Passer un BTS en candidat libre ?

Vous le savez peut-être, ces derniers temps je peaufine un projet de réorientation totale afin de sortir de la spirale infernale du chômage (pas d’expérience => pas de taf => pas d’expérience) et bosser dans un domaine qui me plaît.

J’ai commencé par me tourner vers la naturopathie et ai envoyé un dossier de candidature à l’école cenatho suite au succès de ma cagnotte (qui a atteint son objectif, et il reste une dizaine de jours ^^). Ils me recontactent en septembre pour finaliser l’inscription s’il reste des places. En théorie il en reste, mais j’avoue que j’ai un peu halluciné quand la secrétaire m’a dit qu’il fallait s’y prendre plus de six mois à l’avance pour obtenir une place en école à coup sûr. Pour une formation non-conventionnée et très chère, c’est quand même abusé ! Je sais que le naturel est en plein boom mais je ne pensais pas que c’était à ce point. Après, c’est la région parisienne, c’est peut-être différent en province, mais on me souffle à l’oreille que des gens sont prêts à traverser la France pour se former dans le domaine.

Cependant quand j’ai lancé le projet, c’était encore un peu brouillon dans ma tête. Déjà, je ne croyais pas au succès du financement participatif, et ensuite je ne croyais pas non plus en mon succès après le diplôme. On sent toute ma confiance en moi.

Mais entre temps, j’ai affiné mon projet. J’ai commencé à croire un peu plus en moi, encouragée par tous ceux qui eux, croient en moi. Qu’est-ce qui m’attire le plus dans la naturopathie ? Le côté hygiène de vie, hygiène alimentaire. Pour m’aider moi (et mon cas bien chiant de fille qui supprime les laitages de son alimentation pour cause de crampes horribles et qui veut aussi tester l’endodiet pour voir si ça arrange les choses vis à vis de mon endométriose) et aider ceux qui, comment moi, ont la volonté de changer mais pas les connaissances. Or, pour exercer en tant que professionnel de la nutrition, mieux vaut un diplôme conventionné, reconnu par la profession. Celui de diététicienne. Le métier de diététicien-naturopathe existe et c’est exactement ce que je veux. Aider les gens à changer leur hygiène de vie, à se tourner vers le naturel, à se tourner vers des aliments sains, réellement sains, et non cette bouffe industrielle avec des beaux paquets qui se dit naturelle/bio mais qui ne l’est pas.

Le souci, c’est que même si j’aime étudier je n’ai pas envie d’y passer 100% de mon temps. J’ai envie de pouvoir accepter un contrat de travail si, par miracle, je suis retenue quelque part en attendant. Je ne peux pas me permettre de passer les deux ans du BTS sans travailler. Les études ce n’est pas gratuit, j’ai épuisé mes crédits boursiers, j’ai besoin de sous. Et mon AAH ne couvrira clairement pas tout, surtout quand la CAF se décide à t’enfoncer la tête sous l’eau pour une erreur de LEUR part (oui je suis en rogne contre eux).

Actuellement je n’ai pas de travail, mais si je me lance en BTS par voie classique ça risque d’être très galère pour travailler à côté.

Le mieux, dans mon cas et à mon goût, c’est la formation à distance. Ça me permettra, en plus de pouvoir travailler à côté, de ne pas avoir à composer avec ma phobie scolaire et de pouvoir m’organiser comme je le souhaite. J’ai donc lancé un petit sondage sur twitter et Hellocoton afin d’avoir des témoignages de personnes ayant passé un diplôme avec des organismes comme le CNED ou le CNFDI.

Les témoignages autour du CNFDI étaient concordants : cours à côté de la plaque, pas le niveau pour préparer correctement au BTS, un mauvais investissement. C’est plus des cours pour enrichir la culture générale que pour préparer un vrai diplôme.

Par contre, ceux autour du CNED étaient plus disparates : globalement, les gens s’accordaient pour dire que leur organisation est foireuse, cependant tout le monde n’est pas d’accord concernant le niveau de préparation : certains m’ont dit qu’ils ont plus appris dans des livres genre « X pour les Nuls » que dans leurs cours, d’autres m’ont dit que bien que les cours soient indigestes ils préparent bien au BTS. J’imagine que ça dépend des filières.

J’ai pu discuter avec une élève du CNED sur twitter, qui m’a conseillé de trouver un groupe Facebook d’étudiants qui préparent le BTS à distance pour leur poser mes questions et pouvoir faire mon choix. J’en ai rapidement trouvé un, hyper organisé, dont le créateur dispose même d’un site internet pour le partage de cours, a mis en place un système de tutorat comme à la fac et propose chaque jour des petits quiz pour réviser (type mots-croisés, questionnaires…). J’ai été très bien accueillie, encouragée, et on m’a même proposé une remise à niveau sans avoir à payer (celle du CNED est à 500 euros…). Une communauté pareille fait beaucoup de bien au moral.

Par contre, je vous avoue que ça fait un peu peur, quand je vois leurs quiz je me dis que je mets les pieds dans un domaine auquel je ne connais rien de rien et je me demande si je vais y arriver. J’ai toujours eu beaucoup de curiosité scientifique mais je n’ai pas vraiment l’esprit logique qui va de pair avec les matières scientifiques. Alors oui, c’est sûr, c’est normal de ne rien comprendre puisque mon bac S date de 2007 et que je n’ai même pas entamé ma formation, mais ça me fait quand même peur.

Pourtant, je sais que c’est un domaine dans lequel je pourrai m’épanouir. J’ai perdu toute notion de méthode de travail/révisions, je n’ai plus suivi de cours de science depuis des lustres (je doute qu’un abonnement à Science et Vie compte), mais je pense qu’en bossant je peux y arriver. De plus, faire ma première année dans la région parisienne peut m’être utile car il me sera plus facile de trouver un stage. J’ai 20 semaines de stage à faire, réparties de la manière suivante :

1ère année : 2*3 semaines en restauration collective (deux structures différentes dont au moins une pour bien portants)

2ème année : 10 semaines en diététique thérapeutique et 4 semaines de stage à thème optionnel.

Le stage de première année est d’autant plus « simple » que les structures de restauration collective ne manquent pas à Paris, déjà rien qu’à La Défense il doit y avoir pas mal de possibilités. Après, j’imagine que les candidats ne doivent pas manquer non plus.

La seule chose qui m’embête, c’est que les examens du BTS diététique se font en septembre, j’ai donc raté le coche pour cette année et ça me fait reporter à l’année prochaine. Or, mon homme a déjà bien rongé son frein pour accepter d’attendre jusqu’en août prochain pour postuler hors région parisienne, il va me tuer si je lui dis de décaler d’encore un mois ! D’autant plus que les déménagements se font en règle générale l’été, il est plus facile de trouver un appartement l’été. Ou alors, on déménage bel et bien et je m’organise avec un AirBnB ou une connerie du genre pour aller passer mes examens à Paris.

J’ai aussi un peu de mal à comprendre si je dois ou non prendre une assurance étudiant (en théorie mon assurance habitation me couvre), comment m’inscrire en lycée juste pour les examens… je suis toujours aussi peu douée et dégourdie niveau administratif.

Cette histoire de réorientation est un peu source d’inquiétude à la maison : je ne suis pas sûre de moi à 100% et donc, forcément, mon homme s’engouffre dans la faille pour pointer mes faiblesses et tous les points négatifs de l’histoire. Je ne peux même pas dire « ça ne me coûte rien de tenter » parce que justement, si, ça va me coûter. Ma cagnotte couvre les frais de l’école de naturopathie mais pas les frais liés au BTS, que je vais financer je ne sais pas encore comment car mes économies ne couvriront pas tout. Et ça, c’est justement ce qui inquiète mon homme qui a peur que je me retrouve avec des dettes pour rien si je m’aperçois que je n’ai pas le niveau ou que finalement le domaine ne m’intéresse pas. Je vais avoir des stages, mais j’ai peu de chances de trouver des stages rémunérés donc je ne compte pas trop dessus pour payer mes études.

Mon homme me le dit lui-même : il n’a pas envie de me décourager (car il est conscient de n’avoir aucune alternative à me proposer), mais il n’a pas non plus envie de me laisser faire n’importe quoi avec mon argent car on en a peu. Nous sommes dans cette situation peu enviable de couple dans lequel seulement un des deux travaille : l’autre voit donc ses allocations baissées au maximum, comme si le fait de vivre avec un seul salaire pour deux dans la région la plus chère de France nous rendait aisés. On surveille chaque dépense, pour chaque achat je vois si je peux me permettre. Et bien évidemment, on ne peut pas mettre de côté à moins de se priver. Ce qui arrive souvent, d’ailleurs. Nous n’avons aucune vie sociale, nous ne sortons pas, nous ne partons pas en vacances, nous n’allons pas au restaurant et ce depuis bientôt 6 ans.

Les études, c’est un gouffre à fric : non seulement je paye les cours, mais je paye aussi la bibliographie à côté pour m’aider. C’est pour ça que, j’avoue, j’hésite encore car même si je suis très tentée je ne suis pas dans une situation financière favorable à la reprise d’études. Les études sont, en théorie, ouvertes à tous mais en pratique sans moyens financiers c’est compliqué de se former correctement. L’idéal serait bien évidemment de trouver un job à côté (bien qu’on m’ait assuré que les études de diététicienne sont très intenses et que donc, ce ne serait pas une bonne idée) mais je ne contrôle pas cet élément de l’équation.

J’ai aussi, éventuellement, la solution de faire mon BTS en lycée, normalement, mais non seulement l’aspect phobie scolaire ressurgit, mais aussi le fait de ne pas pouvoir travailler à côté. Des aménagements existent j’imagine, comme à la fac, mais faire des entretiens quand on a une scolarité normale à côté c’est compliqué. De plus, si je suis prise dans l’école de naturopathie il risque d’y avoir des soucis de compatibilité d’emploi du temps pendant quelques semaines. Sans parler du stage supplémentaire (de 10 jours en boutique bio). Après, l’avantage d’étudier en lycée c’est que j’aurai des professeurs pour répondre à mes questions, m’expliquer en détails. Je pourrais éventuellement aussi passer mon BTS en apprentissage, mais j’ai cru comprendre que c’était un BTS pour lequel l’apprentissage est mal vu car il ne permet pas la variété des mises en situation -travailler en hôpital, cantine scolaire, restaurant d’entreprise, etc, bref, varier les conditions de travail-. Par contre, il permet d’avoir un salaire à côté de l’école.

Bref, j’ai encore beaucoup de questions et de doutes. Je sais très bien que si je veux que ma situation change, je dois prendre des risques, je ne peux pas être gagnante à 100%. Mais je n’ai pas envie non plus de plonger le foyer dans la merde à cause d’un échec qui aura coûté cher. Je n’ai pas envie non plus de rester les bras croisés, sans rien changer, à postuler à tous les jobs pourris de la création en espérant que le regard du recruteur se pose sur mon CV qui n’a rien de plus que les autres. Je suis dans une impasse et si je ne fais pas demi-tour pour prendre un autre chemin, je suis bonne pour passer encore de longues années au chômage, à me lamenter sur ma vie et à me demander pourquoi est-ce que ça ne change pas. Si j’ai fait cette cagnotte, c’est avant tout pour aller chercher la chance que les organismes censés m’aider ne me donnent pas. La cagnotte peut financer en partie ma reprise d’études, pas totalement car le projet de BTS s’est greffé entre temps, elle a eu du succès et je DOIS saisir cette opportunité. Mais je doute encore tellement.

Bref, en résumé, le moral n’est pas très haut, j’ai des soucis de santé qui viennent s’y greffer (et je ne serais pas étonnée que ce soit lié). J’attends avec impatience la réponse du cenatho qui déterminera mon organisation et après… ce sera à moi de voir ce que je peux me permettre de faire !

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17 réflexions sur “Passer un BTS en candidat libre ?

  1. Le CNED reste une référence, j’avais fait une année de capacité en droit avec eux. Mais je ne suis pas douée pour étudier seule à la maison (ce que j’ai fait avec le DAEU mais on était cadré quand même vu que c’était directement avec la fac).
    J’avais regardé il y a quelques années pour faire les trois années qui mènent au diplome de CESF mais fiou, c’est une fortune. Bosser à coté, ok, mais c’est du temps en moins à étudier et je sais que j’aurais besoin de ce temps pour réussir (ça me rappelle que je bossais durant l’année de capacité en droit).

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    1. Oui le temps en moins pour étudier ça me fait réfléchir aussi, car on m’a dit que la formation était intense et demandait du boulot. D’autant plus de boulot pour moi que y’a une grosse remise à niveau nécessaire, je n’ai pas fait de sciences depuis 2007/2008, lors de mon année de BCPST Véto/L1 Biologie.

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      1. Toute filière est intense, d’autant plus quand on reprend des études ^^ Pareil pour devenir CESF, y’avait des matières scientifiques et je pense que ça m’aurait demandé pas mal de boulot pour ne pas sombrer. C’était trop cher de toute façon. 3 ans à environ 1000€ pour un résultat incertain, trop risqué.

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      2. Certes, mais il faut bien tenter quelques choses quand même. Quand j’ai fait ce constat, je sortais quasiment de BTS, je voyais qu’il était inconnu des employeurs et surtout qu’il aurait du mal à me permettre de faire ce que je voulais à l’époque (à savoir CIP), j’avais le choix entre l’AFPA mais beaucoup de variables (difficulté des tests de l’AFPA, place dispo, lieu de formation éloigné de chez moi donc de belette, …) et le CNED.
        J’ai préféré miser sur le fait que mon BTS allait bien m’emmener quelque part un jour. J’attends encore.

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      3. Il faut faire quelque chose de toute façon. Et attendre n’arrange rien. Je regrette d’avoir attendu toute ces années en espérant décrocher une formation à l’AFPA, alors que PE n’a fait que me trainer d’accompagnement en accompagnement. Quelqu’un aurait du me parler du DAEU avant, j’aurais du passer le DAEU avant. Ca donne une équivalence au bac, le sacro sain bac. Ca ouvre quelques portes pour poursuivre des études. Et puis, c’était une des meilleures années de ma vie.
        Donc je sais pas si pour toi ce sera le BTS diététique, peut être qu’autre chose se présentera, mais déjà avec la formation en naturopathie, tu poses une pierre et c’est déjà pas mal.

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      4. On me dit de ne pas mettre la charrue avant les boeufs et je suis plutôt d’accord. Mais d’un autre côté, j’aurai 28 ans une fois diplômée de naturopathie, si j’attends encore, ça me ferait exercer à 30 ans… faut voir aussi que j’ai pas une espérance de vie extraordinaire, j’aimerais gagner assez pour faire les 2-3 pays qui me tentent en voyage :p donc je n’ai pas envie d’attendre trop longtemps non plus !

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      5. Là c’est même p’us que la charrue que tu mets avant les boeufs. Ne pense pas déjà à un hypothétique salaire d’un hypothétique boulot pour lequel tu n’es pas encore formé.
        Ne Pas voir tout négatif c’est essentiel, ne pas faire de plan sur la comète aussi.
        Se former déjà. Après tu pourras penser boulot et après projet ^^

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      6. Non mais je comprend. Quand j’ai repris mes études j’étais pareil. Je me voyais trouver des cdd en liens avec ce que je voulais rapidos, puis un contrat plus stable. La fin de la galère quoi. C’était y’a 6 ans vois où j’en suis.

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      7. Je comprend. J’ai rien déboursé (j’étais même rémunérée) et j’ai la haine que ça ait foiré!
        La formation en naturopathie ne peut pas suffire dans un premier temps? Si elle te permet déjà de pouvoir bosser, tu pourrais peut être mettre de coté et envisager le BTS ensuite?

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      8. Là le « souci » c’est que c’est une formation de conseillère et pas de naturopathe, c’est là toute la nuance. Si j’ai de la chance, ça me mène en tant que journaliste bien-être, conseillère en laboratoire… si je suis moins chanceuse en tant que ELS/conseillère en boutique bio. Ca fait une casquette en plus pour se faire embaucher en boutique bio. Mais y’a moins de débouchés que naturopathe puisque c’est bien moins complet. Je vais avoir des notions de nutrition aussi, mais pas aussi développées qu’en BTS diététique.
        Après oui je peux attendre, voir si je trouve du taf et tenter le BTS après. Mais ça repousse d’encore un an. Comme j’ai dit précédemment, j’ai 27 ans, si j’attends encore je vais commencer à bosser vraiment à quel âge ? Ma santé fait que je me dégrade plus rapidement que la moyenne, j’ai envie de bosser, maintenant, pour pouvoir voyager avant qu’il ne soit trop tard. Je n’ai pas envie d’attendre encore.

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      9. Il y a tes envies et le monde réel 😉 Tu sais même quand on n’a pas une santé défaillante, on a envie de bosser pour faire des projets. C’est pas pour autant que ça vient plus vite.
        C’est vrai que c’est conseillère. Si tout coutait pas si cher aussi! Ou si c’était pas si dur d’avoir un financement! Pffff.

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  2. Blanche j’espère déjà que tu seras prise pour ta formation en naturopathie, mais c’est vrai que le choix semble difficile, je comprends tes hésitations…
    Si encore tant d’argent n’étais pas en jeu ce serait plus simple…

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