Bilan professionnel 2017

J’imagine qu’il est temps de faire un bilan professionnel pour cette année ! Bon, autant vous dire qu’il ne sera pas bien long parce que… ben parce qu’il n’y a pas grand chose à dire, en fait.

Cette année s’est révélée particulièrement pauvre en termes d’offres intéressantes, et donc de candidatures. Et pourtant, j’ai mis de l’eau dans mon vin en postulant à des offres qui n’étaient pas à temps plein (je ne vois pas trop l’intérêt d’un mi-temps dans mon cas en fait, mais bon, faut prendre ce qu’il y a il paraît) ou dans des métiers que je trouve intenables.

Pour ce qui est des heures de travail, si mon homme ne m’avait pas décroché ce petit contrat en boulangerie (articles ici, ici et ici notamment) , je n’aurais pas bossé de l’année. C’est quand même dingue, parce que d’habitude j’ai quand même plus de pistes que ça. Évidemment elles ne sont pas forcément concluantes mais au moins j’en ai ! Cette année, quasiment rien.

Peut-être est-ce dû au fait que j’ai épuisé mon vivier de candidatures spontanées. Je veux bien continuer de harceler les entreprises du coin encore et encore, mais si elles ne me répondent jamais je ne vois pas trop l’intérêt.

Peut-être est-ce dû à mon profil pas intéressant : peu d’expérience professionnelle, et en tant qu’handicapée je ne suis pas le mouton à 5 pattes tant recherché, qui a un handicap 0 contraintes et qui est blindé d’expérience professionnelle. On me l’a dit, on me l’a répété, les handicapés recherchés sont ceux qui ont la RQTH avec un handicap minime. Malheureusement, mon handicap a quelques contraintes : j’ai besoin d’un milieu non fumeur pour mes soucis respiratoires (et vraiment non fumeur, pas comme en boulangerie où j’étais à côté de l’entrée où se massaient les drogués pour fumer), suffisamment aéré pour ne pas étouffer. Et pour l’endométriose, malheureusement oui mes règles font que je peux être absente. Pas parce que je suis une comédienne mais parce que ces douleurs mensuelles ne sont pas supportables, tout simplement. Donc oui, ce sont des handicaps qui peuvent mener à des absences imprévues, mais jamais prolongées. Et malheureusement pour les drogués, j’ai besoin qu’on respecte mon intégrité respiratoire. Cependant je pense qu’il existe plus contraignant que mes aménagements et que ça ne peut pas justifier mon nombre de refus/non-réponses. Du moins, je n’espère pas. Sinon c’est grave.

Niveau bénévolat, le bilan est lui aussi négatif. Je ne peux plus me déplacer en refuge parce qu’il y a de moins en moins de bénévoles, et que parmi ceux qui restent, tous ne peuvent pas faire le taxi parce que je n’ai pas le permis et que les refuges ne sont pas accessibles en transport (et que je n’ai pas les moyens de me payer le transport, aussi). Donc je suis sur la touche. Si je pouvais me déplacer, j’aurais de quoi m’occuper, mais ce n’est pas le cas. Je me suis inscrite en tant que traductrice bénévole pour des associations d’aide à l’enfance, mais même là, j’ai peu de choses à faire : anglais, espagnol, français, beaucoup de gens le baragouinent suffisamment bien pour se passer de mes services. Je n’ai pas choisi des langues particulièrement recherchées lorsque j’ai passé mon diplôme (après, j’avais pas trop le choix non plus, petite université donc peu de langues proposées).

Niveau candidatures, cette année fut pauvre. Au début je me suis imposé un rythme, et puis je me suis vite aperçue que je ne pourrais pas le tenir tant le nombre d’offres s’est réduit. Comme je ne suis pas RSAste ou que je ne touche pas le chômage, je n’ai pas eu de contrôle de Pôle Emploi en soi (bien que ma conseillère se soit permise de m’inscrire à des salons ou forums contre mon gré) et heureusement parce que je n’aurais pas pu fournir grand chose comme preuves de recherche. Les offres proposées sont en règle générale très précaires, avec un nombre d’heures travaillées ridicules pour des contraintes maximum. La pression sur les chômeurs s’accentue, les recruteurs le savent et en profitent pour proposer des offres à la limite de l’esclavage sans que personne ne proteste. Je trouve ça triste, d’autant plus que ça ne va pas en s’arrangeant.

Niveau formation, grâce à ma cagnotte je suis inscrite au cenatho pour obtenir un diplôme de conseillère en naturopathie. C’est une cagnotte qui m’a fichue dans une panade financière énorme, heureusement que je suis avec mon homme parce que sinon j’aurais été obligée de retourner chez ma mère. Et ça, pitié, non. Mais au moins je suis inscrite à l’école, qui je l’espère m’ouvrira quelques portes supplémentaires. Si ce n’est pas le cas eh bien… j’aurai beaucoup sacrifié pour rien. Mais ça, on le saura en 2018. C’est une formation qui n’est pas prise au sérieux par Pôle Emploi et ma conseillère ne cesse de me dire de continuer à postuler partout, chercher des offres et postuler y compris à celles qui me font travailler mes semaines de cours. Oui, mais non. Je ne vais pas balancer mon argent et celui des autres par la fenêtre juste parce que pour madame ce n’est pas une réorientation sérieuse. Je ferai tout pour y arriver parce qu’un échec supplémentaire me propulsera droit dans la dépression.

Niveau réponses, cette année les recruteurs se sont pour la plupart contentés d’un entretien téléphonique pour ensuite ne pas donner suite. C’est assez inédit car même si je ne suis pas du tout à l’aise au téléphone, habituellement je parviens à décrocher quelques entretiens. Là, les seuls entretiens que j’ai décrochés n’en étaient pas vraiment puisqu’il s’agissait d’entreprises pour handicapés cherchant à mettre mes coordonnées dans leur base de données. Donc beaucoup de dépenses pour les dossiers (photos d’identité, photocopies à faire, déplacement…) pour un résultat nul parce que je ne suis pas toute seule. Merveilleux. J’espère que cette tendance ne se poursuivra pas, puisque comme expliqué précédemment j’ai vraiment du mal avec le téléphone, je ne suis pas à l’aise, je ne fais pas envie, donc forcément mes chances se retrouvent réduites comme peau de chagrin alors qu’en face à face je pourrais défendre mon bout de gras. Mais les recruteurs du coin ne semblent plus vouloir se donner la peine de recevoir. Dommage pour moi…

J’ai aussi fait face à un manque de respect grandissant de la part des recruteurs ou intermédiaires, qui s’attendent à ce que je dise amen à tout ou que je renonce à mes aménagements pour eux. Oui mais…non.

Pour conclure cet article je vous livre ma dernière perle en date, de la part d’une boîte d’intérim spécialisée dans le recrutement des personnes handicapées :

  • Bonjour madame, je vous appelle pour savoir si vous êtes encore disponible car j’ai peut-être quelque chose à vous proposer.
  • Oui je suis disponible mais comme je reprends mes études le 19 février je ne serai plus disponible après cette date.
  • Et vous ne pouvez pas faire un effort ?
  • Madame j’ai payé ces études, je ne vais pas y renoncer pour un contrat de 4 mois qui sera probablement suivi par une énième longue période de chômage.
  • Mais ne me dites pas que vous êtes disponible alors ! Et puis on aura peut-être autre chose à vous proposer !
  • Je vous ai dit que j’étais disponible jusqu’au 19 février. Ce qui laisse le temps pour un contrat court. Et puis jusqu’ici vous ne m’avez jamais proposé plusieurs contrats à la suite, donc permettez-moi de m’organiser avec les cartes que j’ai en main.
  • Mais franchement ! Vous vous êtes inscrite chez nous vous pourriez rester disponible !
  • Vous m’appelez une fois tous les 6 mois, je ne vais pas attendre votre appel pour essayer de trouver quelque chose non plus…
  • Vous n’êtes pas toute seule mademoiselle ! C’est normal de ne pas être appelée tous les jours !
  • Tout comme il est normal de ne pas organiser ma vie selon votre entreprise qui ne m’appelle pas assez souvent pour que ce soit avantageux pour moi.
  • Parce qu’en plus c’est de notre faute !
  • Non, mais j’ai le droit de vivre ma vie et de reprendre mes études sans qu’on me le reproche.

S’est suivi toute une discussion pendant laquelle elle a essayé de me convaincre de renoncer à mes études alors que l’entreprise dans laquelle le contrat devait se faire n’avait même pas encore vu mon CV ni accepté un entretien. Selon cette dame, je suis censée être à la disposition des entreprises dans lesquelles je suis inscrite et que donc je dois prévenir si jamais je reprends mes études ou trouve un travail.

Il faut savoir que je suis inscrite dans des boîtes d’intérim normales, d’autres pour handicapés, que ces entreprises ne m’appellent jamais même lorsque je postule sur leur site, ou alors m’appellent une fois tous les 36 du mois. Donc non, désolée, je ne vais pas organiser ma vie autour d’un éventuel appel pour du travail. Oui je postule ailleurs, oui j’essaie de m’en sortir autrement, et je ne vais pas m’excuser pour ça !

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13 réflexions sur “Bilan professionnel 2017

  1. Nous concluerons donc par un Vivement 2018!
    Je suis partie pour monter ma boite moi-même, finalement c’est le plus gratifiant au niveau respect et estime de soi même si cela ne nourrit pas « sa femme ». Pareil que toi, heureusement que je suis mariée avec un homme d’un gentilesse, patience et compréhension sans limite semble-t-il.
    Je t’envoie donc d’énorme ondes positives pour 2018.

    Aimé par 1 personne

  2. idem pour moi, en fait on pourrait plutôt d’un non bilan lol vu que strictement rien à dire…. depuis l’été bp moins d’offres, et quand on voit le descriptif des tâches/compétences exigées pour quasi toute offre administrative…. ya quasi aucune chance quand  » trou » sur le CV et pas bp d’expérience et des tas de candidats. Résultats que des réponses négatives ou silence radio, et quelques entretiens téléphoniques qui se sont arrêtés là. Juste une intérim qui m’a contacté plusieurs fois car trouvait personne, vu les horaires et la cadence exigée et le lieu de taf pas évident voire impossible en transport en commun.

    Aimé par 1 personne

    1. Oui je constate ça depuis l’été aussi, et ça va crescendo depuis l’annonce de la suppression des contrats aidés. Il faut dire que du coup, les offres aidées qui se faisaient passer pour CDD/CDI sur les annonces ont disparu.
      J’ai eu très peu de réponses cette année. Encore moins qu’avant. J’imagine qu’ils doivent se dire qu’après une dizaine de refus ça ne vaut pas le coup de m’en envoyer un onzième ^^

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  3. Conversation simplement hallucinante. Tu devrais rester disponible pour un éventuel poste qu’ils ne te proposeront peut être jamais??? Pas le droit de penser à ton avenir? Si tu as fait la cagnotte, c’est justement parce que tu n’as jamais trouvé un organisme ou des dispositifs pour t’aider à le bâtir cet avenir.

    Aimé par 1 personne

    1. Niveau formation j’espère qu’ils ne vont pas me faire chier vu que j’en ai une importante cette année.
      Si ça ne fonctionne pas, j’aimerais éventuellement passer le CCAD pour refaire du petsitting comme je faisais à une époque (sauf qu’à l’époque on avait pas besoin de diplôme…). Après le CCAD c’est encore environ 250 euros d’investissement et niveau investissement j’ai assez donné cette année !

      Aimé par 1 personne

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