il doit faire parce que s’il ne trouve pas, c’est forcément sa faute, c’est qu’il s’y prend mal. Sans parler du coup des petits jobs, c’est mignon mais c’est précaire et souvent ça devient le job principal parce qu’il n’y a pas de bons boulots pour tout le monde. Si seulement les moralisateurs du genre pouvaient se mêler de leur derrière ! Chaque demandeur d’emploi a ses méthodes, ses horaires. Il sait comment se goupille son secteur et comment s’y adapter (du moins, pour ceux qui sont indépendants, je ne nie pas que certains ont besoin d’aide). Il n’a pas besoin d’infographies infantilisantes pour gérer son temps. Ni de réflexions méprisantes.

J’ai également appris grâce à Angie une autre déclaration crasseuse, cette fois à la radio, par Eric Brunet, mais ça a fait moins de bruit. Il a proposé le sondage suivant :

Encore un cas typique de quelqu’un qui aime son travail, s’y sent bien, et prend son cas pour une généralité sans penser à tous les jobs pénibles qui peuvent exister et sans réfléchir au phénomène du burn-out. Il serait de bon ton de ne pas oublier qu’être heureux au travail est une chance. Notre monde du travail éloigne de plus en plus l’humain afin de privilégier les profits d’une minorité de déjà-riches et les petits sont pressurés au possible, même au delà. Des gens mettent fin à leurs jours à cause du travail. Parfois même à cause de la recherche de travail, tant la pression sociale est intense. D’autres encaissent, mais rentrent en pleurant, en craquant devant leurs enfants, leur famille. Certains n’ont même plus de vie perso tant le travail bouffe tout leur temps. Et on ne leur laisse pas le choix, car non seulement le chômage est mal vu mais en plus ils n’ont aucune garantie de retrouver quelque chose derrière s’ils démissionnent.

C’est ça, la réalité de la majorité des gens.

Si vous avez un travail génial, grand bien vous fasse, mais lorsque vous voulez vous exprimer sur le sujet, n’oubliez jamais que vous n’êtes pas représentatifs de toute la population.

Bref, bref, bref, revenons à nos moutons, vous devez vous dire que pressés comme ils semblaient être, mes banquiers m’auraient déjà donné la réponse. Eh bien non.

Lors de l’entretien de lundi, le responsable m’a dit qu’il voulait me voir commencer le plus vite possible car le besoin était urgent, et le vendredi en début d’après-midi, toujours rien. Bon, peut-être n’avait-il pas pris en compte le jour férié, c’est possible (quand on a beaucoup de taf, j’imagine qu’on y fait pas trop attention), j’ignore s’ils font le pont mais probablement pas. La RH, elle, avait été plus soft en me disant que j’aurais la réponse le vendredi, mais je pensais que si le besoin était si urgent que ça le responsable l’aurait convaincue de me prendre de suite.

Après je vous avoue que je ne suis pas si pressée que ça de mon côté, j’ai caché mon endométriose aux recruteurs et mes règles arrivent généralement en début de mois, donc pile au début de mon potentiel contrat, l’idéal pour se faire remarquer en mal d’entrée de jeu.

J’ai attendu la fin de la journée, puis je me suis décidée à appeler la BIH histoire de savoir s’ils faisaient le pont ou non (la banque ne me l’avait pas précisé, et la recruteuse de la BIH m’avait dit qu’elle me rappellerait le vendredi, que je sois prise ou non, pour faire le point), la secrétaire a décroché mais ma recruteuse était déjà partie.

Je dois vous avouer que je suis perplexe, je suis sans doute impatiente (ce n’est pas nouveau) mais là je passe d’un sentiment d’urgence suite à l’entretien, où on me dit d’être prête à commencer dans la semaine, à un silence radio totale tant de la part de la banque que de la boîte d’intérim. Il y a peut-être juste eu un oubli de pont, car j’ignore si la banque faisait le pont (pas celles de mon quartier en tous cas) mais ça me paraît quand même étrange. D’autant plus que j’ai reçu… une pub de la boîte en question sur mon mail pro, ce que je n’apprécie pas du tout. Mon mail pro est de plus en plus envahi de pub à cause de recruteurs malhonnêtes qui en plus de me refuser (sans forcément prendre la peine d’envoyer un mail de refus en plus !) utilisent mon mail à des fins commerciales. Sachant que généralement une pub en appelle une autre car les publicitaires s’échangent/se vendent les mails des particuliers entre eux.

Bref, j’aurai sans doute le fin mot de l’histoire mardi (les banques sont généralement fermées le lundi) mais je vous avoue que je ne suis pas très optimiste. C’est dommage car même pour un mois un salaire pareil ça met du beurre dans les épinards, surtout quand on a toujours aucune nouvelle de la MDPH pour son renouvellement.

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4 réflexions sur “Pas pressés pour des gens qui avaient un besoin immédiat

  1. Non mais c’est surtout que ce que certains appellent « petits boulots », y’a juste des gens qui font des études pour les exercer et que pour eux, c’est pas un petits boulots, c’est un choix. Ici quand on me parle de petits boulots, ça va être bosser en supermarché, ce genre de truc. Mais y’a des gens qui se forment pour bosser dans ce secteur, c’est pas un petits boulots pour eux, c’est limite insultant de ramener ces métiers au statut de petits boulots. Mais j’imagine que ça permet aux gens qui pensent comme de se sentir supérieurs durant 3 secondes.

    Après t’as les petits boulots façon vacataire dans la FP comme j’ai fait en octobre dernier. Super, déjà c’est pas super valorisant et en plus de toute façon on peut te prendre qu’un mois dans l’année (ce qui en plus te fait la misère niveau RSA durant 3 mois). Si faut courir les contrats à la con de 1 mois, voilà, voilà.

    Aimé par 1 personne

    1. Et encore, les gens qui font des études pour ce genre de boulots visent plus haut que le bas de l’échelle. Quand je regarde les BTS MUC en apprentissage au boulot de mon homme, ils sont censés apprendre les ficelles du métier de chef de secteur alors qu’on ne daigne les prendre qu’en tant qu’ELS au rabais sans leur apprendre quoi que ce soit. Même les études de vente, généralement on vise plus haut que simple vendeur, plus manager.
      Mais le monde du travail est tel que même avec de grandes études on commence en bas de l’échelle. Bon, sauf si tu as les relations adéquates évidemment, mais ça aussi ce n’est pas donné à tous.

      Aimé par 1 personne

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