Le problème n’est plus le manque d’expérience…

Depuis que je suis diplômée, il y a toujours quelque chose qui ne va pas : soit je n’ai pas le permis (c’est important le permis pour bosser en bas de chez soi), soit ma gueule ne plaît pas, soit je n’ai pas assez d’expérience… toujours, toujours un problème. Elle est loin l’époque où on se présentait à l’accueil d’une entreprise en beuglant « je cherche du travail » et qu’on était embauché le jour même.

Du coup, quand j’ai décroché mon contrat de de six mois, j’étais contente. Pour être employée au courrier, l’expérience exigée est généralement d’entre six mois et deux ans (la blague, sincèrement, la blague) et du coup, même si je n’étais pas renouvelée, j’avais le minimum d’expérience requis et du coup je pouvais élargir mon nombre de candidatures.

Sauf que ça n’a rien changé. J’ai toujours aussi peu de retours. Il faut dire que même sans expérience, je postulais aux offres qui en exigeaient donc en soi, le ratio est le même. Je me suis une nouvelle fois faite avoir en pensant que l’expérience changerait quelque chose à ma recherche d’emploi. Tu parles Charles.

Comme j’expliquais dans un précédent article, les emplois non-qualifiés sont prisés de tout le monde, diplômés, non-diplômés, débutants ou vieux briscards, car le monde du travail est si bouché que même les diplômés sont obligés de se tourner vers ce genre de jobs (je rappelle que je suis Bac+4 dans le domaine de la traduction).

Donc en fait, l’expérience, ça ne change strictement rien. C’est comme si je n’avais rien de plus qu’avant. Allez, peut-être que ça me vaut un examen du CV un peu plus poussé que s’il était vide, mais visiblement, pas plus de retours.

C’est frustrant car à mes yeux, je ne vaux plus « rien » comme avant. En six mois je me suis révélée capable d’apprendre à toute vitesse, capable de gérer une équipe alors que ce n’était pas du tout mon job à la base, capable de m’occuper de personnes handicapées mentales, capable de faire le boulot de trois voir quatre personnes, sans forcer, malgré mon propre handicap. Derrière cette expérience de six mois se cache une expérience bien plus importante qu’il n’y paraît, que je ne peux pas faire transparaître sur mon CV sans être la connasse qui critique son ancienne entreprise (à raison, mais c’est mal vu quand même).

Même lorsqu’on ajoute des cordes à son arc, ça ne change rien. Il faut que j’arrête de culpabiliser car à ce stade, ce n’est pas de ma faute. Lorsque j’en ai parlé sur un de mes forums habituels, une personne m’a dit qu’elle pensait aussi que les choses changeraient lorsqu’elle aurait son permis. Puis un diplôme. Et en fait, rien n’a changé.

Parce que dans le monde du travail, c’est comme dans la vie de tous les jours, quoi qu’on fasse, les gens ne sont pas contents.

Avoir affaire à un gros con au téléphone, leçon 1

Dans la vie de tout chercheur d’emploi, on tombe un jour ou l’autre sur un connard. Bien plus souvent que sur un gars bien, d’ailleurs, mais passons.

Histoire de bien débuter la semaine, je reçois un message sur mon répondeur d’une entreprise dans laquelle j’avais postulé. Petit hic, le message est adressé à un certain « Mr Cassembar » (j’ignore si ça s’écrit comme ça, je n’ai pas été demander). Je suis étonnée car mon répondeur indique bien mon nom et mon prénom, or je suis une femme et je ne m’appelle pas Cassembar.

Dans un souci d’honnêteté -et aussi un soupçon d’espoir, ne nous mentons pas- je rappelle le recruteur pour lui dire qu’il s’était trompé de nom, et là, WTF.

Le mec commence à m’engueuler comme du poisson pourri parce que je lui fais, je cite, « perdre son temps » car il ne cherchait pas à me joindre moi, mais Mr Cassembar, car mon CV ne l’intéressait pas.

La moutarde m’est très rapidement montée au nez, car non seulement je ne lui fais pas perdre son temps (après tout je le préviens qu’il n’a pas appelé son précieux Cassembar mais quelqu’un d’autre) mais en plus c’est totalement de sa faute, moi je n’ai fait que postuler à une offre intéressante et me faire rappeler par erreur !

Un magnifique « Eh bien pourquoi tu m’appelles alors Ducon ? » est sorti tout seul de ma bouche, accompagné d’un « Quand on est pas foutu d’appeler le bon numéro on ne se permet pas d’être aussi grossier ! » (oui bon là c’est l’hôpital qui se fout de la charité ^^).

J’ai entendu un « non mais ! » indigné, puis l’homme m’a raccroché au nez. S’il avait par miracle mis mon CV de côté, il a dû finir à la poubelle, mais ce n’est pas plus mal.

C’est quand même hallucinant de voir un gars pas fichu d’appeler le bon numéro refuser de reconnaître ses torts et m’agresser comme si j’étais coupable. Il aurait pu tout simplement me dire que c’était une erreur, éventuellement s’excuser -c’est mon temps que j’ai perdu, pas le sien !- , me remercier de l’avoir prévenu et voilà, problème réglé. Il aurait appelé son Cassembar, ç’aurait été le début d’une grande histoire d’amour et d’exploitation… Mais non, je lui signale l’erreur, il me crie dessus ! Il n’a pas volé son « Ducon ».

Il y a des moments où ma répartie prend son indépendance mais dans ce cas, je ne le regrette pas. C’est sûr que ça ne joue pas en ma faveur, certains me diront que j’aurais pu rester « correcte » pour laisser une bonne impression, mais sur mon front il n’y a pas écrit « soumise » et j’estime que remettre un gars comme ça à sa place n’a rien de mauvais !

Bon, par contre, c’est pas tout ça mais ça fait une nouvelle offre sur laquelle je peux tirer un trait. Et cette fois je connais le nom de celui qui m’a damé le pion !

La réalité du marché du travail expliquée aux politiques aveugles (cécité réelle ou volontaire ?)

A force d’entendre les hommes et femmes politiques débiter des insanités à longueur de temps à l’égard des chercheurs d’emploi, j’avais envie de faire un petit topo sur les difficultés rencontrées au quotidien, et sur la réalité du marché du travail.

Je répète régulièrement que certains se croient encore dans les 30 glorieuses, période de « plein emploi » (il semblerait que ce soit un mythe) et de croissance exceptionnelle ayant duré de 1945 à 1973 (nous sommes en 2017, donc C’EST FINI) qu’ont connu les générations précédentes, et c’est vrai. Je croise souvent des Jean-Michel Morale qui ont profité de cette époque pour se caser dans le monde du travail sans jamais réellement connaître la recherche d’emploi ou les barrages que nous connaissons actuellement, et qui après se permettent de l’ouvrir. Et comme ces gens n’ont connu que cette période faste, forcément, ils sont persuadés qu’on y est encore et ne veulent rien changer. Pire, ils reprochent à ceux qui veulent bouger de vouloir changer le modèle établi !

Vous savez quoi ? Je suis née en 1990. C’était fini depuis longtemps. Ma mère par contre a connu cette période et m’a abreuvée de clichés en tous genres alors qu’ils étaient éculés. Il faut faire S, c’est la voie royale. Il faut faire les études les plus longues possibles, tu seras sûre d’avoir un travail. Il faut faire ci, il faut faire ça. Et rien n’a fonctionné, évidemment. C’est une autre époque.

Les conséquences des contrats aidés

Il faut bien commencer quelque part, alors je vais parler des contrats aidés. Chaque gouvernement en pond de nouveaux, il en existe plein, rarement à l’avantage du chercheur d’emploi. La politique en France, c’est de chouchouter le patron pour qu’il daigne embaucher un pauvre péon qu’il jettera lorsqu’il ne sera plus éligible aux contrats en question. Autrement dit, décrocher un contrat aidé, c’est rester précaire, puisqu’on se fera jeter un jour ou l’autre, si performant soit-on.

Les contrats aidés sont très avantageux et donc, si le patron a le choix entre un contrat aidé et un random CDD/CDI, il choisira le contrat en question.

La semaine dernière, j’ai eu un appel d’une recruteuse, le feeling passe bien, on parle du poste, de mes expériences, mon handicap ne la dérange pas, le genre d’entretien téléphonique parfait qui débouche sur un entretien physique voir une embauche. Eh bien non. Pourquoi ? Parce que je n’étais pas éligible au contrat aidé que le patron voulait signer.

Donc un poste que j’étais parfaitement apte à remplir, pour lequel j’avais l’expérience requise, pour lequel mon handicap ne posait pas problème m’est passé sous le nez parce que je ne correspondais pas à ce foutu contrat. Alors qu’il suffisait de me faire signer un simple CDD. La recruteuse a donc préféré replonger dans les CV pour trouver sa perle rare plutôt que d’embaucher la personne sous ses yeux, juste pour quelques sous grappillés.

Et ça, c’est le quotidien de pas mal de chômeurs. Vous savez, de nos jours les patrons ne se contentent même plus du beurre et de l’argent du beurre. Ils veulent encore plus.

Et parallèlement, on entend les politiques nous balancer qu’on cherche notre chômage. Mais vous l’encouragez le chômage, à créer ce genre de contrats qui nous plombent ! J’en viens à faire le parallèle avec cette déclaration comme quoi pour lutter contre la corruption, il faudrait augmenter les salaires. Pour lutter contre le chômage, on donne toujours plus d’avantages aux patrons, sauf que ça ne les empêche pas de demander toujours plus.

De l’emploi, il y en a

Je suis d’accord sur ce point, du travail, il y en a. Mais il y a travail et travail.

Le but premier du travail, c’est de permettre aux gens de quitter le domicile des parents pour avoir le leur, pouvoir s’installer, être indépendants. C’est sûr que quand on est issu d’une classe politique privilégiée depuis des générations, on ne sait pas forcément que pour le plus petit des appartements, les propriétaires demandent des garanties hallucinantes et pour ne serait-ce qu’espérer les voir jeter un œil sur notre dossier, il faut être en CDI temps plein et en plus avoir des garants.

Le problème, c’est que les emplois présents sur le marché sont de petits jobs, souvent des mi-temps voir moins, aux horaires rendant impossible le cumul (et puis putain, cumuler des jobs, c’est un coup à finir chaque jour sur les rotules sans pouvoir se payer le moindre petit plaisir, on a pas le temps d’en profiter, du plaisir en question ! On est pas des bêtes de somme !) et surtout rendant impossible le fait de trouver et payer un appartement et les dépenses annexes -nourriture, électricité, téléphonie, etc-. A quoi bon prendre un job qui non seulement ne permettra pas l’indépendance mais en plus à long terme coûtera plus qu’il ne rapporte entre le coût du transport et la perte d’allocations ? Sans parler du coût humain, moral, de devoir cumuler les petits jobs pour s’en sortir tout juste sans avoir une minute pour soi.

Diminuer les allocations pour encourager les gens à prendre un mini-job au lieu de rester chez soi pour tenter de trouver mieux ne résoudra pas le problème : nous avons déjà une génération de Tanguy involontaires, mais nous sommes partis pour que la génération suivante soit exactement pareille. Il faut créer des jobs décents, pas culpabiliser les gens.

Les français ne sont pas des fainéants. Beaucoup sont prêts à travailler si on leur offre un travail décent, leur permettant de vivre ne serait-ce qu’au minimum syndical.

Et parallèlement, on entend à la télé que les chômeurs ne font pas d’efforts, préfèrent rester chez eux vivre des allocs, et on interviewe de malheureux patrons qui ne trouvent personne pour leur taf merdique à 7h/semaine qui plongerait leur salarié dans la précarité.

Quand on vous fait espérer pour rien

Il fallait faire une partie sur ce phénomène qui m’agace : on vous appelle pour un entretien, vous payez plein pot pour vous déplacer -eh oui, toutes les sociétés de transport n’ont pas des réductions chômeur- et une fois arrivé on vous dit que vous n’êtes là que pour les quotas d’entretiens car le poste est déjà pourvu.

Ou alors la variante, quand vous tombez sur un consultant en recrutement qui vous cache son statut, vous fait miroiter un job en vous bombardant de questions, souvent intrusives et illégales – mais auxquelles vous répondez, car quand on est mort de faim on chipote pas – et puis silence radio. Il vous a dans sa base de données donc le reste, il s’en fout. Il en a des milliers d’autres et il y a peu de chances qu’il vous rappelle un jour. Le poste promis ? Quel poste ?

Ce genre d’attitude déprécie encore plus le chômeur, puisqu’on lui fait comprendre que son temps, ses dépenses n’importent pas. Qu’il n’est rien. Il est là pour le spectacle. C’est juste un chômeur, on peut en faire ce qu’on veut, il ne dira rien, il n’a rien à dire.

Au bout de trois offres refusées, on vous radie

Ah ça, on y a droit à chaque élection. Le chômeur coupable ! Le problème, c’est surtout que chez Pôle Emploi c’est la foire aux incompétents. La foire aux gens qui ne tiennent aucun compte de vos particularités, vous n’êtes qu’un numéro qu’il faut caler dans une catégorie.

Sauf qu’il y a des gens qui ne peuvent pas porter de charges lourdes, des gens qu’il ne vaut mieux pas mettre en contact avec la clientèle ou avec des personnes vulnérables, des gens qui n’ont aucune expérience, des gens qui vouent une animosité à certains types de poste. Des gens qui n’ont pas de diplôme, d’autres qui en ont trop. Des gens qui sont moches, des gens qui sont beaux. Des gens qui ont un handicap, des gens qui n’ont pas le permis, des gens qui ont des valeurs incompatibles avec un poste.

Il existe une multitude de discriminations à l’embauche, comme par exemple dans les salons où on ne prendra que de jolies femmes comme présentatrices. Tu fais comment quand t’es diplômée de l’évènementiel mais que tu es un gros thon (je ne suis pas gentille, mais c’est pour l’exemple) ?

Pôle Emploi a le chic pour proposer des offres n’ayant aucun rapport avec votre formation ou qui sont incompatibles avec votre situation. Mon ancien conseiller adorait m’envoyer des offres de postes dans des zones inaccessibles avec les transports en commun tout en me disant que je n’avais qu’à passer le permis. Sauf que pour payer le permis, il faut un travail. Et il refusait de le faire prendre en charge par Pôle Emploi, évidemment.

Donc il suffit de tomber sur un gros con en guise de conseiller et pouf, radié, alors que tu as une bonne raison de refuser les postes proposés.

Une fois de plus, avant de culpabiliser et sanctionner les chômeurs, encore faudrait-il revoir le fonctionnement de ces institutions censées les aider mais qui en réalité les plombent, moralement comme professionnellement !

La pénibilité du travail niée

Le culot des politiques est hallucinant. Des gens qui touchent des sommes indécentes pour un travail qui ne leur détruit pas le corps, qui pour certains sont privilégiés depuis des générations, qui n’ont jamais connu les jobs pénibles, harassants et sous-payés, qui se permettent d’ouvrir la bouche pour nous parler de se serrer la ceinture tout en détournant de quoi nourrir la moitié du pays.

Des gens qui osent dire qu’ils comprennent les français alors qu’ils n’ont pas à regarder leur compte en banque dès le 5. Qu’ils ne savent RIEN.

Comment peut-on oser nier la pénibilité au travail ? Alors qu’ils négocient avec le syndicat des patrons qui ne cherche qu’à réduire nos maigres avantages, nos maigres protections ? Qui veulent juste nous exploiter comme les salariés du tiers-monde qui se jettent sur nos miettes sans broncher puisqu’ils n’ont pas le choix !

On a l’impression que ces gens veulent juste revenir à l’époque du servage en nous montant les uns contre les autres pour qu’on ne remarque rien.

Pourtant la pénibilité au travail est de plus en plus reconnue. On parle du harcèlement moral alors qu’il y a quelques années encore, ses victimes étaient qualifiées de chochottes.

C’est facile de dire que le travail n’est pas pénible lorsqu’on passe ses journées à déléguer ou à ronfler à l’Assemblée Nationale. Sauf qu’il existe des postes où on est pressurés comme des citrons sans avoir le temps de ronfler, où on nous oblige à accepter des conditions de travail inhumaines en nous menaçant de nous virer, où on ne compte plus nos heures supplémentaires non payées. Et vous le savez ça, messieurs les politiques, car quand ce n’est pas vous les patrons, vous les avez dans votre portefeuille de relations ou négociez avec eux.

Il existe des petits jobs « en attendant »

Ah ça c’est le cheval de bataille des moralisateurs de Facebook, les gens qui ont pris un petit boulot alimentaire le temps de trouver un « vrai travail ». Sauf que, j’en parlais dans un de mes articles précédents, le problème des petits jobs, c’est qu’ils sont pris d’assaut et deux fois plus :

  • On a la concurrence des non-qualifiés pour qui c’est l’occasion de se faire les dents sur le marché du travail
  • On a la concurrence des non-diplômés pour qui ces jobs sont les jobs principaux
  • On a la concurrence des étudiants qui prennent ces jobs pour se payer leurs études
  • On a la concurrence des diplômés et sur-diplômés qui n’ont pas le choix puisque maintenant en plus du diplôme il faut de l’expérience

Donc inutile de vous dire que le secteur des « petits jobs alimentaires » est ultra-bouché car il est le quotidien de beaucoup de gens. Dire aux gens de prendre un petit job en les culpabilisant de ne pas en trouver car ce sont des jobs « tout cons » c’est stupide, car la concurrence y est encore plus rude que pour les autres.

Si tu ne trouves rien, tu n’as qu’à déménager dans une autre région

Sauf que pour déménager, il faut trouver un appartement, et je rappelle que pour trouver un appartement, il faut un CDI temps plein, 548 garants, un troupeau de licornes et un compte en Suisse.

Plus sérieusement, non, on ne peut pas déménager comme ça, entre le coût du déménagement et les difficultés pour pouvoir louer un logement. Si je voulais vous donner une idée de ma situation, si mon homme parvenait à se faire muter, on ne serait même pas sûrs de pouvoir saisir l’opportunité : nous n’avons pas de garant et il serait le seul à avoir un CDI.

Nous ne sommes pas ennemis

Je vois tellement de haine envers les chercheurs d’emploi sur les réseaux sociaux. De mauvaise foi aussi, de la part de gens qui triment comme des bêtes au travail et qui idéalisent le chômage, pensant à des vacances longue-durée. Le problème, c’est que nous ne sommes pas coupables de votre souffrance. Les coupables, ce sont les patrons qui n’ont plus aucune humanité, ce sont les politiques qui mangent dans la main des patrons et les aident à empirer vos conditions de travail.

Qu’on bosse ou qu’on ne bosse pas, vous souffrirez tout autant puisque ce n’est pas lié à l’emploi.

Si nous voulons que ça s’arrange, c’est main dans la main qu’il faut se rebeller pour que l’humain revienne sur le devant de la scène. Pour que nous cessions d’être déconsidérés en permanence. Il n’est pas normal de subir de la maltraitance, il n’est pas normal de se faire insulter, il n’est pas normal que la hiérarchie n’intervienne pas si ça se passe mal avec nos collègues, il n’est pas normal de se faire menacer de licenciement si on refuse les heures supplémentaires non payées. Il n’est pas normal de ne plus avoir de vie privée, de moments pour soi.

Nous ne sommes pas des bêtes, nous n’avons pas à être considérés comme tels.

Le revenu de base c’est pour les fainéants ! Moi je me suis tuée au travail !

J’entends souvent les partisans du revenu de base être taxés d’oisifs, de fainéants, d’encourager l’assistanat. Et presque à chaque fois, ça vient de personnes qui triment toute leur vie de génération en génération. Je ne peux pas m’empêcher de trouver ça étrange, car nous sommes censés souhaiter le meilleur à nos enfants. Alors pourquoi leur souhaiter une vie de souffrance au travail ? Je suis d’accord, le travail n’est pas forcément une souffrance pour tout le monde -je n’inclus pas les personnes qui en viennent à s’accommoder de l’intolérable pour ne pas sombrer- mais il l’est pour beaucoup de gens et il est important de regarder au delà de son petit nombril.

Le plein emploi n’existe plus.

Le plein emploi n’est pas prêt de revenir avec l’automatisation de bon nombre de postes.

La souffrance au travail, le chantage des patrons est un réel problème.

Nous avons une solution. Pourquoi ne pas la mettre en application et permettre de renverser la tendance ?

De plus, je ne pourrai jamais, au grand jamais, tolérer d’entendre des foutus sadomasochistes répéter à l’envi : « j’ai souffert, mes parents ont souffert, alors tu dois souffrir aussi ! ». NON ! Ce n’est pas en regardant sans arrêt en arrière que l’on évolue. Les temps changent. Les mœurs changent. Et il faudrait se décider à vivre avec son temps !

Le revenu de base ne changera rien au clivage riches-pauvres mais il permettrait aux plus démunis de sortir de la misère, d’améliorer leur quotidien, de vivre au lieu de survivre. Et ça, c’est déjà un grand pas en avant. Des citoyens heureux sont des citoyens reconnaissants qui réinjecteront leur allocation dans l’économie de leur pays. Tout le monde est gagnant.

Bref, voilà, voilà, chers hommes politiques odieux, chers basheurs de chômeurs, chers blaireaux qui vous la ramenez sans savoir, voilà notre quotidien. Et encore, j’ai dû oublier pas mal de choses. Mais j’avais besoin de dire que nous ne sommes pas des monstres, bêtes de foires, parasites, victimes de politiques qui préfèrent attiser la haine plutôt que la compassion ou l’altruisme. NON, nous ne sommes pas volontairement chômeurs (en même temps entre gagner 500 balles et 1200 le choix est vite fait), nous ne jouissons pas en regardant le montant des prélèvements sociaux sur vos salaires, nous ne mangeons pas vos enfants et nous ne brûlons pas des dossiers CAF dans les cimetières. Nous sommes des gens normaux, des victimes, des warriors.

C’est tellement facile de juger plusieurs mois après les faits

La semaine dernière, je recevais un appel téléphonique en présence de mon homme. Je déteste décrocher quand il est là, parce qu’à chaque fois il écoute tout et y va de son petit commentaire blessant (aka « tu ne donnes vraiment pas envie au téléphone », « tu ne parles pas assez », « putain je ne sais pas comment tu as fait pour décrocher un entretien avec moi ç’aurait été next »), histoire de bien aggraver ma phobie du téléphone.

Mais cette fois je ne pouvais pas me défiler, car il avait entendu le message de mon répondeur et savait que c’était un employeur que je devais rappeler. C’est mal vu de remettre ça au lendemain, et à raison, parce qu’un employeur potentiel qu’on ne rappelle pas rapidement passe au candidat suivant…

Je rappelle donc et tombe sur une jeune femme (assez hautaine d’ailleurs). Je lui demande des détails sur le poste, c’est donc un CDI à mi-temps et surtout… c’est à perpette-les-oies. La ville dans laquelle j’avais passé mes tests de la CAF et qui est très pénible d’accès : de chez moi, un seul bus y va, le matin, et pour le retour c’est démerde-toi. Je me souviens que j’avais mis plus de 3h à revenir à cause de tous les changements, pendue au téléphone avec mon homme qui tentait de me trouver le chemin le plus court. Déjà que mes 1h30 aller/1h30 retour de mon précédent job me fatiguaient, alors 3h rien que pour le retour…

J’explique le problème à la femme en lui disant que je reste disponible pour des postes plus proches de chez moi, elle me répond « ok » et raccroche. Merci, next. Et là, je fais l’erreur de sortir à mon homme « dommage que c’était à perpette, j’aurais pu le prendre même si c’était un mi-temps ». Il se tourne vers moi et me dit de ne pas me foutre de sa gueule, car j’avais une possibilité de mi-temps avec mon ancienne entreprise et que j’ai refusé.

J’étais sciée. Ça fait 4 mois et il a déjà oublié ce pourquoi j’ai quitté mon ancienne entreprise ? Que je me faisais fumer à la gueule DANS LES LOCAUX par une salope surprotégée par la hiérarchie qui couvrait son incompétence et son irrespect juste parce qu’elle était trisomique ? Que mes supérieurs n’avaient pas le moindre respect pour moi, se foutaient de ma gueule, avaient mis 4 mois à aménager mon poste pour ensuite me dire que c’était de ma faute si ils avaient mis tant de temps ? Que ce fameux mi-temps, on me l’avait proposé 2 semaines avant la fin de mon contrat et que le jour J, je n’avais toujours aucune info dessus (je ne savais même pas si c’était un mi-temps en fait, on m’avait dit ça sans certitude) ? Que j’étais dans un état de santé lamentable, sans parler de mon état psychologique ? J’ai mis de longs mois avant de me débarrasser de ma dermite séborrhéique due au stress, et à pouvoir respirer sans baume. Et surtout malgré mon état le congé demandé a été refusé, on voulait me faire enchaîner sur le contrat dont je ne savais rien et me faire signer un truc bancal sans infos ?

L’amnésie sélective juste pour me culpabiliser, c’est trop facile ! Je ne suis pas partie sans raison, je n’ai pas refusé ce contrat sans raison.

A ce stade on peut aussi dire que j’aurais pu continuer avec la folle, ce n’est pas grave de se faire fumer à la gueule (après tout, le tabagisme passif ce n’est que 600.000 morts par an, les fumeurs ne sont absolument pas des meurtriers, vas-y respire la bonne fumée), que c’est peu de sacrifice pour un CDI à temps plein.

Le pire, c’est que lorsque je lui ai dit ça, il a haussé les épaules en me disant que c’était moi qui avais refusé le contrat, donc que je n’avais pas à me plaindre. Il a visiblement aussi oublié le fait qu’à l’époque, il était totalement de mon côté lorsque je voulais fuir mon entreprise et qu’il m’a même dit de refuser le mi-temps car ce n’est pas un contrat intéressant. Je le lui ai rappelé, il a levé les yeux au ciel en soupirant.

C’est facile de juger plusieurs mois après. Oui, c’est clair qu’aujourd’hui je m’en suis remise, du moins physiquement -psychologiquement parlant, j’ai gardé une grosse méfiance envers les entreprises spécialisées dans l’embauche des personnes handicapées- donc on peut se dire que ce n’était pas si grave. Sauf que dans mon état de l’époque, si j’avais continué j’aurais fini par m’écrouler physiquement -je toussais, toussais, sans arrêt, j’avais sans arrêt mal aux poumons, à la poitrine- et surtout, j’aurais fini par frapper de nouveau la folle, sans la rater cette fois. Sur la fin, elle multipliait les provocations pour me pousser à bout. Du moins, jusqu’à ce qu’elle voie la mollesse de ma remplaçante, là elle me demandait de rester, comprenant que cette fois son taf elle allait devoir le faire.

Même moi je me dis que j’aurais pu continuer, puis je me reprends. Dire ça de son fauteuil en sirotant son verre d’eau, en oubliant tous les détails pénibles, c’est facile. Mais j’avoue que si la folle avait vraiment arrêté de fumer dans les locaux, j’aurais peut-être pu rester et supporter ses provocations. J’aurais tenté du moins.

Ma mère aussi a essayé de me culpabiliser d’ailleurs, en me disant que ça ne devait pas être si terrible, car elle fumait une cigarette électronique et pas une cigarette classique. Les études sur la nocivité de la cigarette électronique se contredisent toutes, mais moi, l’effondrement de mon état de santé à force de la côtoyer, je l’ai vu. L’abandon total de la hiérarchie qui renâclait à faire respecter la loi, je l’ai vu. Peut-être était-ce aussi dû au fait de devoir traverser le nuage de fumée des autres à l’entrée du bureau ? Ou les deux ? Dans tous les cas j’étais affectée, les fumeurs sont une véritable plaie (pitié, ne légalisez pas le cannabis, on en a assez) et encore plus lorsqu’ils sont irrespectueux.

Bref. Dans tous les cas on ne peut pas refaire le passé, mais si je devais y retourner, je refuserais tout pareil. Ce n’était pas sans raison. Et venir me juger plusieurs mois après les faits, c’est petit. Juste pour me faire une fois de plus culpabiliser sur mon chômage qui pèse. Comme si ce n’était déjà pas assez de savoir que ma belle-mère et mon beau-frère bavent copieusement dans mon dos à ce sujet, sans parler de tous les autres, comme cette femme à la bibliothèque qui bombait le torse en disant que les jeunes notre génération sont des fainéants et que si elle pouvait sortir de sa retraite pour retourner bosser, elle le ferait. C’est ça mamie, retourne à l’usine à 80 ans, je vais rigoler. « Notre génération a souffert du travail, votre génération doit souffrir tout pareil, sinon c’est pas juste ! ». Monde de merde. Toujours à juger ce que font les voisins, la famille, les amis. On juge la manière dont les chômeurs dépensent leur RSA, avec contrôles et compagnie, par contre les détournements de fonds, que dalle…

Bon, je m’éloigne du sujet. Mais j’avoue que j’en ai assez d’être dans le jugement permanent. Que chacun se mêle de son cul et le monde tournerait peut-être un peu mieux.

« Il serait temps de trouver un travail quand même ! »

Source de cette grosse image ^^ (bien qu’un peu désuète)

Je dois bien reconnaître à mon homme qu’il est tenace. Malgré toute l’hypocrisie, tous les coups fourbes et compagnie que son entreprise lui a fait, il continue d’espérer qu’elle m’embauche un jour. Moi, j’ai laissé tomber depuis longtemps après des dizaines de CV sans réponse, les seuls petits contrats obtenus chez eux l’ont été grâce à l’insistance de mon homme, ils n’ont jamais regardé mon CV.

Dans tous les cas, je déteste la grande distribution. C ‘est vraiment un domaine dans lequel je ne me sens pas à ma place. J’ai plus ou moins apprécié mon passage en fromagerie (et je l’aurais sans doute plus apprécié sans ma collègue toxique) mais c’est tout. La caisse, ELS, charcuterie, boucherie ou poissonnerie c’est no way. Je ne me suis jamais sentie aussi mal qu’en bossant là-bas. Misère intellectuelle, boulot d’un ennui sans fin, mon dieu, quelle horreur.

Après, c’est sûr que si on me propose un travail dans la grande distribution, je peux difficilement dire non (on est conditionnés pour accepter le premier taf qui passe, parce que mieux vaut un mauvais travail que pas de travail du tout, hélas) mais je ferai tout pour y échapper le plus vite possible.

Cependant, mon homme ne l’entend pas de cette oreille : il sait que je déteste son travail, mais il le déteste aussi et pense que pour lui comme pour moi on se sentirait mieux si je travaillais avec lui. Je suis plus ou moins d’accord.

J’ai eu l’occasion de travailler avec lui quelques jours, et je ne suis pas vraiment comme lui. Lui, il arrive à surmonter son dégoût des gens pour aller leur parler, les guider, etc. Moi j’étais bien incapable de leur parler tant je n’avais rien à leur dire. Foot, cul, deux sujets qui ne m’intéressent vraiment pas, et leur parler d’autre chose les ennuie. J’étais dans mon coin.

Je pense aussi qu’il me sur-estime. Il pense que je ferais une bonne ELS, mais quand j’ai fait ce taf, j’étais paumée. On me déplaçait sans arrêt mes rolls, et le gars de l’après-midi foutait un bordel monstre dans mes rayons en calant des produits dans le fond des étagères « pour plus tard » histoire d’alléger les rolls. Oui enfin t’es mignon coco mais moi quand j’avais de l’arrivage le lendemain, je devais remettre son bordel dans les rolls parce qu’il me fallait bien de la place. Quitte à mettre des produits au fond t’en met qui sont sur la même étagère ou ont un rapport avec le rayon. Lui il me flanquait du thé dans le café, etc… il me rendait dingue, me faisait perdre un temps fou (déjà que j’étais en 30h alors que les rayons nécessitaient un 35h…), rendait le travail encore plus insupportable pour moi.

Et puis l’ennui…

Bref, vous allez vous demander le rapport avec le titre. Revenons à nos moutons. Mon homme est allé voir le directeur pour lui dire qu’il avait besoin de personnel, d’au-moins une autre personne, parce qu’entre les pas-doués qui sont gardés et les absents, sans parler des rayons sans suivi, c’est la misère. Le directeur lui a répondu qu’ils ne trouvaient personne, ce qui a fait halluciner mon homme qui a répété que je cherchais toujours du taf et qu’ils pouvaient me prendre. Ce à quoi le directeur a répondu : « Elle cherche encore ? Il serait temps de trouver un travail quand même ! ». Sympa. On sent le gars bien manipulé par les médias qui pense qu’on trouve un travail en claquant des doigts. Non, ça ne se passe pas comme ça.

Il me rappelle une femme que j’ai lue sur Facebook, qui disait qu’à BAC+4 elle préférait être caissière que vivre aux frais du contribuable, « parce qu’il faut bien se bouger le cul un peu ». Sauf que même pour les boulots alimentaires, ce n’est pas simple. Les offres de boulot non-qualifiées sont prises d’assaut, nous sommes des centaines à déposer nos CV dans les supermarchés. Alors si elle, elle a été choisie, tant mieux pour elle, sauf qu’elle a dû faire des dizaines, voir des centaines de malheureux qui eux n’ont pas été pris. Il n’y a pas de boulot pour tout le monde. Même pour les plus motivés. Et vu la culpabilisation des chômeurs et autres personnes touchant des allocations, ce n’est pas de gaieté de cœur qu’on reste dans cette situation.

Je dois avouer que ça me chiffonne un peu que mon homme ne m’ait pas demandé mon avis pour déposer ma candidature, mais d’un autre côté je peux difficilement lui dire non. Je n’ai pas de piste actuellement. Notre création d’entreprise ne se fera probablement pas car avec sa bipolarité il change d’avis comme de boxer et je n’ai pas envie de faire ça seule. C’était un projet à deux. S’il ne veut plus, je partirai sur autre chose.

Et puis, accepter un CDI dans sa boîte, c’est rester à Paris, c’est rester dans notre appartement rempli de moisi et de voisins bruyants, à côté de ce garage de merde qui rejette ses fumées chez nous. Je n’ai jamais voulu vivre dans cette ville et j’ai envie de partir, plus que tout. Il m’arrive de postuler dans d’autres villes quand je vois un CDI intéressant, justement pour ça.

Je me prends à espérer qu’ils me refusent encore, et pourtant j’ai envie de travailler, cette situation me mine un peu. Rien que d’y penser j’ai une boule au ventre, je déteste ce métier.

Une discrimination parmi tant d’autres

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Ce n’est pas cet article que j’avais l’intention de publier aujourd’hui (reste à voir si je publie les deux d’un coup ou si je vous fais attendre, gniark) mais j’ai reçu un coup de fil qui m’a tellement indignée (et amusée en même temps, je dois être un peu maso) que j’avais envie de vous faire partager cette histoire.

Parce que quand je parle emploi avec les gens (souvent contre mon gré mais ça revient souvent dans les conversations), on me dit toujours que comme les entreprises doivent payer une taxe si elles n’embauchent pas d’handicapés, elles se mettent en quatre pour les trouver. J’en avais déjà parlé ici, c’est un immonde cliché qui hélas peine à sortir des mentalités.

J’ai été appelée pour la première fois jeudi soir, mais comme je suis chez SFR pour le mobile, mon réseau est très mauvais et quand on m’appelle, les gens tombent directement sur le répondeur sans que je sois avertie de leur appel. Et je ne reçois un message du répondeur que plusieurs heures après. Et ce, alors que mon téléphone m’indique que je capte parfaitement. Bien évidemment, la personne me demande de rappeler avant 17h et je reçois le message à 18h30, donc trop tard. Ensuite, j’avoue honteusement que j’ai complètement oublié, un peu agacée par le message saccadé et incompréhensible que j’ai reçu, à part une petite phrase : « … vous pourrez nous dire ce que vous voulez exactement. ».

Ce que je veux. J’ai postulé à l’offre X, ce que je veux c’est le poste X. La formulation est un peu bizarre.

Et du coup, ils m’ont rappelée ce lundi, et j’ai reçu le message répondeur pour les rappeler à temps (avec le fixe, je ne suis pas folle). Je m’excuse de ne pas les avoir recontactés et leur explique le problème, ils sont plutôt compréhensifs, et on passe à la partie entretien téléphonique.

Je leur pose des questions sur le poste, notamment l’adresse, car elle n’était pas indiquée sur l’annonce, et je préfère être sûre de ma fiabilité. On me confirme que c’est un temps plein d’un mois renouvelable. Pas top, mais mieux que rien (du moins si ça n’annule pas mes droits au chômage). Je vérifie l’adresse, je peux m’y rendre sans dépendre de ce foutu RER A. C’est parfait donc.

Je pose une dernière question concernant l’aménagement du poste, pour savoir si je suis dans un bâtiment non fumeur (en lui expliquant ma mésaventure avec la connasse de mon précédent poste qui fumait dans les locaux en se tamponnant de ma maladie) et si j’ai la possibilité de m’asseoir.

Et là, la personne me demande de quel aménagement je parle. Ben, de celui pour mon handicap, vous n’avez pas vu le gros « RQTH » écrit en gras et majuscules à côté de mon nom ? Ah visiblement non. Il y a un gros silence gêné au téléphone, je finis par le briser en demandant si ça pose problème. Et honnêtement, je ne pense pas que l’entreprise soit perdante si le seul aménagement consiste à me refiler une chaise et à ne pas fumer à proximité ou dans les locaux.

C’est là que ça devient drôle, parce que la personne me demande d’attendre un peu, me met en attente avec une petite musique qui ne m’a pas empêchée de l’entendre dire à sa supérieure « Mais en fait c’est une handicapée ! On fait quoi ? ». La nana se fait engueuler pour ne pas l’avoir vu sur mon CV avant de rappeler, puis sort : « Dis lui que le poste est déjà pourvu et que la rappeler était une erreur ». Ah ouais carrément. La fille semble gênée puis reprend le combiné pour me sortir qu’elle s’était renseignée (lol) et que le poste avait déjà été donné. Par contre, elle pouvait me proposer des postes « adaptés », dans une autre ville, à mi-temps.

Ah d’accord. Donc l’handicapée n’a pas le droit au temps plein alors que le poste est parfaitement adaptable, par contre on lui refourgue les postes pourris à l’autre bout de la ville. Je la coupe pour lui dire que j’ai entendu toute sa conversation avec sa cheffe et lui demande pourquoi le poste devrait me filer entre les doigts alors que mon handicap ne pose aucune contre-indication (sauf si l’équipe fume dans les locaux, mais j’ose espérer que mon précédent poste était une exception, c’est censé être interdit par la loi). Encore un silence gêné, et puis elle me sort que le poste demande une bonne condition physique.

Girl. J’ai tenu le même poste pendant 6 mois, dans une entreprise plus grande, en faisant en plus la part des autres. Et ma seule fatigue était morale, parce que j’en avais marre de me battre contre des moulins à vent alors que je demandais juste à ce qu’une connasse arrête de fumer dans les bureaux. Et y’a pas besoin d’avoir une forme olympique pour tenir ce poste. J’avais même le temps de bouquiner.

Visiblement, ça ne lui a pas suffi, puisqu’elle ne m’a même pas écoutée et a insisté sur le fait que le poste était pourvu (j’ai cru comprendre que non) mais qu’elle pouvait me proposer d’autres postes dans des entreprises adaptées.

Eh bien non. J’ai postulé sur Pôle Emploi au poste X, dont les conditions me convenaient et qui était ouvert aux personnes handicapées, ce n’est pas pour me retrouver sur le poste Y qui n’a aucun rapport. Je lui ai donc signalé que j’avertirais qui de droit de leur discrimination et j’ai raccroché. Elle n’a pas tenté de me rappeler. C’est dommage de ne pas avoir pu enregistrer la conversation mais il me semble que la justice peut récupérer ça auprès de mon opérateur.

J’ai donc commencé par signaler la discrimination à ma conseillère Pôle Emploi. Je ne sais pas si elle pourra faire grand chose, mais c’est toujours ça. Ensuite, j’ai envoyé un mail à l’Agefiph pour leur demander la marche à suivre afin d’être sûre que l’entreprise se fasse plus que taper sur les doigts. Cette hypocrisie doit cesser. Handicap ne signifie pas incompétence. Il n’y a aucune raison pour qu’un poste me file entre les doigts alors que je peux le tenir !

Et après on entend les politiques balancer que les chômeurs sont des fainéants qui cherchent leur chômage. Bon sang, avant de taper sur les précaires, commencer par résoudre les sérieux soucis que l’on trouve dans le monde du travail ! De l’emploi il y en aurait beaucoup plus si on proposait des postes corrects et qu’on cessait les discriminations stupides comme celles du handicap, de l’expérience pro, du milieu social, etc. Les chômeurs sont nombreux et ce n’est pas en les insultant, les culpabilisant sans chercher des causes ailleurs que vous aurez leurs voix. Voix qui peuvent faire la différence, sachez le !

Est-ce réellement une bonne idée ?

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Il y a quelques jours, j’ai pris un coup au moral en discutant avec mon homme. Si au début il était très enthousiaste pour le projet de création d’entreprise, plus le temps passe et plus il semble en être agacé. J’ai fini par lui demander directement s’il avait vraiment envie de se plonger là-dedans -la franchise totale est un des piliers de notre couple après tout-.

Il m’a un peu sidérée en me répondant que non. Que travailler dans un magasin une demi-journée le faisait déjà chier, alors passer la journée dans un magasin, même le sien, ça ne changeait pas grand chose à ses yeux. Il vendra des produits qu’il aime mais il bossera beaucoup plus, en faisant le même métier pénible qui lui tue le dos. Ça le lassera vite. Que s’il me suivait là-dedans c’est pour que j’aie un boulot car avec mes handicaps je ne trouverai jamais quelque chose de fixe sans créer mon propre emploi. S’il a cessé d’évoluer au sein de son magasin, c’est justement pour ne pas avoir à passer sa journée au boulot.

Je savais qu’il y avait anguille sous roche, mais je ne pensais pas que c’était à ce point. Parce qu’à chaque fois qu’on en parlait, ça l’enthousiasmait car il en avait marre de sa boîte dans laquelle personne n’écoute son instinct commercial -qui avouons le est très très bon- et où seul le fric compte. L’idée de pouvoir décider, il aimait ça.

Je n’ai pas envie de le forcer. Je n’ai pas envie qu’il s’engage dans un projet qui nous endettera -il faudra bien emprunter pour nos locaux, nos produits, la franchise si on en fait une-, qui nous bouffera beaucoup de temps juste pour que j’aie un travail. Mais je sais que si je fais machine arrière il va aussi me critiquer, en me disant que je ne sais pas me fixer sur un projet, que je n’ai pas les couilles d’être cheffe d’entreprise, etc.

Il faut savoir que mon homme est bipolaire. Il ne faut pas toujours prendre ce qu’il dit au premier degré car il est souvent dans des phases très pessimistes, voir un peu agressives, pendant lesquelles tout le fera chier, rien ne lui fera plaisir, rien n’arrivera à créer un semblant de sourire sur son visage. Mais cette lassitude vis à vis de notre projet, je la vois depuis quelques temps déjà. Principalement à cause des entreprises bio que l’on démarche -Natureo, Biocoop…-, à qui on prend le temps d’envoyer des messages détaillés pour présenter notre projet et qui ne prennent pas la peine de nous répondre. Ça agace mon homme car on a aucun indice sur ce qui pèche, sur ce qui fait qu’on nous ignore -alors que ces entreprises disent, sur leur site, manquer de monde pour s’établir dans toute la France-, sur, à la finale, la viabilité de notre projet.

Ce qui m’a fait peur également, c’est que lorsque je lui ai dit que je n’avais pas envie de me retrouver seule à la tête du magasin quand il en aura marre, il m’a répondu « Et alors, tu ne te sens pas capable de gérer un magasin ? Parce que si non autant ne rien faire ».

En soi je ne m’en sens pas incapable, mais si on fait ce projet à deux, ce n’est pas pour que je me retrouve seule. On est censés se partager le travail pour faire tourner la boutique. De plus il sait très bien qu’il y a une période dans le mois pendant laquelle je serai incapable de surmonter ma charge de travail : les règles, à cause de mon endométriose qui me cloue au lit plusieurs jours. Si je me retrouve seule qui prendra en charge une partie du travail ? Je n’ai pas envie de devoir embaucher quelqu’un avec un contrat bancal juste pour les périodes pessimistes de Monsieur le Bipolaire.

Parfois je me demande aussi si je serai capable de passer mes journées à bosser et même au-delà. Je suis quelqu’un qui a besoin d’un minimum de repos dans la journée à cause de ma fatigue chronique. Je peux forcer un temps mais ce ne serait pas une bonne idée -ça me rattrape toujours-.

Je vais malgré tout suivre la formation de la CCI parce qu’être à mon compte reste à mes yeux une bonne idée. Si mon homme se défile ou ne me paraît pas suffisamment fiable – ce n’est pas de sa faute en soi mais la bipolarité c’est un poison parfois – je choisirai autre chose qu’un magasin. A un moment j’ai eu une idée de box mais depuis le temps, je me suis faite doubler dans mon idée. Je ne sais pas trop ce que je ferai si l’idée du magasin n’aboutit pas. Je songeais à une épicerie en ligne ou à une sorte de Ruche (comme la ruche qui dit oui) mais il faut que ce soit viable et la concurrence est énorme, même pour les produits locaux/naturels.

Bref, voilà, un peu de remise en question, je suis peut-être trop prudente. J’ai été trop égocentrique en songeant aux problèmes que pourrait poser ma santé sans penser à sa bipolarité qui est elle-aussi un vrai souci. Peut-être que ma santé lui fait peur car il sait que ça va reposer principalement sur lui dans les périodes les plus pénibles du mois. Qu’il n’a pas envie de ça. Je le comprends. Mais j’ai aussi du mal à saisir la logique de mon homme qui déteste son boulot pour des raisons qui disparaîtraient en partie à la création de notre magasin : aucune décision possible, manque de reconnaissance, aucune écoute, du mépris… est-ce qu’il voit ça comme abandonner la peste pour récolter le choléra ?

Je suppose que tout futur créateur d’entreprise passe par une période de doutes, à voir où ça va nous mener.

Un entretien à Pôle Emploi… qui s’est bien passé !

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Je n’ai pas souvent écrit d’articles positifs sur ce blog, et encore moins en y associant le nom de Pôle Emploi. Et pourtant, j’ai eu un bon entretien.

J’avais pourtant mal commencé en ratant mon bus, mais fort heureusement, ma correspondance est partie en retard, j’ai donc pu rattraper le coup. Me voilà donc joyeusement lancée sur les routes des Yvelines, en direction de l’antre de l’enfer.

Par chance, j’arrive en avance, et une dame me met immédiatement le grappin dessus pour me demander si j’ai un rendez-vous. Oui, j’en ai un.

– Eh bien allez vous enregistrer à la borne alors !

Ah tiens, y’a une borne maintenant ? Je sais que je n’ai pas mis les pieds ici depuis plus de 6 mois mais quand même… ah ben oui, y’a une borne. Pôle Emploi, le lieu où se côtoient des ordinateurs d’avant-guerre à destination des chercheurs d’emploi et une tablette dernier cri qui rame à mort pour avertir le conseiller qu’on est bien arrivés. J’ai souri.

Je m’installe et, parée pour attendre, j’ouvre mon bouquin pour éviter d’avoir à croiser le regard des pauvres bougres dépressifs (comme je les comprends) à mes côtés. Je voyage seule, de Samuel Bjørk, si ça vous intéresse. Le livre qui met dans l’ambiance. J’attends, j’attends, et je finis par émerger de mon histoire pour voir qu’en fait, ma conseillère est plus qu’en retard. Je vais donc couiner à l’accueil, où on me demande si j’ai utilisé la borne (je l’enquiche ta borne !) et où on me renvoie en salle d’attente.

N’empêche, j’ai du mal à comprendre l’agencement de ce Pôle Emploi. Il n’y a aucune intimité, tant pour les chômeurs que pour les conseillers. Les bureaux sont installés comme dans un OpenSpace, on entend les conversations des autres, et il y a même des bureaux à côté de la salle d’attente. Positiver en entendant les autres se faire rabaisser, moraliser et compagnie en attendant son tour comme une vache à l’abattoir, c’est vraiment concept. Je n’y arrive pas. J’ai déjà du mal à être à l’aise à l’oral (je réagis soit en étant mutique, soit en laissant exploser ma grande gueule avec beaucoup d’agressivité, j’agis rarement normalement) mais en sachant que les autres m’entendent…

Une femme finit par venir me voir pour me dire que ma conseillère est malade, mais que comme un demandeur d’emploi n’est pas venu, j’allais être reçue par une autre conseillère. Eh bé, heureusement qu’il n’est pas venu, sinon j’aurais pu attendre longtemps.

La dame m’appelle et je pars avec elle. Assez âgée, le regard un peu vide et blasé, elle m’a presque fait peur tant la lassitude se voyait sur son visage. J’ai craint d’avoir échappé à la Peste pour récolter le Choléra. Elle m’a invitée à m’asseoir et m’a simplement dit « Je vous écoute ».

Je lui ai donc parlé de mon projet de création d’entreprise, en lui décrivant les étapes par lesquelles je comptais passer, en lâchant à demi-mots que j’avais envie que Pôle Emploi me laisse une certaine liberté pendant ma recherche.

Lorsque je lui ai parlé de la formation de la CCI, « 5 jours pour entreprendre » que je compte suivre pour mettre de l’ordre dans mes idées, elle m’a dit « mais pourquoi me dites-vous que vous ne comptez pas sur Pôle Emploi ? On la finance cette formation et vous êtes éligible, ça se voit que votre projet est réfléchi ». Wow. Elle m’a alors décrit les étapes par lesquelles passer pour avoir un financement, qui est accordé dans près de 100% des cas, car cette formation a une excellente réputation.

Elle a aussi cherché avec moi les formations existantes en naturopathie mais hélas, elle m’a confirmé que rien n’est conventionné. Il faudra que je voie avec un gérant de magasin bio pour voir quel type de diplôme ils demandent pour être conseillère en phytothérapie. Mais soit je vais raquer pour me former, soit il faudra prier pour que je sois acceptée en tant qu’autodidacte.

Tout du long de l’entretien, elle n’a rien jugé, rien remis en question, elle a même papoté un peu avec moi au sujet de l’alimentation bio en France, notamment de certaines marques qui pourraient aisément être qualifiées d’escrocs.

J’étais sciée ! Je suis arrivée pessimiste, ne m’attendant à rien, et je repars avec un financement de la formation CCI ! Du coup, j’en ai profité pour lui demander d’être ma conseillère référente, car j’avais peur que ça ne passe pas aussi bien avec ma conseillère habituelle. Elle a accepté. Je ne reverrai donc jamais l’autre conne et en plus j’y gagne une conseillère à l’écoute ! Encourageante ! Je ne peux que remercier l’autre d’avoir été malade, ça m’a mis un peu de positif dans ma journée, et un article optimiste sur ce blog, c’est pas rien quand même.

Retour à Pôle Emploi

la-lumiereJ’aimerais voir la lumière au bout du tunnel…

Si après avoir fini mon contrat, j’étais enthousiaste d’avoir réussi à quitter cette boîte de fous sans trop de heurts, j’étais déjà moins enthousiaste de devoir me réinscrire (enfin, retourner en catégorie chômeur) à Pôle Emploi. Mes relations avec eux ont toujours été conflictuelles car au fil des années, je me suis aperçue qu’ils ne sont pas là pour m’aider à trouver un emploi qui me correspond, ils sont surtout là pour me caser n’importe où et me culpabiliser si je refuse.

Il y a quelques jours, en refusant machinalement une offre de vendeuse en charcuterie/coupe dans la boîte de mon homme (mais dans une autre ville… peu accessible par les transports), je me suis rendue compte que je ne pourrais plus les envoyer chier comme avant car désormais je dépends d’eux. En effet, la CAF a décidé que maintenant que je ne travaille plus, je n’ai plus droit à l’AAH (et en plus ils se sont permis de m’envoyer une facture à cause d’un trop-perçu !) et je dépends donc de l’ARE, du chômage quoi. Ce qui change quand même la donne.

J’ai toujours été trop grande gueule pour supporter leur irrespect, leur arrogance. Leur volonté de me caser dans leurs prestations inutiles à la con ou de ne pas tenir compte de ce que je leur dis, par exemple pour les transports en commun : mon précédent conseiller considérait que je devais élargir mon champ de recherche car lorsque je lui disais que telle ou telle zone m’était inaccessible à cause des transports, il me répondait que j’étais une fainéante qui ne voulait pas avoir beaucoup de temps de transport. Oui mais bon, quand t’as un bus par heure, uniquement de 9h à 12h pour te rendre dans la zone en question, tu ne seras pas d’une grande fiabilité. Je préfère réduire mon champ de recherche et être sûre d’être fiable plutôt que de postuler tous azimuts. Et encore, avec mon dernier contrat, j’ai bien constaté que même lorsqu’on fait attention, on a des problèmes : je dépendais du RER A dont la réputation n’est plus à faire, et malgré toutes mes précautions (genre partir 1h plus tôt) il m’arrivait d’être en retard. Alors les trajets avec 4 ou 5 changements c’est niet.

Cependant, j’ai des questions vis à vis de mon projet d’entreprise (qui pour le moment tend vers la franchise, pour cela mon homme et moi attendons la réponse de Biocoop) et notamment de formation dans le domaine de la phytothérapie, donc j’ai choisi le sadomasochisme et j’ai pris rendez-vous avec ma conseillère Pôle Emploi. Conseillère qui, je m’en suis rendue compte après, n’est pas nouvelle. En effet, c’est celle à cause de qui j’avais été radiée pour non-présentation à un entretien de suivi parce qu’elle avait ignoré mes messages d’annulation. Pour le coup ça m’a un peu refroidie, mais le mal est fait. C’est aussi cette conseillère qui m’avait envoyée chier pour ma demande de financement lorsque j’avais construit un projet avec le GRETA.

Bref, une conseillère qui n’est pas vraiment coopérative et je ne la vois pas me dire « T’inquiète pas girl, fais ton projet, on te fout la paix », mais plutôt « Alors on va vous caler dans l’atelier création d’entreprise, et puis vous allez me faire un stage en entreprise hein, et puis votre formation allez vous faire foutre ! ». Je la vois bien aussi me redire que je ne sais pas me fixer dans mes projets. Ce n’est pas que je ne sais pas me fixer, c’est qu’à chaque fois que j’essaie de m’en sortir en faisant un projet crédible (pas forcément qui me plaît hein, mais qui tient la route), on me met des bâtons dans les roues et je n’ai pas la patience de m’acharner ou d’attendre qu’un financement tombe du ciel en allumant des cierges à l’Église.

De base je n’attends rien de Pôle Emploi niveau financement, je sais très bien que je vais devoir me débrouiller. J’ai suffisamment morflé avec eux pour le comprendre. Cependant je n’ai pas envie qu’on me mette des bâtons dans les roues, encore, ou de voir ce projet démonté de A à Z par une enflure.

J’ai peur que l’entretien devienne un grand classique avec forcing sur les offres d’emploi ou sur les ateliers avec une louche de mépris en plus. Parce que je sais que je vais avoir du mal à me retenir de ne pas jeter le bureau sur la conseillère si elle me fait le même cirque que la dernière fois. Je ne suis plus capable de rester calme.

Dépendre de Pôle Emploi est plus difficile que de la CAF. Avec la CAF, on fait sa déclaration pour le trimestre, on se ronge les ongles en attendant le montant et ensuite on est tranquilles pour trois mois. Du moins en règle générale. Avec Pôle Emploi il faut montrer patte blanche, raser une forêt entière pour imprimer la moindre preuve de candidature et se soumettre aux lubies complètement connes des conseillers, et encore, pas dit que ça suffise.

Enfin, peut-être que ça se passera bien. Je verrai demain.

on-y-croit