Une cagnotte pour tenter de sortir la tête de l’eau ?

Le problème de la réorientation, lorsqu’on est en recherche d’emploi, c’est que ça nous rend dépendant de trop de facteurs :

  • Le bon vouloir de Pôle Emploi, de Cap Emploi ou d’autres organismes comme l’Agefiph : ils ont généralement leur propre carnet de formations, choisies en fonction de secteurs qu’ils jugent porteurs, et ça s’arrête là. En plus, les places sont limitées. Si vous souhaitez vous réorienter dans un secteur particulier, même avec un projet solide et documenté, à moins de tomber sur LA bonne personne, c’est mort. Et si vous choisissez un secteur non conventionné comme la naturopathie, là, c’est mort même si vous tombez sur la bonne personne. Ils ne financent pas.
  • L’argent. Parce qu’après tout si Pôle Emploi ne veut pas subventionner mais que notre projet est viable, on peut décider de se débrouiller par nos propres moyens. Cependant, qui dit recherche d’emploi dit pas de salaire, donc minimas sociaux, et comment financer une reprise d’études non subventionnée avec les minimas sociaux qui sont déjà insuffisants pour vivre dignement ? Sans compter que si vous réussissez à vous payer votre école, une reprise d’études peut vous coûter vos allocations. Donc vous ferez vos études sans aucun revenu.
  • Les frais annexes. Pour construire un projet, on se rend à des conventions, des salons, on prend des rendez-vous pour rencontrer des gens… et tous ces frais, de transport et parfois d’entrée, ça coûte. Je l’ai souvent dit sur ce blog mais je n’ai aucune réduction de transport car je ne touche pas le RSA ou les ASS. Et que mon handicap est jugé insuffisant pour bénéficier de la carte Améthyste…

Bref, vous l’avez compris, je suis plutôt coincée vis à vis de ma réorientation. Je ne peux pas faire d’emprunt, déjà parce que les banques ne prêtent pas aux personnes avec un handicap dégénératif comme le mien, ensuite parce que les banques ne prêtent pas non plus à une personne sans salaire (ni CDD ni CDI), et enfin parce qu’à cause des magouilles financières que mon père a tenté de me faire, même si je n’ai eu aucune condamnation, mon nom est entaché par le sien et les banques sont méfiantes.

Pour être franche avec vous, avec toutes les histoires d’emprunts, de dettes qu’il y a eu dans ma famille et dans celle de mon homme, je suis très réticente envers le concept du prêt de toutes manières. J’ai du mal avec l’idée de faire des plans sur la comète avec de l’argent que je n’ai pas, qui ne m’appartient pas.

Cependant, je n’ai pas envie d’abandonner l’idée de m’orienter dans le domaine de la naturopathie. Il me restait une solution, que je n’avais pas trop envie d’utiliser car je n’y crois pas trop. Le financement participatif, à savoir, le conte du colibri : si chaque personne donne un tout petit peu, ce tout petit peu devient suffisant pour m’aider.

Je n’ai jamais eu recours à ce système, par contre j’ai déjà participé à des projets, notamment sur Ulule et sur KissKissBankBank. J’ai choisi de faire ma cagnotte sur Leetchi car ce site me paraissait plus adapté pour un projet lié aux études. Les deux autres sites proposent plutôt des projets de lancement d’auto-entrepreneurs ou des projets citoyens, alors que Leetchi regroupe pas mal de demandes de financement d’études ou d’autres projets personnels comme les mariages. Alors pourquoi pas ?

J’ai donc lancé ma petite cagnotte le 27 juin, sans trop mettre d’espoir dedans, mais comme c’est ma dernière chance, je m’investis comme je peux. Comme je n’ai pas vraiment de communauté, de réseaux, j’ai partagé à mes amis et par mail à quelques connaissances.

Et pour le moment, une seule amie a partagé. Sur 18 amis, dont une dizaine qui viennent me parler de temps en temps, une seule a pris la peine de partager. Une personne à qui, en plus, je n’ai jamais vraiment parlé de manière personnelle. Je remercie infiniment cette personne mais je vous avoue que je suis un peu peinée par les autres. Ce sont des gens qui viennent me voir quand ils ont besoin de moi mais qui visiblement ne sont pas prêts à me rendre la pareille. Je ne leur demande pas forcément des sous mais au moins de partager (ils ont presque tous plus de 100 amis, donc une bien meilleure visibilité que moi)… l’une d’entre elles a même fait appel au financement participatif pour se payer un grand voyage, donc elle sait très bien à quel point le partage est important.

Lorsqu’on lance une cagnotte, on est dépendant : c’est le bouche à oreille qui compte. Cependant, si les oreilles auxquelles on chuchote sont bouchées, le projet meurt étouffé dans l’œuf. Je peux toujours partager sur mes réseaux, si personne ne suit c’est clair que ça ne fonctionnera pas. Mais au moins j’aurai tenté !

Ma cagnotte n’est pas encore condamnée mais je crois que je paie le prix de mon manque de sociabilité : les gens ne tiennent pas suffisamment à moi pour me donner LE coup de pouce. Ne se souviennent pas suffisamment de mon existence ou de ma situation (quand les gens viennent me parler on parle d’eux, pas de moi…). Après, je n’ai pas spécialement envie de juger : oui ils ont lu mon message, non ils ne l’ont pas partagé, mais peut-être ont-ils une bonne raison. J’aurais préféré qu’ils me la donnent, pour ne pas me faire des films aka « ouin ouin je n’ai pas d’amis », mais bon. Un peu de la même manière qu’on refuse de partager un concours pour ne pas polluer la page FB de ses amis, eux ne veulent pas partager pour ne pas polluer la page des leurs ? Parce qu’ils savent que ça n’intéressera personne ? Une cagnotte pour une association, oui, mais pour un particulier ? C’est déjà moins gratifiant. On sent moins le côté « bonne action ».

Cependant, c’est une expérience enrichissante : déjà parce que ça permet de voir sur qui on peut compter 😀 et ensuite parce que ça permet de mieux comprendre le cheminement derrière un financement. J’ai souvent été agacée par les pages FB des projets que je suivais, réclamant sans arrêt des partages, mais du coup je vois mieux pourquoi, l’argent ne tombe pas du ciel, il n’y a pas d’armée de mécènes prêts à dégainer la carte bleue au moindre nouveau projet, si bien présenté soit-il. Et le site contient tellement de cagnottes que pour être choisi pour une mise en avant, il faut être sacrément chanceux.

Bref, voilà, j’ai lancé ma propre cagnotte dont le lien est : ici. Je ne vous demande pas forcément de participer car je sais que la communauté gravitant autour de mon blog emploi est composée de personnes qui sont dans la même situation que moi. Mais si vous pouviez partager, transmettre le lien, je vous en serais extrêmement reconnaissante. Et j’espère que je serai digne de cette confiance en faisant de ce projet un projet qui marche.

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La naturopathie ?

Vous l’ignorez peut-être, mais depuis un peu plus d’un an, j’ai entrepris un grand virage dans ma consommation, le but étant de manger mieux et de réduire mon empreinte écologique. Je suis encore très loin de la perfection à ce niveau, mais l’écologie prend de plus en plus de place dans ma vie, avec la tendance zéro déchet, les boycotts de marques encourageant l’esclavage moderne ou travaillant avec Monsanto par exemple. Ou même les entreprises ne payant pas d’impôts en France tout en étouffant nos producteurs ou nos petits artisans, magasins.

En bref, je deviens consommactrice et je me renseigne de plus en plus sur les moyens de m’améliorer au quotidien. Ce qui demande un changement profond des habitudes et une sortie de ma zone de confort. Mais j’aime ça. Je me sens utile, à mon échelle. Ce n’est pas parce que je ne veux pas d’enfants que je dois consommer aveuglément et vivre de la souffrance des autres en en ayant rien à foutre.

Vous allez me dire, quel est le rapport avec un blog spécialisé dans mes aventures de chercheuse d’emploi ? Eh bien suite à mon dernier article, j’ai commencé à dresser une liste des connaissances et compétences acquises, notamment en autodidacte, et de mes centres d’intérêt. L’écologie et la protection animale arrivent en tête de liste.

Le problème de la protection animale, c’est que ce qui m’intéresse ne se trouve qu’en bénévolat. Et le bénévolat, c’est très gratifiant, mais ça ne remplit pas l’assiette et surtout les compétences acquises n’ont aucune importance pour le recruteur. La France c’est le pays qui se touche sur les diplômes, et on peut acquérir toutes les compétences du monde, sans diplôme ça ne sert à rien.

J’ai aussi fait du petsitting pendant des années, mais aujourd’hui je ne peux plus garder d’animaux chez moi en raison des soucis de moisissures très visibles de mon appartement (pourtant je nettoie hein, mais même la javel ne suffit plus) et de mon chat qui n’accepte pas les autres animaux (hors de question de lui imposer ce stress). Je pourrais garder les animaux chez les autres, mais les gens sont très méfiants -et je peux les comprendre- et surtout je ne suis pas mobile, n’ayant ni permis ni voiture. Sans parler de la concurrence des petsitters de la « campagne » avec leurs immenses enclos pour pas cher…^^

L’écologie, je la soutiens en sensibilisant au maximum mon entourage, en votant en accord avec mes valeurs (oui, j’ai très mal vécu les résultats de la Présidentielle et je ne suis pas prête de soutenir notre chef d’État) et en agissant à mon échelle pour réduire mes déchets, en apprenant à lire une étiquette et à décoder l’enfumage marketing, entre autres.

Le métier de naturopathe me fait de l’œil depuis un certain temps déjà. Cependant, en France, c’est un métier qui n’est pas vraiment réglementé. N’importe qui peut se prétendre naturopathe après avoir suivi une petite formation sur internet. Cependant, si je dois le devenir, je ne veux pas suivre la première formation venue, et je veux une certaine reconnaissance dans le milieu.

Problème : j’ai envoyé une enquête métier aux naturopathes du coin, mais aucun n’a daigné me répondre. Pourtant, j’ai été polie, je me suis excusée du dérangement et je n’ai pas envoyé un questionnaire long comme le bras… tant pis.

J’ai donc été fouiller du côté des offres d’emploi pour voir si les entreprises cherchaient un profil ou un diplôme en particulier. Dans l’ensemble, non, les gens cherchent juste des naturopathes diplômés avec de l’expérience (évidemment) mais ne sont pas regardants sur la provenance du diplôme. Sauf pour certaines offres sur lesquelles un diplôme d’une école affiliée à la FENA est demandé. Si j’ai bien compris, la FENA regroupe des écoles dont le but est de dispenser une formation de qualité, de faire encadrer les étudiants par de véritables professionnels. Ce qui, déjà, se rapproche plus de mes exigences de formation.

Problème 2 : je n’ai pas envie de reprendre des études longues. Même si je ne trouve pas de travail actuellement, j’ai quand même 27 ans, alors suivre une formation de plusieurs années ne me laissant exercer qu’à partir de 30 ans… non merci. Pour moi c’est un an grand maximum.

Je suis allée regarder les sites des différentes écoles affiliées à la FENA, et après avoir exclu celles qui ne sont pas dans ma région et celles qui ne proposent que des formations longues, j’en ai retenu deux : Isupnat et Cenatho.

L’Isupnat propose deux formations : une intensive sur 15 mois et une en week-ends sur 36 mois. L’intensive est celle qui correspond le mieux à mes attentes et je correspond, en théorie, aux critères d’admission (malgré tout, vu que j’ai eu mon bac en 2007, je pense que j’ai besoin d’une remise à niveau en biologie).

Pour cette année de formation, le tarif de référence est de … 15000 euros. Pour les demandeurs d’emploi, il y a un tarif préférentiel de 11495 euros. Sachant que ce n’est que pour la formation, il faut également prévoir un gros budget livres (environ 300 euros), un budget fournitures, un budget rencontres professionnelles, et le transport… c’est totalement hors de mes moyens. Je n’ai pas de travail régulier, et mes économies n’atteignent pas le montant de l’année (et les économies en question sont là pour les coups durs, en dehors de ça je n’y touche pas). Je ne vois pas comment réunir cette somme. Le paiement est échelonnable mais quand on a pas d’argent, paiement échelonné ou non on ne peut pas payer. Et je n’ai pas cumulé assez d’heures de travail pour faire financer ma formation avec mes heures DIF (en plus je ne suis pas en poste).

De plus, je ne peux pas (et pour être honnête, je ne veux pas) faire d’emprunt. Les banques ne prêtent pas aux gens comme moi qui ont des maladies génétiques dégénératives. J’en avais déjà parlé avec mon conseiller qui me l’avait confirmé (il était désolé pour moi mais ne pouvait rien faire pour m’aider). Et puis je ne me vois pas faire d’emprunt sans garantie de travail à la sortie. Car oui il y a des débouchés, la France manque de naturopathes, mais si je veux m’installer là encore il y aura un coût, et si je veux chercher un emploi là encore je vais me heurter au barrage de l’expérience malgré l’immersion professionnelle prévue par la formation. Je n’ai personne dans mon entourage à qui emprunter non plus, encore moins une telle somme. L’école dit qu’il y a un suivi après la formation pour permettre aux jeunes naturopathes de s’installer mais j’ai du mal à croire au Père Noël.

Le Cenatho propose deux formations qui m’intéressent :

Celle de praticien de santé naturopathe, sur 16 mois, qui inclut également un stage d’été et 18 jours de TPD.

Celle de conseiller en boutique bio, qui dure 20 jours de cours et 10 jours de stage.

La première est évidemment la plus complète, celle qui m’intéresse le plus (sincèrement je lis la plaquette avec le programme et ça fait vraiment envie) mais c’est évidemment la plus chère : 10950 euros, hors coûts annexes comme les livres, le transport, ou les stages (sur la plaquette ça parle d’un stage en Belgique dans un hôtel 3 étoiles… donc le train, l’hôtel, etc). Là aussi, c’est hélas totalement hors de mes moyens, même avec un paiement fractionné. Je n’ai pas cette somme sur tous mes comptes en banque réunis.

La deuxième est moins complète mais offre des débouchés intéressants, bien que limités : création ou reprise d’une boutique bio, vendeur conseil en boutique, consultant conseil en laboratoire, commercial, ou même installation en tant que conseiller en bio-nutrition. Sans parler des déclinaisons possibles comme l’animation, les stages-découverte, etc. Elle coûte quand même 1800 euros, hors frais annexes comme le transport. C’est une somme plus « facile » à trouver mais malheureusement, je n’arrive pas à trouver de travail pour la réunir. J’ai cette somme sur mon compte en banque mais la débourser me mettrait en difficulté en cas de coup dur.

De plus, suivre une formation demande aussi de passer le PSC1, ce qui coûte en moyenne 75 euros hors coût du transport, ainsi qu’une consultation chez un naturopathe, ce qui coûte en moyenne 60 euros (pour le minimum syndical).

L’idéal serait de trouver un job de quelques mois pour avoir la somme, mais si c’était si simple, j’en aurais un depuis longtemps et je ne m’interrogerais pas sur une reprise d’études. Je suis donc un peu coincée, car très intéressée pour me former dans un cadre reconnu mais c’est hors de mes moyens. Même si c’est une formation qui mène à un travail intéressant et en accord avec mes valeurs (bien plus qu’aller aligner des conserves en rayon ou trier de la paperasse en tous cas).

Il me reste aussi la solution de la formation à distance, mais les tarifs ne sont pas forcément plus avantageux qu’une école (même s’ils permettent la formation à distance, ce qui m’arrange) et devoir aligner les billets pour le moindre stage de quelques jours ne m’enthousiasme pas réellement.

En tous cas formation ou pas j’ai les références de pas mal de livres et encyclopédies que je compte me procurer. Ça aussi, ça a un coût.

Bref, en résumé, je suis bien intéressée pour faire enfin prendre un virage à ma « carrière », en accord avec mes valeurs, mais le problème de l’argent me freine. Je ne sais pas trop comment faire financer ça, et surtout comment rembourser ensuite si ma formation ne change rien niveau emploi.

Comment perdre son temps sur Pôle Emploi, leçon 1

Bien qu’il existe plusieurs dizaines de sites gratuits d’annonces d’emplois, Pôle Emploi reste celui que j’utilise le plus, notamment parce qu’il est plus facile d’y satisfaire le flicage des conseillers (tous les sites ne permettent pas une copie de la candidature dans votre mail, et du coup, une preuve de candidature).

Le problème, c’est que ces dernières semaines, le filtrage des offres devient n’importe quoi et on perd notre temps. Enfin moi, j’ai l’impression de perdre le mien.

La même offre publiée des dizaines de fois

On connaissait le coup de l’offre déclinée pour tous les patelins de la Création (la même offre, mais publiée une fois par patelin, ce qui en fait souvent une dizaine). Je suppose que ça permet de donner l’impression qu’il y a du travail alors que non. Mais là, c’est vraiment la même offre, dans le même patelin, qui est publiée et republiée tous les jours. Il n’y a rien de mal à actualiser une offre, mais le souci, c’est que l’ancienne offre reste disponible. Dans mon historique, actuellement, j’ai une offre d’employée au courrier pour la même entreprise, dans la même ville, avec 14 numéros d’offres différentes et toutes encore en ligne.

C’est quoi le but, en fait ? C’est un bug, une absence de filtrage, ou c’est juste ENCORE une technique à la con pour mettre de l’eau au moulin de ceux qui prétendent qu’il y a des offres d’emploi pour tout le monde et qu’on est de gros fainéants qui ne cherchent pas ?

Inutile de vous préciser que même en postulant 14 fois (bah oui on est fliqués et avec Macron ça ne va pas s’arranger, donc…), on a pas de réponse. J’imagine que la personne doit être envahie de mails de candidature et la republication journalière ne doit pas aider… c’est le genre de « problème » qui n’encourage pas les entreprises à passer par Pôle Emploi…

Et évidemment, toi le chômeur, tu perds un temps fou à postuler à des offres probablement pourvues depuis longtemps, mais ce n’est pas grave, tu n’es qu’un chômeur, tu n’as que ça à faire de tes journées… sauf que le temps perdu, on pourrait le regagner à mieux travailler une lettre de motivation ou parcourir plus de sites (j’en découvre souvent de nouveaux ^^). Ou même prendre du temps pour nous au lieu de se dire que si on ne trouve pas c’est de notre faute 😉

Les offres partenaires actualisées alors qu’elles ne sont plus valides

Pôle Emploi propose un système d’offres partenaires : des offres présentes sur d’autres sites, publiées également sur Pôle Emploi, mais pour y postuler, il faut aller sur le site du partenaire. Bon, pourquoi pas. S’inscrire sur un site, avec tout le process que ça implique (surtout quand on ne veut pas voir son nom sur internet et qu’on vous oblige à laisser votre CV public pour candidater), c’est un peu chiant, mais on ne va pas chipoter.

Sauf que le système est mal foutu. Souvent, c’est une offre partenaire, qui est également une offre partenaire. J’explique :

Vous êtes sur Pôle Emploi, vous cliquez sur le site partenaire pour postuler. Sauf qu’une fois sur le site en question, il faut re-cliquer ailleurs pour postuler. Et ainsi de suite, plusieurs fois. Et quand vous arrivez ENFIN au bout de la chaîne…. eh bah l’offre est déjà pourvue, parfois depuis plusieurs mois ! La perte de temps à l’état pur, tu vas de site en site pour rien, et quand t’as une connexion pourrie, tu sens bien l’absence de vaseline. Je déteste que l’on méprise mon temps comme ça.

Je connais plus d’une personne qui ne clique même plus sur les offres partenaires justement à cause de ce problème, et c’est dommage, parce que l’idée n’est pas si mauvaise. Cependant, lorsqu’il n’y a aucune organisation derrière pour enlever les offres déjà pourvues… ça devient une agaçante perte de temps. Encore plus lorsqu’on signale les offres en question mais qu’on les voit toujours défiler, comme si on avait rien fait.

Bref, tout ça pour dire, quitte à faire des maintenances aussi longues sur ce site, autant embaucher des personnes pour trier les offres, ça fait de l’emploi, et ça allège le temps de recherche pour mieux se concentrer sur d’autres projets !

Prendre mon temps

sablier

Il y a quelques jours, ma conseillère m’a encore rappelée pour savoir « où ça en était ». J’ai l’impression qu’elle n’a pas l’intention de me lâcher les baskets. Elle m’a d’ailleurs renvoyé les offres qu’on avait vues pendant l’entretien (et pour lesquelles je lui ai dit que ce n’était pas possible de postuler) avec obligation de candidater sinon radiation. J’ai râlé suite à ça et elle m’a répondu que c’était la procédure, que je devais postuler aux offres vues en entretien. Je n’ai postulé nulle part et je me suis même payé le luxe de demander une attestation du directeur du magasin de mon homme qui lui dit de cesser de me forcer à postuler dans son magasin, car ils n’acceptent pas les couples et refusent de traiter mes candidatures. Voilà, ça calme.

Cependant elle a trouvé le moyen d’insister sur l’importance des PMSMP (Période de Mise en Situation en Milieu Professionnel) pour me faire une idée de certains métiers et appuyer mon dossier de reprise d’études, si du moins c’est encore d’actualité. Elle est mignonne avec ses PMSMP mais elle m’a confirmé que ce n’était ni rémunéré par l’entreprise (à la rigueur ils peuvent m’offrir quelques échantillons ou un pot de départ, mais rien en termes de salaire) ni par Pôle Emploi, et le but premier de ma recherche, c’est quand même de pouvoir gagner ma vie pour cesser d’être à charge. Si je dois aller travailler pour des clous, autant que ce soit réfléchi, je n’ai pas envie d’enchaîner les stages pour rien. Sans compter que faire un stage c’est bien beau, mais s’il n’y a aucun débouché derrière, ça ne sert pas à grand chose. J’admets que faire un stage dans un domaine qui me plaît mais qui n’est pas très porteur (comme par exemple les métiers du livre) peut se révéler plaisant, mais ce n’est pas ma priorité.

Il s’agit donc pour moi de définir ce que je veux exactement. Un domaine qui me plaît ? Un domaine porteur ? L’un n’empêche pas l’autre mais ce n’est pas toujours compatible. Pour moi ce qui importe surtout c’est :

  • La sécurité de l’emploi.
  • Une reprise d’études courte, voir très courte, et dans l’idéal aucune reprise d’études du tout.
  • Un domaine qui ne demande pas 35 millions de diplômes ou 20 ans d’expérience pour débuter.

Certains me diront que je cherche le beurre et l’argent du beurre, ce n’est peut-être pas tout à fait faux, mais je ne vois pas les choses comme ça. Je vois plutôt le stage comme un investissement de ma part avec une attente de bénéfices derrière. Je parais certes un peu radine mais pour moi le travail n’est rien d’autre qu’un moyen légal de remplir son compte en banque. Un stage, c’est quelque chose qui n’est pas rémunéré, les études non plus. Je tiens donc à passer le moins de temps possible dans cette phase. Pour moi ce doit être un tremplin et non quelque chose que je fais pour m’occuper en attendant mieux.

Les métiers de rédaction me tentent beaucoup, mais je n’ai pas de bons échos concernant les débouchés. Un stage dans le domaine me permettrait peut-être d’avoir le bon son de cloche à ce sujet, de savoir vraiment ce que les recruteurs attendent, tant en termes de diplômes que d’expérience, et d’avoir une idée du nombre de candidatures pour un seul poste. Et aussi quel est le type de contrat le plus répandu, parce que si c’est pour enchaîner les petits CDD non merci.

La comptabilité me fait toujours hésiter. J’ai été très déçue par mon échec au GRETA mais il m’a permis de soulever un détail : mon rapport aux matières scientifiques. Je détestais les maths à l’école, et après cet échec, j’ai voulu me remettre un peu dans le bain au cas ou. Mais je n’y arrive pas. Je n’aime pas les maths, c’est fou. Je n’arrive pas à en voir l’utilité et ça me débecte. Donc est-ce vraiment une bonne idée de vouloir faire de la comptabilité avec une quasi-aversion envers les maths ? Je n’en suis pas sûre. Pour le moment j’ai décidé de mettre cette option de côté.

De même, les métiers du livre me tentent vraiment mais ont très peu, voir pas de débouchés. Sans compter que la concurrence est très rude, surtout de la part d’entreprises comme Amazon. J’ai eu la possibilité de postuler à un stage auprès d’une libraire indépendante qui édite la box livres Exploratology, mais j’ai laissé passer cette chance car j’étais à fond sur ma reprise d’études via le GRETA. Je le regrette vraiment, car ce stage m’aurait non seulement permis de travailler un peu dans un domaine que j’aime mais en plus, j’aurais pu avoir une idée des difficultés des auto-entrepreneurs. J’ai envie de me flanquer des baffes, mais bon, maintenant c’est trop tard, ça m’apprendra à ne pas savoir me concentrer sur plusieurs projets à la fois. M’enfin je dis ça mais même si j’avais postulé, je n’aurais pas forcément été prise. Je préfère me dire ça pour me consoler ! 🙂

Ma mère m’a également parlé d’un projet que j’avais eu il y a quelques années, celui de travailler dans les Pompes Funèbres. Dit comme ça, ça fait glauque, mais j’ai un tempérament froid, je ne me laisse pas gagner par les sentiments des autres, et j’ai un rapport à la mort assez particulier, et tout ceci fait que je pourrais, je pense, travailler dans ce domaine. Dans mon cas il s’agirait plus du métier d’assistant ou de conseiller funéraire. Cependant c’est un métier qui demande un diplôme spécifique, et un certificat de qualification professionnelle délivré par la profession. Après, ça ne me coûte pas grand chose d’aller faire un stage puis de me renseigner sur les diplômes demandés, si du moins j’arrive à trouver une entreprise pour m’accueillir. C’est une piste que j’aimerais bien creuser (ceci n’est pas un jeu de mots glauque). Après, si vous, vous avez des informations, je prends ! 😉

Bref, en ce moment, je me creuse les méninges, je me renseigne, tout en postulant à quelques offres plus ou moins intéressantes par ci par là histoire que ma conseillère ne vienne pas me mettre des coups de pression. Je l’ai déjà bien rembarrée avec ses histoires de radiation car pour être franche, étant donné que je ne touche rien de Pôle Emploi, je n’ai strictement rien à cirer de me faire radier et donc je n’ai pas l’intention de la laisser dicter sa loi, surtout si ça va à l’encontre de mes projets et de mes ambitions. De notre entretien j’ai surtout retenu qu’elle voudrait que je prenne le premier emploi venu pour ne pas faire ma difficile, et ce même si l’emploi ne me permet aucune indépendance ou est en totale contradiction avec ce que je suis. J’ai envie de rire jaune. Si elle essaie de me caler avec des enfants ou des personnes âgées je ne mettrai pas 5 minutes à faire un meurtre. Bref.

Ce que les conseillers de Pôle Emploi comprennent mal, c’est que certaines catégories de métiers demandent une réelle vocation et non juste un appât de pépettes. Ils ne comprennent pas que ce serait dangereux de me faire travailler avec des enfants car je ne les supporte pas. Lorsque je suis en présence d’enfants, j’ai des réflexes violents. Mais non, ça ne leur monte pas au cerveau. Il faut faire sortir la chômeuse des statistiques. Bah, l’avantage, c’est que si on me fait travailler avec des enfants, ça fera sortir de futurs chômeurs des statistiques. Et en plus ça fera de l’emploi dans les pompes funèbres. C’est pas si mal en fait !

Changer de méthodes [Le Burn-out du chômage]

recherche emploiSource image : Bésot

En soi, le CAP Emploi n’a pas été la panacée. J’en suis toujours au même point, au chômage donc. Mais je ne m’attendais pas à grand chose et si j’ai fait cette prestation, c’est surtout pour faire le point sur moi-même. Car j’en étais rendue à un stade où je ne supportais plus rien. Je ne pouvais plus me taire devant les réflexions des autres, je ne pouvais plus rester correcte devant un recruteur odieux, mon seul échappatoire était l’écriture de mon livre qui me permettait de déverser les flots de cynisme et de désespoir enfermés en moi.

Très tôt, le groupe a remarqué ce que j’essayais de cacher : le fait que je n’en pouvais plus. Et ils ont mis un nom dessus : le burn-out. Je pensais que c’était un terme réservé aux salariés, qui n’était pas vraiment applicable à une personne qui n’était pas en situation de travail. Pourtant, si. J’étais à deux doigts de péter le plus gros câble de ma vie à force d’être enfermée dans une situation qui en plus d’être sans issue ne me convenait pas du tout. A force d’être jugée sur cette situation sur laquelle je n’avais aucun contrôle. Eh oui, c’est possible de faire un burn-out du chômage.

La pression sociale m’obligeait à postuler partout, à prendre n’importe quoi parce que « c’est mieux que rien », à oublier mes valeurs et mes envies pour sortir de ce carcan honteux qu’est le chômage. Et cette situation me pesait atrocement. C’est pour ça que je m’étais inscrite à cette prestation d’ailleurs, pour voir s’il était possible de faire quelque chose car je ne voyais pas la moindre issue.

La conseillère a eu énormément de mal à me cerner, car entre mes envies, mes blessures, et mon côté lunatique, c’était assez difficile de trouver quelque chose pour me satisfaire. Elle a commencé par me proposer un sacro-saint concours de la fonction publique, ce qui m’a à la fois énervée (ce manque d’originalité était désolant) et faite réfléchir, car j’avais envie de creuser la piste de la rédaction web. Elle m’a ensuite fait faire un test qui bien qu’un peu foireux, a mis en lumière le fait que l’archivage pourrait me convenir. Cependant, l’école proposant le diplôme me permettant de postuler dans l’archivage ne m’a jamais répondu par mail, et m’a raccroché au nez au téléphone après m’avoir dit qu’elle me passait le service concerné. Je me suis donc braquée et me suis dit que s’ils n’étaient pas foutus de me donner un petit renseignement, eh bien ils iraient se faire voir, je procèderai autrement.

J’ai ensuite eu une petite opportunité d’être représentante d’une marque auprès d’un magasin de grande distribution, mais même si la marque en soi est géniale et correspond à mes valeurs, j’ai peur car le métier est très commercial et je déteste ce côté. Sans parler des cas de corruption dont m’a parlé mon conjoint au sein de ce même magasin. Devoir graisser la patte de cet affreux directeur moralisateur pour qu’il vende mes produits alors que ce serait à son avantage de les proposer, non merci. Je refuse d’être corrompue ou de corrompre. Certaines marques ont même un budget spécial pots-de-vin ! J’ai malgré tout proposé mes services à la marque concernée et en attendant la réponse, j’ai terminé de faire le point.

Conditionnée par les autres à avoir honte de ma situation et à devoir accepter le premier poste venu, même précaire, j’ai décidé de dire stop. J’ai le droit d’être exigeante, j’ai le droit de refuser la précarité. Je ne vois pas de quel droit des gens qui ont déjà un travail, qui leur permet de vivre -chichement ou non- devraient me dicter ma conduite. Je ne dois rien à personne. Si une catégorie d’emplois ne me convient pas, alors je n’y postulerai pas. Désormais, je ne postulerai qu’à des postes qui me plaisent, ou du moins, qui correspondent à ma manière d’être. Plus de candidatures à des postes de caissière, d’agent d’accueil, de je-ne-sais-quoi à base de contact avec la clientèle. Tout ça, ce n’est pas moi, terminé l’humiliation de se voir refuser un poste qui en plus d’être très en dessous de mon niveau d’études ne me plaisait pas.

Je n’ai plus honte de vouloir choisir, de vouloir quelque chose dans lequel je pourrai m’épanouir au lieu de me forcer à être ce que je ne veux pas. J’ai totalement modifié mon CV pour ne plus mentir, je veux être moi-même. Je n’ai peut-être pas beaucoup d’expérience -au total ça doit faire moins de deux mois- mais j’ai énormément de potentiel, je suis une bosseuse acharnée et je ne suis pas exigeante au niveau du salaire -le minimum syndical me convient-. Mieux encore, ma RQTH peut rapporter de l’argent à la personne qui m’embauchera. Ma conseillère m’a montré les sommes et c’est assez édifiant. Plusieurs mois de SMIC sont remboursés, j’ai largement de quoi faire une période d’essai gratuite au patron. Alors aucune raison de me laisser écraser s’il y gagne plus que moi !

Je me suis inscrite sur plusieurs sites de rédacteurs web car je reste persuadée que je peux creuser mon trou dans ce domaine. Je sais écrire. Non seulement on me l’a souvent dit mais j’en ai aussi conscience. Même si ça prend du temps, je me ferai une place.

J’ai aussi décidé de postuler à des emplois de type archivage et classement, notamment en mairie et dans l’administration. Je n’ai pas de diplôme précis en ce sens mais je ne pense pas qu’il faille sortir de Saint-Cyr pour classer des documents ou trier du courrier. Il suffit de me montrer la méthode et c’est bon. Je suis observatrice et j’apprends vite. Aucune raison de me mettre des barrières. C’est un métier que mon ex, sans expérience aucune, a exercé à l’âge de 18 ans. Pourquoi est-ce que je n’y arriverais pas à 25 ?

J’ai vraiment fait un gros tri dans ma manière de faire. Comme je ne suis pas très débrouillarde -il me faut bien un défaut dans cet article débordant d’optimisme, ça devenait niaiseux- j’ai quelques difficultés pour déterminer où je dois postuler, comment aborder les choses. Quand on ne connaît pas grand chose du métier et qu’en plus on n’a pas d’expérience, il ne nous reste pas grand chose à mettre en avant pour faire en sorte que notre candidature se démarque. Qui pourrait bien recruter une archiviste débutante ? Il existe un concours aussi…

J’ai exclu tous les métiers à base de contact humain, car ça aussi, ce n’est pas moi. Il est temps que je m’assume plutôt que de chercher à changer ma nature. Si je ne supporte pas les gens, autant bosser dans l’ombre ou limiter un maximum les interactions. Sans clientèle à gérer, ce sera déjà plus simple. Je pense être capable de supporter des collègues ou une hiérarchie, tant que je ne tombe pas dans un nid de serpents ou un ramassis d’idiots.

Bref, je veux changer. Je veux aborder ma recherche d’emploi d’une autre manière, mes entretiens seront sans doute plus détendus et différents. Je ne veux plus de cette boule au ventre lorsque je fais une candidature pour un poste que je me sais incapable de tenir. Maintenant je vis et je tiens l’opinion des autres loin de moi. Me préserver est la priorité. Plus d’emploi au prix de ma santé mentale.

Maintenant, reste à voir si ce changement sera efficace ou non. J’aimerais bien changer mon ennuyeuse routine pour devenir une working girl et avoir une raison de me lever le matin.

Mon parcours scolaire

lycée orléans

Je me rends compte qu’en fait, je parle souvent des problèmes que m’occasionnent mon diplôme, de mes aspirations, mais que je n’ai pas parlé de mon parcours en détails. Il est assez classique en soi mais j’avais envie de vous parler des raisons qui m’ont poussée à faire ces choix et pas d’autres.

Il se trouve que j’étais très bonne à l’école, excellente même, ce qui a fait prendre la grosse tête à ma mère. Elle qui avait mis sa carrière entre parenthèses pour s’occuper de moi (elle était seule) vivait son succès par procuration. Une erreur qu’elle n’a pas été seule à faire. Elle me poussait sans cesse à travailler alors que ce n’était pas nécessaire : j’avais de telles facilités que je retenais mon cours sans même l’écouter et tout le travail qu’elle me forçait à faire était inutile. En fait, ça m’a surtout dégoûtée de l’effort. Je voyais bien que ce que je faisais ne servait à rien et donc j’y mettais toute la mauvaise foi du monde. Ce qui entraînait des reproches et donc, du travail supplémentaire…

A l’époque, j’entendais souvent ma mère râler comme quoi il y avait beaucoup d’écoles « pour les sous-doués » (comprendre par là : les élèves en difficulté) mais rien du tout pour les surdoués. Et au fond, c’était vrai. Il n’y avait rien du tout pour les gens comme moi qui étaient tirés vers le bas dans le circuit normal, détestés et mis à l’écart à cause de leurs facilités. Ma mère a tenté de m’inscrire dans le privé, mais ce privilège fut refusé malgré mes notes : c’était un établissement élitiste, comprendre par là, réservé aux riches.

Au collège, on commençait un peu à parler orientation, car le lycée nous permettait de suivre différentes voies dès la seconde. Nous avions le choix entre les sciences économiques et sociales, les sciences de l’ingénieur et la gestion. J’étais plus attirée par les sciences de l’ingénieur (petite nerd oblige) mais le souci, c’est que cette voie supprimait les SVT (Sciences de la Vie et de la Terre) de mon programme et j’avais encore pour ambition d’être vétérinaire. Je me suis donc rabattue sur les sciences économiques et sociales. Je n’étais pas du tout intéressée par cette matière, qui n’était pas nulle en soi, mais la prof que j’avais ne savait pas du tout se rendre intéressante. Les cours étaient mornes, elle passait plus son temps à faire la police qu’autre chose (j’étais dans une seconde de demeurés -_-), et on avait un retard faramineux dans le programme.

En seconde s’est posé mon premier « gros » choix. Je devais choisir entre première scientifique, littéraire ou économique. Pour être vétérinaire, il me fallait évidemment choisir la scientifique, mais je commençais à m’interroger : n’ayant aucune notion d’effort, d’organisation, je me suis vite retrouvée perdue en maths et en physique-chimie, qui demandaient plus d’investissement que prévu. Mes notes n’étaient pas mauvaises, mais devenaient moyennes. Et moi je commençais à me poser des questions.

Cependant, ma mère ne m’a pas laissé le choix : je passais en S, ou bien elle me rendrait la vie impossible et me foutrait dehors à 18 ans. Elle n’y est jamais allée de main morte. Du coup, malgré les quelques difficultés qui commençaient à arriver, je suis passée en S. Ce que je reprochais à cette filière, c’était le fait de faire des calculs pour des calculs, de faire appliquer des formules sans même nous dire à quoi elles servaient… j’ai tendance à faire un petit blocage mental quand je ne sais pas à quoi sert ce que je fais. Calculer pour calculer franchement, non. Du coup je me suis braquée et si ma mère n’avait pas trouvé une prof particulière géniale je n’aurais pas continué en S. J’aime savoir où je mets les pieds, et apprendre des choses utiles. Je n’ai pas trouvé que la filière S, pourtant si réputée m’ait apporté quoi que ce soit.

Est venue alors la question de mon orientation post-bac, et là je vais faire un petit hors-sujet.

***

Sur un forum que je suis, j’ai vu un père de famille s’interroger sur le fait d’envoyer sa progéniture dans un établissement classé ZEP ou non. Il faut savoir que j’ai été dans un collège ZEP, puis dans un lycée qui sans être officiellement ZEP servait de poubelle de la ville. Ce papa s’inquiétait du niveau de ces établissements mais souhaitait envoyer sa fille à ce qu’il appelle « l’école de la vie ».

Je vais commencer par parler de cette fameuse « école de la vie ». La mixité sociale et compagnie, je ne l’ai vue que sur le papier. Les blancs étaient entre eux, les noirs entre eux, les rebeus entre eux. Tu parles d’une mixité. Il y avait très peu de blancs et ils étaient à l’écart. Moi, j’étais aussi à l’écart, car en plus j’avais de super notes alors qu’il était à la mode de jouer les rebelles et d’enchaîner les bulles. Des amis m’ont parlé de leur expérience dans des collèges normaux et il n’y avait pas de ségrégation comme j’ai connu. Le collège ZEP de mon enfance, c’était très mixte, mais les communautés étaient entre elles sans se mêler, et ça clashait très facilement. Et l’ambiance était très « je te tire vers le bas ».

Mais le pire, c’était le niveau. Je ne m’en rendais pas compte à l’époque car je ne savais pas quel était le programme des autres établissements. Le privé ne m’a jamais laissé ma chance en raison de la situation financière de ma mère. Je faisais ce qu’on me demandait et je le faisais très bien, j’ai culminé à 19-20 de moyenne pendant quatre ans. Mais au lycée déjà, j’ai pu constater qu’il y avait une certaine différence de niveau. Certains pans entiers du programme avaient été occultés, et surtout on nous demandait beaucoup plus de boulot à la maison. Si je voyais une différence entre un collège ZEP et un « lycée-poubelle », c’est que déjà il y avait anguille sous roche. Mais quand je suis arrivée à la fac, c’était le pompon.

La différence de niveau était juste phénoménale. On m’avait dit qu’il y avait une grosse différence, mais je ne pensais pas que c’était à ce point. Pourtant certains élèves suivaient sans aucun problème. Les élèves de lycées privés ou cotés.

Même mon prof de chimie était vraiment surpris de voir que j’ignorais totalement certaines formules pourtant au programme de lycée, et il ne pouvait pas se permettre de faire de la remise à niveau. Quand je lui ai donné le nom de mon lycée, il a compris. Mon lycée n’était pas ZEP mais en avait la réputation.

Mon expérience ne fait pas office de généralité, mais si vous avez le choix entre envoyer votre enfant dans le privé plutôt que dans le public ou pire, choisissez le privé. Pensez à son avenir. C’est mignon de vouloir lui faire connaître la mixité sociale mais quand il se retrouvera au chômage des années plus tard car il n’a pas pu faire d’études convenables il vous en voudra.

***

Bref, revenons à nos moutons. Je n’étais plus aussi enthousiaste qu’avant à l’idée d’être vétérinaire, mais je me suis quand même inscrite en prépa. J’ai dû la faire à distance, car c’était dans une autre ville et ma mère n’avait pas les moyens de me loger ailleurs. La bourse ne suffisait pas et je n’avais pas les sous pour me déplacer en entretien d’embauche dans une autre ville tous les quatre matins.

La différence de niveau était monstrueuse, comme j’étais à distance je ne bénéficiais d’aucune aide pour me remettre à flot et pour moi qui n’avais pas de notions d’organisation j’étais juste débordée de travail. J’ai abandonné pour aller m’inscrire en fac de biologie.

Cependant, la fac de biologie avait le même problème : j’étais juste complètement larguée. J’avais beau aimer les matières, m’y intéresser sincèrement, je n’avais pas le niveau. On nous parlait de notions censées être vues depuis le lycée, et aucun rappel n’a été fait. Le programme de première année est trop chargé pour se permettre des interludes « la biologie pour les nuls ».

J’ai donc commencé à parler à ma mère de réorientation dans le domaine littéraire. Elle n’était franchement pas d’accord mais a dû se rendre à l’évidence, je ne suivais pas du tout en sciences. Mes notes étaient catastrophiques -sauf en géologie étrangement, où j’avais 19 de moyenne-. J’ai donc fini par obtenir un feu vert que j’aurais bien aimé avoir plus tôt.

J’hésitais entre les langues et l’histoire, car si j’ai de grosses facilités en langues, j’adore également l’Histoire. Mais l’Histoire ne menait guère à autre chose qu’au professorat et jamais, jamais je ne pourrai être prof. J’en étais bien consciente à l’époque. J’ai donc choisi de m’orienter en Langues Étrangères Appliquées, anglais-espagnol, sans grande conviction. Je voulais faire chinois mais ce n’était pas disponible dans ma fac. Je savais très bien que ça ne me mènerait à rien et je voulais faire un diplôme plus professionnalisant, en alternance, mais ma mère s’y est farouchement opposée, avec en tête l’idée que l’alternance est faite pour les gens « manuels, sans cervelle ».

Je me suis donc coltiné trois années de fac bien ennuyeuses et surtout inutiles. La traduction, c’est une orientation bien gentille, mais la réalité du monde du travail c’est qu’il faut avoir au moins deux langues maternelles, ou être de langue maternelle étrangère. Je n’ai pas réussi à trouver quoi que ce soit dans le domaine après mes études et je me suis rendue à l’évidence : j’allais en chier. Un séjour à l’étranger aurait pu m’aider, mais je n’avais pas les moyens. Jeune fille au pair est une solution, sauf quand comme moi on ne supporte pas les enfants.

Je me suis donc retrouvée comme une conne après mes études. Mon diplôme ne suffisait pas pour faire quoi que ce soit, et j’étais trop traumatisée par l’école pour vouloir y remettre les pieds. J’ai essayé les petits boulots pour commencer au bas de l’échelle quelque part, mais comme vous pouvez le voir en parcourant mon blog, ce n’était pas si simple… et je me retrouve, aujourd’hui, avec un diplôme inutile qui m’handicape.

Réfléchissez bien lorsque vous vous orientez… les débouchés sont plus importants que l’intérêt. Car faire des études qui nous plaisent, c’est mignon, s’orienter par défaut parce qu’on ne sait pas quoi faire, c’est mignon aussi, mais le plus important ce sont les débouchés. Déjà que le taux de chômage est énorme, on ne va pas en plus se mettre des bâtons dans les roues. Peut-être que je m’en serais mieux sortie si j’avais eu l’habitude de bosser au lieu de me laisser porter par mes facilités, ou si j’avais été plus à l’aise avec mes camarades. Mais en attendant voilà comment j’en suis arrivée là.

Mais comment savoir quel métier est fait pour moi ?

personnalité

Je suis diplômée depuis trois ans. Rien de bien folichon, une licence de langues, option traduction, qui m’a fermé des portes plus qu’elle ne m’en a ouvert. Le souci, c’est qu’au bout de trois ans, je me dis qu’il serait temps que je pense réorientation. Le truc, c’est qu’on ne se réoriente pas comme ça :

– Déjà, Pôle Emploi me met des bâtons dans les roues. Je me trouve un métier, un entreprise, eh bah non, ils ne veulent pas me faire une convention de stage. On m’a glissé dans l’oreille que c’est parce que je ne suis pas allocataire, et que priorité est donnée aux vilains parasites qui touchent l’argent du contribuable. Mouais, j’en connais, des « vilains parasites » et ils ont tout autant de difficultés que moi à se réorienter.

– Ensuite, parce que je ne supporte pas l’école. Je ne supporte pas d’être entourée de monde, d’être forcée à travailler en groupe -la plupart du temps avec des débiles qui me laissent tout le boulot pour en récolter les lauriers-, et j’ai trop de souvenirs traumatisants là-bas pour avoir envie d’y remettre les pieds.

– Enfin, qui dit métier qui m’intéresse ne dit pas formation accessible pour autant ! Tarifs exorbitants, école dans une autre ville, secteur bouché… etc, etc, etc.

Je ne sais pas quel métier serait vraiment fait pour moi. Je n’ai aucune vocation, rien qui me branche plus que ça. En dehors de mes « passions » (je dis passions car ça me plaît, je m’y intéresse, mais pas au point d’y consacrer ma vie) il n’y a aucun secteur dans lequel je me verrais continuellement. Par contre il y a des secteurs dans lesquels je ne me vois pas du tout, c’est déjà ça !

Je suis quelqu’un qui supporte très mal, voire pas du tout, le contact humain. Il y a tellement de clients qui se permettent de prendre les employés de haut, de gens méprisants, pédants… à une époque, je supportais sans broncher, mais aujourd’hui, à force de me prendre des portes claquées en plein visage, je ne peux tout simplement pas supporter un client qui me prend de haut sans répliquer, et ça, forcément, ça ne passe pas au sein d’entreprises qui considèrent le client comme roi. Moi, les rois, je leur coupe la tête, je suis une bonne française. Mais ne pas supporter le contact humain ferme énormément de portes, y compris dans les boulots alimentaires. Vous voyez une caissière insultée répliquer d’une baffe en pleine gueule ? Vous ne la reverriez pas lors de vos prochaines courses… même si pour le coup elle aurait raison !

A une époque, je faisais pas mal de tests d’orientation. Plus pour rigoler qu’autre chose (certains résultats sont quand même sacrément what the fuck) mais dans l’ensemble, ils donnent des pistes qui ne sont pas négligeables. J’ai fait une petite sélection de résultats qui me correspondent plutôt bien :

« Chez toi, c’est la logique qui prime ! Super réfléchie, tu analyses systématiquement tous les problèmes qui se posent à toi et tu prends le temps d’établir un plan bien carré avant de t’y attaquer.

C’est d’ailleurs vers toi qu’on se tourne quand on a besoin d’une personne organisée et calme. Tu vas à l’essentiel, sans t’embarrasser de petits détails insignifiants. »

Et c’est plutôt vrai ! Même si je perd mon calme face à la connerie humaine, je suis quand même quelqu’un de flegmatique. Par contre, les métiers conseillés par ce site ne m’inspirent pas énormément : Comptable, commerciale, informaticienne, médecin, chercheuse… rien qui me tente.

Vous avez le goût des activités de classification, d’organisation et de gestion. Le côté répétitif d’une activité ne vous effraie pas. Vous pouvez vous adapter à des structures importantes et jouer un rôle facilitateur.

Oui en effet, le côté répétitif d’une tâche ne m’effraie pas du tout, ça me rassure même. J’ai une excellente mémoire et donc je sais que je fais ma tâche correctement, je n’ai aucunement besoin de stresser. Par contre, ça ne veut pas dire que je ne me lasse pas au bout d’un moment… parmi les métiers proposés, la comptabilité revient encore. Pourtant, je ne suis pas super à l’aise avec les chiffres, même si je suppose que c’est une question d’habitude. On me propose aussi le secrétariat ou de devenir juriste. Rien qui me tente non plus.

J’ai également fait un test de personnalité :

Investigateur 100 %

Les personnes de ce type ont besoin d’étendre leurs connaissances en permanence. Elles aiment observer, rechercher de l’information, comprendre leur environnement et résoudre des problèmes. Elles se sentent à l’aise dans les activités nécessitant de la réflexion.

Méthodique 65 %

Les personnes de ce type ont une préférence pour les activités méthodiques avec un objectif précis. Elles savent instruire des dossiers, mettre en œœuvre des procédures, gérer des données chiffrées. Elles apprécient de travailler dans un environnement bien organisé.

Le premier aspect est tout à fait vrai. Je m’intéresse à énormément de choses et j’ai toujours besoin d’en savoir plus : je fouille les tréfonds de l’internet et des bibliothèques pour trouver l’information que je veux. Le souci, c’est que je m’intéresse… à ce qui m’intéresse, et le reste, je m’en tamponne le coquillard. Je serais incapable de mettre en œuvre tant de recherches pour quelque chose qui ne m’intéresse pas. J’aime être la tête pensante derrière un projet, celle qui l’organise dans l’ombre, celle qui fuit les projecteurs. Pour le deuxième aspect, ça me correspond aussi plutôt bien, à part pour les données chiffrées, mais comme expliqué précédemment je suppose que c’est une question d’habitude. Une fois de plus on me présente des métiers administratifs et financiers. D’un côté, oui, avoir le nez dans la paperasse ne me dérange pas, de l’autre, tout dépendra de l’environnement : si je dois travailler avec des gens qui ne branlent rien, des bavards, des intrusifs, je vais juste devenir folle. J’ai besoin d’avoir MON bureau, avec une porte qui ferme. A clé.
Un dernier test m’a également dirigée vers la voie de l’audit, de la compta. Il faut croire que les concepteurs de tests aimeraient me voir jongler avec les chiffres. La compta. Ce n’est pas un métier qui m’attire, mais d’un autre côté, ce n’est pas un métier qui me fait vomir rien que d’y penser. Je me dis « pourquoi pas ». Mais pour s’orienter là-dedans, il faut un diplôme, et donc, il faut que je reprenne mes études… et pour ça, le souci de la phobie scolaire se pose. Sans compter que je veux une formation pratique, pas seulement théorique, sinon je suis bonne pour retourner à Pôle Emploi. Il me faut de l’expérience professionnelle. De préférence en grande entreprise, pour ne pas avoir trop de responsabilités. Car qui dit responsabilités dit contacts fréquents… et je préfère me fondre dans la masse !
En fait, il y a toujours un obstacle à une éventuelle réorientation. Il me faudrait vraiment une formation où je suis 100% du temps en entreprise, tranquillou… mais ça, je crois que ça s’appelle un travail, tout simplement ! Et le monde du travail ne semble pas très enclin à m’accueillir.
On me dit souvent qu’il existe des associations d’aide à l’orientation, la réorientation, et j’ai tenté d’en approcher certaines. Mais à chaque fois on me répond que j’ai un diplôme, que je suis encore jeune, donc je ne suis pas à plaindre et au revoir mademoiselle. On me dit aussi d’exploiter mon « talent » (parce que je ne vois franchement pas ce que j’ai d’exceptionnel) en écriture. Sauf qu’on ne devient ni écrivain, ni rédacteur en claquant des doigts ! J’ai été rédactrice bénévole pour le site jeuxonline il fut un temps, mais… bénévole, ben ça prend du temps et ça ne paie pas les factures. Et visiblement ça ne compte pas comme expérience professionnelle.
Bref, je ne sais pas vraiment comment me réorienter. J’aimerais bien apprendre un métier à l’ancienne, sur le terrain, sans avoir à me goinfrer de théorie qui la plupart du temps ne s’appliquera jamais (un peu comme étudier la civilisation quand on devient traductrice : c’est juste useless). Je peux emmagasiner tellement de connaissances en peu de temps… je devrais peut-être faire du droit tenez, je n’aurais aucun mal à retenir des milliers de définitions et de cas x) Ou alors, je continue de postuler partout jusqu’à trouver un boulot alimentaire sans perspective d’évolution. C’est pas mal ça aussi.

 

Recherche d’emploi : comment je m’oblige à garder un certain rythme

Remettre à demain

-Article initialement publié le 30 décembre 2013-

Ceux qui me suivent depuis un certain temps savent très bien que je suis en recherche d’emploi, mais aussi en grosse galère à ce sujet : car j’ai beau faire preuve de zèle et d’activité dans ma recherche, je ne trouve rien pour autant.

Mais la question qui se pose est : quel rythme est-ce que je m’impose ? Qu’est ce que je fais exactement ?

Ne pas avoir d’horaires décalés

Je mets un point d’honneur à avoir des horaires de travailleuse et je me suis donc adaptée aux horaires de mon conjoint, qui est employé libre-service. Il se lève vers 4h30/5h du matin et se couche vers 21h.

Je ne déroge jamais à cette règle (à moins de ne pas avoir dormi de la nuit auquel cas je me recouche, mais c’est rare. Après tout un travailleur qui a mal dormi va quand même au boulot).

Au moins, ainsi, lorsque je trouverai un travail je n’aurai pas besoin du temps d’adaptation inactivité-rythme de travail.

Un certain nombre de candidatures par jour

Je me suis fixé un objectif de deux candidatures minimum par jour. Des candidatures bien évidemment crédibles pour mon profil : il m’arrive d’en faire plus, mais jamais moins, quitte à passer des heures sur tous les sites de recherche d’emploi disponibles.

J’adapte mon CV et ma lettre de motivation à chaque entreprise et chaque poste visé, même si parfois l’envie de bâcler n’est pas ce qui manque ^^

Hélas, ce zèle est rarement récompensé, le pourcentage de réponses reçues est vraiment faible.

Chasser les chasseurs de têtes

C’est un exercice un peu compliqué par rapport à une recherche d’emploi classique : en fait, il existe un certain nombre de consultants en recrutement qui parcourent le web à la recherche du profil idéal. Mon profil n’a rien d’idéal mais possède la mention de travailleuse handicapée, et les entreprises sont censées avoir un certain quota d’employés handicapés. Mon but est de me faire repérer par ces entreprises.

La recherche commence par une classique recherche Google : il faut trouver les cabinets spécialisés dans le recrutement de personnes handicapées. Généralement les sites de ces cabinets affichent un trombinoscope avec les noms de leurs employés et leur fonction. Jackpot ! Il suffit de récupérer les noms et d’aller ensuite sur leur profil LinkedIn ou Viadeo.

Les noms des derniers visiteurs s’affichent et généralement ces comptes sont premium. Il suffit qu’ils cliquent sur votre nom par curiosité, et si votre profil tape dans ce qu’ils cherchent, c’est bingo.

Vous pouvez également choisir de les appeler directement, mais la seule fois où j’ai essayé je me suis faite envoyer bouler par un consultant qui n’a pas apprécié d’être le démarché et non le démarcheur ! Du coup je me contente de cette approche discrète. Mes profils LinkedIn et Viadeo sont évasifs et contiennent le strict minimum et sont sans photo. Le but est de mettre en avant mon statut de travailleuse handicapée qui pour beaucoup occulte mon manque d’expérience, le but étant de remplir les quotas ^^

Mettre régulièrement à jour mon profil sur les sites de recherche

Pôle Emploi est loin d’être le seul site de recherche d’emploi (même sur Keljob j’ai trouvé plus d’offres que chez eux… xD ), et la plupart des sites demandent au candidat de remplir un profil, le plus détaillé possible.

Et si un employeur cherche quelqu’un, les profils apparaîtront en fonction de leur actualisation : en gros, ceux qui sont mis en avant sont ceux qui mettent à jour leur profil, très régulièrement.

Je m’oblige donc, au moins une fois par semaine, à mettre à jour ce profil, même si je n’ai rien à rajouter (je supprime et je rajoute le même truc, ça suffit à être considéré comme une actualisation). Au moins comme ça je reste mise en avant (si on peut ça appeler mise en avant, quand on considère que des milliers de gens font comme moi) si un recruteur potentiel passe par là.

Déposer des CVs aux grosses entreprises de mon quartier

Dans mon quartier il y a de grosses entreprises, notamment dans la grande distribution. Bon, ils ne répondent jamais à mes candidatures, sauf pour des petits remplacements de quelques jours (et encore, pour ne plus donner suite après), mais c’est toujours ça de pris. Et puis ça ne coûte que de l’encre.

Se tenir au courant de l’actualité du secteur dans lequel je postule

Cet aspect là, c’est surtout pour avoir quelque chose qui me permet de me démarquer en entretien (en oubliant que les autres font pareil ^^) : je me tiens au courant de l’actualité de l’entreprise, ses réussites comme ses déboires, et de l’état du secteur en général. C’est encore mieux quand on a un contact dans le secteur, mais sinon, Google existe et renseigne plutôt bien.

Tout dépend de la personne que l’on a en face de nous, mais rares sont les employeurs qui n’apprécient pas que le candidat sache réellement dans quoi il met les pieds.

Faire mon projet professionnel

Mon conseiller Pôle Emploi refuse de m’aider à construire un projet professionnel cohérent et adapté. La Mission Locale m’a envoyée paître pour leur Parcours d’Orientation Professionnelle car selon eux j’ai un diplôme et ça suffit donc à m’orienter. Ils ne prennent pas en compte les débouchés du diplôme en question.

Bref, en résumé, je n’ai plus qu’à mettre mes papattes sur mon clavier pour construire seule mon projet professionnel, en fonction de mes aspirations, de l’état du marché, de tout un tas de choses auxquelles je n’y connais rien et j’aurais bien besoin d’aide. Je me débrouille un maximum, en me renseignant, en essayant de me tisser un petit réseau, mais ce n’est pas aussi efficace que si j’étais guidée dans mes démarches.

Mais au moins, ça m’occupe !

Voilà voilà, vous savez maintenant comment je gère ma recherche d’emploi. Je tiens aussi un petit dossier Excel avec des statistiques (nombre de candidatures/entretiens/réponses reçues), qui me sert surtout à balancer au visage de ceux qui disent que je ne cherche pas que c’est faux.

J’ai l’honneur de vous annoncer que cette méthode est strictement inefficace depuis 2 ans, mais je ne sais pas quoi faire de plus 😡

Dessin : Eric Eggerickx, galerie photo d’Eric Meuleman, Flickr

Rendre son CV et sa lettre de motivation attractifs, l’enfer

Le Cv de l'ingénieur

La première étape lorsqu’on cherche un emploi, c’est évidemment de rendre son CV et sa lettre de motivation attractifs, afin de donner aux recruteurs l’envie de vous recontacter.

Le souci, c’est que les avis divergent complètement à ce sujet.

Certains vous diront qu’un peu de fantaisie et de couleur dans votre CV ne fera pas de mal, afin que l’œil du recruteur soit attiré par votre CV parmi la masse de papiers noirs et blancs parmi laquelle il se débat.

D’autres vous diront qu’au contraire, les recruteurs français sont très psychorigides et qu’il faut surtout rester sobre, avec une mise en page classique, sans rien qui dépasse.

Le pire ? C’est que ces deux écoles ont raison ! Tout dépendra du métier pour lequel vous postulez, de la boîte dans laquelle vous postulez, du type de contrat que vous visez. La réalité, c’est qu’il faut adapter son CV à chaque candidature, même pour les jobs alimentaires.

Une entreprise « haut-de-gamme » peut tout aussi bien apprécier un CV couleur (quand je dis couleur, je ne parle évidemment pas d’un CV écrit en rose bonbon sur fond bleu ciel, on se comprend), montrant la créativité de la personne, comme un CV sobre et impeccable. Tout dépendra de l’emploi visé. Une personne visant un travail artistique, réclamant une certaine autonomie, inventivité, talent, se devra de faire mieux qu’un CV classique dont le modèle a été trouvé sur internet.

Par contre, pour votre job d’été à McDo, il est inutile de chercher à se démarquer : des centaines de jeunes postulent pour le même emploi alimentaire et ce n’est pas un peu de couleur qui changera quoi que ce soit : pour passer la première sélection, c’est soit de la chance, soit du piston.

La plupart du temps, la partie couleur de votre CV sera juste le petit encadré avec vos coordonnées. Il ne faut jamais trop en faire. Jamais.

Photo ou pas photo ?

La photo est souvent déconseillée sur le CV, à cause de toutes les formes de discrimination qu’elle entraîne : noir, moche, etc, tout est bon pour écarter tel ou tel candidat pour réduire le choix.

Je dirais que la photo est quasiment indispensable pour les postes nécessitant une présentation impeccable, comme les hôtes d’accueil ou les vendeurs.

Le souci, c’est que tout le monde n’est pas mannequin et que vous pourrez très bien vous faire recaler à un poste que vous pouvez parfaitement assumer, juste parce que le recruteur n’aime pas votre bouille.

Si vous êtes photogénique, avec une apparence plutôt avantageuse, je vous dirais bien de ne pas hésiter. Mieux vaut être embauché pour son physique que ne pas être embauché du tout, n’est-ce pas ?

Cependant, si vous n’êtes pas photogénique (ça arrive !), ou que vous avez du mal à faire transparaître une émotion via la photo (si je prends mon propre exemple, je n’aime pas du tout la photo, et j’ai l’air de vouloir tuer quelqu’un sur mes photos d’identité. Pourtant ce n’est pas du tout le cas (quoique parfois… bref) ! Sauf qu’un recruteur se fiera à la photo et jettera mon CV à la poubelle, à cause d’une fausse impression), je vous déconseille de mettre votre photo sur votre CV, y compris pour les postes qui en nécessitent une obligatoirement. Beaucoup disent que les CVs avec photo sont plus consultés, mais les recruteurs cherchent des CVs par mots-clés, pas par photo. Vous aurez tout autant de chances que les autres de voir votre CV consulté, et esquiverez la discrimination.

La lettre de motivation

La lettre de motivation est un cas spécial. Nombreux sont ceux qui vous diront d’éviter les modèles trouvés sur internet, vus et revus par les recruteurs. C’est plutôt vrai. La lettre de motivation est ce qui fait la différence entre deux candidats identiques. Elle doit refléter votre envie réelle de décrocher le job.

Pour un boulot alimentaire, si la lettre de motivation est exigée (ce qui est hypocrite, personne ne croira que c’est votre rêve de vendre des sandwichs à la chaîne par exemple), je vous suggère d’en faire le minimum. Vous avez vu l’annonce, le poste vous intéresse, vous souhaitez rencontrer la personne. Le plus délicat sera, en entretien, de ne pas éclater de rire lorsqu’on vous parlera de l’image de marque de ce célèbre fast-food et de sa clientèle « exigeante ».

Il n’est pas très utile de mettre l’accent sur vos compétences professionnelles. Généralement, elles sont déjà indiquées sur le CV et font doublon. Il faut plutôt mettre l’accent sur les raisons qui vous poussent à postuler, votre motivation, vos ambitions, votre connaissance de l’entreprise, sans non plus en dire trop car il faut bien garder quelque chose à dire en entretien.

Si vous n’avez pas ou peu d’expérience professionnelle, il s’agit de mettre l’accent sur votre ressenti, sur ce que vous attendez du poste, ce qu’il vous apportera et ce que vous apporterez à l’entreprise.

De nos jours, l’absence ou le manque d’expérience fait peur. Même pour les emplois non-qualifiés, le recruteur préfèrera prendre quelqu’un qui a de l’expérience plutôt qu’un jeune qui débute. Ce qui, d’ailleurs, conduit beaucoup de jeunes diplômés à « trafiquer » leur CV afin d’ajouter de l’expérience, pour faciliter l’embauche.

« Trafiquer » son CV, oui ou non ?

Avant tout, il faut savoir que « Produire un CV mensonger constitue une faute susceptible de justifier un licenciement si les fonctions du salarié exigent de sa part une honnêteté et une loyauté irréprochables (ex. : gestionnaire de patrimoine : CA Lyon 25-6-2010 n° 09-6376 : RJS 2/11 n° 90) ou la possession d’un diplôme qu’il a prétendu avoir (CA Paris 9-2-2011 n° 09-05003) ou si le salarié n’a pas les compétences nécessaires pour exercer ses fonctions (Cass. soc. 30-3-1999 n° 96-42.912 : RJS 5/99 n° 626). » – Memento Social 2014

Il y a plusieurs écoles à ce sujet. Je fais partie des partisans du « oui ».

En effet, les entreprises laissant leur chance à des jeunes sans expérience sont si peu nombreuses que si vous devez attendre… vous allez attendre longtemps. Et tant pis pour la loi.

Mais il faut modifier son CV intelligemment. Toutes les entreprises ne vérifient pas les expériences professionnelles ou les diplômes, mais les plus cotées le font. Donc ça ira si vous postulez à Mc Donald’s, mais pas dans une entreprise qui a pignon-sur-rue. Et une entreprise qui s’aperçoit de votre mensonge peut très bien contacter d’autres entreprises du même secteur pour les avertir de votre cas. Je dirais que mieux vaut mentir sur son expérience que sur ses diplômes… un diplôme demande des connaissances précises, et si vous ne l’avez pas passé/eu, c’est que vous ne les avez pas, même si je conçois bien que 30 ans d’expérience dans la vente remplace aisément un BEP Vente.

C’est donc à vous de choisir si vous souhaitez prendre le risque ou non. Pour ma part je réduis le risque aux jobs alimentaires ou non-qualifiés. Étant donné que ce sont des postes pour lesquels on recherche principalement des gens qui se taisent et qui bossent bien, ils se fichent pas mal de savoir si vous avez bien travaillé à tel ou tel endroit l’été dernier.

Après, il ne faut pas non plus vous inventer des expériences mirobolantes. Si par exemple, vous avez bossé 2 semaines à tel endroit, vous pourrez augmenter la durée à deux mois sur votre CV.

Vous pouvez également inventer une expérience, mais encore faut-il que vous ayez une idée du poste que vous prétendez avoir occupé. Des qualités requises, de ce qui se passe au quotidien, etc. Restez réaliste. Un recruteur ira moins vérifier un job d’été en juillet/août qu’un CDD d’un an.

En résumé, trafiquer son CV est risqué et il faut se préparer à faire face aux conséquences. Évidemment, si vous êtes embauché grâce à un petit mensonge sur votre CV, n’allez pas vous en vanter auprès de votre collègue devenu en deux jours votre meilleur ami. Le monde du travail est très souvent sans pitié, ce n’est pas une idée reçue. Et si votre collègue est du genre à vouloir se faire bien voir, il n’hésitera pas à vous dénoncer. Donc surtout, pas un mot !

Vous l’aurez compris, adapter son CV et sa lettre de motivation demandent de l’implication, et une réelle motivation. Surtout que la plupart du temps, ces efforts sont vains et particulièrement décourageants. Décrocher son premier emploi, puis son premier véritable emploi demandent de la chance, une très grande patience, et énormément de sang-froid.

Dessin : Eric Eggerickx, Flickr, galerie de François MEULEMAN