Un entretien à Pôle Emploi… qui s’est bien passé !

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Je n’ai pas souvent écrit d’articles positifs sur ce blog, et encore moins en y associant le nom de Pôle Emploi. Et pourtant, j’ai eu un bon entretien.

J’avais pourtant mal commencé en ratant mon bus, mais fort heureusement, ma correspondance est partie en retard, j’ai donc pu rattraper le coup. Me voilà donc joyeusement lancée sur les routes des Yvelines, en direction de l’antre de l’enfer.

Par chance, j’arrive en avance, et une dame me met immédiatement le grappin dessus pour me demander si j’ai un rendez-vous. Oui, j’en ai un.

– Eh bien allez vous enregistrer à la borne alors !

Ah tiens, y’a une borne maintenant ? Je sais que je n’ai pas mis les pieds ici depuis plus de 6 mois mais quand même… ah ben oui, y’a une borne. Pôle Emploi, le lieu où se côtoient des ordinateurs d’avant-guerre à destination des chercheurs d’emploi et une tablette dernier cri qui rame à mort pour avertir le conseiller qu’on est bien arrivés. J’ai souri.

Je m’installe et, parée pour attendre, j’ouvre mon bouquin pour éviter d’avoir à croiser le regard des pauvres bougres dépressifs (comme je les comprends) à mes côtés. Je voyage seule, de Samuel Bjørk, si ça vous intéresse. Le livre qui met dans l’ambiance. J’attends, j’attends, et je finis par émerger de mon histoire pour voir qu’en fait, ma conseillère est plus qu’en retard. Je vais donc couiner à l’accueil, où on me demande si j’ai utilisé la borne (je l’enquiche ta borne !) et où on me renvoie en salle d’attente.

N’empêche, j’ai du mal à comprendre l’agencement de ce Pôle Emploi. Il n’y a aucune intimité, tant pour les chômeurs que pour les conseillers. Les bureaux sont installés comme dans un OpenSpace, on entend les conversations des autres, et il y a même des bureaux à côté de la salle d’attente. Positiver en entendant les autres se faire rabaisser, moraliser et compagnie en attendant son tour comme une vache à l’abattoir, c’est vraiment concept. Je n’y arrive pas. J’ai déjà du mal à être à l’aise à l’oral (je réagis soit en étant mutique, soit en laissant exploser ma grande gueule avec beaucoup d’agressivité, j’agis rarement normalement) mais en sachant que les autres m’entendent…

Une femme finit par venir me voir pour me dire que ma conseillère est malade, mais que comme un demandeur d’emploi n’est pas venu, j’allais être reçue par une autre conseillère. Eh bé, heureusement qu’il n’est pas venu, sinon j’aurais pu attendre longtemps.

La dame m’appelle et je pars avec elle. Assez âgée, le regard un peu vide et blasé, elle m’a presque fait peur tant la lassitude se voyait sur son visage. J’ai craint d’avoir échappé à la Peste pour récolter le Choléra. Elle m’a invitée à m’asseoir et m’a simplement dit « Je vous écoute ».

Je lui ai donc parlé de mon projet de création d’entreprise, en lui décrivant les étapes par lesquelles je comptais passer, en lâchant à demi-mots que j’avais envie que Pôle Emploi me laisse une certaine liberté pendant ma recherche.

Lorsque je lui ai parlé de la formation de la CCI, « 5 jours pour entreprendre » que je compte suivre pour mettre de l’ordre dans mes idées, elle m’a dit « mais pourquoi me dites-vous que vous ne comptez pas sur Pôle Emploi ? On la finance cette formation et vous êtes éligible, ça se voit que votre projet est réfléchi ». Wow. Elle m’a alors décrit les étapes par lesquelles passer pour avoir un financement, qui est accordé dans près de 100% des cas, car cette formation a une excellente réputation.

Elle a aussi cherché avec moi les formations existantes en naturopathie mais hélas, elle m’a confirmé que rien n’est conventionné. Il faudra que je voie avec un gérant de magasin bio pour voir quel type de diplôme ils demandent pour être conseillère en phytothérapie. Mais soit je vais raquer pour me former, soit il faudra prier pour que je sois acceptée en tant qu’autodidacte.

Tout du long de l’entretien, elle n’a rien jugé, rien remis en question, elle a même papoté un peu avec moi au sujet de l’alimentation bio en France, notamment de certaines marques qui pourraient aisément être qualifiées d’escrocs.

J’étais sciée ! Je suis arrivée pessimiste, ne m’attendant à rien, et je repars avec un financement de la formation CCI ! Du coup, j’en ai profité pour lui demander d’être ma conseillère référente, car j’avais peur que ça ne passe pas aussi bien avec ma conseillère habituelle. Elle a accepté. Je ne reverrai donc jamais l’autre conne et en plus j’y gagne une conseillère à l’écoute ! Encourageante ! Je ne peux que remercier l’autre d’avoir été malade, ça m’a mis un peu de positif dans ma journée, et un article optimiste sur ce blog, c’est pas rien quand même.

Radiée pour cause de non-présentation à un entretien de suivi

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Je vous avoue que ces derniers temps j’ai eu droit à l’ascenseur émotionnel version Pôle Emploi.

J’ai commencé par la joie d’enfin décrocher un entretien pour un job quand même bien sympa, pour ensuite enchaîner sur un refus puis sur une radiation de Pôle Emploi !

Pourquoi la radiation ? Je vous en parlais dans cet article, ma conseillère m’avait convoquée à un entretien de suivi et je lui avais répondu par une demande d’annulation, parce que j’étais en pleine préparation de mon concours et que même si je le ratais, je comptais reprendre mes études. L’entretien ne servait donc à rien du tout et je n’avais pas spécialement envie de dépenser 8 euros de transport pour un entretien sans aucune utilité.

La conseillère ne me répondant pas, j’ai fini par lui envoyer un autre mail pour lui proposer de faire cet entretien par téléphone, si elle y tenait tant. Après tout elle sait que je n’ai droit à aucune aide au niveau du transport et que donc je douille magistralement à chaque déplacement.

Elle ne m’a toujours pas répondu mais j’ai vu dans mon calendrier Pôle Emploi que mon entretien n’y figurait plus. J’ai donc cru qu’elle avait annulé et que le mail d’avertissement avait dû se perdre, ou alors qu’elle avait juste obéi sans répondre.

C’est un peu ma faute, j’aurais dû m’assurer que la démarche avait bien été faite, mais en même temps c’était très incorrect de sa part de lire mes deux mails (j’ai les accusés de lecture avec la date et l’heure =D ) sans y répondre et sans faire quoi que ce soit. Si elle ne voulait pas annuler, ça lui coûtait quoi de me le dire ? Je me serais déplacée, de très mauvaise grâce mais je l’aurais fait. Or, là, rien, elle m’a juste complètement ignorée.

Lorsque j’ai reçu mon mail d’avertissement de radiation (moins d’une semaine avant la radiation effective au passage) j’ai immédiatement contesté, en envoyant par mail et courrier les preuves de ma demande d’annulation, avec les accusés de lecture et ma convocation au concours, mais là aussi j’ai eu droit à un silence assourdissant suivi d’un autre courrier de radiation. 2 mois de radiation juste parce que ma conseillère a décidé de m’ignorer et que le recours radiation a décidé de n’avoir rien à foutre de ma contestation. Je fais donc désormais partie de ces chiffres qui prouvent que le chômage baisse alors que je me suis juste faite radier.

C’est la deuxième fois que je me fais radier de Pôle Emploi. La première fois, c’était juste avant d’emménager dans la région parisienne, j’avais été radiée pour défaut d’actualisation. Pourtant je m’étais actualisée, j’avais même le papier qui le prouvait, mais Pôle Emploi n’avait rien voulu entendre. J’ai l’impression qu’ils s’en foutent un peu, des recours des demandeurs d’emploi.

Je me battrais bien pour être réinscrite, mais en réalité, je m’en moque un peu. Pôle Emploi ne m’apporte rien en soi, me coûte cher pour rien, je ne touche rien d’eux, donc être inscrite ou non n’a aucune importance. Mon compte chez eux est toujours actif donc j’ai accès aux offres qui m’intéressent malgré ma radiation, c’est tout ce qui importe. Je n’ai pas envie de me lancer dans une bataille administrative qui ne m’apportera rien. Donc, tant pis, je laisse couler le bébé.

Le plus ironique, avec le refus de Versailles, c’est que mon interlocutrice m’avait dit qu’elle garderait mon CV de côté parce que des postes se libèreraient en avril. Bon, tout le monde sait que lorsqu’un recruteur vous dit qu’il garde votre CV, il pourrait vous dire d’aller vous faire mettre par un mammouth que ça reviendrait au même, mais on ne sait jamais. Eh bien, bingo, récemment j’ai vu une offre pour plusieurs postes d’ici avril. L’annonce est identique à celle à laquelle j’avais postulé, sauf que… cette fois c’est un mi-temps. En résumé, ils n’ont pas trouvé leur bonheur, donc ils proposent des postes moins intéressants, logique ! Je me suis quand même permise de repostuler, parce que ce qui me posait le plus problème là dernière fois c’était les horaires, hors avec un mi-temps cela me fait terminer plus tôt et enlève le problème du bus qui passe peu souvent : au lieu de me presser pour prendre le tout dernier ça me laisserait la possibilité de prendre mon temps, quitte à attendre un moment. De plus, un mi-temps, ça veut dire moins d’heures en plein soleil donc moins de pénibilité, aussi. En résumé, la même offre, en enlevant ce qui me dérangeait, c’est parfait ! Mais je n’ai pas trop d’espoir, si j’ai été refusée une fois, pourquoi est-ce qu’on me prendrait au deuxième essai ?

En dehors de ça, j’ai récemment lu quelques réactions à un article parlant d’un chômeur ayant fait le buzz car il s’est posté à l’entrée d’une nationale avec une pancarte « Je veux travailler ». Une personne a trouvé le moyen de sortir que quand on veut travailler, on peut, et que s’il n’y a pas de boulot autour de chez nous il faut déménager. Si on passe outre le fait que certaines personnes se croient visiblement en période de plein emploi (non, 5h de ménages par semaine, ce n’est pas un emploi viable, désolée de péter le mythe), je me dis que les gens ne se rendent pas compte de ce qu’implique un déménagement.

Prenons un cas comme le mien. Je veux me barrer de Paris. Déjà, il faut trouver un emploi ailleurs. Admettons que je décroche un entretien à Bordeaux et que la personne ne veut pas se contenter d’un entretien via webcam parce qu’elle veut me faire passer des tests et compagnie. Il faut payer le train, peut-être le logement si les tests durent la journée (ça m’est arrivé). Où trouver l’argent sachant que ma recherche d’emploi n’est pas indemnisée et que Pôle Emploi a toujours refusé la prise en charge de mes déplacements ? Certaines entreprises prennent une partie en charge, mais ça ne concerne pas les postes peu qualifiés pour lesquels elles ont la main d’œuvre sur place.

Ensuite, si j’arrive à trouver cet emploi, il me faut un appartement. Vu mon niveau de qualification, il y a peu de chances pour que je décroche un emploi payé plus que le SMIC. Je ne gagnerai donc probablement pas trois fois le loyer. De plus, je n’ai personne pour se porter garant et la plupart des propriétaires en demandent un (voir plusieurs : quand j’ai emménagé avec mon ex, il a fallu 4 garants pour pouvoir prendre l’appart !). Lorsque j’ai déménagé pour la première fois, les organismes censés pouvoir se porter garant pour les pauvres m’ont tous claqué la porte au nez. Et enfin, je n’ai personne pour m’aider à déménager. Ma vie ne tient pas dans une valise, donc il me faudrait faire appel à des déménageurs, ce qui représente un coût. Il paraît qu’il existe des aides au déménagement, mais je n’en ai jamais vu la couleur.

Bref, on ne déménage pas comme on change de slip. Au bout d’un moment il faut arrêter les conneries. Je sais que je ne devrais pas lire les réactions aux articles parlant de chômage, mais je ne peux pas m’en empêcher et je suis toujours sidérée de voir à quel point les gens vivent dans leur bulle. C’est logique que certaines personnes ne connaissent pas le chômage puisque certains secteurs recrutent énormément. Mais il en existe d’autres qui ne recrutent pas du tout. Une reconversion ne se fait pas du jour au lendemain et n’amène pas forcément à grand chose non plus. Trouver un emploi viable est difficile aussi, car l’écrasante majorité des contrats proposés ne sont pas à temps plein ou sont très précaires (genre un mi-temps avec heures supp non payées pour lequel on bosse finalement à temps plein). Sans parler des exigences de plus en plus hallucinantes des recruteurs qui bloquent les jeunes diplômés (ou moins jeunes, j’ai bientôt 26 ans et un CV de jeune diplômée alors que je ne suis plus si jeune)…

Bref, les Trente Glorieuses sont terminées, le plein emploi n’existe pas en France, tout les demandeurs d’emploi ne croulent pas sous les aides et s’en sortir n’est pas « facile ».

Bon, je parle dans le vent, je me répète sans cesse, mais j’ai besoin de le dire quelque part.

Heureusement qu’il y a les marrons.

marrons chauds

Comme annoncé dans mon article précédent, j’avais rendez-vous hier avec une dame d’un cabinet de recrutement spécialisé dans l’emploi des personnes handicapées. Je n’étais pas bien enthousiaste car la formation en soi ne m’intéressait pas du tout mais j’avais quand même quelques questions.

Si on oublie les éternels problèmes de RER A à chaque fois que je me décide à sortir de mon trou, je suis arrivée à bon port plutôt facilement, pour une fois le site de la RATP m’a fait un trajet parfait. J’avais juste oublié de noter le sens dans lequel je devais prendre mon métro après, et j’ai dû demander ma direction. Ce n’est que la troisième personne interrogée qui a daigné me répondre et même me guider vers la bonne station, les deux précédentes m’ayant copieusement envoyée paître. Elles devaient penser que j’allais demander de l’argent, même si bon, avec ma pochette cartonnée et mon plan sous les yeux j’avais plus l’air d’une nana perdue que d’une mendiante, mais passons. Les parisiens n’ont jamais été un modèle de sympathie, il y a des choses qui ne changent jamais !

J’étais partie plus tôt que prévu à cause d’un énième incident voyageur et du coup, je suis arrivée en avance au cabinet. Une dame m’ouvre, me toise et m’annonce que je suis en avance et qu’elle ne peut donc pas me recevoir tout de suite. Et elle me ferme la porte au nez. Si je comprends bien je dois attendre dans le couloir alors qu’il y a plein de courants d’air et qu’en plus c’est un poil crade. Niveau accueil cette entreprise se hisse au niveau de celle-ci qui m’avait fait attendre dehors alors qu’il neigeait. J’ai du mal à comprendre le raisonnement de ces entreprises qui te font attendre dans des conditions limites comme ici. Niveau respect on repassera, et déjà qu’attendre dans un couloir poussiéreux traversé de courants d’air n’est pas très sain pour une personne normale, je vous laisse imaginer le cas d’une personne handicapée ! Ma maladie respiratoire et moi ne remercions pas cette entreprise. Il n’y avait même pas d’accès pour les personnes à mobilité réduite alors que c’est quand même un cabinet spécialisé dans le recrutement des personnes handicapées. C’est un peu paradoxal.

Au bout d’un quart d’heure, la personne revient pour me dire qu’elle peut me recevoir. Elle m’emmène dans une pièce qui pue la clope, me pose un dossier sur une table et me demande de le lire, et se barre. Ah ok. Je ne me gêne pas pour ouvrir grand la fenêtre vu l’odeur et je commence à lire le dossier, qui aux trois-quarts est une touchette sur l’entreprise leader-de-mon-hamster et qui pour le reste explique ce qu’est la formation et son utilité. Le truc qui ne me correspond pas du tout, les 9/10 de cette formation consistant en de l’aide administrative, pour faire son CV, ses LM, trouver les sites de recherche d’emploi, postuler, et faire des simulations d’entretien… des trucs dont je n’ai absolument pas besoin. La nana m’a quand même laissée une demi-heure avec son dossier que j’avais lu en même pas 5 minutes. Bref.

Elle finit par revenir et lance :

« Oh mon Dieu mais il fait froid ici ! »

« Désolée mais ça puait la cigarette alors j’ai ouvert… »

« Roooh mais ça ne va pas vous tuer non plus ! »

« Ben si justement, mon handicap est respiratoire. »

« Ah mince, désolée ! »

Mais elle a quand même fermé la fenêtre.

Déjà il faut savoir qu’elle a commencé à s’adresser à moi avec ce genre de voix nasillarde qu’ont certains adultes pour s’adresser aux enfants. J’ai fini par lui dire que je n’étais pas débile et qu’elle pouvait me parler normalement, parce que ça m’agaçait prodigieusement. Elle a fini par m’avouer que la plupart des personnes handicapées ont des problèmes de compréhension. Mais bien sûr. Et c’est sûr qu’en parlant bébé à la personne elle va comprendre plus facilement, logique hein ? Elle avait un de ces mépris pour le handicap, je me demande ce qu’elle foutait ici. Elle m’a dit plusieurs fois « Mais on dirait que vous n’avez rien, comment ça se fait que vous bénéficiez de la RQTH ? ».

Eh bien écoute grognasse, vu à quel point la MDPH est radine sur l’accord du statut de personne handicapée, de bénéficiaire de l’AAH et de travailleur handicapé, c’est sans doute pour une bonne raison, le genre de raison que toi, qui n’est pas médecin, n’a pas à remettre en question, ok ?

Elle a ensuite pris mon CV et s’est exclamée « Mais vous avez fait des études ! Une licence en plus ! ». Bah oui, et vu que j’ai été contactée sur CV c’est une information censée être connue. Visiblement non. Elle m’a marmonné que ce n’était pas elle qui m’avait contactée. Moui, la voix et le ton condescendant sont les mêmes en tous cas. C’est peut-être commun à la boîte vous me direz.

Mais voilà que la dame prend un air gêné et me dit que je ne suis pas du tout éligible à la formation. Vous savez cette formation géniale de 10 semaines qui mène à des boulots de caissière. Pardon, hôtesse de caisse. Oh et puis merde, c’est pareil. Je lui demande pourquoi et elle me répond que la formation est une aide pour accéder à l’emploi, pour les personnes non qualifiées qui ont pour ambition de bosser dans la vente. Pas pour moi qui suis déjà diplômée, qui n’ai pas besoin d’aide pour chercher et qui en plus est spécialisée dans un autre domaine.

En résumé, je suis venue pour rien. J’adore me ruiner en transports pour rien, c’est fou.

Elle m’annonce alors qu’elle va quand même garder mon CV au cas ou ils ont des formations ou des offres dans le domaine administratif mais elle ne m’a pas caché que les places étaient rares et que les profils compatibles étaient très nombreux. Elle s’est alors improvisée conseillère Pôle Emploi (s’improviser conseiller c’est le dada de tout le monde j’ai l’impression) pour me conseiller de reprendre mes études car je ne trouverai jamais rien en l’état. Mon CV dit « c’est une vendeuse » alors que mes ambitions disent « je veux bosser dans la rédaction ou l’administration ». Donc soit je reprends mes études en alternance pour faire virer mon CV de bord soit je trouve des stages, ou alors j’arrête d’accepter des boulots qui n’ont aucun rapport avec ce que je veux faire de ma vie.

En soi elle n’a pas tort, mais bon, reprendre des études c’est long et pas forcément gratuit. Je vais déjà attendre de voir ce que donne mon concours. Si je le réussis le problème ne se posera plus.

Heureusement qu’il y avait un vendeur de marrons chauds à la sortie de l’immeuble. C’est un petit plaisir de mon enfance, ma mère m’en offrait toujours un cornet après mes examens médicaux, lorsqu’on venait à Paris pour les examens de santé annuels.

Bon, dans mes souvenirs, je grelottais à côté du réchaud pendant que ma mère prenait les cornets, et on les mangeait ensemble en essayant de s’en piquer l’une l’autre. Là, j’étais toute seule et une nana a essayé de me faire les poches pendant que j’attendais. Je l’avais repérée et je l’ai laissée faire. Mes effets personnels et mon argent sont toujours dans ma sacoche que je porte en bandoulière sous mon manteau. Je n’ai rien dans mes poches. Rien à part des mouchoirs sales. Elle a retiré sa main, dégoûtée. Bien fait. Elle s’est faite chambrer par le vendeur de marrons qui visiblement l’avait aussi repérée et la laissait faire. Les vendeurs de marrons c’est plus ce que c’était… j’aurais mieux fait d’aller m’acheter une poutine au marché de Noël de la Défense comme je voulais faire à la base.

Il y a des moments où l’on ferait mieux de suivre son instinct. Je ne le sentais pas et à raison une fois de plus. Je constate dans tous les cas que la discrimination envers les personnes handicapées a de beaux jours devant elle, vu que même au sein de cabinets spécialisés on retrouve des gens pleins d’idées reçues et de mépris !

Tiens donc !

handicap

Je ne me souviens plus si je vous avais parlé de cette femme, consultante en recrutement pour une société spécialisée dans l’emploi/formation de personnes handicapées. Je m’étais pris la tête avec elle car elle ne proposait que des contrats minables du type « deux ans d’apprentissage en tant qu’équipier McDo ». Pour moi l’apprentissage se fait pour de véritables métiers et non pour des boulots alimentaires. Des contrats d’apprentissage aussi longs pour des jobs étudiants/alimentaires c’est purement et simplement de l’abus et je n’encourage pas ça. Elle m’avait accusée d’être trop exigeante et ne m’avait plus jamais rappelée.

Et puis hier, voilà que mon téléphone sonne. Je vais être franche avec vous, je n’ai pas candidaté depuis un certain temps parce que je ne trouve plus d’offres intéressantes ou même accessibles. J’ai fait quelques spontanées dans des magasins de proximité histoire de dire, mais ça s’arrête là. Le souci de mon téléphone, c’est que c’est un très vieux modèle bas de gamme et qu’en plus je vis dans une zone où le réseau est minable, du coup la plupart du temps je n’entends qu’à moitié ce dont on me parle.

La dame se présente, présente son entreprise, je n’entends presque pas mais j’écoute poliment. Elle me dit qu’elle appelle en réponse à une candidature de ma part. Ah ? Je n’ai pas candidaté depuis longtemps pourtant, l’annonce devait dater. Effectivement en regardant mon CV elle me dit « votre dernière expérience est bien celle de 2013 ? ». Ah oui. Donc en fait elle n’a même pas mon CV avec l’expérience de la librairie et celle de la fromagerie. Elle a un très vieux CV, ce qui est étonnant dans la mesure où j’ai soit supprimé mon CV des banques de CV en ligne, soit perdu mes identifiants sur les sites en question. Mais un CV aussi vieux… en gros elle répond à une candidature que j’aurais faite il y a plusieurs années ! Ou alors elle est juste tombée sur un de mes CVs oubliés et a un peu brodé pour me rappeler.

Elle commence à me parler de ses formations d’un ou deux ans « dans la vente ou la relation client ». A ce stade de la conversation, je n’ai toujours pas compris que j’ai de nouveau affaire à l’entreprise aux contrats alimentaires, et je brode un peu pour éviter de lui dire que ça ne m’intéresse pas, parce que c’est un domaine qui me débecte. Si je n’ai rien d’autre je prends, mais je préfèrerais un contrat d’apprentissage en tant que rédactrice ou même traductrice, histoire de rester dans mon domaine de base et y acquérir de l’expérience. Je suis censée être traductrice/interprète à la base, mais n’ayant jamais eu l’occasion d’y bosser, bah je n’ai pas la sacro-sainte expérience nécessaire pour trouver un contrat fixe. Elle me dit qu’elle n’a rien dans ce domaine mais me parle d’une formation rémunérée par Pôle Emploi, de dix semaines, le POEC. La grosse majorité de cette prestation ne m’intéresse absolument pas, c’est d’ailleurs assez infantilisant, on nous regarde le CV, on fait des simulations d’entretien, du grand classique qui en gros te balance au visage « si tu trouves pas de boulot, ça vient forcément de toi alors on va tout changer, gniiiii ». Le domaine en soi ne m’intéresse pas non plus, ça vise des jobs alimentaires de type caissière ou ELS (dix semaines pour préparer à ça, sérieusement). MAIS il y a un possibilité d’aide à trouver un stage, et je me dis que si j’arrive à me broder un stage dans la traduction en prétendant que c’est du commerce international, ça peut peut-être passer et me mettre un pied à l’étrier.

Je ne retrouve rien concernant la rémunération de cette prestation, mais si c’est rémunéré c’est aussi l’occasion de faire rentrer quelques sous dans le compte en banque. Et ça je ne dis pas non non plus, parce que tout un trimestre avec seulement 72 balles d’AAH par mois, ça fait un peu mal au derrière.

J’ai rendez-vous lundi, je verrai bien ce qu’il en est dans les détails, si ce n’est pas rémunéré ou que le transport n’est pas remboursé je serai un poil moins chaude, à voir les débouchés. Je n’ai pas vraiment envie de me lancer dans une carrière dans un domaine qui me dégoûte. A part si c’est pour la fromagerie que j’avais plutôt bien aimé mais là, si j’ai bien compris les recherches faites à l’époque, ça demande une petite reprise d’études ! Après, la seule chose qui les intéresse c’est mon handicap (des souuuuuuus pour la paroisse) donc je ne me fais pas trop de soucis pour la négociation. S’ils ne sont pas contents je suppose qu’il existe d’autres entreprises spécialisées dans le recrutement de personnes handicapées !

En dehors de ça, j’ai reçu un papelard concernant mon concours, avec une liste de pièces justificatives demandées. Les pièces que j’avais déjà envoyées par courrier en 5 exemplaires comme demandé. Sauf que cette fois, il faut que je les ramène le jour J du concours. Je crois qu’ils se foutent de ma gueule. Je garde aussi cette piste là, si je réussis l’écrit, puis l’oral, je pourrai peut-être débuter une carrière de bibliothécaire, ce qui me correspond déjà beaucoup mieux !

Parfois, j’ai l’impression qu’on se fout un petit peu de moi.

ça m'énerve

Bon, c’est vrai, lorsque je me suis inscrite à ce concours de bibliothécaire assistant spécialisé, c’était un peu à l’arrache, à la dernière minute, sans réflexion très poussée derrière. Les conseillers Pôle Emploi nous tannent bien souvent pour que l’on tente le coup, parce que la Fonction Publique c’est trop bien, c’est la solution au chômage de masse, la vie est belle, embrassons nous. Non je déconne.

J’ai un côté allergique à la paperasse, surtout lorsqu’il y en a beaucoup dont plus de la moitié ne sert à rien. J’ai beaucoup grincé des dents après mon inscription, en voyant que je devais renvoyer un dossier en 5 exemplaires (y’a pas de photocopieuse dans la fonction publique ? D’imprimantes-scanner ?), mais ces derniers jours, j’ai vraiment pété un câble.

Déjà, j’ai reçu un premier courrier m’informant que pour valider mon inscription, alors je devais envoyer un chèque de cinq euros à l’ordre du Trésor Public. Vous me direz, cinq euros c’est pas la mer à boire, mais quand on vit avec 72 euros par mois (merci la CAF) c’est quand même une somme. Qui n’était pas prévue, car je n’ai lu nulle part lors de mon inscription que je devrais m’acquitter de frais d’inscription, de dossier ou que ne sais-je. J’ai tout relu, ce n’était pas mentionné du tout. Ça m’aurait un peu freinée d’ailleurs.

Mais ce n’était pas tout. La lettre mentionnait aussi… que je ne devais envoyer aucun document, qu’on me donnerait la liste des documents à apporter plus tard et que je devrai sûrement les apporter le jour de l’examen écrit. Ah. Alors quid du mail post-inscription qui me disait que je devais impérativement renvoyer plusieurs papelards en 5 exemplaires avant la mi-novembre ? J’ai relu la chose, que j’avais imprimée, et effectivement, je devais envoyer tout ça avant la mi-novembre.

Donc qu’est-ce que je suis censée comprendre ? Que j’ai probablement vidé ma cartouche d’encre à 40 balles pour rien ? Qu’on nous envoie un mail pour nous dire de renvoyer des papiers mais qu’en fait il ne faut pas en tenir compte ? Que ce concours est putain de mal organisé ?

Je n’étais pas au bout de mes peines. Un peu moins d’une semaine après je reçois un autre courrier, me demandant un certificat médical vis à vis de mon handicap, et ce même si je n’ai demandé aucun aménagement. Autrement dit, une consultation à plus de 30 balles en plus, pour un certificat totalement inutile car je n’ai demandé aucun aménagement pour le concours. S’ils veulent une preuve de mon handicap, ils ne peuvent pas envoyer un mail à la MDPH ?

Tout ceci me gonfle prodigieusement car je me retrouve avec énormément de frais pour un concours qui était censé être gratuit à la base :

  • Frais d’encre
  • Frais postaux (bah ouais les multiples recommandés ils ne sont pas gratuits)
  • Frais de médecin pour rien (j’aurais mieux fait de ne pas mentionner mon handicap tiens)
  • Donc frais de bus à cause du médecin
  • Frais d’inscription/dossier/je sais pas (le courrier c’était juste « envoie le chèque stp » sans aucune justification derrière)
  • Frais de préparation (va falloir le préparer ce concours, donc acheter des annales, vu que la bibliothèque n’a pas le bon livre pour l’emprunter)

J’ai déjà presque dépassé mon budget et je ne suis même pas sûre d’en avoir fini avec ces frais. J’ai envoyé un mail à ma conseillère pour savoir s’il était possible d’en prendre en charge une partie mais elle qui d’habitude répond très rapidement fait la sourde oreille, tiens donc.

Et puis ils ne peuvent pas envoyer un seul courrier pour demander tout ce qu’ils veulent comme papiers ? Un courrier pour le chèque, un courrier pour le certificat, ils sont mignons les cocos, mais moi je n’ai pas de partenariat avec la Poste pour envoyer sans arrêt des trucs en recommandé simple. Sans parler du mail qui demande un dossier en cinq exemplaires pour que « finalement non » plusieurs semaines plus tard. Moi j’ai envoyé une putain d’enveloppe en recommandé, ce qui m’a coûté bonbon, tout ça pour rien parce qu’ils ne sont pas foutus d’être clairs dans leurs demandes.

Quand je vois ça ça ne m’étonne pas que la fonction publique ait si mauvaise réputation, le manque d’organisation est pénible. Je n’ai même pas finalisé mon inscription que j’ai déjà envie de m’arracher les cheveux !

Avantages et inconvénients du CAP Emploi (tel que je l’ai vécu)

cap emploi

Si je suis généralement dure envers les organismes d’aide à la recherche d’emploi, je sais que parmi vous, certains tombent sur mon blog en cherchant les avantages et les inconvénients de chacun. Je me suis donc dit que j’allais faire un petit article pour vous présenter le CAP Emploi tel que je l’ai vécu.

Il est quand même important de signaler que l’expérience peut très largement différer selon le CAP Emploi et surtout selon le conseiller sur lequel vous tombez. Même si CAP Emploi est un prestataire privé (du moins, celui dans lequel je suis allée l’était) il n’est pas à l’abri de recruter un type qui n’est pas fait pour le poste et qui va être exécrable. C’est un peu comme les conseillers Pôle Emploi, vous pouvez tomber sur un abruti congénital ou sur un conseiller super et compréhensif.

Le CAP Emploi m’a été prescrit par mon conseiller Pôle Emploi. A la base, je voulais faire le POP (Parcours d’Orientation Professionnelle), mais ce n’était apparemment pas possible via Pôle Emploi et comme d’habitude la Mission Locale n’a rien voulu faire. Il peut également être prescrit par la MDPH (qui me l’a prescrit lors de ma dernière visite, mais je n’y suis pas encore allée, ayant un autre projet sur le gril. Projet ayant d’ailleurs avorté).

Le premier avantage que j’y ai vu, c’est la possibilité d’un suivi personnalisé. Un vrai suivi personnalisé. J’ai été en suivi intensif à Pôle Emploi il fut un temps mais c’était un rendez-vous d’un pauvre quart d’heure toutes les deux semaines avec un conseiller qui me reprochait de ne pas avoir le permis et qui refusait d’écouter la moindre de mes demandes. CAP Emploi étant un prestataire privé embauché pour obtenir des résultats a quand même un minimum d’obligations, donc d’écoute. La conseillère que j’y ai eue ne m’a pas jugée ni rien, a écouté tous mes arguments et n’a pas cherché à s’y opposer. Au contraire, elle a tout noté et m’a dit que nous chercherions des solutions en fonction de ce que je lui ai dit.

Qui dit plus d’écoute dit également que le conseiller prendra la peine de vous conseiller en fonction de vos envies et de vos possibilités. Avec le CAP Emploi il n’y a pas le stress de la radiation et du chiffre, le conseiller ne va pas vous forcer à postuler à la première offre venue en ne tenant compte de rien. Si ma conseillère me proposait quelque chose et que je ne voulais pas, je lui disais non et on passait à autre chose.

L’avantage aussi, c’est que l’on tient compte de nos possibilités mais aussi de notre état d’esprit. Lorsque j’ai expliqué à ma conseillère que je ne supportais pas les gens et que je voulais éviter les jobs avec contact client, elle m’a cherché des métiers avec soit un contact limité, soit une absence totale de contact. Elle n’a pas cherché à me dire que j’étais difficile ou que je me mettais des bâtons dans les roues, elle en a tenu compte et point barre. J’ai vu pas mal de conseillers Pôle Emploi me dire que j’exagérais à ce niveau et que je n’avais qu’à faire un effort. Sauf que la phobie sociale, ce n’est pas une question d’efforts. J’essaie d’y mettre du mien, mais il suffit de tomber sur un client exécrable et tous nos efforts sont réduits à néant. Plutôt que de se forcer, c’est plus intelligent de s’adapter en fonction de ce que l’on est. Finir en burn-out prolongé parce qu’on a voulu se forcer à être quelqu’un d’autre ou parce qu’on s’est forcé à intégrer un secteur qui nous débecte rien qu’au nom, ce n’est pas franchement rentable sur le long terme.

Après les conseillers ont les mêmes idées reçues en tête que les conseillers Pôle Emploi. J’ai eu droit aux mêmes pseudo-conseils sur les concours de la fonction publique, le permis de conduire, le CV à refaire et compagnie. Mais l’avantage c’est qu’on peut couper court à tout ça en expliquant que ce sont des clichés, des idées éculées ou testées depuis un bon moment et que vous êtes ici pour du concret. Ma conseillère ne s’est pas vexée, a compris immédiatement et ne m’en a jamais reparlé.

Pour moi, l’inconvénient majeur du CAP Emploi est la trop grande fréquence des rendez-vous. Je veux bien avoir de petits coups de pouce, des pistes, mais j’aime garder une certaine indépendance dans ma recherche d’emploi et pour moi les rendez-vous sont trop fréquents, surtout quand on sait que je n’ai pas le moindre centime d’aide au niveau des transports. Mine de rien un rendez-vous par semaine avec le prix de la RATP ça chiffre vite. En une semaine selon les horaires des administrations j’ai à peine le temps de commencer les démarches que déjà j’ai un nouveau rendez-vous. Sans compter qu’avec des rendez-vous trop fréquents j’ai l’impression d’être fliquée et ça me stresse.

Je n’ai pas aimé non plus les rendez-vous collectifs. Ce n’est pas forcément automatique d’après ce que j’ai compris, mais j’y ai eu droit et je n’ai vraiment pas apprécié. C’était à mon goût inutile et je me serais passée d’y aller. Je n’aime déjà pas parler de mes problèmes à une personne, donc à une dizaine d’inconnus en plus non merci ! Ils n’étaient pas méchants en soi mais ils avaient tendance à centrer le débat sur moi et ça m’énervait. Je n’aime pas être le centre d’attention. Il y a des gens que ça encourage de parler, de voir l’évolution des autres, mais moi ça ne va pas du tout, j’ai un sentiment d’intrusion. Je ne suis pas fière de ma situation et je n’ai pas vraiment envie d’en parler de vive voix. Je m’exprime mieux par écrit.

Après, dans l’ensemble, le CAP Emploi a été une expérience positive car il m’a permis de connaître un autre aspect de la recherche d’emploi avec un conseiller, sans le stress de la radiation ou de devoir surveiller ce que l’on dit parce que sinon on passe pour une grosse difficile qui cherche bien son chômage, alors qu’on ne fait que refuser la précarité (désolée, mais un job 7h/semaine heures supp non payées qui te coupe tout droit aux allocs, c’est pas un job).

Cependant je suis quelqu’un qui regarde le résultat avant tout et à ce niveau-là ce n’était pas très brillant. J’avais pris des résolutions, comme par exemple filtrer les offres auxquelles je réponds afin de cibler un job qui me convient, mais j’ai vite abandonné cette idée parce que j’ai trop l’impression d’être difficile ou de ne pas faire d’efforts. Ce n’est pas le cas, mais c’est l’impression que je me donne et je veux pouvoir me regarder en face. C’est stupide mais c’est comme ça. Après, dans les deux cas je n’ai que des refus, ou le silence, donc ça ne change pas grand chose.

BLAM ! (c’est le bruit du mur dans ma tronche)

mur

Très franchement, j’hésite à écrire mon article à chaud, car j’ai très envie de casser des dents et j’ai du mal à comprendre certaines choses.

Mais commençons par le commencement. Déjà, je peux dire adieu au GRETA. La dame a eu la gentillesse de me recontacter par téléphone au lieu de m’envoyer un mail impersonnel, mais comme je m’y attendais, j’ai été refusée pour la formation au BTS CGO. J’ai eu beau expliquer que je n’avais pas fait de maths depuis 2007, que je n’avais jamais fait de compta et qu’en plus j’avais été convoquée du jour au lendemain pour les tests, il n’a pas fallu une minute à la commission pour dire non. Pourtant, de ce que j’ai compris, le GRETA est censé pouvoir aider les personnes étant sorties du système scolaire à se reconvertir. Un lycéen qui vient tout juste d’avoir son bac va s’inscrire directement dans son établissement pour son BTS, il ne passe pas par le GRETA. Et pour la comptabilité, si je cherche à me former, c’est justement parce que je ne connais pas le métier. Si j’avais déjà des notions, j’aurais fait une VAE… bref.

J’étais vraiment déçue, la femme m’a dit de ne pas abandonner, d’autant plus que le professeur de français était impressionné de voir que j’avais fait un tel commentaire de texte en seulement un quart d’heure et lui a demandé de me suggérer des métiers tels que journaliste ou rédactrice. Oui mais bon, moi, je cherche un métier qui a des débouchés à long terme. Je tente déjà de me faire une place dans le monde de la rédaction web et à part du bénévolat, je ne trouve rien. Et le journalisme, bah, il m’arrive d’envoyer des piges au journal local mais rien de concret. J’ai déjà tenté plus gros, mais jamais aucun poisson n’a mordu à ma ligne.

Je vous avoue que j’en ai un peu marre de me faire refouler à chaque fois que je peux avoir une chance de m’en sortir, et je n’étais pas dans un bon état d’esprit lors de mon rendez-vous avec ma conseillère Pôle Emploi. Je n’avais juste pas envie de la voir, surtout après ses mails où elle insinuait que je m’éparpillais partout et que je n’étais pas sérieuse dans ma tentative de reprise d’études. Mais j’étais bien obligée et je m’y suis rendue alors que j’étais malade, parce que comme je ne suis pas allée voir le médecin, eh bah je n’ai pas de justificatif.

La première chose qui m’a sauté aux yeux lorsqu’elle s’est présentée (oui c’est encore une nouvelle) c’est qu’elle semblait toute jeune. Ma conseillère Pôle Emploi a 24 ans et est plus jeune que moi. Les boules. Surtout qu’un de mes anciens conseillers m’avait dit qu’il fallait au minimum 5 ans d’expérience professionnelle pour devenir conseiller Pôle Emploi… bon, je ne veux pas être mauvaise langue, mais pour moi quelqu’un qui a au moins 5 ans d’expérience à 24 ans c’est quelqu’un qui a bien été pris par la main, si vous voyez ce que je veux dire. Bref. Je sentais bien les jugements de valeur venir et je n’ai pas été déçue du voyage (un voyage à 8 euros).

D’entrée de jeu je me suis faite juger. Et que ça commence à insinuer que je ne sais pas chercher et veut me montrer comment chercher une offre sur Pôle Emploi. Et que ça me demande si je sais faire un CV. Et que ça me dit que ce n’est pas normal de ne pas trouver lorsqu’on fait autant de candidatures (sur la fin, elle m’a montré une offre parue deux heures avant et sur laquelle il y avait déjà 122 candidatures spontanées. Et après elle s’étonne). Et que ça me demande si je viens correctement habillée en entretien (non, j’y vais en mode clodo voyons), et me sort, méprisante, que ce n’est pas étonnant que je ne sois pas prise si je ne me maquille pas, parce que ça insinue que je suis négligée. Je me suis sentie infantilisée et je n’étais pas d’humeur à me laisser traîner dans la boue.

Lorsqu’elle a commencé à me parler du fameux permis de conduire (j’explique dans cet article de mon blog humeurs mon rapport à la conduite), qu’elle m’a demandé pourquoi je ne le passais pas et qu’elle m’a dit que j’étais une chochotte, et que l’argent se trouvait facilement… je me suis un tout petit peu énervée. Je lui ai dit qu’elle ne connaissait décidément rien à rien, que non l’argent ne tombe pas du ciel, que tout le monde n’a pas de parents pour tout financer NI POUR NOUS PISTONNER AU DÉBUT DE NOTRE CARRIÈRE.

hulk

Je lui ai dit que j’étais à un stade où je surveillais chaque dépense, et qu’avoir dépensé 8 euros pour venir avoir des leçons de morale d’une nana qui n’a jamais connu la dèche me saoulait profondément. Elle a paru surprise car elle pensait que je bénéficiais de la gratuité des transports en commun, en tant que chercheuse d’emploi. Sauf qu’ici, pour bénéficier de cette gratuité, il faut toucher le RSA ou les ASS. Je ne touche aucun des deux, plein pot pour bibi ! Elle a ouvert de grands yeux de biche en disant que ce n’était pas normal puisque ma situation était pire que si je touchais une allocation. Bien vu, capitaine obvious. Mais depuis que je suis dans la région parisienne, si j’ai bien constaté une chose, c’est que plus on touche d’allocations, plus on a de possibilités d’aide, et moins on touche, plus on peut aller se faire voir. Ce n’était pas comme ça quand je vivais à Orléans, j’avais droit à la réduction chercheuse d’emploi. Ici non. Et c’est putain de cher. 70 balles par mois, quand on touche environ 300 euros dont les 9/10 partent en soins, ce n’est pas possible. A moins de rogner sur les soins, ce que je fais déjà. Je suis en surinfection depuis deux semaines, et je sais que je vais payer 30 balles de médecin (coucou les dépassements d’honoraires) pour une ordonnance de médocs non remboursés alors je ne fais rien et j’attends que ça passe, comme une bonne partie des français.

Déjà qu’elle m’énervait avec ses réflexions de pouffe (désolée mais une nana qui considère que ne pas se maquiller c’est être négligée, j’appelle ça une pouffe), ses tentatives de me prendre pour une imbécile (sérieusement, QUI va à un entretien d’embauche habillé comme l’as de pique ?) et ses réflexions qui prouvaient bien qu’elle avait toujours tout eu… bon, j’étais agacée. Et puis elle m’a dit que j’étais arrogante lorsque je lui ai dit que j’étais sûre de mes capacités et que je savais ce que je faisais lorsque je me lançais dans un projet. Que je n’avais juste pas toujours les moyens de les réaliser. Elle m’a faite rire lorsqu’elle m’a dit d’utiliser mes connaissances pour me lancer en tant qu’auto-entrepreneur dans la nutrition et le comportement animal. Ben voyons, et qui va payer les frais dus au statut d’indépendant ?

Elle m’a aussi dit qu’elle ne m’aurait jamais accordé le financement pour une reprise d’études. D’après elle, Pôle Emploi n’accorde plus si facilement des financements, il y a des commissions qui se réunissent pour statuer, et si on a pas prouvé notre motivation par des stages de découverte (non payés hein, haha) du genre PMSMP ou des ateliers du type ACTIV’PROJET alors on a presque aucune chance de voir son financement accordé. Donc même si j’avais été acceptée au GRETA, je n’aurais pas eu mon financement. J’étais dans la merde dans tous les cas. Je lui ai parlé du CNAM, mais même son de cloche. Si je veux mon financement, alors je dois passer par des prestations de Pôle Emploi.

Enfin, en désespoir de cause, elle s’est mise à regarder des offres sur le site de Pôle Emploi. Je lève les yeux au ciel, lui explique que je sais très bien le faire toute seule, mais non, madame veut me chercher des offres. Elle me montre une offre « Déjà vue, la zone est inaccessible par les transports. D’ailleurs, ils précisent que le permis est obligatoire ». Une deuxième « je ne peux pas y travailler, c’est l’entreprise dans laquelle est mon conjoint. En plus ils prennent toujours soit en interne, soit des alternants. ». Une troisième « Je connais cette entreprise, j’y ai déjà postulé des dizaines de fois. Ils m’ont reçue en entretien deux fois, jamais rappelée ». Elle a fini par me demander si j’avais une « excuse » pour tout. Je lui ai alors répété que je savais très bien chercher les offres auxquelles postuler toute seule et qu’on perdait notre temps. A force, je connais les entreprises, je sais quelles sont celles qui ne répondent jamais, quelles sont celles qui ne recrutent qu’en interne, quelles sont celles qui sont accessibles. Je n’ai pas besoin d’aide à ce niveau là, sauf s’il s’agit d’offres qui ne sont pas publiques. Elle a maugréé puis a fini par commencer son compte-rendu.

Et j’ai pu lui rendre la monnaie de sa pièce niveau humiliation. Je la voyais taper touche par touche, comme un bon vieux conseiller qui ne sait pas utiliser un PC. Et je lui ai fait « Vous dites que je suis arrogante quand je parle de mes capacités, mais je parie que je tape 30 fois plus vite que vous au clavier ». Elle a relevé le défi, m’a dicté le compte-rendu qui a été torché en moins de deux minutes, sans même regarder le clavier. Je tape très vite 😉

Elle a ri jaune et m’a dit qu’elle reconnaissait que j’étais rapide.

En sortant de l’entretien, j’étais un peu déprimée. Déjà, parce que j’en ai marre de tomber sur des conseillers avec des clichés plein la tête et des réflexions débiles au bout des lèvres. Et puis merde, elle est si jeune, elle a quoi comme expérience dans la recherche d’emploi ? A part les clichés qu’elle m’a sortis sur la fonction publique et les services à la personne ?

Bref, je ne sais pas trop quoi faire. Je me suis accordé un temps de réflexion avant de céder pour une prestation useless. L’idée de faire un stage de découverte n’est pas si mauvaise, même si ça me fait grincer des dents (je cherche à gagner ma vie, et c’est pas avec un salaire de stagiaire, si du moins j’en ai un, que je vais le faire). Reste ensuite à trouver où. Je serais bien tentée d’en faire deux : en comptabilité et en bibliothèque. J’aimerais bien aussi en faire un en tant que rédactrice mais je ne sais pas vraiment où m’adresser.

Dans tous les cas il va bien falloir que je m’occupe : la région parisienne n’a rien à m’offrir, c’est maintenant évident. Je ne trouve ni emploi ni formation. Donc soit mon conjoint parvient à se faire muter et je tente ma chance ailleurs, soit je m’occupe en attendant qu’il y parvienne. Soit je finis par avoir de la chance et je décroche un petit job. Mais la chance ne s’est pas vraiment penchée sur mon berceau à la naissance.

Mais pas n’importe quelle poire, une poire de luxe messieurs-dames.

poire de luxe

Peu de temps après mon dernier article, j’ai été recontactée par une autre dame du GRETA. Elle voulait se faire une idée de mon parcours (scolaire comme professionnel) et aussi me faire passer quelques tests.

Comme nous étions dans l’urgence (la formation a déjà commencé) elle m’a donné rendez-vous pour le lendemain. Il s’agissait de tests de positionnement, en gros, il s’agit de voir quel sera mon niveau si je suis admise pour ce BTS CGO, pour que les professeurs puissent faire des groupes plus facilement. La dame a tenté de me rassurer en me disant qu’ils ne se basent pas entièrement sur ces tests pour m’admettre ou non, mais que ça compte un peu quand même, car si mon niveau est trop bas ils ne peuvent pas me prendre. Je n’étais pas du tout rassurée car il s’agissait de tests de comptabilité, de maths et de français.

Le français, ça passe, ce n’est pas un souci. C’est sûrement une des rares matières que j’ai continué de pratiquer après ma sortie du système scolaire. C’était un commentaire de texte de niveau lycée, un peu compliqué à appréhender (vous savez, c’est le style de texte blindé de phrases pompeuses, dont les mots ne sont pas compliqués mais dont l’agencement fait que les phrases restent lourdes à digérer) mais qui restait largement faisable. J’avais 3/4h mais je l’ai fini en un seul. Et ce malgré les trois secrétaires du bureau juste à côté qui n’ont pas arrêté de piailler une seule seconde. Je sais pas moi, y’a des gens qui sont en train de faire un test qui décidera de leur avenir (ne nous mentons pas, les gens vont rarement au GRETA pour se faire du fun) et elles, elles papotent super fort et font biper leur téléphone car elles ne sont pas foutues de désactiver le bip touches. J’avais des envies de meurtre. Bref.

Mais ensuite… je n’ai jamais fait de comptabilité en soi. Quand j’ai bossé à la librairie, j’ai juste tripoté le fichier excel (dont les formules étaient déjà rentrées) du patron pour compter la caisse le soir mais ça s’arrêtait là. Sauf que le test était blindé de questions très spécifiques, avec des numéros de comptes, du vocabulaire bien précis… que je n’avais pas du tout. J’ai répondu à une seule question sur 40, qui me demandait si le salaire brut était le salaire versé au salarié. C’était un « vrai ou faux », j’aurais pu tenter ma chance en répondant au pif mais je n’en voyais pas l’intérêt, si ce n’était de passer pour une tricheuse. C’est un peu décourageant de rendre une feuille quasiment blanche…

Les maths ont été un véritable désastre. C’était du niveau de terminale S, mais j’ai eu mon bac en 2007 et les intégrales, dérivées, ensembles de nombres et compagnie ont déserté ma mémoire depuis bien longtemps. J’avais vaguement relu mes formules avant de partir, mais ce n’est pas en relisant vite fait la veille pour le lendemain que l’on se remémore des années de cours.

La dame du GRETA m’a dit que même si je n’avais pas le niveau, ces tests pouvaient donner une idée de ma manière de raisonner, sauf que je ne vois pas en quoi. Les maths c’est l’application de formules, et si je ne connais pas les formules, je ne peux pas raisonner. La comptabilité, c’est spécifique, si je ne connais pas le vocabulaire, je ne peux pas raisonner. Je trouve ça un peu stupide mais je suppose qu’ils savent ce qu’ils font.

En tous cas, ces tests ont été un véritable fiasco et je ne suis pas bien confiante pour la réponse que l’on me donnera. La dame a précisé que je serai refusée si mon niveau était trop bas et j’ai rendu deux feuilles blanches sur trois. Déjà que le nombre de formations financées par la région est complet et que le financement dépend entièrement du bon vouloir de ma conseillère Pôle Emploi (qui n’a pas vraiment l’air de vouloir mon bien)… en résumé j’ai raté mes tests et le financement est incertain. Je pense qu’il y a bien plus fiable que moi à choisir pour cette formation…

Comme me l’a indiqué une personne dans les commentaires, si je suis refusée au GRETA, il me reste la solution du CNAM, mais ça m’arrange beaucoup moins. Les cours du GRETA se font en horaires scolaires normaux, et surtout l’établissement est à 1/4h à pied de chez moi. Ceux du CNAM se font le soir, et l’établissement n’est pas à proximité, ce qui me ferait rentrer tard, voir très tard, alors que mon copain se couche tôt pour aller bosser et n’a pas forcément envie de se faire réveiller à pas d’heure. Si je suis refusée au GRETA, je pense que je m’arrêterai là.

J’en viens à me demander si la reprise d’études est réellement la solution, mais je ne vois pas quoi faire d’autre, je suis un peu coincée. J’ai un diplôme qui ne mène à rien, aucune expérience professionnelle significative, pas assez d’argent pour me lancer en tant qu’auto-entrepreneur, et j’ai épuisé les entreprises dans mon secteur. A moins de tomber par miracle sur le bon samaritain qui comprendra ma situation et me laissera ma chance, je ne vois pas comment m’en sortir autrement qu’en reprenant des études en alternance pour ajouter à mon arc la corde du nouveau métier accompagnée d’un peu d’expérience professionnelle.

Prise pour une poire

poire pas contente

Il y a des moments où j’ai vraiment l’impression que les employés des organismes censés nous aider sont en réalité payés pour nous mettre des bâtons dans les roues. Bon, dit comme ça, ça fait un peu complotiste du dimanche, mais ça fait quand même la deuxième fois que Pôle Emploi vire totalement de bord en ce qui me concerne, avec deux employés différents.

La première fois, c’est lorsque j’avais voulu faire une EMT (Évaluation en Milieu de Travail, maintenant on dit PMSMP histoire de rajouter du compliqué) dans une bibliothèque suite à l’échec de ma formation de libraire. J’avais trouvé la bibliothèque, la patronne qui était totalement ok pour me prendre, il ne manquait que l’aval de Pôle Emploi. Cependant mon conseiller, qui m’avait dit que ce serait ok si je trouvais le patron a totalement changé d’avis et m’a dit qu’il était impossible de me signer le papier, sans jamais justifier pourquoi, refusant de me donner toute explication. J’ai remis le sujet sur le tapis lors d’un autre rendez-vous et pareil, il s’est totalement braqué en refusant de me dire pourquoi il avait changé d’avis. Depuis j’ai changé de conseiller mais je n’ai toujours pas la réponse.

J’ai fini par abandonner l’idée de travailler dans le milieu du livre et je suis revenue à mon ancienne méthode de recherche, à savoir postuler partout où il est possible de postuler, sans secteur précis. Puis j’ai fait le CAP Emploi qui n’a pas été d’une grande utilité, j’ai filtré un temps mes candidatures pour postuler à des postes qui me conviennent mieux, mais ça n’a strictement rien changé alors à l’heure actuelle, je postule de nouveau un peu partout.

En avril, j’avais contacté ma nouvelle conseillère car j’avais eu un refus injustifié sur une télé-candidature, à un poste dont je remplissais, en apparence, toutes les conditions. Elle avait immédiatement fait le nécessaire pour que je sache pourquoi j’avais été refusée (en réalité je ne convenais pas au poste, mais la raison n’était pas sur l’annonce) puis avait enchaîné en me proposant quelques offres qui ne figuraient pas sur le site et avait même été déposer mon CV en personne dans deux magasins. Je n’ai pas eu de retour de ces deux magasins et je ne l’ai pas recontactée. Je suis indépendante dans ma recherche d’emploi donc en soi je n’ai pas besoin d’elle. Elle m’avait parlé de réorientation en me disant que si j’avais besoin d’aide elle serait là.

Et puis j’ai eu mon entretien avec le médecin de la MDPH, qui m’a reparlé de la comptabilité. Je n’ai absolument aucune vocation dans ce secteur, mais il a l’avantage de convenir à mes problèmes de santé (ce n’est pas un boulot physique au sens propre du terme) et à mes problèmes psychologiques selon l’entreprise dans laquelle je travaille. C’est également un secteur qui revient régulièrement dans les tests d’orientation que je fais. Je m’étais aussi un peu renseignée sur le métier pendant mon CAP Emploi mais sans plus, car le CAP était avant tout là pour trouver quelque chose qui me plaise et non quelque chose par défaut. Je ne suis pas à l’aise avec les chiffres mais je sais que c’est surtout une question d’habitude, après tout j’ai fait un bac S et je l’ai décroché. Une fois remise dans le bain je pense que ce petit problème disparaîtra.

Je me suis donc mieux renseignée, avec des fiches métier et quelques témoignages, notamment ceux des parents d’une de mes connaissances, qui sont tous les deux comptables, l’un dans un cabinet de comptables et l’autre en tant que comptable d’une petite entreprise. Deux approches du métier qui sont d’ailleurs totalement différentes, ils sont loin de faire la même chose. J’en ai donc déduit que le métier pouvait me convenir, et j’ai postulé au GRETA pour faire une formation d’un an en alternance, me préparant aux épreuves du BTS CGO (Comptabilité et Gestion des Organisations). Je m’y étais prise un peu tard, au début de l’été, mais comme l’annonce était toujours disponible sur le site du GRETA je me suis dit que c’était encore bon. J’ai reçu un mail comme quoi l’équipe était en vacances et que je n’aurai pas de réponse avant le… 23 août. Sur le coup je me suis dit que ça puait, parce qu’une réponse si tardive pour une formation qui commence en septembre… c’est un peu juste. Et en effet, le jour J, je reçois un appel pendant lequel je me suis faite gueuler dessus comme quoi c’était trop tard. Ah ben c’est sûr que si on me répond deux mois après, c’est trop tard. On a raccroché un peu sèchement (j’estime que même s’il est trop tard, je n’ai pas à me faire gueuler dessus, ils n’avaient qu’à enlever l’annonce sur le site du GRETA !) et quelques jours après on m’appelait de nouveau car une place s’était libérée. On devait donc discuter du financement de la formation. En théorie, pour les chercheurs d’emploi, c’est financé par le Pôle Emploi. En théorie…

J’ai recontacté cette charmante madame qui m’avait dit qu’elle serait là si j’avais besoin d’aide. Mais cette aide s’est finalement transformée en un mail louche dans lequel elle me dit qu’étant donné que je suis sur plusieurs pistes et projets depuis plusieurs mois, elle me demande de faire une prestation ACTIV’PROJET ou une PMSMP avant d’envisager de me donner son aval. J’étais un peu sciée car je ne sais pas trop où elle a vu que j’étais sur plusieurs pistes et projets depuis plusieurs mois, car je ne l’avais pas recontactée depuis qu’elle avait déposé mon CV dans les deux entreprises qui ne m’ont jamais fait de retour. Donc en quoi est-ce que je suis sur plusieurs projets…? Et puis sachant que c’est un projet réfléchi, sur lequel je me suis renseignée avant de postuler, notamment sur les débouchés et les conditions de travail, je ne vois pas l’intérêt de faire sa prestation qui ne m’apportera rien de plus puisque je me suis déjà renseignée comme il fallait. Sans compter que la formation commence en septembre, donc que je n’ai pas le temps de faire des prestations à la noix pour qu’elle daigne valider mon projet. Sans vouloir être médisante, on la connaît, l’utilité des prestations Pôle Emploi.

Je lui ai donc répondu un peu sèchement que je ne voyais pas où est-ce qu’elle avait vu que j’avais de multiples projets (et même si c’était le cas, au moins ça voudrait dire que je me suis fixée), je lui ai rappelé sa promesse d’une aide et j’ai refusé ses prestations en insistant sur l’urgence et sur le fait qu’il s’agissait d’un projet réfléchi et non d’un projet « comme ça ». La comptabilité est un domaine qui recrute, car je vois énormément d’offres, et qui en plus me convient. Donc ce n’est certes pas une vocation mais ça a le mérite d’avoir une chance de me faire sortir du chômage. Elle m’a alors répondu que rien ne prouvait que je m’étais renseignée et que c’était trop soudain pour être réfléchi. Super, on me prend pour une imbécile. J’ai vu beaucoup de témoignages comme quoi certains conseillers valident les projets sans poser de questions, eh bien je suis la preuve que ce n’est pas le cas. J’ai quand même du mal à comprendre Pôle Emploi qui a les moyens d’envoyer les chômeurs dans des prestations inutiles hors de prix mais qui n’a pas les moyens de financer une reconversion réfléchie qui aboutirait à quelque chose.

Ne pouvant visiblement pas compter sur Pôle Emploi, je suis allée à la pêche aux infos du côté de l’Agefiph, dont je pourrais bénéficier en tant qu’adulte handicapée en reconversion. Mais je n’ai pour le moment pas de réponse. Je n’ai pas pensé à demander à la dame du GRETA quel était le coût d’un auto-financement, mais je lis sur internet que ça va de 1000 à 4500 euros, ce qui est totalement hors de mes moyens. Et je ne vais pas faire comme cet étudiant qui a créé un tipee pour se faire payer ses études par des inconnus (le pire c’est que les gens ont payé oO je veux bien croire qu’on soit généreux mais il y a des causes bien plus importantes que les études d’un péon !). Surtout que si ça échoue aussi je me sentirais mal vis à vis des gens qui ont cru en moi.

J’ai bien peur que le temps de trouver un financement, il soit trop tard et la place libre sera sûrement donnée à quelqu’un d’autre. C’est dommage car pour une fois, j’avais peut-être une chance de mener un projet à bien.

D’ailleurs à propos de projet, j’ai une anecdote marrante : le directeur du magasin de mon homme a demandé au n°2 du groupe s’il était autorisé d’avoir des couples au sein d’un même magasin. Je précise que ce n’est mentionné nulle part dans le règlement de l’entreprise, c’est juste quelque chose de tacite car apparemment les couples provoqueraient des ennuis (par contre quand tu demandes des exemples ils sont incapables de te citer quoi que ce soit, ou alors l’exemple de l’ami du cousin de l’oncle de ta chèvre). Le n°2 en question a immédiatement poussé les hauts cris en disant qu’il était hors de question d’embaucher le conjoint, réduisant à néant mes chances d’être prise dans le même magasin. Et puis mon homme a glissé « innocemment » un petit « même si sa RQTH vous rapporte de quoi compléter vos quotas ? ». Le mec a viré immédiatement de bord en disant « Ah ben je vais voir ce que je peux faire ». L’hypocrisie dans toute sa splendeur, comme quoi c’est bien du bullshit cette histoire de couples refusés. Et puis ce n’est pas parce que certains couples ne savent pas se tenir lorsqu’ils se séparent que c’est le cas de tous. Je sais que mon ex aurait été du genre à tenter de me descendre auprès des autres si on avait bossé au même endroit (vu qu’il l’a fait avec nos amis communs), mais ce n’est pas du tout le cas de mon copain actuel. Séparation ne rime pas forcément avec mésentente. Si on devait se séparer lui et moi, ce serait plus pour des raisons d’envie de solitude qu’autre chose. Ce qui ne nous empêcherait pas de nous entendre au boulot. Bref, je ne sais pas si je dois en rire ou en pleurer. Dans le doute :

Au goulag maintenant