Des nouvelles

Depuis le lancement de ma cagnotte, j’ai entamé quelques démarches afin d’affiner mon organisation.

Déjà, j’ai eu droit au fameux rendez-vous de l’horreur à la MDPH pour tenter de renouveler mon AAH. J’ai raconté l’entretien sur mon blog humeurs, et pour être franche avec vous j’en suis encore déprimée. J’espère que c’était une exception, que ce n’est pas comme ça qu’on traite tous les handicapés en France. Mais vu que ce n’est pas la première fois qu’on m’abandonne malade sans assistance, j’ai des doutes.

Sincèrement, on peut vivre avec un handicap, mais moralement, c’est dur, parce qu’on vous considère toujours comme inférieur, on vous fait comprendre que vous faites chier à toucher des allocations, et si le handicap ne se voit pas on vous culpabilise encore plus en vous disant que « ce n’est rien ».

Alors quand en plus, les organismes censés nous aider sont si violents, si peu empathes, c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase.

Bref, j’ai quand même entrepris certaines démarches, en me basant sur le fait que la cagnotte réussira, bien entendu. Je perds parfois espoir mais elle semble bien partie, et je remercie d’ailleurs infiniment ceux qui, parmi mes lecteurs, ont partagé et même participé (L., je ne sais pas si tu me lis actuellement, mais je n’ai même plus de mots pour dire merci tant je suis touchée. Je n’ai pas grand espoir en l’humanité et pourtant… enfin je veux dire, je suis toujours négative sur ce blog, pas tendre du tout et pourtant des gens comme toi viennent m’aider. Merci, merci, merci, j’en ai eu les larmes aux yeux). Je crois qu’il va falloir que je revoie mon opinion des gens ! 🙂

J’ai commencé par retirer le dossier pour refaire une demande de carte Améthyste. Je l’avais déjà fait et j’avais essuyé un refus, pas assez handicapée, mais pouvoir me déplacer à tarif réduit, voir gratuitement serait d’une grande aide dans mes démarches et même dans ma recherche d’emploi. J’en ai marre des entretiens à plus de 10 euros qui ne donnent rien par la suite. Je n’ai ni réduction chômeur ni réduction handicap alors que j’en ai grandement besoin. Alors je retente, qui sait, je tomberai peut-être sur quelqu’un de plus compréhensif. (j’ai oublié quelques secondes ma malchance légendaire en écrivant la phrase précédente)

J’ai aussi démarché de nouveau l’école Cenatho, pour avoir éventuellement d’autres idées de financement, et ils m’ont répondu qu’hélas obtenir un financement pour une formation de naturopathie était quasiment impossible. Ils m’ont également avertie que… les classes pour la prochaine session étaient complètes et que si j’envoyais mon dossier je ne serais que sur liste d’attente. Et pour l’être, il faut que je renvoie le dossier maintenant.

Je suis un peu étonnée car quand j’avais appelé il était encore temps de s’inscrire. Mais je remarque que sur le mail la personne m’a parlé d’inscriptions complètes pour la formation en naturopathie, et non de conseillère en naturopathie. Cependant l’urgence de l’inscription se fait sentir si je veux être admise à la prochaine session. Je ne peux pas attendre la fin de la cagnotte. Problème, un chèque d’acompte de 600 euros est demandé. Il ne sera encaissé que si je suis acceptée, mais je fais comment si je suis acceptée, qu’ils encaissent le chèque et que ma cagnotte ne parvient pas jusqu’au bout ? Je vais juste me ruiner…

En plus de ça, mon homme s’est mis au permis (il passe le code aujourd’hui, on lui souhaite bonne chance !) et veut partir dès qu’il a la voiture. Déjà qu’il ne voulait pas attendre ma session de février 2018 pour la formation, il n’attendra clairement pas la suivante. Enfin, peut-être qu’il ne sera pas chanceux dans ses candidatures pour quitter Paris et que je pourrai m’inscrire à la prochaine session mais ça reste difficile de m’organiser dans l’inconnu. On ne pourra pas refuser l’opportunité de quitter Paris si elle se présente, depuis le temps qu’on veut partir. Pour notre santé et notre portefeuille.

Du coup il me reste plusieurs solutions :

– La cagnotte ne va pas jusqu’au bout, problème réglé, je ne pourrai pas m’inscrire et donc même si je suis acceptée je me désisterai.

– La cagnotte va jusqu’au bout mais mon homme décroche une opportunité pour quitter Paris :

  1. On s’en va, j’ai l’argent de la cagnotte et je m’en servirai dans un premier temps pour la première partie de mon objectif, faire la formation de la CCI et passer le PSC1. Le reste de l’argent ira sur un compte épargne en attendant de voir les possibilités offertes par notre ville d’accueil. Les écoles de la FENA sont recommandées et fiables mais si je n’ai pas la possibilité d’étudier chez eux il faudra bien me débrouiller autrement.
  2. J’ai aussi la possibilité de m’inscrire malgré tout au Cenatho et venir en train/AirBNB pour les semaines de cours. Problème, ça risque de revenir cher, plus cher que ce qui était prévu à la base. Mais j’aurai une formation fiable. Si je trouve quelqu’un pour me loger je pourrai éviter AirBNB, à voir. Je n’ai pas beaucoup d’amis mais peut-être que l’un d’entre eux pourra me rendre ce service. Ainsi je n’aurai « que » le coût du train et de ma bouffe sur place.
  3. Il reste aussi la solution de la formation à distance, mais je suis moins fan, déjà parce qu’elle sera plus chère que le montant de ma cagnotte et aussi parce que ces formations manquent de pratique. J’ai eu l’occasion de lire des articles de blog sur les formations en naturopathie et même pour conseiller, ça demande de la pratique. Des exercices en classe. Et pouvoir échanger en direct avec les professeurs est bien trop instructif pour s’en passer. J’ai peur qu’une formation à distance soit de moindre qualité.

Enfin, mon homme a réussi à me décrocher un contrat d’un mois dans son entreprise, qui peut éventuellement se prolonger par la suite. S’il se prolonge ça me permettra de faire des économies, et s’il se prolonge suffisamment longtemps de carrément annuler ma cagnotte car je pourrai financer mes projets toute seule. Mais ne mettons pas la charrue avant les bœufs : déjà parce que je connais la boîte de mon homme et qu’ils me l’ont fait à l’envers plusieurs fois. Ensuite parce que ce contrat est en boulangerie, et que le coin boulangerie se situe à l’entrée, à côté des portes automatiques où se massent tous les fumeurs pour leur pause : je vais donc encore plus subir la clope des autres que dans mon précédent contrat, avec les conséquences sur ma santé que l’on connaît. Mais malheureusement, n’ayant aucune piste pour un job et ayant besoin d’argent je n’ai pas pu refuser. Mon homme a bon espoir de parvenir à me passer en épicerie, ce qui résoudrait le problème de la clope, mais je doute que ce soit accepté puisque ce magasin ne veut pas de couples qui bossent ensemble.

Bref, voilà voilà, je suis un peu dans l’incertitude mais je continue mes démarches. J’hésite encore à renvoyer mon dossier au Cenatho mais je suppose que je n’ai pas trop le choix. Au pire, je me désisterai.

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Une cagnotte pour tenter de sortir la tête de l’eau ?

Le problème de la réorientation, lorsqu’on est en recherche d’emploi, c’est que ça nous rend dépendant de trop de facteurs :

  • Le bon vouloir de Pôle Emploi, de Cap Emploi ou d’autres organismes comme l’Agefiph : ils ont généralement leur propre carnet de formations, choisies en fonction de secteurs qu’ils jugent porteurs, et ça s’arrête là. En plus, les places sont limitées. Si vous souhaitez vous réorienter dans un secteur particulier, même avec un projet solide et documenté, à moins de tomber sur LA bonne personne, c’est mort. Et si vous choisissez un secteur non conventionné comme la naturopathie, là, c’est mort même si vous tombez sur la bonne personne. Ils ne financent pas.
  • L’argent. Parce qu’après tout si Pôle Emploi ne veut pas subventionner mais que notre projet est viable, on peut décider de se débrouiller par nos propres moyens. Cependant, qui dit recherche d’emploi dit pas de salaire, donc minimas sociaux, et comment financer une reprise d’études non subventionnée avec les minimas sociaux qui sont déjà insuffisants pour vivre dignement ? Sans compter que si vous réussissez à vous payer votre école, une reprise d’études peut vous coûter vos allocations. Donc vous ferez vos études sans aucun revenu.
  • Les frais annexes. Pour construire un projet, on se rend à des conventions, des salons, on prend des rendez-vous pour rencontrer des gens… et tous ces frais, de transport et parfois d’entrée, ça coûte. Je l’ai souvent dit sur ce blog mais je n’ai aucune réduction de transport car je ne touche pas le RSA ou les ASS. Et que mon handicap est jugé insuffisant pour bénéficier de la carte Améthyste…

Bref, vous l’avez compris, je suis plutôt coincée vis à vis de ma réorientation. Je ne peux pas faire d’emprunt, déjà parce que les banques ne prêtent pas aux personnes avec un handicap dégénératif comme le mien, ensuite parce que les banques ne prêtent pas non plus à une personne sans salaire (ni CDD ni CDI), et enfin parce qu’à cause des magouilles financières que mon père a tenté de me faire, même si je n’ai eu aucune condamnation, mon nom est entaché par le sien et les banques sont méfiantes.

Pour être franche avec vous, avec toutes les histoires d’emprunts, de dettes qu’il y a eu dans ma famille et dans celle de mon homme, je suis très réticente envers le concept du prêt de toutes manières. J’ai du mal avec l’idée de faire des plans sur la comète avec de l’argent que je n’ai pas, qui ne m’appartient pas.

Cependant, je n’ai pas envie d’abandonner l’idée de m’orienter dans le domaine de la naturopathie. Il me restait une solution, que je n’avais pas trop envie d’utiliser car je n’y crois pas trop. Le financement participatif, à savoir, le conte du colibri : si chaque personne donne un tout petit peu, ce tout petit peu devient suffisant pour m’aider.

Je n’ai jamais eu recours à ce système, par contre j’ai déjà participé à des projets, notamment sur Ulule et sur KissKissBankBank. J’ai choisi de faire ma cagnotte sur Leetchi car ce site me paraissait plus adapté pour un projet lié aux études. Les deux autres sites proposent plutôt des projets de lancement d’auto-entrepreneurs ou des projets citoyens, alors que Leetchi regroupe pas mal de demandes de financement d’études ou d’autres projets personnels comme les mariages. Alors pourquoi pas ?

J’ai donc lancé ma petite cagnotte le 27 juin, sans trop mettre d’espoir dedans, mais comme c’est ma dernière chance, je m’investis comme je peux. Comme je n’ai pas vraiment de communauté, de réseaux, j’ai partagé à mes amis et par mail à quelques connaissances.

Et pour le moment, une seule amie a partagé. Sur 18 amis, dont une dizaine qui viennent me parler de temps en temps, une seule a pris la peine de partager. Une personne à qui, en plus, je n’ai jamais vraiment parlé de manière personnelle. Je remercie infiniment cette personne mais je vous avoue que je suis un peu peinée par les autres. Ce sont des gens qui viennent me voir quand ils ont besoin de moi mais qui visiblement ne sont pas prêts à me rendre la pareille. Je ne leur demande pas forcément des sous mais au moins de partager (ils ont presque tous plus de 100 amis, donc une bien meilleure visibilité que moi)… l’une d’entre elles a même fait appel au financement participatif pour se payer un grand voyage, donc elle sait très bien à quel point le partage est important.

Lorsqu’on lance une cagnotte, on est dépendant : c’est le bouche à oreille qui compte. Cependant, si les oreilles auxquelles on chuchote sont bouchées, le projet meurt étouffé dans l’œuf. Je peux toujours partager sur mes réseaux, si personne ne suit c’est clair que ça ne fonctionnera pas. Mais au moins j’aurai tenté !

Ma cagnotte n’est pas encore condamnée mais je crois que je paie le prix de mon manque de sociabilité : les gens ne tiennent pas suffisamment à moi pour me donner LE coup de pouce. Ne se souviennent pas suffisamment de mon existence ou de ma situation (quand les gens viennent me parler on parle d’eux, pas de moi…). Après, je n’ai pas spécialement envie de juger : oui ils ont lu mon message, non ils ne l’ont pas partagé, mais peut-être ont-ils une bonne raison. J’aurais préféré qu’ils me la donnent, pour ne pas me faire des films aka « ouin ouin je n’ai pas d’amis », mais bon. Un peu de la même manière qu’on refuse de partager un concours pour ne pas polluer la page FB de ses amis, eux ne veulent pas partager pour ne pas polluer la page des leurs ? Parce qu’ils savent que ça n’intéressera personne ? Une cagnotte pour une association, oui, mais pour un particulier ? C’est déjà moins gratifiant. On sent moins le côté « bonne action ».

Cependant, c’est une expérience enrichissante : déjà parce que ça permet de voir sur qui on peut compter 😀 et ensuite parce que ça permet de mieux comprendre le cheminement derrière un financement. J’ai souvent été agacée par les pages FB des projets que je suivais, réclamant sans arrêt des partages, mais du coup je vois mieux pourquoi, l’argent ne tombe pas du ciel, il n’y a pas d’armée de mécènes prêts à dégainer la carte bleue au moindre nouveau projet, si bien présenté soit-il. Et le site contient tellement de cagnottes que pour être choisi pour une mise en avant, il faut être sacrément chanceux.

Bref, voilà, j’ai lancé ma propre cagnotte dont le lien est : ici. Je ne vous demande pas forcément de participer car je sais que la communauté gravitant autour de mon blog emploi est composée de personnes qui sont dans la même situation que moi. Mais si vous pouviez partager, transmettre le lien, je vous en serais extrêmement reconnaissante. Et j’espère que je serai digne de cette confiance en faisant de ce projet un projet qui marche.

Ne pas pouvoir suivre son intuition

Comme d’habitude, le mois de juin a été très calme au niveau des offres d’emploi. C’est toujours comme ça l’été, car généralement les petits jobs sont pris d’assaut par les étudiants bien plus tôt dans l’année. Malheureusement, plus tôt dans l’année je n’ai été retenue nulle part.

Je n’ai trouvé aucune solution pour financer une éventuelle formation en naturopathie et donc je continue à chercher des offres. Tous les jours.

Je déprime un peu car c’est toujours le même schéma :

j’ai un projet ==> je me heurte à des murs ==> je retourne à une recherche d’emploi normale ==> ça ne fonctionne pas ==> je retente de faire un projet …

Je suis perdue, je ne sais pas quoi faire. Mon conjoint est en train de passer le permis et me dit que dès qu’il l’aura, il cherchera un emploi en province pour qu’on puisse se barrer de la région parisienne. Ni lui ni moi n’avons voulu y vivre. Je me sens frustrée car avec un emploi je pourrais participer à l’achat de la voiture (après tout je vais en bénéficier même si je ne conduirai pas), au déménagement, etc.

Une fois de plus tout va reposer sur lui et moi je vais suivre.

Évidemment je serais contente de quitter la région parisienne, y’a pas photo, mais je me dis que si je n’arrive pas à trouver de job à Paris, qu’est-ce que ça va être en province… je vais rester à charge toute ma vie, juste à cause d’un handicap qui ne m’empêche pas de travailler dans les faits mais qui fait peur aux recruteurs ? N’aurai-je donc jamais assez d’expérience pour qu’on me laisse ma chance ?

Je parcours les offres d’emploi plusieurs heures par jour, postulant dès que je peux, même aux offres qui me dégoûtent d’avance comme la vente et l’accueil (et c’est très con d’y postuler car je sais très bien que je ne tiendrai pas, je déteste trop le contact avec ce genre de clientèle), ça ne marche pas. Nous sommes trop nombreux sur ces offres, je n’ai rien pour me démarquer.

Il faudrait que je trouve le moyen de faire un buzz pour décrocher un poste peut-être. Me déguiser en girafe avec une pancarte ?

Sincèrement, je ne sais plus quoi faire. Enfin si, je sais, une formation en naturopathie pourrait clairement m’ouvrir des portes mais je n’ai pas les moyens de me la payer, surtout la complète. Même la petite formation de conseillère coûte 1800 euros hors stage, livres et transport et ce n’est pas une somme que je peux trouver en claquant des doigts. Pourtant je reste persuadée qu’il y a de l’emploi à la clé, les gens se tournent de plus en plus vers le naturel et les médias indépendants lui font la part belle. Même si je ne trouve pas d’emploi en magasin bio derrière, il reste le journalisme naturel, bio, voir la création de mon propre média… c’est d’ailleurs la solution que je préfère, car j’ai trop peu d’estime envers les gens pour ouvrir un cabinet. Ce qui m’intéresse réellement, c’est plus une promotion d’un mode de vie sain qu’une envie de jouer les docteurs alternatifs en recevant du monde.

Bon, la formation à 11.000 euros me permettrait d’avoir des connaissances vraiment complètes et de me sentir plus légitime à conseiller, prouver, lutter contre les laboratoires. En plus ça m’ouvrirait une palette plus large de métiers potentiels. Mais si je n’ai déjà pas les moyens de m’offrir une formation à 1800 euros, je peux oublier celle-ci.

Je ressens énormément de frustration car j’ai des projets, et je sais que je pourrais m’en sortir, mais le barrage financier est à chaque fois trop grand. Même pour les formations qui sont plus « dans le rang » les places sont limitées et les financements pas toujours accordés. Je me souviens de l’histoire du diplôme de compta avec le GRETA… financement refusé, et en plus inéligible à la formation car on m’a fait passer des tests de maths du jour au lendemain alors que je n’en avais pas fait depuis des années. Pourtant la compta ça recrute, je vois régulièrement des offres défiler.

Après je sais aussi que je ne suis pas débrouillarde. Je suis loin de m’y retrouver dans tous les méandres administratifs et il y a peut-être des solutions auxquelles je n’ai pas pensé. Ou auxquelles je ne veux pas penser comme le financement participatif : je ne me vois pas demander de l’argent à des inconnus pour ma reprise d’études. D’autant plus que je vois très bien les réflexions du genre « va bosser au lieu de nous faire payer tes études flemmarde » venir et je n’ai pas le courage de me battre avec des haineux comme je le fais parfois sur FB. Sans parler de l’hypocrisie de la démarche : je n’aime pas les gens et j’irais leur demander de l’argent ? Pourtant plus ça va plus je me dis que je ne vais pas avoir le choix si je veux me former. Si je ne peux pas emprunter, ou me faire financer, quelle solution reste-t-il ?

Je ne sais pas comment expliquer ça, mais je sens dans mes tripes que mon domaine, c’est le naturel, que c’est par là que je dois foncer. Sensibiliser le plus de monde possible aux solutions alternatives, au respect de la nature et du monde animal. Au fait que la sur-consommation nous projette droit dans le mur. Je vire hippie.

Je me suis fait un petit programme pour me donner une idée large de ce que je veux faire :

  1. La formation « 5 jours pour entreprendre » de la CCI pour être à même de fixer mes possibilités, mes capacités.
  2. Facultatif : une formation rapide pour acquérir les bases de la comptabilité si jamais je retiens la création d’entreprise.
  3. Me former en naturopathie : soit je choisis la petite formation et me débrouille avec, soit je choisis une formation à distance : complète, elle coûte environ 6000 euros. C’est moins que 11.000. Mais hélas, c’est moins reconnu dans le milieu.
  4. Je harcèle toutes les entreprises du coin pour des stages ou même une embauche. Si je choisis la création d’entreprise ce sera surtout les stages.

Mais bref, dans tous les cas je suis coincée par le côté financier. Si vous connaissez une solution miracle, je prends…

 

La naturopathie ?

Vous l’ignorez peut-être, mais depuis un peu plus d’un an, j’ai entrepris un grand virage dans ma consommation, le but étant de manger mieux et de réduire mon empreinte écologique. Je suis encore très loin de la perfection à ce niveau, mais l’écologie prend de plus en plus de place dans ma vie, avec la tendance zéro déchet, les boycotts de marques encourageant l’esclavage moderne ou travaillant avec Monsanto par exemple. Ou même les entreprises ne payant pas d’impôts en France tout en étouffant nos producteurs ou nos petits artisans, magasins.

En bref, je deviens consommactrice et je me renseigne de plus en plus sur les moyens de m’améliorer au quotidien. Ce qui demande un changement profond des habitudes et une sortie de ma zone de confort. Mais j’aime ça. Je me sens utile, à mon échelle. Ce n’est pas parce que je ne veux pas d’enfants que je dois consommer aveuglément et vivre de la souffrance des autres en en ayant rien à foutre.

Vous allez me dire, quel est le rapport avec un blog spécialisé dans mes aventures de chercheuse d’emploi ? Eh bien suite à mon dernier article, j’ai commencé à dresser une liste des connaissances et compétences acquises, notamment en autodidacte, et de mes centres d’intérêt. L’écologie et la protection animale arrivent en tête de liste.

Le problème de la protection animale, c’est que ce qui m’intéresse ne se trouve qu’en bénévolat. Et le bénévolat, c’est très gratifiant, mais ça ne remplit pas l’assiette et surtout les compétences acquises n’ont aucune importance pour le recruteur. La France c’est le pays qui se touche sur les diplômes, et on peut acquérir toutes les compétences du monde, sans diplôme ça ne sert à rien.

J’ai aussi fait du petsitting pendant des années, mais aujourd’hui je ne peux plus garder d’animaux chez moi en raison des soucis de moisissures très visibles de mon appartement (pourtant je nettoie hein, mais même la javel ne suffit plus) et de mon chat qui n’accepte pas les autres animaux (hors de question de lui imposer ce stress). Je pourrais garder les animaux chez les autres, mais les gens sont très méfiants -et je peux les comprendre- et surtout je ne suis pas mobile, n’ayant ni permis ni voiture. Sans parler de la concurrence des petsitters de la « campagne » avec leurs immenses enclos pour pas cher…^^

L’écologie, je la soutiens en sensibilisant au maximum mon entourage, en votant en accord avec mes valeurs (oui, j’ai très mal vécu les résultats de la Présidentielle et je ne suis pas prête de soutenir notre chef d’État) et en agissant à mon échelle pour réduire mes déchets, en apprenant à lire une étiquette et à décoder l’enfumage marketing, entre autres.

Le métier de naturopathe me fait de l’œil depuis un certain temps déjà. Cependant, en France, c’est un métier qui n’est pas vraiment réglementé. N’importe qui peut se prétendre naturopathe après avoir suivi une petite formation sur internet. Cependant, si je dois le devenir, je ne veux pas suivre la première formation venue, et je veux une certaine reconnaissance dans le milieu.

Problème : j’ai envoyé une enquête métier aux naturopathes du coin, mais aucun n’a daigné me répondre. Pourtant, j’ai été polie, je me suis excusée du dérangement et je n’ai pas envoyé un questionnaire long comme le bras… tant pis.

J’ai donc été fouiller du côté des offres d’emploi pour voir si les entreprises cherchaient un profil ou un diplôme en particulier. Dans l’ensemble, non, les gens cherchent juste des naturopathes diplômés avec de l’expérience (évidemment) mais ne sont pas regardants sur la provenance du diplôme. Sauf pour certaines offres sur lesquelles un diplôme d’une école affiliée à la FENA est demandé. Si j’ai bien compris, la FENA regroupe des écoles dont le but est de dispenser une formation de qualité, de faire encadrer les étudiants par de véritables professionnels. Ce qui, déjà, se rapproche plus de mes exigences de formation.

Problème 2 : je n’ai pas envie de reprendre des études longues. Même si je ne trouve pas de travail actuellement, j’ai quand même 27 ans, alors suivre une formation de plusieurs années ne me laissant exercer qu’à partir de 30 ans… non merci. Pour moi c’est un an grand maximum.

Je suis allée regarder les sites des différentes écoles affiliées à la FENA, et après avoir exclu celles qui ne sont pas dans ma région et celles qui ne proposent que des formations longues, j’en ai retenu deux : Isupnat et Cenatho.

L’Isupnat propose deux formations : une intensive sur 15 mois et une en week-ends sur 36 mois. L’intensive est celle qui correspond le mieux à mes attentes et je correspond, en théorie, aux critères d’admission (malgré tout, vu que j’ai eu mon bac en 2007, je pense que j’ai besoin d’une remise à niveau en biologie).

Pour cette année de formation, le tarif de référence est de … 15000 euros. Pour les demandeurs d’emploi, il y a un tarif préférentiel de 11495 euros. Sachant que ce n’est que pour la formation, il faut également prévoir un gros budget livres (environ 300 euros), un budget fournitures, un budget rencontres professionnelles, et le transport… c’est totalement hors de mes moyens. Je n’ai pas de travail régulier, et mes économies n’atteignent pas le montant de l’année (et les économies en question sont là pour les coups durs, en dehors de ça je n’y touche pas). Je ne vois pas comment réunir cette somme. Le paiement est échelonnable mais quand on a pas d’argent, paiement échelonné ou non on ne peut pas payer. Et je n’ai pas cumulé assez d’heures de travail pour faire financer ma formation avec mes heures DIF (en plus je ne suis pas en poste).

De plus, je ne peux pas (et pour être honnête, je ne veux pas) faire d’emprunt. Les banques ne prêtent pas aux gens comme moi qui ont des maladies génétiques dégénératives. J’en avais déjà parlé avec mon conseiller qui me l’avait confirmé (il était désolé pour moi mais ne pouvait rien faire pour m’aider). Et puis je ne me vois pas faire d’emprunt sans garantie de travail à la sortie. Car oui il y a des débouchés, la France manque de naturopathes, mais si je veux m’installer là encore il y aura un coût, et si je veux chercher un emploi là encore je vais me heurter au barrage de l’expérience malgré l’immersion professionnelle prévue par la formation. Je n’ai personne dans mon entourage à qui emprunter non plus, encore moins une telle somme. L’école dit qu’il y a un suivi après la formation pour permettre aux jeunes naturopathes de s’installer mais j’ai du mal à croire au Père Noël.

Le Cenatho propose deux formations qui m’intéressent :

Celle de praticien de santé naturopathe, sur 16 mois, qui inclut également un stage d’été et 18 jours de TPD.

Celle de conseiller en boutique bio, qui dure 20 jours de cours et 10 jours de stage.

La première est évidemment la plus complète, celle qui m’intéresse le plus (sincèrement je lis la plaquette avec le programme et ça fait vraiment envie) mais c’est évidemment la plus chère : 10950 euros, hors coûts annexes comme les livres, le transport, ou les stages (sur la plaquette ça parle d’un stage en Belgique dans un hôtel 3 étoiles… donc le train, l’hôtel, etc). Là aussi, c’est hélas totalement hors de mes moyens, même avec un paiement fractionné. Je n’ai pas cette somme sur tous mes comptes en banque réunis.

La deuxième est moins complète mais offre des débouchés intéressants, bien que limités : création ou reprise d’une boutique bio, vendeur conseil en boutique, consultant conseil en laboratoire, commercial, ou même installation en tant que conseiller en bio-nutrition. Sans parler des déclinaisons possibles comme l’animation, les stages-découverte, etc. Elle coûte quand même 1800 euros, hors frais annexes comme le transport. C’est une somme plus « facile » à trouver mais malheureusement, je n’arrive pas à trouver de travail pour la réunir. J’ai cette somme sur mon compte en banque mais la débourser me mettrait en difficulté en cas de coup dur.

De plus, suivre une formation demande aussi de passer le PSC1, ce qui coûte en moyenne 75 euros hors coût du transport, ainsi qu’une consultation chez un naturopathe, ce qui coûte en moyenne 60 euros (pour le minimum syndical).

L’idéal serait de trouver un job de quelques mois pour avoir la somme, mais si c’était si simple, j’en aurais un depuis longtemps et je ne m’interrogerais pas sur une reprise d’études. Je suis donc un peu coincée, car très intéressée pour me former dans un cadre reconnu mais c’est hors de mes moyens. Même si c’est une formation qui mène à un travail intéressant et en accord avec mes valeurs (bien plus qu’aller aligner des conserves en rayon ou trier de la paperasse en tous cas).

Il me reste aussi la solution de la formation à distance, mais les tarifs ne sont pas forcément plus avantageux qu’une école (même s’ils permettent la formation à distance, ce qui m’arrange) et devoir aligner les billets pour le moindre stage de quelques jours ne m’enthousiasme pas réellement.

En tous cas formation ou pas j’ai les références de pas mal de livres et encyclopédies que je compte me procurer. Ça aussi, ça a un coût.

Bref, en résumé, je suis bien intéressée pour faire enfin prendre un virage à ma « carrière », en accord avec mes valeurs, mais le problème de l’argent me freine. Je ne sais pas trop comment faire financer ça, et surtout comment rembourser ensuite si ma formation ne change rien niveau emploi.

Tenter de faire un bilan

Je n’ai pas fait de bilan personnel et professionnel depuis un certain temps déjà. Il faut tenir compte du fait que je n’ai pas grand chose à dire. Je n’ai pas un parcours qui fait spécialement envie et j’ai beau m’investir comme je peux, ça ne s’arrange pas.

Mon expérience professionnelle

J’ai eu ma licence sans le stage en mai 2011 et obtenu mon stage en août 2011.

Depuis tout ce temps, en comprenant mon stage, mon expérience pro s’élève à 1 an. C’est très, très peu. D’autant plus qu’il s’agit d’expériences disparates : picking, employée de rayon, apprentie libraire, employée au courrier, stagiaire traductrice…

Bon, si je rajoute le petsitting au noir que j’ai exercé, je peux rajouter quelques années, mais ça fait partie de mes expériences pro qui ne sont pas valorisables.

Car oui, un stage n’est pas considéré comme de l’expérience « qui compte », mon apprentissage raté en librairie n’est pas valorisable, et mes expériences en magasin non plus car trop courtes… en fait, la seule expérience que je peux mettre en avant c’est ma plus récente, employée au courrier, qui a duré 6 mois. Et encore, elle est valorisable si je tais le fait que l’ambiance était déplorable à cause de ma cheffe fumeuse (le fait d’avoir choisi de partir, même si je n’étais en rien coupable, est un gros point noir pour la plupart des entreprises… bah oui, ça montre que j’ai de la personnalité et que je ne suis donc pas le mouton qu’ils cherchent !).

Mon avenir professionnel

J’ai peur de ne pas arriver à grand chose. Le handicap, la concurrence, j’ai la sensation que tout est fait pour que j’en reste au même point. Je suis dans la région parisienne et pourtant j’ai beaucoup de mal à décrocher le moindre petit contrat. Je n’imagine même pas ce que ce sera si je déménage…

Même les petits jobs « en attendant » ne me sont pas accessibles parce que justement, je suis loin d’être toute seule dans cette situation et les jobs en question sont pris d’assaut. Je n’ai pas de réponse pour caissière, équipière Mc Do (bon je doute de faire long feu à Mc Do, de toute façon) et compagnie.

J’ai tellement fait le tour des entreprises qui me sont accessibles que je ne sais plus quoi faire. Je suis abonnée à plein de sites, plein de newsletters, je guette chaque opportunité, et rien.

J’ai l’impression d’être dans une impasse.

Créer mon propre job ?

J’en ai déjà discuté avec mon homme plus d’une fois, et on en arrive au même point : le seul moyen de bosser pour moi c’est de créer ma propre entreprise. J’ai d’ailleurs déjà monté une ébauche de projet avec lui, mais sa bipolarité fait qu’il change d’avis comme de boxer : un jour il va vouloir continuer, le lendemain il va limite m’insulter d’inconsciente parce que je vais nous ruiner à cause du RSI et compagnie. Ce trait de personnalité fait que malheureusement, je ne peux pas compter sur lui à 100%. Si je m’y mets, je pense qu’il me suivra, mais il me fera comprendre bien cruellement que c’est à contrecœur et ça se traduira par un surplus de charges pour moi parce que « ah ben tu l’as voulue ta boîte, tu t’en occupes maintenant ! ».

Du coup, si je veux créer mon job, il va me falloir quelque chose que je peux gérer seule. Pas un magasin, donc. Parce que je sais très bien que mon homme finira par laisser tomber.

Le problème, c’est que dans l’immédiat je n’ai pas d’idées. Je n’ai pas non plus envie de m’associer à quelqu’un d’autre car je n’ai pas confiance en mes congénères humains. Enfin, j’ai bien une vague idée de box éthique mais il y a un nombre incalculable de box sur le marché, alors une de plus…

De plus, obtenir un financement risque d’être compliqué : j’ai récemment eu une réponse de l’Agefiph (j’avais fait une demande de renseignements) qui m’a dit qu’avec si peu d’expérience pro ils seraient trop frileux à me financer, même avec la formation « 5 jours pour entreprendre » de la CCI. On entre dans un cercle vicieux : je veux créer mon propre emploi car je n’arrive pas à en trouver, mais pour créer son emploi, il faut bosser…

Me former en phytothérapie m’intéresse toujours, d’autant plus que ça peut mener à des postes de conseillère en magasin bio, un environnement qui me plairait. Le problème, c’est que les formations existantes ne sont pas conventionnées, donc c’est à moi de mettre la main à la pâte pour me financer. L’Institut Provençal d’Aromatologie et de Bien-Être en Luberon est une référence en la matière, cependant si je veux suivre les cours par correspondance proposés (6 formations différentes, toutes indispensables à mes yeux pour pouvoir conseiller efficacement), c’est 2890 euros au total ! Somme qui peut se diviser puisque chaque cours est séparé mais il faut quand même trouver la somme. Et je ne vois pas l’intérêt d’économiser pour suivre un cours tous les 4 ans (j’exagère mais vous avez compris l’idée j’imagine) parce que je n’ai pas l’argent pour me les payer. On m’avait déjà proposé de faire une cagnotte car des gens sont prêts à m’aider, mais je préfèrerais qu’on m’offre un job pour pouvoir me payer cette formation moi-même. Et puis je m’en voudrais si je faisais une cagnotte sans pouvoir rembourser ou tout simplement si malgré la certification je ne parviens pas à trouver de job par la suite. En plus, cette somme, c’est uniquement pour les cours, pas pour les stages pratiques dispensés à côté (et pour lesquels il faut trouver le financement aussi, entre le stage, le transport, peut-être l’hébergement…).

Les mêmes problèmes qui reviennent en boucle

Mes barrières sont toujours les mêmes.

Pas suffisamment d’expérience professionnelle pour que mon CV retienne l’attention : cependant, si personne ne me laisse ma chance pour les jobs intéressants, je ne suis pas prête de pouvoir retenir l’attention de quiconque.

Pas de financement : pour me former dans le domaine qui m’intéresse, il me faudrait de l’argent, mais sans job, ce n’est pas mon AAH qui va me payer cette formation. L’AAH sert à financer mes soins et ma part de factures. Une fois les factures payées, il ne reste que des cacahuètes. A ce rythme, je ne me formerai que dans 10 ans, et encore…

Créer son job, ça ne se fait pas comme ça. Je n’ai pas d’expérience pro, je n’ai pas de relations histoire de me financer plus facilement, je pars de rien. Si certains réussissent à partir de rien, l’absence de soutien moral comme financier autour de moi ne m’aide clairement pas. Peut-être ne suis-je pas assez débrouillarde pour me lancer seule ?

Bref, toujours les mêmes soucis, ma situation n’évolue pas vraiment et je ne vois pas comment la faire changer.

Ces offres d’emploi mensongères destinées à appâter le chaland

Ces derniers temps, je fais face à un phénomène qui m’agace de plus en plus : des offres d’emploi avec une fausse durée, destinées à appâter le chaland à qui on propose des contrats beaucoup moins avantageux une fois recontacté.

J’explique : vous êtes tout foufou, vous venez de trouver une offre d’emploi de longue durée (6 à 18 mois), vous postulez, on vous recontacte, vous avez un entretien, mais l’offre est passée à un mois soit-disant renouvelable, voir moins.

C’est ce qui m’est arrivé avec la banque, à la base j’avais postulé pour un an (ou 18 mois je ne sais plus), une fois devant la boîte d’intérim c’était deux mois, et une fois dans la banque, c’était un mois. J’en avais d’ailleurs fait le reproche à ma recruteuse, qui m’a répondu un peu péteuse que c’était tout à fait légal et très courant. J’ai du mal à comprendre cette nécessité de mentir pour faire postuler les gens quand on voit que la moindre petite offre de quelques jours est prise d’assaut (si du moins on se fie aux statistiques du site de Pôle Emploi qui affiche le nombre de candidatures).

Le problème c’est que ce n’était pas la première fois que je tombais sur une offre mensongère, ni la dernière d’ailleurs puisque cette semaine j’ai été de nouveau rappelée : or cette fois j’ai pensé à demander immédiatement quelle était la durée de l’offre et ça avait encore baissé.

Cependant je m’en tiens à mes restrictions, je n’accepte rien à moins d’un mois, et encore, je devrais plutôt refuser à moins de trois : le moindre « petit » job me met un foutoir monstre dans mes déclarations trimestrielles et on m’en enlève ensuite le double, voir le triple sur mon AAH. Un job ne devient réellement « rentable » qu’à partir de deux ou trois mois (selon ce qu’ils veulent bien me donner, ça change chaque trimestre). Du coup, je perds encore plus de temps à postuler à des offres censées répondre à mes critères alors qu’en réalité, non.

Le pire, c’est ce les entreprises qui émettent ces offres se permettent de culpabiliser le demandeur d’emploi lorsqu’il refuse, après que le mensonge ait été dévoilé : bah oui, il faut accepter le premier job venu, même quand on y perd de l’argent, parce que sinon on est un vulgaire parasite de la société.

C’est mignon, mais baser une future collaboration sur une arnaque, ce n’est pas vraiment l’idéal. Un employé qui a été forcé d’accepter un job ne sera jamais aussi bon que quelqu’un qui est venu en connaissance de cause, même à contrecœur.

C’est quand même triste d’en arriver là. Il n’y a tellement plus d’offres intéressantes que maintenant il faut mentir pour recruter des collaborateurs ? N’est-ce pas le signe que quelque chose ne va pas ?

Recalée

Comme je vous expliquais dans mon précédent article, la banque ne semblait pas bien pressée de me donner une réponse. On m’a fait remarquer que lorsqu’une réponse à un entretien n’arrive pas à la date attendue, c’est que généralement, ça pue. Effectivement, ça puait, car après avoir rappelé la dame de la BIH il s’est avéré que j’ai été recalée (et la banque n’a prévenu que le lundi matin).

Bien entendu, la banque n’a pas donné la moindre raison, je sais juste que c’est le chef d’équipe qui a décliné ma candidature. Le plus étonnant c’est que des trois personnes que j’ai rencontrées, c’est lui qui semblait le plus emballé. Comme quoi il ne faut pas se fier aux apparences !

La dame de la BIH m’a donné quelques précisions sur le process de recrutement : le candidat rencontre d’abord la RH, et si jamais son profil lui plaît, elle appelle le manager pour un deuxième entretien. Du coup, moi qui pensais ne pas avoir plu à la RH qui avait semblé agacée plusieurs fois au cours de l’entretien, c’était en fait l’inverse. C’est justement parce que je l’avais convaincue que j’avais pu voir le manager.

D’ailleurs, la dame m’a bien précisé que c’était LE manager qui avait refusé ma candidature (j’ai rencontré deux managers, un homme et une femme, en même temps).

Donc en fait, je m’étais plantée sur toute la ligne concernant ma performance, puisque c’est celui qui m’a paru le plus enthousiaste qui à la finale m’a refusée, et celle que je pensais avoir déçue était en fait la plus convaincue du lot.

Le problème, c’est qu’évidemment la banque n’a donné aucune raison à leur refus : je ne sais donc pas ce qui a cloché. La dame de la BIH m’a dit que si ça se trouve ça ne venait pas de moi, mais qu’ils avaient probablement reçu un candidat avec plus d’expérience et que donc ils ne s’étaient pas pris la tête avec moi (j’ai de l’expérience dans le courrier, qu’on m’a maquillée en expérience dans l’assistanat administratif, mais ça restait du simple courrier… or de nos jours il faut savoir tout faire même pour un poste peu ou pas qualifié). Mais peut-être aussi que quelque chose les a repoussés pendant mes entretiens, et si c’est le cas, j’aurais aimé le savoir pour ne pas reproduire l’erreur.

Hélas, c’est extrêmement rare que les recruteurs prennent la peine de dire au candidat ce qui ne va pas. Ils n’ont pas forcément le temps, mais dans ce cas précis, la banque n’a pas reçu énormément de candidats et pouvait bien prendre la peine de rédiger deux lignes sur les raisons du refus. Si ça se trouve, mes échecs en entretien d’embauche sont tous dus à la même chose mais comme personne n’a pris la peine de m’en parler ça peut durer encore longtemps. Mon côté franc du collier ? Mes difficultés à jouer le jeu hypocrite de l’entretien dans lequel je suis censée mettre en avant des qualités que je n’ai pas, un enthousiasme que je n’ai pas ? Mes handicaps ? Ma tronche (je suis consciente que ne pas me maquiller me disqualifie pour pas mal de monde) ? Mes soucis pour valoriser mes expériences difficilement valorisables ? Si je ne sais pas quel est le problème, comment travailler dessus (du moins si je le peux, parce que si c’est mon handicap qui dérange je ne pourrai pas y faire grand chose) ?

La dame de la BIH m’a dit qu’elle allait tenter d’avoir des précisions mais elle m’a confirmé qu’il est rare d’avoir des retours. Elle m’a rappelée peu de temps après pour me proposer un nouveau poste, au moins mon échec n’a pas été disqualifiant à ses yeux, c’est déjà quelque chose de positif : je connais bon nombre de boîtes d’intérim qui au premier échec vous raye des listes pour ne jamais vous recontacter. Au moins là il me reste une chance, même si je suppose qu’elle laissera tomber aussi si j’échoue trop souvent. D’où l’intérêt de savoir ce qui ne va pas…

Pas pressés pour des gens qui avaient un besoin immédiat

En plus de mon entretien, cette semaine aura été ponctuée par une nouvelle frasque de Pôle Emploi Compiègne dont un employé s’est senti obligé de poster une infographie particulièrement ridicule (si c’est ça le demandeur d’emploi modèle, alors je suis très mauvaise élève) et a entraîné un bad buzz :

Toujours cette volonté de contrôler ce que fait le chômeur, de lui dicter ce qu’il doit faire parce que s’il ne trouve pas, c’est forcément sa faute, c’est qu’il s’y prend mal. Sans parler du coup des petits jobs, c’est mignon mais c’est précaire et souvent ça devient le job principal parce qu’il n’y a pas de bons boulots pour tout le monde. Si seulement les moralisateurs du genre pouvaient se mêler de leur derrière ! Chaque demandeur d’emploi a ses méthodes, ses horaires. Il sait comment se goupille son secteur et comment s’y adapter (du moins, pour ceux qui sont indépendants, je ne nie pas que certains ont besoin d’aide). Il n’a pas besoin d’infographies infantilisantes pour gérer son temps. Ni de réflexions méprisantes.

J’ai également appris grâce à Angie une autre déclaration crasseuse, cette fois à la radio, par Eric Brunet, mais ça a fait moins de bruit. Il a proposé le sondage suivant :

Encore un cas typique de quelqu’un qui aime son travail, s’y sent bien, et prend son cas pour une généralité sans penser à tous les jobs pénibles qui peuvent exister et sans réfléchir au phénomène du burn-out. Il serait de bon ton de ne pas oublier qu’être heureux au travail est une chance. Notre monde du travail éloigne de plus en plus l’humain afin de privilégier les profits d’une minorité de déjà-riches et les petits sont pressurés au possible, même au delà. Des gens mettent fin à leurs jours à cause du travail. Parfois même à cause de la recherche de travail, tant la pression sociale est intense. D’autres encaissent, mais rentrent en pleurant, en craquant devant leurs enfants, leur famille. Certains n’ont même plus de vie perso tant le travail bouffe tout leur temps. Et on ne leur laisse pas le choix, car non seulement le chômage est mal vu mais en plus ils n’ont aucune garantie de retrouver quelque chose derrière s’ils démissionnent.

C’est ça, la réalité de la majorité des gens.

Si vous avez un travail génial, grand bien vous fasse, mais lorsque vous voulez vous exprimer sur le sujet, n’oubliez jamais que vous n’êtes pas représentatifs de toute la population.

Bref, bref, bref, revenons à nos moutons, vous devez vous dire que pressés comme ils semblaient être, mes banquiers m’auraient déjà donné la réponse. Eh bien non.

Lors de l’entretien de lundi, le responsable m’a dit qu’il voulait me voir commencer le plus vite possible car le besoin était urgent, et le vendredi en début d’après-midi, toujours rien. Bon, peut-être n’avait-il pas pris en compte le jour férié, c’est possible (quand on a beaucoup de taf, j’imagine qu’on y fait pas trop attention), j’ignore s’ils font le pont mais probablement pas. La RH, elle, avait été plus soft en me disant que j’aurais la réponse le vendredi, mais je pensais que si le besoin était si urgent que ça le responsable l’aurait convaincue de me prendre de suite.

Après je vous avoue que je ne suis pas si pressée que ça de mon côté, j’ai caché mon endométriose aux recruteurs et mes règles arrivent généralement en début de mois, donc pile au début de mon potentiel contrat, l’idéal pour se faire remarquer en mal d’entrée de jeu.

J’ai attendu la fin de la journée, puis je me suis décidée à appeler la BIH histoire de savoir s’ils faisaient le pont ou non (la banque ne me l’avait pas précisé, et la recruteuse de la BIH m’avait dit qu’elle me rappellerait le vendredi, que je sois prise ou non, pour faire le point), la secrétaire a décroché mais ma recruteuse était déjà partie.

Je dois vous avouer que je suis perplexe, je suis sans doute impatiente (ce n’est pas nouveau) mais là je passe d’un sentiment d’urgence suite à l’entretien, où on me dit d’être prête à commencer dans la semaine, à un silence radio totale tant de la part de la banque que de la boîte d’intérim. Il y a peut-être juste eu un oubli de pont, car j’ignore si la banque faisait le pont (pas celles de mon quartier en tous cas) mais ça me paraît quand même étrange. D’autant plus que j’ai reçu… une pub de la boîte en question sur mon mail pro, ce que je n’apprécie pas du tout. Mon mail pro est de plus en plus envahi de pub à cause de recruteurs malhonnêtes qui en plus de me refuser (sans forcément prendre la peine d’envoyer un mail de refus en plus !) utilisent mon mail à des fins commerciales. Sachant que généralement une pub en appelle une autre car les publicitaires s’échangent/se vendent les mails des particuliers entre eux.

Bref, j’aurai sans doute le fin mot de l’histoire mardi (les banques sont généralement fermées le lundi) mais je vous avoue que je ne suis pas très optimiste. C’est dommage car même pour un mois un salaire pareil ça met du beurre dans les épinards, surtout quand on a toujours aucune nouvelle de la MDPH pour son renouvellement.

Et l’entretien fut

Il a bien fallu se jeter à l’eau après l’annonce comme quoi la banque acceptait de me recevoir pour un entretien. J’étais évidemment un peu stressée, ne sachant pas trop dans quoi je mettais les pieds, mais j’ai réussi à trouver une tenue correcte. Tenue que je n’ai pas pu mettre le jour J car après plusieurs jours de temps très doux, le jour de mon entretien la chaleur est revenue, écrasante (en fait mon pseudo devrait plutôt être Blanche de la Poisse). Exit la petite chemise (elle fermait mal pour cause de gros nénés, donc bon, je ne suis pas passée à côté de grand chose), j’ai enfilé un T-shirt, pris une veste légère pour cacher l’eczéma sur mes bras et un pantalon noir classique, et en voiture Simone. Et si les recruteurs ne sont pas contents, tant pis, je n’allais pas m’étouffer dans ma sueur pour eux.

La dame de la boîte d’intérim pour handicapés (appelons l’entreprise BIH, j’ignore si ça existe pour autre chose, mais ici ça désignera cette entreprise) m’a appelée dans la matinée, pour faire un dernier point, ce qui m’a un peu agacée car je m’activais pour me faire de la monnaie pour le bus et pour manger un peu avant de partir. D’autant plus que c’était pour échanger des banalités sur l’entretien et s’assurer que j’étais préparée. J’avais l’impression d’être une ado pressée par ses parents pour son premier entretien…

Je suis donc arrivée sans trop de mal (je ne me suis trompée de chemin qu’une fois, un record). On m’avait dit d’arriver environ 15 minutes en avance mais comme je me suis trompée de chemin, je suis arrivée pile à l’heure. Je ne sais pas si c’est lié, mais du coup la RH m’a faite attendre un peu plus de 10 minutes en bas. C’était une femme plutôt jeune, probablement tout juste la trentaine, mais qui surtout me disait quelque chose. Son nom m’était vaguement familier et une fois face à face, c’était encore plus flagrant. Elle-même a froncé les sourcils, comme si elle me reconnaissait. Mais au vu de mon parcours, et du sien, on a été incapables de se souvenir de l’endroit où on s’était vues. Pourtant nous nous connaissions. Comme quoi le monde est petit, parce que je n’ai vraiment pas vu grand monde depuis que je suis dans la région parisienne (et en plus je ne suis pas physionomiste).

Malgré cela, l’entretien est resté très formel. Je n’ai pas eu droit à des réflexions sur le maquillage ou la tenue, ni de questions interdites, mais par contre des questions assez classiques sur mon parcours, mes compétences, les qualités, les défauts, ce que j’attends du poste (de la thuuuuuuuune !!!), pourquoi moi et pas un autre, etc. Elle m’a ensuite ramenée dans une salle d’attente et est allée chercher mon futur responsable pour un autre entretien, pour que lui aussi puisse se faire une idée de moi.

Le responsable est venue avec une femme, qui est une autre responsable, notamment de la personne avec qui je travaillerai en binôme. L’entretien était déjà moins formel (il s’est repris plusieurs fois car il me tutoyait par réflexe), et on m’a expliqué le poste plus en détails. Il m’a demandé quelles qualités demandait le poste et a semblé apprécier ma réponse (même si j’ai eu un moment d’hésitation), m’a demandé de résumer la journée-type qu’il m’avait décrite (exercice réussi !) et m’a dit que comme le besoin était immédiat j’aurai très vite ma réponse.

Ce deuxième entretien avec les responsables m’a paru plus réussi que le premier car la RH n’était pas très chaleureuse (sauf au début lorsqu’on a essayé de voir d’où on se connaissait, ça nous amusait) mais je ne préfère pas mettre la charrue avant les bœufs, il y a un petit quelque chose qui me dérange, je ne saurais pas vous dire quoi. J’ai la sensation d’avoir foiré quelque chose. Peut-être une petite sensation de culpabilité vis à vis de la dame de la BIH qui m’avait demandé de ne pas parler de mes problèmes de clope dans les bureaux lors de mon précédent contrat, alors que je l’ai fait lorsqu’on m’a demandé pourquoi je n’avais pas accepté de CDI avec ma précédente entreprise.

La RH m’a aussi dit à un moment que je me contredisais lorsque je parlais des périodes de rush de mon précédent poste alors que je semblais insinuer qu’on avait pas beaucoup de boulot. En réalité c’est elle qui avait mal compris car je parlais des périodes de fêtes ou jours fériés qui correspondaient à des rushs, mais elle n’a pas semblé convaincue.

Après, ça ne sert pas à grand chose de se faire du mouron, si je suis prise tant mieux, ça me fera une expérience administrative dans un autre domaine que le courrier, sinon tant pis.

Ce que je n’ai pas du tout apprécié, par contre, c’est lorsque la RH m’a dit que le contrat n’était que d’un mois. J’ai postulé à un contrat d’un an, la dame de la BIH m’a dit que c’était deux mois, et une fois dans l’entreprise on me dit que c’est un mois. Bon, ça se prend quand même mais j’ai la sensation de m’être faite avoir. Quand je vais signer le contrat la durée sera encore réduite….? Mon homme m’a même dit d’envoyer paître la BIH pour leurs méthodes douteuses (la dame m’a avoué augmenter la durée des contrats sur les annonces pour appâter les demandeurs d’emploi) mais d’un autre côté je n’ai pas d’autres pistes pour le moment. Le responsable m’a dit que le contrat pourrait éventuellement être prolongé jusque fin septembre mais qu’après non, puisqu’ils passent sur informatique ensuite et que donc, plus besoin d’assistante administrative.

A peine sortie de l’entretien, la dame de la BIH me rappelle pour savoir comment ça s’était passé. Bon, je peux comprendre qu’ils veulent caser leurs poulains à tout prix, mais un appel le matin, un appel l’après-midi, elle n’a pas un peu l’impression de trop en faire ? Je n’entendais pas grand chose à cause de la circulation, mais je lui ai dit que je pensais que c’était bon, sauf mauvaise surprise. De ce que j’ai pu comprendre, ils n’avaient pas l’air d’avoir reçu d’autres personnes en entretien et le responsable semblait avoir besoin de renfort tout de suite là maintenant. Ce qui pourrait me laisser une chance malgré une performance médiocre.

Bref, voilà voilà, un entretien pour lequel je m’étais fait un peu trop de mouron, l’équipe est jeune et donc moins dans les clichés classiques du milieu, du moins en apparence (si ça se trouve la RH n’a pas apprécié l’absence de maquillage mais ne m’a rien dit en face, qui sait), les responsables ont l’air sévères mais sympas. Je devrais savoir rapidement si je suis prise ou non. J’espère que oui quand même, parce que c’est drôlement bien payé !

Par contre j’avoue que je n’ai pas du tout parlé de mon endométriose, je n’ai plus qu’à croiser les doigts pour que pendant ce petit mois j’aie droit à des règles supportables. 3 mois que j’en ai des atrocement douloureuses, alors si ça pouvait se calmer un peu…